Palazzo Malombra

Ce palais est intimement lié à la vie vénitienne de la Reine de Chypre, après son abdication en faveur de la Sérénissime en 1489.

Après son retour de Chypre, Caterina Cornaro partagea sa vie entre son palais sur le grand canal, et sa résidence d’Asolo.

Le palais de San Maurizio avait été acheté par son frère, Giorgio Cornaro (Zorzi), à Bartolomeo Malombra,  Guardian Grande della Scuola di S. Giovanni Evangelista, en 1480, pour la somme de 20 ooo ducats. Dans les années qui suivirent, Zorzi a dépensé près de 10 000 ducats pour le restaurer et l’embellir. Il a aussi agrandi la propriété, par l’achat de parcelles voisines, en 1483, 1483 et 1521.

Marino Sanudo, dans ses Diarii (vol. 56, p. 751) écrivait à propos du palazzo Malombra qu’il était “casa bellissima e la più bella di Veniesia e potria dì de Italia, signoril, magnifica et comoda”.

A la mort de Zorzi en 1527, la belle maison et ses autres biens firent partie de l’héritage de ses quatre fils, Francesco, Giovanni (Zuanne), Geronimo (Hieronimo) et Giacomo (Iacomo). Seuls Zuane et Iacomo vécurent dans le palais avec leurs familles. Ils achetèrent encore une propriété adjacente en 1534.

Dans la nuit du 15 août 1532, la Ca’ Malombra-Cornaro, fut en grande partie détruite par un incendie.

Lors du règlement définitif de la succession en 1545, la propriété à été divisée en deux. Giorgio Cornaro (Zorzetto), le fils du Proc. Giacomo Cornaro, mort en 1542, reçu en héritage la partie contenant les ruines de l’incendie. Il demanda alors à Jacopo Sansovino d’entreprendre la construction d’un nouveau palais, tel qu’il avait été imaginé par son père avant sa mort (le palais que nous pouvons voir de nos jours).

Ca' Corner della Ca' Granda - architettura e committenza nella Venezia del Cinquecento

Une église de Venise menacée par un incendie

Piero Pazzi est un vénitien attentif à sa ville, à son riche patrimoine et qui se souvient des catastrophes du passé.

Chiesa di San Lio di Venezia. - 001

En passant sur le Campo San Lio, Pierro Pazzi a remarqué la présence d’une baraque de chantier adossée au mur de l’église par l’entreprise Orseolo Restauri srl. Cette baraque est utilisée pour entreposer la matériel nécessaire à la réfection du toit de l’hôtel Canada et d’autre copropriétés voisines. Parmi les matériaux stockés, il y a de nombreuses planches de volige.

Or, selon Pierro Pazzi, cette situation contraste avec les règles les plus élémentaires de la prévention des incendies, surtout dans une ville aussi fragile que Venise. Or, il faut se souvenir que ce sont des circonstances similaires qui ont permis l’incendie qui, à l’abe du 4 mai 2010 a éclaté dans une baraque de chantier adossée à l’église de Santa Maria dei derelitti (Ospedaletto) détruisant la peinture L’annonciation et la visitation de la Vierge d’Antonio Molinari, endommageant d’autres chefs d’œuvres d’une inestimable valeur.

Chiesa dell'Ospedaletto après l'incendie du 4 mai 2010 © photo Fausto Maroder

Chiesa dell’Ospedaletto après l’incendie du 4 mai 2010 © photo Fausto Maroder

Dans l’église San Lio, à proximité de la cabane de chantier qui constitue une menace pour ce monument, se trouve un autel avec un retable figurant Saint Jacques, qui est une œuvre du Titien. Remarquable également, l’orgue de chœur du XVIIème siècle, recouverte de peintures et de parements de bois précieux.

Chiesa di San Lio : l'autel du Titien à droite, et l'orgue sur la gauche de la fenêtre

Chiesa di San Lio : l’autel du Titien à droite, et l’orgue sur la gauche de la fenêtre

Chiesa di San Lio di Venezia. - 011

Nous reproduisons ci-dessous la lettre que Pierro Pazzi a envoyée aux autorités responsables de Venise. Lettre que nous ne traduisons pas, puisque le texte ci-dessus et une résumé de son contenu.

