Ne venez pas à Venise pour ça !

Cela commence avec les ponts du mois de mai, et se prolonge tout l’été… circuler à Venise pour quelqu’un qui doit tenter d’y vivre normalement (d’y survivre serait un terme plus juste), relève d’une aventure surhumaine, et demande une quantité extraordinaire de patience et la nécessité de, constamment, prendre sur soi.

Venise l'été

Quand nous sommes dans la Venise estivale, nous trouvons que les moutons de nos montagnes des Alpes sont infiniment plus civilisés que les touristes des temps modernes.

Dès la fin du mois de juin, tout vénitien, de naissance ou de cœur, comprends que tenter d’utiliser les transports en commun est un défi qu’il est préférable d’oublier.

Venise l'été - 070

Dès le milieu de la matinée, nous commençons à subir des groupes, affalés sur les banques des fondamente, vautrés sur le marches des ponti, et qui sortent leur repas du sac (pas question d’acheter quoi que ce soit à Venise) pour faire leur agapes en plein milieu de nos voies de circulations, sans se soucier des difficultés qu’ils causent.

Venise l'été - 015

Et entre 11 et 14 heures, on pourrait croire que le monde entier est venu déballer son casse-croute dans cette belle ville.

Venise l'été

Venise l'été - 008

Certains, désormais sont encore mieux organisé et ont, visiblement prémédité leur crime : ils emportent même leur nappe vichy pour pique-niquer sur la plus belle place du monde, en dépit des pictogrammes d’interdiction affichés sur les poubelles près d’eux.

Venise l'été - 006

Et, ne pensez pas que la rusticité des mœurs est l’apanage des classes défavorisées, les nouveaux riches et les parvenus ont conservé les manières de manants qu’ils avaient à leur naissance. L’éducation et le respect ne sont pas liées à la fortune.

Venise l'été - 050

Donc, chaque jour nous assistons à ce spectacle désolant d’une société de con-sommation, en plein décomposition de ses mœurs. A Venise plus qu’ailleurs, nous comprenons à quel point notre civilisation de l’égoïsme et du capital est pervertie, comme toute société en déclin. La véritable crise est bien celle des valeurs humaines et humanistes.

Venise l'été

Venise l'été

Venise l'été

Venise l'été

Venise l'été

Venise l'été

Venise l'été

Venise l'été

Venise l'été

Venise l'été

Venise l'été

Nous ne sommes pas les seuls à voir et subir cela, et d’autres amis vénitiens, notent également un relâchement des moeurs, jusque dans la tenue et les attitudes inconvenantes, comme le montre ce reportage d’Enzo Pedrocco !

Et comme vous pouvez le constater, nous ne pouvons être taxés de raciste : toutes les nationalités de la terre se comportent de la même manière quand ils sont à Venise, y compris à la porte des lieux sacrés.

Venise l'été - 016

Après avoir souffert le jour, nous espérions que, passé 18 heures, quand les hordes de touristes low-cost apportées par les magnats du tourisme de masse seraient reparties dans leurs cages à lapins des hôtels "touristiques" ; nous pensions donc que nous retrouverions notre Venise "à nous", et que nous pourrions enfin vaquer à notre vie, normale…

Et voilà que désormais, Venise la nuit se transforme en auberge aux étoiles avec des campeurs sans scrupules…

Venise l'été

… ou en véritable cour des miracles qui nous ramène, des siècles en arrière, à l’époque du Moyen-Âge quand le cœur des cités du Vieux Monde n’était que porcherie et insécurité :

Venise l'été

Venise l'été

Venise l'été

Une fois que ces "touristes" sont partis, eux qui n’ont rien acheté sinon de quoi s’enivrer, eux qui n’emportent aucun souvenirs de la sérénissime cité lagunaire, ne manquent pas de nous laisser les traces de leurs passage, et les souvenirs de leur incommensurable manque d’éducation :

Venise l'été

Cela s’ajoute de plus en plus, et désormais, presque chaque jour la presse locale se fait l’écho de ces "mauvais touristes" qui dégradent le patrimoine de l’humanité.

Venise l'été - 100

Venise l'été - 101

De quoi donner des arguments à celles et ceux qui réclament, depuis des années, que l’accès à Venise soit limité par un numero chiuso (voir cet article écrit en 1987). Nos lecteurs ne s’étonneront donc pas si un jour, ce que nous avions écrit dans notre poisson du 1er avril dernier devient réalité !

Grazie a Pietro Bortoluzzi ; Antonella Ciappina ; Alessandro Dalla Cort ; Alvise Elvis Ferialdi ; Irene Galifi ; Davide Scalzotto ; Matteo Secchi ; Cecilia Tonon ; Anna Zemella et tutti i membri del gruppo di riflessione sur questo problemo, per loro collaborazzione.

