Motte di Volpego

Les Motte di Volpego sont de petits affleurement qui émergent des eaux de la lagune méridionale de Venise, au sud de Fusina.

Motte, en vénitien, signifie petite colline, dos.

A proximité se trouve une station d’étude des marées de l’ISPRA (ex APAT).

 Volpadego

La dénomination ancienne, Vulpegus qui devint, au moyen âge Volpadego nous indique que c’était, dès l’Antiquité un lieu destiné à la chasse. Près de là existait un bosquet connu sous le nom de Ponte del Lovo.

Près de ce lieu on désigne une fosse sous le nom de Tajada delle Gambarare, qui communique avec le canal Volpadego avant son débouché dans la lagune. Il y avait alors, une église dédiée à S. Lunardo di Fossa mala.

Tout près de ces affleurements se trouve l’île, désormais immergée de San Marco in Boccalama dont nous vous avons déjà parlé.

Il est possible que, vers 1013, lorsque la première église San Marco de Lama a été construite, tout une vaste île réunissant ces divers affleurement émergeait dans la lagune. Un colonie s’était installée en ce lieu, où certains historiens attestent de la présence d’une église dédiée à Marie dès 960.

V. Piva écrivait à ce propos : " S. Maria (Assunta) de Boccalama (in isola), fondata nel 960 su di una delle tre isole, vicina l’una all’altra, site alle foci di un ramo del Brenta, detto Lama come si ricava da un antico codice manoscritto da anonimo cronologo del sec. XV. Era officiata da Regolari di ignoto istituto, che alla fine del 1300 dovettero abbandonare il luogo, divenuto insalubre."

Vittore Carpaccio

Isola di Campana, Forte di Sopra

Campana était une des sept batterie qui depuis les temps de la Sérénissime faisaient partie d’un système de défense basé sur les petits forts.

C’est une petite île d’environ 5000 mètres carrés situé au milieu de la lagune sud,  au Nord–Ouest des Alberoni et au Sud–Est de Tronchetto.

Les bâtiments, d’abord très simples, ont été renforcées par l’armée autrichienne et ont été utilisées ensuite par la marine italienne.La construction de ces fortins autrichiens était toujours à peu près identique : un fortin à huit côtés (d’où le noms d’octogone donné à certaines de ces îles : sept petits côtés qui définissent la forme semi-circulaire et un côté long), et les rives de l’île protégées par des récifs de rochers rapportés d’Istrie pour leur résistance au sel.

Le fort de Sopra a été transformé au cours de la Première Guerre mondiale en batterie anti aérienne pour défendre la ville de Venise. Sur le côté ouvert, on peut encore voir les restes d’un étage en briques et certains tronçons de fondations qui sont les vestiges les plus probables du vieux réduit, tandis que sur le côté nord une grande partie de la digue s’est effondrée.

Actuellement, ce qu’il reste des constructions sur l’île est en ruines, et les quelques traces restantes des bâtiments sont couvertes de ronces entremêlées et impossibles à surmonter.

En 1996, la Società "Canottieri Bucintoro" avait organisé, autour de l’île, une manifestation festive pour inaugurer un capitello à la Madonna di Marina.

Comme la plupart des petites îles, c’est devenu une propriété privée.

Pourtant, comme presque toutes les îles de la lagune vénitienne, cette île possède également un mystère bien caché.

Une légende populaire, enracinée dans la lagune, raconte que l’île était habitée par un énorme chien, une bête noire, féroce et très agressive, avec deux yeux jaunes et ronds, apparaissant dans la nuit et empêchant quiconque mettre le pied sur l’île.

Cerbere

Le chien, selon la légende, gardait un grand trésor qui semble avoir été enterré quelque part sur ​​le territoire de Campana. Le trésor, cependant, était d’une valeur inestimable, et de provenance douteuse tant et si bien que le chien ne serait autre que Cerbère, le chien à trois têtes mythique de l’enfer, envoyé directement par le diable en personne pour garder quelque chose de très précieux.

Certains disent que le trésor était constitué de bijoux, pierres précieuses, des objets rares et inestimables apportés là, puis enterré.

Mais pour la plus grande majorité des habitants de la lagune, Campana est seulement l’île où diable a créé son dernier refuge pour quelque chose auquel il tient plus que n’importe quel trésor: les âmes des enfants qui meurent prématurément.

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Isola di San Marco in Boccalama

San Marco in Boccalama était une île, aujourd’hui submergée, dans la partie centre-méridionale de la lagune de Venise. Elle était insérée entre l’ex batterie Campana ou Podo, Sant’Angelo della Polvere et le motte di Volpego. Le nom fait référence au fait que l’île, sur laquelle s’élevait une église de San Marco, se trouvait à l’embouchure du Lama, un antique bras du fleuve Brenta.

L'isola si San Marco in Boccalama sur une carte du XVIème siècle

Un premier oratorium de San Marco de Lama serait déjà présent, selon de vieilles chroniques non documentées, en 1013. Plusieurs chercheurs s’accordent sur la présence d’un monastère à l’époque précédent le XIVème siècle. Un document fournissant d’importantes informations est daté de 1328, quand Nicolò, un prieur des Augustins, débuta la restauration de la l’hôtellerie et d’une cavana (abri à bateaux) mise à la disposition des marins et des pèlerins qui transitaient le long de la route fluviale (concession du Maggior Consiglio du 28 juillet 1328). Il est probable que les épaves retrouvées ensuite, réutilisées comme grands coffrages, soient liées à cette activité de restauration de l’île. Peu d’années après la subsidence et l’érosion rendirent inhabitable le monastère.

Dessin de ce que pouvait être l'île

En 1348, l’île fut utilisée comme fosse commune pour les morts de la grande épidémie de peste qui débuta cette année-là ; ensuite les informations historiques s’arrêtent autour du XVIème siècle, époque qui correspond à la submersion définitive de l’îlot.

Une importante découverte fut faite : il s’agit de deux épaves découvertes par l’archéologue Marco D’Agostino et le plongeur Eros Turchetto, dans la seconde moitié des années 1990, à la suite des activités de monitorage demandées par le magistrat des eaux de Venise. Les deux navires furent identifiés comme une embarcation de transport à fond plat et d’une galère (navire), le premier et unique exemplaire de cette importante typologie navale découverte jusqu’à aujourd’hui.