All’ Attenzione
Della Soprintendenza dei Monumenti di Venezia
Del Comando Polizia Municipale
Del Comando Vigili del Fuoco e Ufficio Prevenzione Incendi
Del Nucleo dei Carabinieri per la Tutela Patrimonio Artistico
Dell’ Ufficio Promozione e Conservazione dei Beni Culturali Ecclesiastici
Del Titolare Hotel Canada
Della Ditta Orseolo Restauri
Della Ditta Boscolo Bielo Ivano
Del quotidiano Il Gazzettino
Del quotidiano La Nuova Venezia

ESPOSTO
PERICOLO DI INCENDIO PER LA CHIESA DI SAN LIO

Questa mattina passando in Campo San Lio mi sono accorto che addossato alla facciata della chiesa, a sinistra dell’ingresso principale e’ stato costruita una una baracca di cantiere contenente materiale per il rifacimento del tetto dell’Hotel Canada e altri condomini.
Tra i materiali ivi deposti si intravvedono anche molte assi di legno.
Questa situazione che contrasta con le più elementari regole di prevenzione degli incendi, in una città così fragile particolare come la nostra ricorda molto le circostanze che hanno dato luogo all’incendio scoppiato all’alba del 4 Maggio 2010 quando da un analoga baracca di cantiere si sono sviluppate le fiamme, poi divampate all’interno della Chiesa di Santa Maria dei derelitti (Ospedaletto) distruggendo il dipinto “Annunciazione e Visitazione della Vergine” di Antonio Molinari danneggiando altre opere contenute all’interno di quel tempio.
E’ impensabile quindi, che nonostante vi siano dei precedenti, si agisca con leggerezza e superficialità, o forse più appropriatamente con incompentenza e irresponsabilità negli odierni lavori di rifacimento del tetto in oggetto.
Considerando oltretutto che all’interno della Chiesa di San Lio, in prossimità della finestra sottostante al cantiere, vi è un altare con una pala raffigurante San Giacomo opera del Tiziano, oltre alla pregevole cantoria settecentesca dell’organo ricoperta di dipinti e ai numerosi dossali lignei sottostanti, si ritiene che sia demenziale l’allestimento di simile baracca del cantiere addossata al muro della chiesa suddetta.
Il presente esposto indirizzato, corredato dalle allegate immagini, si invia a tutte le realtà coinvolte nell’autorizzazione, nella vigilanza, nella committenza e nell’esecuzione dei lavori in oggetto affinchè nel più breve tempo possibile rimuovano detta baracca di cantiere al fine di scongiurare immeritate sciagure per il patrimonio storico ed artistico della nostra città.
Con osservanza e confidando in una pronta e ragionevole soluzione

Piero Pazzi

Chiesa di San Lio di Venezia. - 002

Chiesa di San Lio di Venezia. - 003

La Venise en plomb d’Adriano Scroccaro

Adriano Scroccaro est un passionné de soldats de plombs.

Il nous a reconstitué, spécialement pour les lecteurs de notre blog,  la vie dans une corte secrète de Venise vers 1910…

En image, empruntons la machine à remonter le temps d’un éternel grand enfant, mais aussi un grand magicien du merveilleux, et habille maquettiste vénitien.

cortesconta

compari

comari

ciacole

ceti diversi

giochi

imposte

la venezia di visconti

lampione

lavandaia

panni stesi

venditrice di latte

vien putea

vita in campo

Piera sbusa

Piera sbusa - photo Gian Luigi Vianello

 

A Venise, il y a de nombreuses pierres avec des trous (Pietra bucata) qui dépassent des murs de certains monuments, surtout les plus anciens.

En dialecte vénitien, ces pietre bucate sont devenues des piere sbuse et représentent toujours un véritable casse-tête auquel personne n’a véritablement apporté une réponse.