Licinia Gradenigo, la Vénus de Botticelli

Nascita di Venere par Botticelli

La Naissance de Vénus est un tableau majeur de Sandro Filipeti, dit Botticelli, peint vers 1485 et conservé aux Offices de Florence. 

Selon l’Histoire officielle, le modèle de la Vénus était Simonetta Vespucci, fille de Gaspar Cattaneo della Volta et de Cattocchia Spinola de Candia, qui avait épousé Marco Vespucci et qui fut la maîtresse de Julien de Médicis. Elle était considérée comme la plus belle femme de son époque. Décédé de pneumonie à l’âge de 22 ans en 1476, tous les portraits célèbres de Botticelli la représentant sont posthumes : Portrait de Simonetta Vespucci (1476-1480), Portrait de Simonetta Vespucci (1480), Vénus et Mars (1480), La Naissance de Vénus (1485) Madonna della melagrana (1487).

Portrait de Simonetta Vespucci

Il en est de même pour les peintures de Piero di Cosimo dans lesquels est reconnue Simonetta Vespucci : Portrait de Simonetta Vespucci (1480), La Mort de Procris (1486-1510).

Mais à Venise, nous avons une autre version…

Sandro Filipeti venu en visite à Venise, alors qu’il passait sur le ponte de la Fava, croisa une jeune femme d’une grande beauté, qui venait juste de sortir de l’église. Il s’agissait de Licinia, une très belle vénitienne de la maison Gradenigo, dont il fut tellement touché, tant par la beauté et la grâce, que par sa douceur, qu’il décida de l’immortaliser.

Il obtint l’autorisation de la famille d’en faire plusieurs croquis, qu’il emporta avec lui à Florence.

Pour commémorer cet instant de grâce vécu par l’artiste, il la figura, dans son tableau, dans une coquille identique à celle qui se trouve encore sur le portail de l’église de la Fava.

Ce n’est peut-être qu’une légende, mais c’est ainsi qu’on la raconte à Venise […] venuto in visita a Venezia, passasse sul ponte de la Fava proprio mentre dalla chiesa usciva Licinia, una bellissima veneziana della nobile casata dei Gradenigo di cui rimasse talmente ammaliato per grazia e dolcezza che decise di immortalarne i tratti nel viso della sua celebre Venere nascente dalle acque. Per ricordare quel momento, si dice che il pittore volle raffigurarla su di une conchiglia uguale a quella che sovrasta il portale della chiesa.

Quand à Botticelli, il acheva de peindre La Naissance de Vénus neuf ans plus tard après la mort de Simonetta Vespucci, en 1485. Il fit la demande d’être enterré aux pieds de son modèle, requête accordée lors qu’il mourut 34 ans plus tard, en 1510.

 Sandro Botticelli - Autoportrait

Federico del Campo (1837 Lima, Pérou – 1927 Rome, Italie)

L’artiste péruvien Federico Del Campo est né à Lima, au Pérou en 1837, il a suivi des cours, puis travaillé comme assistant à l’Académie du peintre italien Leonardo Barbieri (c.1810-c.1873).

Lorsque Federico avait 30 ans, son patron, le sénateur Goynch, lui a payé un voyage d’études en Europe.

Federico voyagé dans toute l’Europe, en plus d’étudier l’art à Paris, il s’est rendu en Italie et en Espagne, à Madrid, où il complète sa formation de dessinateur à l’école des Beaux-Arts San Fernando. Il y côtoie le peintre madrilène Lorenzo Valles (1830-1910), qui, depuis 1853, travaille essentiellement en Italie.

Sur les conseils de Lorenzo Valles, Del Campo s’établit à Venise où il retrouve une importante communauté d’artistes de toutes nationalités qui, selon la tradition de l’époque, sont venus étudier et travailler en Italie.

Del Campo rencontre l’artiste autrichienne Antonietta Brandeis (1849-1920), se lie d’amitié avec le peintre vénitien Giacomo Favretto (1849-1887), et se mêle à la "colonie d’artistes espagnols" présente à Venise.

Cette communauté réunit des peintres comme Rafael Senet y Perez (1856-1926), Mariano Fortuny (1838-1874), ou Martin Rico y Ortega (1833-1908), tous déjà célèbres et prisés sur la scène internationale.

En 1880-1881 Federico Del Campo, a présenté des tableaux dans les expositions du Salon de Paris en 1880 puis à l’exposition internationale de Madrid en 1881. Dont, ses  "Vues de Venise"…

La plupart des œuvres de Federico, sont de images extrêmement détaillées. Doté d’une palette vive, d’une maîtrise technique remarquable et d’un grand souci du détail qu’il peint avec une extraordinaire précision, Del Campo est reconnu comme l’un des meilleurs peintres de "vedute" de la seconde moitié du XIXème siècle.