Fouilles archéologiques

La fouille et le relevé de photogrammétrie de cet important témoignage d’archéologie navale du Moyen Âge, ont été réalisés en 2001 selon deux phases complexes. La fouille stratigraphique des épaves a été exécutée entièrement sous les eaux, selon les classiques méthodes archéologiques. Le relevé des deux navires a été réalisé après la mise au sec du périmètre médiéval de l’île. Cette longue campagne de fouille et de documentation a été financée par le magistrat des eaux – Consorzio Venezia Nuova, et par le Consorzio Venezia Ricerche. Voir l’article en italien de notre ami Gilberto Penzo sur Veniceboat.

L’île est aussi protagoniste du roman de Valerio Massimo Manfredi intitulé L’isola dei morti, publié en 2002.

 

Les sources bibliographiques sont abondantes du fait des recherches :

  • AA.VV., 2002, La galea ritrovata. Origine delle cose di Venezia, Venezia
  • AA.VV., 2003, La galea di San Marco in Boccalama. Valutazioni scientifiche per un progetto di recupero (ADA – Saggi 1), Venezia
  • CAPULLI M. – FOZZATI L., 2005, "Le navi della Serenissima: archeologia e restauro (XIII°-XVI° sec.)", in Rotte e porti del Mediterraneo dopo la caduta dell’Impero d’Occidente, IV seminario ANSER (Genova giugno 2004), Soveria Mannelli.
  • D’AGOSTINO M., 1998, Relitti di età post-classica nell’alto Adriatico italiano. Relazione preliminare, in Archeologia Medievale, XXV 1998, p. 91-102
  • D’AGOSTINO M. – MEDAS S., 2003, I relitti dell’isola di San Marco in Boccalama, Venezia. Rapporto preliminare, in Atti del II Convegno nazionale di Archeologia Subacquea. Castiglioncello, 7-9 settembre 2001, Edipuglia, Bari, p. 99-106
  • D’AGOSTINO M. – MEDAS S., 2003, Laguna di Venezia. Lo scavo e il rilievo dei relitti di San Marco in Boccalama. Notizia preliminare, in Atti del III Congresso Nazionale di Archeologia Medievale, Salerno 2-5 ottobre 2003, Ed. All’Insegna del Giglio, Firenze, p. 224-227
  • D’AGOSTINO M. – MEDAS S., 2003, Excavation and Recording of the medieval Hulls at San Marco in Boccalama (Venice), in the INA Quarterly (Institute of Nautical Archaeology), 30, 1, Spring 2003, p. 22-28
  • D’AGOSTINO M. – MEDAS S., 2006, I relitti medievali di San Marco in Boccalama. Campagna di scavo e rilievo 2001, in NAVIS 3, p. 59-67

Il y a eu également de nombreux articles dans la presse, dont :

  • Massimo Spampani, Riaffiora a Venezia una galea della Serenissima, Corriere della Sera, 20/08/2001, p. 23
  • Cinzia Dal Maso, Riaffiora dalla laguna di Venezia la galea fantasma di San Marco, la Repubblica, 21/08/2001, p. 25
  • Enrica Salvatori, L’isola che non c’era, Quark, n. 10, novembre 2001, pp. 52-59
  • Marina Bassani, Daria Egidi, La miniera delle galee, La Macchina del Tempo, dicembre 2001, pp. 32-37

Sant’Erasmo, l’île jardin

Sant’Erasmo est dans la lagune Nord pas loin de Venise et est, après son extension, la plus grande île de la lagune avec ses 4 km de long, surtout si l’on considère que Venise est en réalité une multitude de petites îles reliées par des ponts.

Isola di Sant'Erasmo

On considère que Sant’Erasmo est le jardin potager de Venise (orto di Venezia), et cela depuis, au moins, le XIVème siècle, ainsi que le mentionne Francesco Sansovino : "alla città copia di herbaggi, e di frutti, in molta abbondanza e perfetti"

Sant'Erasmo, l'île jardin

Un île un peu différente des autres puisqu’on y circule autrement qu’à pieds : c’est le royaume des triporteurs, essentiellement des Vespa, et des cyclistes.

Isola di Sant'Erasmo

Le monument le plus célèbre de l’île est la Torre Massimiliana, nous en reparlerons un jour dans un article.

Isola di Sant'Erasmo

Le roi des jardin de Sant’Erasmo, sans conteste est l’artichaut, qui a même sa fête, au printemps, la Festa del carciofo violetto avec vente directe et dégustations sur place, avec des démonstrations de multiples recettes à base d’artichauts.

Isola di Sant'Erasmo

Très appréciés dans la lagune, sont les typiques castraure des artichauts cueillis précocement, petits et tendres, et dont il n’est pas nécessaire d’enlever la pubescence encore très tendre.

Isola di Sant'Erasmo

Dans cette terre bien drainée et riche en matières organiques laissées par les alluvions, tout pousse rapidement et à merveille.

Isola di Sant'Erasmo

Les productions de Sant’Erasmo, sont vendues sur tous les marchés de Venise, dont le Rialto.

Isola di Sant'Erasmo

Pour traverser l’île, le mieux est de descendre au premier arrêt (Capannone) près de la Torre Massimiliana où vous trouverez très vite les premières cultures d’artichauts.

Sant'Erasmo, l'île jardin

Les motoscafi qui desservent l’île acceptent de transporter vos cycles. C’est donc en bicyclette que nous vous conseillons une belle balade dans l’île où il y a autant à voir qu’à déguster (ne manquez pas de gouter aussi les vins délicieux qui sont produits ici).

Isola di Sant'Erasmo

Par ailleurs, la nature sauvage est superbe au printemps, avec les tamaris en fleur…

Sant'Erasmo, l'île jardin

… une balade en barque avec nos amis de Terra & Acqua par exemple vous passerez une journée hors du temps dans un cadre enchanteur.

Sant'Erasmo, l'île jardin

C’est sur cette île que fut tourné le film Impardonnables (2011) d’André Téchiné.

Sant'Erasmo, l'île jardin

Poveglia : Souscrivez maintenant !

Voici les informations que vous attendiez patiemment !

Voici comment participer vous aussi, où que vous habitiez à la souscription pour que l’ile de Poveglia reste un espace public : Poveglia per tutti 99×99 (99 €uros pour 99 ans), c’est maintenant !

Le site pour envoyer devenir membre de l’association et envoyer votre participation financière est en ligne.

Rialtofil adhère à souscrire pour soustraire l’île de Poveglia à une énième spéculation immobilière, et invite ses lecteurs à faire de même.

Sur la page officielle de l’Associazione Poveglia – Poveglia per tutti qui totalise près de 8.000 j’aime, nous sommes déjà 120.000 personnes du monde entier qui se sentent impliquées par ce projet : une grande partie de toute l’Italie (93.000), et le reste principalement des États- Unis, de Grande-Bretagne et de France.