Ces piere sbuse sont fabriquées en pierre d’Istrie, et dépassent des murs où elles sont scellées de 25 à 35 centimètres. Elles ont le plus souvent une forme arrondie et sont percées d’un trou dans leur partie externe d’un diamètre d’environs 10 centimètres et elles sont toujours situées à proximité d’une fenêtre. On en voit dans de nombreux secteurs de Venise, surtout sur des édifices privés d’une certaine importance dans le secteur Rialto / San Marco des XIIIème et XIVème siècles.

« Chi va a zonzo per Venezia vede qua e colà due e più pietre bucate, che si protendono parallelamente dagli antichi edifici. Se la pietra è una sola, è segno che l’ altra, o le altre, furono tolte via in occasione di rifabbrica » ainsi s’exprimait l’architecte Pietro Selvatico au sujet de ces fameuses pierres.

Une des explications serait que « avevano l’ uffizio di sostenere grosse sbarre di ferro, o di legno, per tenervi ben serrati gli assiti ad uso delle bertesche colle quali munivansi le abitazioni dei palazzi magnatizi, se venivano asalite da nemici« … mais Venise est toujours restée éloignée d’un danger d’agitation à l’intérieur de sa lagune. Donc, même au temps incertains de la féodalité, ces pierre trouées pour y disposer rapidement des protections destinées à ralentir l’assaut des pillards n’ont aucune raison d’âtre.

D’autres ont évoqués un système permettant aux teinturiers de faire sécher les tissus : comment les teinturiers auraient pu posséder autant de maison dans Venise, dont de luxueux palais ?

On peut légitimement penser que, dans le trou, on passait un bâton, mais pour suspendre quoi ?

Outre la version qui propose de faire sécher des tissus fraîchement teints, on trouve également :

  • pour faire sécher le linge de la lessive ;
  • pour faire sécher des peaux de bêtes tannées pour la fourrure :
  • pour suspendre des tapis lors des grandes fêtes ;
  • pour suspendre des rideaux devant les fenêtres pour calmer l’ardeur du soleil…

Mais parfois, on trouve ces pierres avec le trou disposé à la verticale, souvent sous une terrasse. Servaient-ils alors à disposer une sorte de grillage sur des bâtons comme on peut le voir encore de nous jours ?

Giotto ou Carpacio les ont peint dans leurs œuvres.

Carpaccio

Tassini, Trincanato, Lorenzetti, Molmenti… tous les historiens de l’architecture vénitienne ont écrit une version différente de l’utilisation de ces pierres, mais aucun n’a résolu le mystère.

Chère journée à Poveglia

A l’occasion du Cleaning Day en Italie, l’association Poveglia per tutti avait mobilisé ses volontaire pour un grand nettoyage dans ce merdier géant qu’est devenue l’île, propriété de l’État Italien qui s’en désintéresse totalement du moment que ce bout de terre perdue ne lui rapporte rien.

L’association vénitienne, sur son site, a annoncé à ses adhérents du monde entier « que cette journée avait été extraordinaire, dans une ambiance de camaraderie et la volonté de préserver ce patrimoine qui appartient à toutes et tous les citoyens de la lagune« .

Sauf que l’île appartient toujours à l’État Italien et que les domaines, dans leur opération de brader les trésors de famille pour faire plaisir à l’Europe de madame Merkell ont toujours l’intention de tirer de ce lopin de terre un maximum d’argent, quitte à se mettre la population à dos.

Donc, depuis le début du mois de huillet, et quoi qu’en disent les portes paroles de l’association Poveglia per tutti, les négociations en vue d’une éventuelle mise à disposition de l’île n’ont pas avancées d’un iota, bien au contraire.

Ce qu’oublient de dire les portes paroles de l’association Poveglia per tutti, c’est qu’une demande très officielle avait été faite pour obtenir les autorisations en bonne et due forme de débarquer toute une petite troupe sur l’île de Poveglia.

Jusque là, rien de véritablement navrant…

Une journée de préparation le samedi, et une journée d’action le dimanche, qui ont permis, sans que le gouvernement italien de Matteo Renzi ne débourse le moindre centime d’€uros, de mettre propre comme un sous neuf, ou presque, ce coin de terre abandonnée.

Plus d’un millier de personnes sont allées sur l’île dimanche, mettre toutes les ordures dans des sacs poubelles, puis faire la fête avec un grand pique-nique, de la musique et de la bonne humeur.

Mais ce travail s’est avéré contre productif pour les bénévoles de l’association, car l’administration n’a pas apprécié ce travail fantastique.

En effet, c’est ensuite que les Domaines ont envoyé la facture :

Pour les droits de concession pour deux jours, l’utilisation des pontons, frais et droits de timbres inclus, le montant exigé par l’administration s’élève à plus de 2.000 €uros.

Au moins, nous savons désormais comment est dépensé que trésor de guerre que nous avons créé pour cette association : cela sert à remplir les caisses de l’État le plus corrompu d’Europe.

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… heu …

… sinon, on vous le répète : il n’y a pas de fantômes sur l’île de Poveglia !

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Monte dell’Oro

Nous vous emmenons aujourd’hui vers un endroit mythique, puisque la légende le la lagune veut que c’est ici que le trésor d’Attila serait encore caché.

Monte dell'Oro

C’est une petite île (0,13 ha) de la Lagune Nord de Venise, le long du canale Silone, dans la partie septentrionale des palude della Rosa. Le nom fait référence à une ancienne légende, rapportée par Paoletti, selon laquelle Attila, pourchassant les habitants après avoir détruit Altino, serait resté embourbé dans les marais de la lagune et aurait perdu son butin de guerre, chargé sur le plus gros et le plus lourd des charriots, qui aurait disparu dans les sables perfides.

D’ailleurs, tous les pêcheurs de Burano vous raconteront que, la nuit, on peut encore voir les esprits des soldats Huns qui veillent sur le trésor maudit, promettant à ceux qui tenteraient de le chercher une mort violente. D’ailleurs, les palines voisines portent encore de bien curieux reliefs :

Canale Silone près du Monte dell’Oro

Canale Silone près du Monte dell’Oro

Canale Silone près du Monte dell’Oro

La région était habitée par des réfugiés de l’intérieur du pays qui ont érigé un monastère bénédictin et une église dédiée à San Cataldo. Il semble aussi que se trouvait ici aussi le séminaire du diocèse de Torcello.

La zone s’est dépeuplée vers la fin du Moyen Age, et la partie immergée s’est considérablement réduite, plus tard ce lopin de terre a été utilisé pour construire un petit poste militaire, avec une cinquantaine de soldats, une position intermédiaire entre les principaux points fortifiés, dans le but de contrôler également les canaux secondaires d’accès à la lagune.

Ridotto dell Monte dell'Oro

Ridotto du Monte dell'OroDeux plans autrichiens publiés par http://www.fortificazioni.net

En 1848, les insurgés Vénitiens ont construit un fort, développé plus tard par les Autrichiens. Il fut ensuite utilisé par l’armée italienne pendant la Première Guerre mondiale, aujourd’hui il reste qu’un amas, une bosse de forme arrondie, où il n’existe aucune trace des anciens bâtiments et où vous pouvez prendre le temps de déguster de délicieuses mûres sauvages en rêvant de trésors cachés…

En 1994, l’État italien, alors propriétaire de l’île l’a adjugée à un « ingénieur sicilien ».

Monte dell'Oro

Maurice Brazil Prendergast

Maurice Brazil Prendergast a découvert les scènes peintes par Vittore Carpaccio, lors d’un voyage à Venise en 1898.

Alors qu’il travaillait principalement à l’aquarelle depuis plusieurs années, la rencontre avec la peinture du Carpaccio l’encouragea à expérimenter des arrangements encore plus complexes et rythmés.

Ses aquarelles, inventives, de Venise, figurent parmi ses œuvres les plus apprécies de nos jours.