La mairie de Venise a tenté d’approcher l’administration des Domaines pour négocier un "fédéralisme domanial" avec le feu vert du maire de Venise Giorgio Orsoni. C’est Luigi Bassetto, directeur des Affaires Institutionnelles qui a reçu un large mandat pour négocier avec l’État, mais ce dernier reconnaît la difficulté de sa tâche, car l’État a mis la concession de 99 ans aux enchères, et les réponses doivent être données le 6 mai. L’autre hypothèqe serait que la ville exerce son droit de préemption, mais même si la concession est donnée autour de 3-400.000 €uros, la ville de Venise, surendettée, n’a pas l’argent nécessaire.

De toute façon, les vénitiens n’ont plus aucune confiance dans les hommes politiques qui les ont trahis depuis des décennies. C’est pourquoi les politiciens ont peur de ce mouvement si important en faveur du rachat de Poveglia par l’association spontanée de citoyens du monde entier, tous unis derrière les habitants de La Giudecca qui, les premiers ont versé 99 €uros pour sauver l’île des spéculateurs. Un ferment nouveau qui montre la réalité d’un "grand mouvement civique qui veut devenir actif dans le gouvernement de notre pays", comme l’a déclaré Maurizio Adamo, fondateur du premier restaurant musical à Venise, le Paradisio Perduto… "parce qu’il n’y a pas seulement Poveglia, mais aussi Sant’Andrea, l’Idroscalo et la moitié de la lagune". C’est bien connu, quand les citoyens commencent à bouger et prendre leur destin en main, la caste des politiciens a peur.

Nous vous rappelons les règles adoptées pour ce projet qui vise à empêcher qu’une autre île de la lagune de Venise soit laissé en pâture à des spéculateurs pour des projets hasardeux qui connaîtront le même avenir que celui de l’hôtel de luxe créé à San Clemente.

Règles pour acheter l'île de Poveglia

L’île de Poveglia se trouve dans la lagune de Venise, ville ancienne dans la ville, dont la concession pour les 99 années à venir est actuellement mise aux enchères par l’État italien. Nous ne pouvions pas rester les bras croisés, sans rien faire et constater une fois de plus qu’une île revienne à des intérêts privés.

Pour cette raison, nous allons concourir pour le bail de 99 ans. Nous voulons que cette île reste publique, et soit accessible et ouverte à tous. Si cette idée vous séduit, vous pouvez nous aider et vous porter acquéreur d’une part pour la somme de 99 €. Si notre offre emporte les enchères, la communauté des participants agissant en tant que "Associazione Poveglia" , gérera l’île démocratiquement et à des fins publiques .

Tous les mercredi, des réunions publiques sont organisées dans des lieux différents de Venise.

Photo F. De Rossi

En 4 points, les principes de cette initiative :

1 . La zone verte de l’île sera constituée de jardins publics et d’un parc librement accessible à tous.

2 . La partie construite de l’île accueillera des activités et des entreprises dont les finalités éthiques devront être cohérentes avec nos principes. Les sommes générées par cette activité seront utilisées pour payer les frais de fonctionnement de l’île dans son ensemble.

3 . La gestion de l’île sera à but non lucratif et respectueuse de l’environnement. Tous les bénéfices seront intégralement réinvestis dans l’île elle-même.

4 . Si nous remportons l’enchère, votre part vous permettra si vous le souhaitez de participer également aux décisions concernant le sort de Poveglia . Cette part ne donnera en aucun cas un quelconque droit de propriété ni aucun privilège d’utilisation et ne sera pas génératrice de participation à de quelconques bénéfices.

Concrètement, nous vous demandons d’adhérer à l’association pour un coût de 19 euros (somme qui comprend les frais d’inscription , les abonnements , les frais bancaires et comptables et les frais de participation à la vente aux enchères ) et de faire un don d’au moins 80 euros . Si par malchance nous ne remportons pas l’enchère, votre don ( 80 € ou plus ) vous sera intégralement restitué une fois le dépôt de garantie pour la vente aux enchères rendu à l’ Associazione Poveglia .

C’est un défi : nous unir afin de récupérer un morceau de la ville et en assurer et garantir l’utilisation publique.

Ne laissons pas la lagune peu à peu être mise en pièces et devenir un parc d’hôtels de luxe.

Rejoignez-nous dans notre utopie et devenez vous aussi acteur de l’île de Poveglia pendant 99 ans pour 99 €.

L’association "Associazione Poveglia"
Pour plus d’infos et adhérer : associazionepoveglia@gmail.com

 Photo F. De Rossi

Mais avant de vous dire comment adhérer, nous vous proposons quelques vues pour revoir l’évolution de l’île au fil des siècles.

Au XIIème siècle, l’activité des marais salants était déjà en déclin comme nous l’indiquent des  comptes rendus de jugements.

Gravure de A. Visentini représentant l'isola di Poveglia vers 1777

En mai 1163 à Malamocco, un juge et deux témoins attestent que le gastaldo (administrateur ducal), sur demande du doge Vitale Michiel, a fixé clairement les limites d’une palude (marais) à Poveglia où son père se consacre à la pèche en payant une rente à son propriétaire Giovanni Succugullo. Il est précisé dans ce document qu’il s’agit d’un ancien marais salant autrefois exploité par Succugullo qui y produisait du sel, avant de devoir cesser son activité en raison de son âge. le marais est désormais utilisé pour la pêche et la chasse en hiver.

Un siècle plus tard, les juges de Poveglio visitent les lieux en 1287 et constatent qu’il est impossible de comprendre où sont les limites en le domaine public et la propriété privée. Il reviennent plusieurs fois, avec entre autres un certain Don Giovanni Succugullo, un lointain descendant de l’ancien propriétaire des salines. Finalement, et avec l’aide de personnes âgées, ils fixent les limites de la propriété avec des pieux de bois afin que tous les habitants puissent savoir où pêcher et chasser sans avoir à payer de droits à un propriétaire.

L’île Poveglia au XVIème siècle.

Archivio di Stato di Venezia, Savi ed Esecutori alle Acque, dis. 155 Poveglia nel XVI secolo

Sur ce plan partiel des Savi ed Esecutori alle Acque, dis. 155, retrouvé aux Archives d’État de Venise, on devine une partie de l’île où l’on ne retrouve plus aucune trace des activités du passé, aucune palude n’étant indiquée sur la carte. Soit elles ont été définitivement comblées par l’homme, soit, au contraire, faute d’entretiens, elles sont désormais submergées.

A l’époque de Giacomo Guardi (1764-1835), Poveglia est une petite ville avec ses pêcheurs et ses maisons autour de l’église dédiée à San Vitale.