Ombrelles sous la pluie - Maurice Prendergast

Duncan Phillips, qui a acheté son Ponte della Paglia, huile sur toile, ci-dessous, pour son musée, le Phillips Collection, décrit la technique unique de Prendergast :

« Prendersgast a posé des touches rondes de couleur, l’une sur l’autre, permettant aux couleurs du dessous de remonter au travers des touches. Ainsi, il a créé un scintillement de tons, et sa peinture, qui ressemble à une tapisserie n’est pas plate et sans relief, mais un monde d’espace incandescent.« 

Le Ponte della Paglia a valu de nombreuses années de travail à l’artiste, puisque l’œuvre débutée en 1898-1999 lors de son voyage à Venise, ne fut achevée qu’en 1922.

Pont de la paille - Maurice Prendergast

Maurice Prendergast est né le 10 octobre 1858 à Saint-John’s, une ville de Terre-Neuve, au Canada. Cet aquarelliste postimpressionniste appartenait, sur le plan technique, à l’école d’Ashcan, mais ses composition délicates n’ont rien en commun avec la philosophie de ce groupe.

Venise - Maurice Prendergast

Canal à Venise - Maurice Prendergast

Canal Grande - Maurice Prendergast

Procession pascale - Maurice Prendergast

San Marco - Maurice Prendergast

San Marco sous la pluie et le soleil - Maurice Prendergast

Santa Maria Formosa - Maurice Prendergast

D’un tempérament timide, il est resté célibataire toute sa vie. Maurice Prendergast est mort le 1er févier 1924.

The merchant of Venice d’Orson Welles

Cette adaptation de la pièce de Shakespeare était au départ destinée à la télévision dans le cadre de la Orson’s Bag pour la CBS. Des problèmes financiers contraignirent Orson Welles à financer lui-même le film qui restera inachevé.

Selon certains, le film ne fut jamais terminé, selon d’autres, il fut entièrement tourné en 1969 puis monté, mais deux bobines disparurent mystérieusement de la société de production. Ce qu’il en reste permet de saisir la manière fragmentée dont Welles a dû tourner le film.

L’histoire s’inspire de l’œuvre de William Shakespeare.

Le marchant Antonio, Pour rendre service à son protégé Bassanio, emprunte de l’argent à l’usurier Shylock. Et il signe une reconnaissance de dette où il autorise son créancier à lui prélever une livre de chair en cas de défaut de paiement.
Ne pouvant honorer sa dette, il voit Shylock venir lui réclamer sa livre de viande.

The merchant of Venice

D’après le critique américain Jonathan Rosenbaum, ce film aurait été totalement tourné puis monté. A la fin de l’été 1969, Welles aurait montré le film à Oja Kodar et sa mère à Rome. Malheureusement, peu de temps après cette projection, deux des trois bobines auraient disparu. Par contre dans le documentaire The one man band, il est affirmé que le montage n’avait pas encore commencé lorsque quelques bobines furent volées. Quoi qu’il en soit ce film reste inachevé et on ne peut en voir que des fragments. Le négatif original existe encore de nos jours, mais il manque le son.

Il fit preuve de ses « ruses » créatives habituelles : quelques plans du carnaval de Venise pour créer l’ambiance et le tournage commencé à Venise fut transféré dans le petit village d’Almata dans la région de Dubrovnik lorsque les difficultés financières ont commencées ; quelques mannequins en bois en guise de figurants pour signifier la foule… Des plongées et contre-plongées savamment utilisées pour rendre la solennité des scènes et de grandes profondeurs de champs pour augmenter les distances…

Le film, dont certains disent qu’il durait 30 à 40 minutes, était une version abrégée de la pièce. Welles avait même éliminé le personnage de Portia après que Oja Kodar, sa maîtresse de l’époque, ait décliné le rôle en raison de sa méconnaissance de la langue anglaise.

Mais au-delà du film, disparu en grande partie, il reste la scène du monologue de Shylock, que Welles tourna plus tard, dans les années 1970, dans le style de ses lectures de Moby Dick ou de The spirt of Charles Lindberg. Cette lecture magnifique lève l’ambiguïté de ce marchand de Venise, qui mettait au centre de l’intrigue l’opposition entre chrétiens et juifs, les uns capables de compassion, les autres seulement animés par la soif de vengeance.

Scenario : Orson Welles, d’après William Shakespeare

Image : Giorgio Tonti, Ivica Rajkovic, Tomislav Pinter

Interprétation : Orson Welles (Shylock), Charles Gray (Antonio), Irina Maleeva (Jessica),  Dorian Bond, Bill Cronshaw, Mauro Bonnani et Nina Palinkas.

(Mauro Bonnani n’était pas un acteur professionnel, mais un éditeur qui travaillait alors sur le Don Quichotte de Welles, tandis que Nina Palinkas était la sœur cadette de Oja Kodar, de son vrai nom Olga Palinkas)

Le impiraresse

Venezia. Infilatrici di perle ‎‎(Impiraresse)

Nous allons vous parler d’un métier de nos jours disparu, les enfileuses de perles, en italien infilatricei di perle, devenu en vénitien impiraresse.

Depuis le XVème siècle, peut-être même plus tôt, et jusqu’à la moitié du XXème siècle, des millions de jeunes femmes à Venise ont pratiqué cette activité.

Les usines de Murano, les conterie, qui fabriquaient des perles en verre multicolores, donnaient ces perles à enfiler à la maison. Les femmes en faisaient alors des vêtements, colliers, boucles d’oreilles, sacs, ceintures… C’est ainsi qu’est né l’art de la impiraressa mot vénitien qui vient du verbe impirare qui signifie enfiler.

Enfileuses de perles

C’est un travail qui était réalisé uniquement par les femmes, le plus souvent devant la porte de leur maison, pour profiter de plus de lumière. Dans Castello, on pouvait encore en voir dans les années 1960. Elles étaient nombreuses et se regroupaient entre voisines et amies, animant les rues de leurs rires et de leurs discussions et commérages, les chiacchiere (le caciole delle done) avec de piquantes observations épicées sur les passants, avec la vivacité typique et la malice des femmes vénitiennes.

Elles travaillaient à un rythme rapide, plongeant les aiguilles dans une trame de fils de lin démêlés en éventail (les plus qualifiées travaillaient sur 120 fils en même temps). Les perles étaient dans une boite en bois, la sessola et, enfilées sur les fils qui étaient ensuite tramés, formaient le mazzette. Au milieu du XIXème siècle, on pouvait compter pas moins de 2000 femmes qui brodaient les perles dans les quartiers populaires de Venise. Mais c’était également le travail le moins bien rémunéré à la maison, et ces femmes commençaient dès l’âge de 18 ans, et continuaient pendant leur vie, car il s’accommodait bien des obligations de la femme au foyer de l’époque, des taches ménagères et des nombreux enfants… qui ne dérangeait ni les rythmes familiaux, ni l’ancrage local.

Enfileuses de perles

C’était un travail féminin extrêmement organisé. En effet, à côté des ouvrières, on trouvait les Mistre qui étaient les intermédiaires avec les usines, elles connaissaient tout le monde et fournissaient le travail et le matériel. De plus, il y avait un réseau étroit de relations entre les ouvrières, qui se manifestait sous la forme de solidarité en cas de besoin, mais aussi dans la conscience de leur classe. Les conflits sociaux etaient fortement suivis, quand il s’agissait d’améliorer les conditions de travail et les salaires. Ces périodes d’arrêt de travail avaient toujours quelque chose d’extraordinaire, car ils s’accompagnaient de danses, chants dans une ambiance confuse et mouvementée.

Enfileuses de perles sur une fondamenta

Nous avons retrouvé pour vous une de ces chansons de lutte des ouvrières perlières de Venise :

Semo tute impiraresse
semo qua de vita piene
tuto fògo ne le vene
core sangue venessiàn.‎

No xè gnente che ne tegna
quando furie diventèmo,‎
semo done che impiremo
e chi impira gà ragion.‎
‎ ‎
se lavora tuto il giorno
come macchine viventi
ma par far astussie e stenti
tra mille umiliasiòn
‎ ‎
semo fìe che consuma
dela vita i più bei anni
per un pochi de schei
che no basta par magnar

Anca le sessole pol dirlo
quante lagrime che femo,‎
ogni perla che impiremo
xè na giossa de suòr.‎
‎ ‎
per noialtre poverette
altro no ne resta
che sbasàr sempre la testa
al siensio e a lavorar
‎ ‎
Se se tase i ne maltrata
e se stufe se lagnemo
come ladre se vedemo
a cassar drento in preson

Anca le mistra che vorave
tuto quanto magnar lore‎
co la sessola a’ ste siore
su desfemoghe el cocòn!