Poveglia - Giacomo Guardi

Sous la seconde domination autrichienne, à partir de 1814, Poveglia devient le centre de quarantaine de tous les ports autrichiens.

Toutes les urgences furent toujours couronnées de succès, même en 1822 lorsque le choléra est arrivé d’Extrême-Orient. Entre 1831 et 1832 ont été accueillis sur l’île les équipages de 702 navires ; 49 venaient de lieux infectés.

Poveglia au XIXème siècle

Au début de 1900, l’île est devenue un Centre de Santé Marittime (Stazione Sanitaria Marittima), et de nouveau en 1957, convenablement équipé pour la quarantaine de passagers et de marchandises.

Poveglia entre les deux guerres mondiales

En 1963, G. Lorenzetti dans son Venezia e il suo estuario parle d’une maison de repos pour personnes âgées. Elle gardera cette fonction jusqu’à sa fermeture définitive par l’État en 1968. Seule l’ile située à gauche sur la photo sera encore exploitée en vigne et jardins par la famille de Gildo Sgarbi qui avait obtenu en 1935 la concession jusqu’à la fin du siècle.

Poveglia vers 1968

Entre 1978 et 1998, les autorités italiennes ont complètement laissé l’île dans un abandon total. L’ensemble des vingt-huit mille mètre cubes de bâtiments s’est alors fortement dégradé du fait du manque d’entretiens et des dégradations humaines de visiteurs peu scrupuleux.

Po100

Vous avez tout lu ?

Vous voulez nous rejoindre, aux côtés des vénitiens en compagnie de citoyens du monde entier ?

Pour cela, les volontaires de l’association vous demandent de leur envoyer votre message dans une bouteille…

"Nous avons reçu des lettres de partout dans le monde, et de toutes les parties de l’Italie et de l’Europe", explique un responsable de l’organisation, "des lettres de gens qui aiment Venise, qui soutiennent notre projet Poveglia vert et respectueux de l’environnement, et surtout ceux qui veulent des jardins librement accessible à la population. Les lettres les plus touchantes pour nous sont celles des descendants des
émigrants", nous ont également écrit des "petits-enfants d’anciens gardiens de l’île, de personnes qui, de diverses façons, ont travaillé à Poveglia dans le passé"…

Comment adhérer et participer :

Rendez-vous sur le site http://www.message-in-a-bottle.org/ (en italien, anglais ou français, au choix)

En français il y a encore plein de fautes, on va y remédier rapidement ;-)

Remplissez le formulaire en indiquant vos Prénom / Nom / E-mail

Indiquez vos numéros IBAN et BIC (au cas où il serait nécessaire de rembourser tout le monde si l’offre n’est pas gagnée) puis VALIDEZ.

Vous recevrez ensuite un e-mail qui confirmera les indications qui s’affichent en rouge sur la nouvelle page, avec les instruction pour faire le virement de 99,00 €uros (ou plus si vous le voulez).

Avec ces informations, soit vous procédez au virement en ligne depuis le site de votre banque (avec certaines banques, comme La Poste, pur Klod, il faut un délais de 48 heures). Soit vous allez au guichet avec ces informations et vous procédez au virement.

Si jamais on vous demande le code BIC (mais dans notre cas, il est apparu après avoir saisi le code IBAN), le voici : BAPPIT21712

L’argent sera sur le compte de l’association dans environs une semaine, c’est pourquoi il est préférable de la faire sans tarder. Comme il y aura une multitude de virements en peu de temps, et que tout est géré par des bénévoles, il faudra un peu de patience pour avoir confirmation de votre adhésion (soyez patients !)

Un petit conseil pour ne pas vous tromper dans la multitude de "0" partagez le numéro IBAN en séries de 4 chiffres.

Enfin, pour tout découvrir, en français, et participer à votre manière, voici la page Facebook en français : Les amis de Poveglia per tutti

Un message dans une bouteille

Podestà et justice à Poveglia

La collecte pour réunir les souscription et l’argent nécessaire pour que les vénitiens conservent l’île de Poveglia pour tous s’organise. Dans quelques heures nous pourrons vous indiquer la procédure pour souscrire au projet Poveglia pour tous 99×99 depuis le monde entier.

Déjà, les vénitiens et celles et ceux d’entre vous qui sont à Venise ces jours-ci peuvent se rendre dans un des points indiqués sur la carte ci-dessous.

Poveglia per tutti

1. Bar La Palanca
Giudecca, Fondamenta S. Eufemia 448 – tel 041 5287719
(ouvert lun-sam de 7:00 à 21)
2. OFFicina
Dorsoduro, Calle del Traghetto Ca’Rezzonico 2799 – tel 041 7241214
(ouvert lun-ven 9:00/19:30 et sam 10:00/16:30)

3. Libreria Marco Polo
Cannaregio, calle del Teatro Malibran 5886/A – tel 041 5226343
(ouvert lun-sam de 9:30 à 19:30 – ven jusqu’à 23)
4. Il Canovaccio
Castello, Calle delle Bande 5369/70 – tel 041 5210393
(ouvert lun-dim de 10 à 19:30)
5. BrAgorà
Castello, Salizada Sant’Antonin 3496 – tel 041 3190864
(ouvert lun-sam 9:30/19:30 et dim 10:30/18:30)
 .

.

Tous les mercredi une réunion publique est organisée dans un lieu différent, lors de la dernière, 250 personnes ont déjà apporté les 99 €uros de leur souscription.

La prochaine réunion est organisée après-demain soir, mercredi 23 avril à 18:30 heures, à Mestre, Palaplip Via San Donà 195/c.

Assoziazione Poveglia

Ringraziamo vivamente tutti coloro che hanno già aderito e i tantissimi che ci stanno chiedendo come fare!

En attendant que vous puissiez, vous aussi, contribuer à sauver cette île de la rapacité des bétonneurs et des investisseurs peu scrupuleux, nous vous offrons, en exclusivité,  une vue aérienne géante de l"île de Poveglia :

Vue aérienne de Poveglia

Avec la complicité de l’historien Davide Busato, nous allons vous conter d’autres bribes de l’histoire de cette île qui n’a rien de maudite, contrairement aux allégations de légendes urbaines modernes.

En Juin 1305 Tolberto da Camino, Iacopo Ricco, Guido Avogaro et Pirolino de’ Costantini, ambassadeurs de Gerardo et Rizzardo da Camino et de la commune de Trévise, demandèrent au Doge de Venise que leurs soient livrés certains coupables de "machination", contre Da Camino et la municipalité de Trévise. Le Doge leur a répondu qu’il était désolé, mais qu’il ne pouvait pas les "livrer comme des étrangers, mais qu’il les avait déjà fait arrêter à Poveglia où ils seraient jugés.

Poveglia

Mais qui administrait la justice à Poveglia ?

Dans les premiers siècles, la justice à Poveglia était administrée par un intendant (gastaldo) qui en référait au Palazzo Ducale.

Compte tenu de l’importance prise par la population de île, le 30 Décembre 1339, par une résolution du Grand Conseil, on chargea le Podestà de rendre la justice, et on élu Pietro Lando, podestà de Poveglia.

Le nouveau podestà avait compétence sur Malamocco, Pellestrina et Pastene. Chaque lundi il devait aller à Malamocco et un autre jour de la semaine à Pellestrina. Mais comme le voyage à Pellestrina était long et désagréable en hiver, il a été décidé en octobre 1341 d’y suspendre. Le podestà était élu pour un an, et cet homme âgé entre 20 et 50 ans était assisté par un notaire et quatre famuli.

En plus des juridictions civile et juridique, il devait assurer la protection du fragile équilibre environnemental, veiller à l’état des vignes, et faire entretenir les quai et les les rives. Il était également chargé de veiller à la régularité des entrées dans la ville, Poveglia étant le point de passage obligé pour se rendre alors à Venise.

En septembre 1375, notamment, il fit coincer des habitants de Chioggia qui transportaient de nuit  à Venise, du vin de contrebande.

Poveglia

Au XVIIIème siècle deux lois furent promulguées pour que les navires dont on soupçonnait la peste à bord puissent rester en quarantaine devant Poveglia.

19 août 1750, not. 34 c.30t “Permettendo circostanze del tempo e dell’acqua, obbligato ammiraglio Malamocco condur bastimenti in una sol volta al loro luogo: li provenienti da luoghi infetti in Fisolo, quelli di minor sospetto in Poveglia [...]

2 décembre 1771, not. 41 c. 153t  “Con li metodi prescritti da terminazione 5 febbraio 1760, tradur debbano bastimenti soggetti a contumacia di giorni 40 nel Canal di Poveglia, li soggetti a giorni 28 in quello de’ Marani

Comment la transformation de l’île se fit depuis ces temps ?

Dans le rapport d’un ingénieur daté du 20 avril 1842, on peut lire que "Le Lazaret de Poveglia a été progressivement amené à cet usage, avec la construction de bâtiments spacieux avec des conditions impérieuses pour la santé..."  de nouveaux puits sont construit pour éviter toute contamination possible (avec un seul puits).

Une délibération du 16 février 1833 demande à Giovanni Mora les travaux pour la construction d’un cimetière attenant au Lazzaret de Poveglia.

Poveglia

Mais combien de personnes vivaient sur l’île à cette époque ?

La réponse se trouve dans une merveille historique trouvée aux archives, sur un fascicule d’un procès entre l’évèque de Chioggia et le Magistrato delle Razon Vecchie à propos de la nomination d’un curé à Poveglia "che dal 1423 non essendo habitatore alcuno in Poveglia, ne prete che officiasse quella chiesa a supplicazione delli Gastaldo e cittadini di Poveglia habitanti altrove fu preso in pregadi et confirmato in Gran Conseio [...] che le Rason Vecchie potessero spendere 30 ducati l’anno in salario d’un cappellano che celebrasse li divini offici [...]"

Pour tout savoir sur Poveglia, sa véritable histoire, les légendes infondées et le mythe de cette île, retrouvez Davide Busato le samedi 20 juin, pour une excursion, de 19:00 à 23:00 heures, au départ des Zaterre.

misteri-di-venezia-2014

La véritable histoire de l’île maudite de Poveglia

Parfois, les légendes urbaine modernes trouvent leurs enracinement dans l’histoire … mais ce n’est pas le cas de l’île de Poveglia sur laquelle des légendes ont surgi qui n’ont rien à voir avec son histoire. Nous allons donc vous raconter la véritable histoire de Poveglia, avec l’aide de l’historien vénitien Davide Busato.

Gravure de A. Visentini représentant l'isola di Poveglia vers 1777

A l’heure où les vénitiens se mobilisent pour que cette île ne devienne pas un paradis pour les parvenus et un moyen de blanchir de l’argent douteux pour des investisseurs peu scrupuleux, on voit surgir, dans les médias français, toute une série sur "l’île maudite", ou "l’île la plus hantée du monde" qui est à vendre.

Règles pour acheter l'île de Poveglia

A Venise, le travail au sein de l’association Poveglia pour mettre rapidement sur pieds le projet Poveglia per Tutti avance. Le groupe qui travaille sur les questions financières a communiqué que dans quelques jours sera activé un compte courant où tout le monde pourra verser son quota ; avant de faire le virement, il faudra remplir un formulaire qui donnera à tous un code alphanumérique, cela permettra la restitution de l’argent si on ne remporte pas les enchères. Il sera activé aussi un compte pay-pal pour permettre des transferts bancaires très vites.

Assoziazione Poveglia

Les hommes politiques locaux, qui n’en manquent pas une… après n’avoir rien tenté pendant des années, s’agitent soudainement. Beppe Caccia par exemple, propose que les Domaines mettent fin à la mise aux enchères et donne l’île de Poveglia, gratuitement, à la ville de Venise "Il Demanio fermi l’asta. #Poveglia assegnata alla città" . Mais pourquoi faire ?

Giorgio Orsoni, le maire de Venise, a pour sa part annoncé qu’il participerait à titre personnel à la souscription lancée par l’association.

Beppe Caccia

Histoires de fantômes de victimes de la peste, des histoires d’hôpitaux psychiatriques, des médecins fou et suicidaire sont légions sur des sites anglophones de chasseurs de spectres, et la presse britannique n’a pas été chercher ailleurs ses sources d’informations, inondant les tabloïds d’articles racoleurs sur "l’État italien qui vends une île maudite". Suivi, comme toujours, par la presse francophone.

Seulement voilà, d’après les études menées par Davide Busato, Poveglia n’a jamais eu ces usages dans sa longue histoire !

L’île n’a pas été utilisé comme mouroir lors des grandes pestes comme cela s’est produit au Lazzaretto Vecchio et au Lazzaretto Nuovo, n’a jamais été utilisée comme hôpital psychiatrique à la manière de San Clemente et San Servolola seule malédiction de l’île de Poveglia est celle de son abandon par les hommes.

Poveglia - Carte lagune

Cette île était autrefois appelé "Popilia" ou "Dei Pioppi" (des peupliers) probablement en raison de sa végétation.