… que voici, chantée par Luisa Ronchini (1933-2001) :

La famille Barbarigo

La famille Barbarigo était une famille noble de Trieste, venue habiter à Venise dès sa création. Elle possédait la localité de Muggia en Istrie.

Alvise Barbarigo quondam Antonio quondam Girolamo procuratore

Ils adoptèrent le nom de famille de Barbarigo, après qu’un Arrigo, ayant battu les Sarrasins en 880, forma une couronne faite de leurs barbes, et revint triomphalement, ainsi vêtu, aux lari paternels.

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Venus à Venise, ils y fondèrent avec les Jubanici l’église Santa Maria Zobenigo. Ils fondèrent ou restaurèrent d’autres églises, et produisirent deux évêques, un patriarche de Venise et trois cardinaux, parmi lesquels le bienheureux Gregorio Barbarigo (1625-1697), qui naquit à Santa Maria Zobenigo et qui en 1691 renonça à l’honneur de la tiare penchée sur sa tête.

La famille produit aussi deux frères doges Marco Barbarigo (1413-1486) et Agostino Barbarigo (1419-1501) et, parmi de nombreux guerriers, citons Agostino Barbarigo (1516-1571), capitano generale da mar, qui fit des étincelles dans la bataille de Lepante dans laquelle, touché par une flèche dans l’œil, il mourut jubilant à la vue du massacre ennemi.

L’arme des Barbarigo se compose d’argent à une bande d’azur, chargé de trois lionceaux d’or, la bande accompagnée de six barbes de sable, trois de chaque côté.

La famille s’est éteinte avec Giovanni Filippo Barbarigo (1771-1843) mort sans fils.

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Cette famille s’est fait remarquer par ses richesses et par les charges qu’elle a occupée à Venise.

 Portrait de Antonio Barbarigo, vers 1690 par Johan Karl Loth


Portrait de Antonio Barbarigo, vers 1690 par Johan Karl Loth

Karl Loth, originaire de Munich, qui est l’un des artistes les plus connus et les plus chers de Venise à cette époque a exécuté ce portrait probablement vers 1690.

Dans ce portrait, l’artiste a voulu mettre en avant l’importance du rang en politique de son sujet qui apparait portant le vêtement rouge attribué aux procureurs de Saint Marc. Son pouvoir est accentué par le manteau français qu’il arbore, bien que celui-ci soit pourtant interdit à Venise. Ce tableau semble être l’un des rares portraits où le noble ne figure pas avec le blason de sa famille mais avec celui du Lion de Saint Marc.

Sources bibliographiques :

Storia delle famiglie illustri stemma nobiliare

G. Lorenzetti-L. Planiscig La collection du Comte Dona dalle Rose à Venise, 1934,

Adriana Augusti Le portrait dans la peinture vénitienne, Trieste 1998

La Peste de retour à Venise

La Peste à Venise

Cette photo de malades de la peste à l’agonie dans la lagune de Venise à été prise le 27 septembre 2014 par la photographe Elena Tagliapietra.

En effet la peste est de retour en ce début de siècle dans la lagune de Venise et dans toute la région.

Même si une certaine omerta pour qu’on n’en parle pas, ou peu, couvre ces fait, cette peste vénitienne du XXIème a causé de nombreux ravages et déjà fait des victimes en quantité.

Chose surprenante, elle atteint principalement les hommes et femmes politiques ou de pouvoir, les hauts fonctionnaires, les grands décideurs et les industriels ou les chefs d’entreprises puissants.