Selon Pompeo Molmenti dans la seconde moitié du IXème siècle, l’île a été peuplée par environ deux cents familles de Venise : ils étaient les serviteurs du doge Pietro Tradonico, tué en 864 à la suite d’un complot de nobles vénitien. Ils se barricadèrent dans le Palais des Doges jusqu’à ce qu’on leur assure la vie sauve et une terre où s’installer. Orso Partecipazio, le successeur du doge assassiné, leur accorda l’île et un certain nombre de privilèges.

poveglia-tironi-sandiL'île de Poveglia dans une gravure de Tironi-Sandi

En moins d’un siècle, la communauté de Poveglia s’agrandit : plus de huit cents maisons furent construites et l’île était riche en vignobles et marais salants. En 1378 elle était devenue une république autonome gouvernée par un Gastaldo ducale et dix-sept Consiglieri.

Le déclin commença après 1379 à cause de la guerre de Chioggia. La population a considérablement diminuée, mais ceux qui sont restés sur l’île n’ont jamais été privés de leurs anciens privilèges, comme l’exemption de taxes.

En 1777, l’île est passée sous la juridiction du Magistrato di Sanità.

Les navires, leurs équipages et passagers ne venaient pas directement au Lido, mais empruntaient le canale di Poveglia et le Teson, et transitaient par Poveglia, où le grand bâtiment servait de stockage. En 1793, on y isola un équipage d’une "tartarella idriotta infetta di peste" mais on n’enregistra aucun mort de la peste.

Poveglia, dessin de Francesco Guardi

Au cours du XIXe siècle, l’île a été transformée en une maison de repos de la santé maritime, usage maintenu jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale.

À une époque, il y avait sur une église dédiée à San Vitale, qui possédait un crucifix célèbre, aujourd’hui conservé dans l’église de Malamocco, et un tableau de Titien, mais elle a été fermée en 1806 et plus tard détruite. Il n’en reste plus que le campanile pointu qui a été transformé en phare quand l’île a servi pour mettre les navires en quarantaine.

Au siècle dernier, Poveglia devint une maison de convalescence et de repos pour les personnes âgées jusqu’à ce que, en 1968, elle a été abandonnée définitivement.

Aucun article de journal rapporte que des médecins se soient suicidés sur l’île de Poveglia en se jetant du haut du campanile. Mais les articles des journaux de l’époque et les archives de Venise ne recèlent aucun évènement qui aurait pu expliquer les fantaisies reportées dans les légendes qui courent sur l’île.

Enfin, pour tout découvrir, en français, et participer à votre manière, voici la page Facebook en français : Les amis de Poveglia per tutti

Photos Christophe Blaise :

isola maledetta di Poveglia

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L’ancien phare Spignon

Spignon est une petite île de 160 m² de la lagune sud de Venise sur laquelle se dresse les vestiges d’un ancien phare. Pour cette raison, l’île est souvent appelée dans la lagune ex faro Spignon (ancien phare Spignon).

L'ancien phare Spignon

Sur une carte, le phare Spignon forme un parfait triangle avec les octogones Alberoni et San Pietro, en face de la bouche de la lagune sud par où transitent pétroliers, navires marchands et bientôt les plus grands navires de croisière.

Le phare, qui atteint une hauteur de 15 mètres, a été construit dans la seconde moitié du XIXème siècle. Nous n’avons pas trouvé de documents précis permettant de dater sa construction, mais il est montré pour la première fois sur une carte de 1886.

Il servait pour guider les bateaux qui venaient du port de Malamocco, situé juste à l’ouest de l’entrée de la lagune sur la mer Adriatique. Il s’agissait en fait d’une partie d’un système de signalisation qui comprenait l’ancien phare Alberoni et le petit phare Ceppe. Sa lumière clignotante se voyait à 9 miles nautiques.

Ces phares étaient en service bien avant l’excavation du canal Malamocco-Marghera (dit désormais canale dei petroli) et quand cette nouvelle voie pour les grands navires a été achevée on a construit le nouveau phare Rocchetta (situé au début de la jetée nord de Malamocco).

L’ancien système de signalisation a été réformé (sauf le phare Ceppe qui continue à fonctionner).

Le phare est entouré de quatre autres bâtiments plus petits et en ruines. L’île est maintenant utilisée comme un entrepôt et un refuge par les pêcheurs. Tout autour, on peut voir des installations de culture de coquillages. C’est aussi un lieu de balades sportives pour les amateurs de canoë.

L'ancien phare Spignon

L'ancien phare Spignon

L'ancien phare Spignon

L'ancien phare Spignon

L'ancien phare Spignon

L'ancien phare Spignon

L'ancien phare Spignon

L'ancien phare Spignon

L'ancien phare Spignon

L’accès a la tour et à son sommet est un peu… sportif…

L'ancien phare Spignon

L'ancien phare Spignon

La vue depuis le sommet du phare…

L'ancien phare Spignon

L'ancien phare Spignon

L'ancien phare Spignon

Merci à Stefano Roverato, Selina Zampedri et Steffen Röhner pour leur aide.

L'ancien phare Spignon

Achetons une île à Venise : 99 €uros pour 99 ans

L’administration des Domaines italiens continue à vendre les biens de l’État pour rassurer les banques mondiales qui hébergent l’argent des mafias, l’Europe d’Angela Merkell qui cherche à enrichir une minorité de parvenus sur le dos des peuples, et des cercles d’influence secrets qui démantèlent les richesses de nos pays européens pour pouvoir faire plier les politiques et transformer les démocraties européennes et une dictature à leur image, selon leur volonté.

Dans cette logique d’abandon du bien public pour en faire des biens privés réservés à une pseudo élite, les Domaines italiens ont décidé de vendre l’île déserte de Poveglia, dans la lagune sud de Venise, pour qu’elle soit transformée en hôtel de très grand luxe, réservée à une caste étroite de parvenus, avec marina, gardes armés, etc…

Vue aérienne de Poveglia

De fait, cette île, si elle était  privatisée, ne serait plus accessible au public. Or, l’histoire nous a appris que, si les milliardaires aiment Venise, ils aiment aussi se montrer, étaler leur réussite et leurs richesses, sinon, ils auraient l’impression de ne pas exister ; aussi, mis à part ceux qui se sont enrichis dans le crime et l’illégalité, peu nombreux sont les milliardaires qui fréquentes des îles vraiment désertes. La faillite récente de l’hôtel de luxe installé sur l’isola de San Clémente est l’exemple parfait que les seuls riches ne peuvent pas faire vivre Venise.

Voilà pourquoi nous avons rejoint avec enthousiasme un groupe de vénitiens qui a décidé d’acheter l’ile pour la durée de la concessions de 99 ans. L’île restera ainsi publique et entre les mains des vénitiens, les "touristes qui aiment Venise et ses habitants" sont les bienvenus dans ce projet.

Poveglia soleil couchant

Mercredi 2 avril, une vingtaine de vénitiens se sont réunis et ont créé une association, pour imaginer un parc ouvert au public sur l’île d’une superficie de 7,25 hectares.

Cette association entends également démontrer que les Domaines vendent des biens de l’État à des "investisseurs privés inconnus qui se cachent derrières des montages élaborés" et qui ne portent aucun projet réel pour les lieux qu’ils achètent. les exemples dans la lagune sont nombreux de ces îles privatisées à des groupes d’investisseurs et qui sombrent à l’abandon. "L’idée est venue il y a moins d’une semaine par le mépris pour la valeur des biens proposés qui sont vendus à des groupes qui n’ont qu’un intérêt financier à ces placements" dit Giancarlo Chigi, l’un des promoteurs du projet.

L’association se nomme Poveglia et le projet Poveglia per Tutti.

Vera Mantengoli

Hier soir, à 21:00 heures, l’association a tenu sa première réunion publique dans les locaux de l’Associazione Canottieri Giudecca (la remiera) sur la Fondamenta del Ponte Lungo au N° 259, à la Giudecca. Nous vous en reparlerons bientôt plus en détail.

En réalité, comme on peut le voir que la photo aérienne, Poveglia est composée de trois îles :

- un ancien octogone autrichien qui fait face à l’île principale.

- une île principale sur laquelle était construite un hôpital. des bâtiments en très mauvais état qui nécessitent une restructuration complète, mais qui peuvent être le lieu de nombreux projets, sociaux, culturels ou artistiques.

- une ile allongée et déserte, sans construction, séparée par un étroit canal.

Les Domaines ne demandent pour l’acquisition centennale de ce bien qu’une "garantie" de 20.000 €uros !

Le projet est donc apparu sur Facebook le 6 avril "99 euro per 99 anni" et en peu de jours, nous sommes déjà plus de 2.200 !

Le projet, qui reste à élaborer ensemble porte, pour le moment, sur 4 points :

  1. La partie verte de l’île sera consacrée à un parc public librement accessible et gratuit, et des jardins urbains.
  2. La partie construite de l’île, qui peut devenir productive, dont les caractéristiques et les limites éthiques seront décidées ensemble, en accord avec ces points fondamentaux seront utilisés pour payer les frais de fonctionnement de la partie publique.
  3. Tous les profits sont ensuite réinvestis dans l’île elle-même.
  4. Si nous devions remporter l’enchère, le montant détenu donera droit à une participation égale dans les décisions concernant le sort de Poveglia mais n’est pas, et ne doit pas être comprise comme une forme de participation aux bénéfices ou d’actionnariat, ou la source de tout privilège associé.

Aujourd’hui, l’association demande 19,00 €uros pour la carte de membre (qui serviront à financer les frais d’enregistrement, le compte courant et la participation dans l’avis de concession, etc) et un abonnement d’au moins 80,00 €uros extraordinaires.

"Qualora non dovessimo vincere l’asta, al momento del rientro del deposito cauzionale la quota di sottoscrizione straordinaria verrà restituita ai soci. Si tratta di una sfida: metterci insieme per riprenderci un pezzo di città e gestirlo a fini pubblici. Vogliamo provarci. Non lasciare che tutta la laguna, pezzo a pezzo, diventi un unico centro alberghiero di lusso. Sottoscrivi la tua quota. 99 anni di Poveglia libera a 99 euro. Un affare utopico".

Si nous ne remportons pas l’appel d’offre, explique Giancarlo, les fonds extraordinaires seront remboursés aux adhérents. Nous devons essayer que la lagune ne parte pas, morceau après morceau, dans l’escarcelle d’investisseurs sous prétexte d’en faire des hôtels de luxe.

Mais le véritable but est de démontrer que l’Etat citoyen et démocratique existe toujours : "dimostrare con i fatti che lo Stato esiste ancora. Non lo Stato persona giuridica astratta: lo Stato comunità, la collettività. Noi tutti. Dobbiamo dimostrare di saper fare il nostro stesso, vero interesse: l’interessa di tutti, l’interesse pubblico, come scrive lo storico dell’arte Tomaso Montanari nel suo nuovo libro, Istruzioni per l’uso del futuro".

Nous vous tiendrons informés de l’évolution du projet "99 anni di Poveglia libera a 99 €uro<" et des modalités d’adhésion dès qu’elles seront précisées.

Si vous êtes dès à présent motivés par ce projet et prêt à participer, au moins financièrement, écrivez à cette adresse e-mail : associazionepoveglia@gmail.com

Isola di Poveglia

Pour vous motiver et vous permettre de rêver à l’île déserte de la lagune dont vous pourriez devenir (co) propriétaires voici quelques photos partagées par notre amie Sapi Tarin, l’infatigable pilote de barques typiques de la lagune.

Enfin, pour tout découvrir, en français, et participer à votre manière, la page Facebook en français : Les amis de Poveglia per tutti

Poveglia

Poveglia

Poveglia04

Poveglia

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La Torre del Caigo

La Torre del Caigo

La tour Caligo (torre Caligo ou torre del Caligo ou torre del Caigo) était un ancien fort qui se trouvait dans l’actuelle ville de Jesolo, sur les rives du canal Caligo , qui bifurque juste avant la rivière Sile. Il ne reste aujourd’hui que la base de ce monument.

Elle a des origines médiévales, mais a probablement été construite sur ​​un bâtiment existant de l’époque Impériale Romaine. On peut encore le voir grâce aux matériaux utilisés : des blocs de pierre à la base, puis des rangées de briques.
Giacomo Filiasi, dans son travail monumental sur l’histoire de la Vénétie, Annali Camaldolesi, cite  la Tour de Caligo, indiquant qu’elle avait été construite depuis 930.

La Torre del Caigo

Les anciennes cartes indiquent également une deuxième tour du même nom, vers l’embouchure du canal (à emplacement de Lio Maggiore). A cela s’ajoute un certain nombre d’autres bâtiments similaires connus, au XIVème siècle, sous le nom de Turris de Plave. Le long du canal Revedoli, les Torre da Fine et Torre da Rovedol avaient déjà disparues au XVIème siècle.