La peste qui sévit à Venise se propage à cause de l’appât du gain, la corruption, le détournement de fonds publics, le financement illicite, la fraude fiscale…

… en réalité, cette peste atteint déjà tout le monde dit « civilisé », et dans nos nations occidentales ou l’argent et l’égoïsme sont devenus les seules religions, elle a fait de nombreuses victimes. A nous de nous en protéger avec efficacité avant qu’ils n’emportent le monde dans leur décadence et la décomposition de leur système.

Notre amis Stefano Sofiato a filmé les coulisses qui ont menées à la réalisation de cette photo.

Pour que la vidéo ci-dessous marque les esprits et fasse le tour de la planète grâce à vous toutes et tous.

Venise se mobilise en faveur de Franco Libri

A Venise, tout le monde connaît Francesco Teardo que l’on surnomme Franco Libri, car il redonne une nouvelle vie à des livres d’occasion, et cela depuis plus de dix ans.

Francesco Teardo - Franco Libri 001

Passionné de livres et de littérature, c’est à lui que les vénitiens apportent leurs vieux livres, quand ils déménagent, ou débarrassent leurs greniers. Deux fois par semaine, il les expose le long de la fondamenta di San Basilio en les posant sur le mur qui longe le canal.

Franco Libri

N’importe qui peut alors emporter un livre, en échange d’un €uros ou deux, d’un autre livre, ou, même, gratuitement.

Francesco Teardo - Franco Libri 005

Dimanche dernier, pendant la manifestation contre les grandi Navi, la police municipale a séquestré 125 livres usagés et 127 bandes dessinées à Francesco, et, au nom de l’article 28 du décret législatif 114/98 qui interdit la vente de marchandises sur la voie publique, une amende particulièrement salée de 5.164,00 €uros.

Francesco Teardo - Franco Libri 010

Francesco Teardo est un ancien employé communal à la retraite, et, s’il est vrai qu’il n’a jamais demande d’autorisation pour proposer ses livres, il est connu pour avoir organisé des manifestation sportives ou culturelles. Il a également créé une bibliothèque dans la prison pour femmes de la Giudecca, et grâce à lui, les détenues ont accès à un grand nombre de livres sur des sujets divers et dans plusieurs langues.

« Mi chiedo se il divulgare cultura senza fini di lucro debba essere punito così pesantemente. Espongo i miei libri senza intralciare il passaggio della gente e senza chiedere soldi a nessuno. È un’attività senza fini di lucro, che da dieci anni porto avanti solo per passione e per invitare i veneziani a leggere » déclare Francesco, dépité.

Francesco Teardo - Franco Libri 004

Immédiatement, les habitants de San Basilio et ses environs on décidé de signer et faire signer une pétition « La sanzione a Franco Libri deve essere revocata » comment imaginer dans une ville qui est au centre d’énormes scandales de corruption, et où près d’un millier d’africains et de pakistanais proposent sur la voie publique des contrefaçons sans être inquiétés, on s’acharne ainsi et on fasse de tels amalgames ? Il est vrai que, contrairement aux abusivi, Franco Libro n’est pas protégé par la mafia et n’as pas les moyens de corrompre les policiers vénitiens.

Francesco Teardo - Franco Libri 003

Cette pétition a déjà recueillie plus de 500 signatures et les messages de soutient et d’indignation se multiplient sur Facebook.

Dimanche 5 octobre, toutes celles et tous ceux qui peuvent être à Venise sont invités à participer à une journée de soutien à Francesco Teardo, journée autorisée par la mairie, de 10:00 à 21:00 heures, le long du muret de la fondamenta entre le campo San Basilio et le campo San Sebastiano, où, tout au long de la journée il y aura des animations autour des livres exposés par Franco Libri.

Francesco Teardo - Franco Libri 002

Pour celles et ceux qui ne pourront pas y participer (et même si vous y participez) nous vous proposons d’afficher sur votre mur Facebook, toute la journée de dimanche, la photo ci-dessous et de ne rien publier d’autre de toute la journée afin que cette photo reste la plus visible possible. Pour cela, enregistrez la photo ci-dessous et publiez la sur votre mur Facebook (ou partagez celle que nous mettrons sur notre mur).

Mobilisation pour Franco Libri

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