Ce système défensif, était utilisé dès l’Antiquité, pour assurer les voies navigables, protéger la plaine qui s’étendait jusqu’à Costanziaca, la petite lagune de l’époque et les canaux, cette tour eu, par la suite, pour principale fonction d’être  un péage où l’on s’acquittait des droits pour aller à pour Caligo. C’est ce que nous ont appris des documents de 1534 et 1577.

La navigation le long du Canal Caligo a été abandonnée en 1632, lorsque le marchand hollandais Daniel Nys a réalisé les écluses de navigation sur le Piave Vecchia.

La Torre del Caigo

Dès lors, la tour et les bâtiment alentour ont été laissés à l’abandon. Une carte de 1713 montre la tour préservée, dans son intégrité, mais plus tard, comme c’est la tradition dans la lagune, les pierres furent réutilisées pour d’autres constructions.

Au Moyen Age, San Romualdo fonda un monastère près d’ici, dont il ne reste plus aucune trace. C’est en mémoire de ce lieu saint qu’un berger qui faisait paître ses moutons près de la tour, a réalisé ces étranges bas-reliefs avec les lettres "S R".

La Torre del Caigo

Depuis, la tour est devenue un lieu de dévotion populaire, comme la croix de fer de l’ancienne église de San Dona, au sommet du mur peut en témoigner. Cette croix a été placée là en 1927, après la destruction de l’église pendant la grande guerre.

La Torre del Caigo

Isola di San Felice

C’était à l’origine une petite île émergée dans le nord de l’ancienne Clodia Minor, où il y avait une tour en bois qui marquait l’entrée de la lagune.

L'isola di San Felice

Après la guerre de Chioggia on a compris que c’était un lieu stratégique fondamental pour assurer la sécurité dans le sud de la lagune. On a donc construit le Castello della Luppa (ou Lova) entre les IVème et Vème siècles, grâce à des reconstructions successives, qui ont commencé immédiatement après la fin de la guerre de Chioggia (en 1384) et s’e sont poursuivies jusqu’à la chute de la République de Venise (1797).

Isola di San Felice

Ainsi s’est réalisée la structure actuelle de l’Isola di S. Felice qui, vu d’en haut, ressemble à une étoile à cinq branches sur le modèle du château de Famagouste à Chypre et d’autres fortifications vénitiennes.

Isola di San felice

Cette configuration permet une vue à 360° sur la lagune et la mer en même temps, et a prouvé qu’elle est une barrière efficace contre les tempêtes qui ont continué à éroder les îles et la lagune.

Isola di San Felice

Très intéressant du point de vue architectural, on peut encore voir le portail en pierre d’Istrie conçu par Andrea Tirali au début du VIIème siècle et les vestiges des fortifications militaires, mais aussi du point de vue de la nature.

L'isola di San Felice

L'isola di San Felice

L'isola di San Felice

La Marine Italienne , qui l’occupait depuis deux siècles a abandonné l’endroit qui, pour le moment, n’est pas ouvert au public. Il sera aménagé et valorisé.

L'isola di San Felice

Une promenade ou une balade à vélo vous permettra d’admirer les paysages et les vues sur les toits de la ville de Chioggia qui sont absolument uniques, surtout au coucher du soleil.

Chioggia vue depuis l'Isola di San Felice

Tramonto in laguna da San felice Marangon

Ridotto et forte Crevan

Ridotto Crevan

Aujourd’hui, nous vous emmenons dans la lagune nord, entre San’ Erasmo et Burano, dans ce que l’on appelle, les marais de Burano (palude di Burano).

Avant de partir, voici notre destination vue sur Google map :

Ridotto Crevan

Plus près :

Ridotto Crevan

Crevan est une île de la lagune nord de Venise. L’île Crevan est à quelques centaines de mètres du bord nord de l’île de Sant’Erasmo dans cette partie de la lagune où se trouvent aussi les îles de Torcello, Burano et Mazzorbo. L’île a une surface de la moitié d’un hectare (4680 mètres carrés, dont 377 m² bâtis), et est actuellement privée. Son propriétaire était le politicien et homme d’affaires Giorgio Panto  qui est mort le 26 novembre 2006 dans un accident d’hélicoptère dans la lagune, tout près de chez lui.

Ridotto et forte Crevan

Creva est resté inhabitée jusqu’au XIXème siècle.

Les vénitiens vous parleront du redotto Crevan, ou du forte Crevan, car ce fut à l’origine un fort voulu par Napoléon dès 1806, à la suite des accords de paix de Presbourg.

Ridotto et forte Crevan

L’ingénieur Label, alors directeur des Fortification, élabora un projet où il avait prévu la construction de neuf batteries et la défense du port de Treporti… mais l’histoire en a voulu autrement, et en 1814, Venise a subi la domination autrichienne.

C’est donc dans le cadre du projet de protection militaire de la lagune réalisée par les Autrichiens, que fut établie, en 1820, une petite garnison militaire dans un fort, pour surveiller cette partie de la lagune et l’accès au sud-est du marais. En 1866, l’île est devenue une partie du royaume d’Italie et elle fut abandonnée par les militaires.

Ridotto et forte Crevan

En avril 1943, Ferdinand III de Savoie, duc de Gênes, écrivait aux ingénieurs du bureau technique de Venise pour leur demander de renforcer les berges de l’île.

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Plus tard, l’île fut vendue à des particuliers qui transformèrent le fort en habitation, et cultivèrent des légumes. Puis la famille Panto la racheta et l’île devint une résidence avec un jardin d’agrément très fleuri.

Ridotto et forte Crevan

Pour s’y rendre, on peut quitter les fondamete Nuove en direction de Burano, puis, en continuant à naviguer vers le sud, en laissant derrière soi le canal très fréquenté Scomenzera S. Giacomo, on emprunte le chenal Crevan (profondeur : 3 m) et on rejoint lîle de San Francesco del Deserto, reconnaissable au profil typique des cyprès du jardin.

En suivant le canal Crevan on voit au sud, l’île de Sant’Erasmo, longue d’environ 4 km, et célèbre pour sa terre fertile cultivée comme un jardin potager et un verger. Notre destination est alors juste à tribord, à la jonction avec le canal de Burano.

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

La maison de 170 m², qui a conservé ses caractéristiques d’origine, se compose d’un grand séjour, quatre chambres… A l’écart, la maison du gardien qui veille jalousement sur la propriété.

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

La propriété, qui a toujours été très bien gérée et entretenue, est unique parce qu’elle offre l’impression de solitude d’une île déserte, sans être isolée, étant à seulement 20 minutes en bateau de Venise.

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

C’est donc une île déserte de rêve (et qui est actuellement à vendre) pour amateur fortuné, donc… à condition d’aimer les moustiques.

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

Ridotto et forte Crevan

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