Les principaux acheteurs étaient de riches touristes américains et européens.

En 1887, Del Campo travaille en Sicile, puis à Naples, mais, tout comme son grand rival italien Rubens Santoro (1859-1942), l’essentiel de son œuvre consiste en des vues et scènes de Venise.

Célèbre de son vivant, Federico Del Campo est décédé en 1923.

Federico del Campo was one of the finest painters of Venetian views in the latter half of the nineteenth century. Born in Lima, Peru, Del Campo studied in Madrid with Lorenzo Valles (1830-1910), an artist who himself worked in Italy, dying in Rome in 1910. Del Campo exhibited a "View of Venice" in 1881 in Madrid and, since he had painted in Assisi several years before, it is clear that he had travelled extensively through Italy by this time. The main body of Del Campo’s work, like that of his rival Rubens Santoro (b.1859), who also painted in Capri and Naples, consists of Veneitan views.

Un canal pour Lupi

Les abominables hommes de la lagune existent, Anna Lombroso une de nos amies vénitienne les a rencontrés.

Ce n’est pas nouveau dans notre monde contemporain, des hommes de peu de poids veulent laisser leur marque dans l’histoire. Parfois ils veulent créer leur Tour de Babel ou leur pyramide faite des larmes, du sang et de la sueur de ceux qui les érigent pour eux. D’autres font dresser des autels à la célébrité unique.

Et puis, il y a les hommes politiques italiens, une race assurément à part dans cette chaîne animale particulière qu’est l’Homo politicus. Car celles et ceux qui ont choisi la politique pour que l’histoire se souvienne d’eux, sont, en général plus aptes à défendre les volontés de troupeaux de prédateurs que l’on désigne habituellement sous le terme générique d’hommes d’affaires. En Italie, la réalité de ces investisseurs cache souvent des voisins peu recommandables, de bergers qui ont plus de cadavres à leur actif que de moutons dans leurs troupeaux, mais qui dictent au monde leur volonté, en secret, depuis qu’il tiennent dans leur main les banques et la finance mondiale.

Ces gardiens de moutons ont donc jeté leur dévolu sur la lagune de Venise, achetant palais sur le Canal Grande, îles désertes de la lagune, et rackettant les entreprises de la région.

Les grands chantiers coûtent désormais de plus en plus cher, ne se terminent jamais et sont réalisés dans des conditions qui les rendent dangereux. Ainsi le MOSE qui est un gouffre sans fond et dont le volet judiciaire se prolonge, le Tav qui dépassera peut-être un jour le bout du tunnel… et les grands paquebots de croisière.

Désormais, ce que veulent les bergers, c’est qu’un canal soit creusé dans la lagune de Venise, pour que le décret Clini-Passera n’y soit jamais respecté.

st-george

Nous vous invitons à découvrir le billet plein d’humour… noir d’Anna Lombroso : Un canale per Lupi, abominevole uomo delle navi

Les fresques du palais ducal

"… 1552 adj 27 luio fo comenza’ a comper el muro del Gran Conseglio sopra la corte de Palazo per far do perzoli per aver fresco et del 1554 fo finidi come isto"

Au détours de quelques recherches historiques dans les méandres de la Bibliothèque Nationale Marciana, nous tombons parfois sur quelques énigmes, comme cette indication de Stefano Magno, dans ses Cronaca di Venezia (vol 1, BNV MVII513).

Le 27 juillet 1552, on commença donc à casser le mur de la salle du Grand Conseil au dessus de la cour du palais, pour y construire deux sortes de niches destinées à accueillir des fresques. Il semble donc qu’en 1554 tout ait été fini. Voilà, en une seul phrase trouvée dans un grand et vieux livre poussiéreux, une enquête peut commencer…

Giovanni Battista Ponchino (Castelfranco Veneto, c . 1500 – 1570), était à Venise en 1553, et il a été chargé de peindre les décorations dans le Palais des Doges. Vasari a déclaré qu’il a obtenu cette importante commande en raison de son lien avec l’influente famille Grimani, mais ensuite, invités par Ponchino, Véronèse et Zelotti se sont impliqués dans le projet.

Giambattista Ponchino : Mercurio e Minerva

Paolo Caliari, dit Véronèse, né en 1528 à Vérone et mort le 19 avril 1588 à Venise, est devenu le "peintre de la République". Il réalise notamment, suite à l’invitation de Ponchino et avec Zelotti, les fresques de la salle du conseil des Dix au palais des Doges. Véronèse exécuta notamment un médaillon qui décorait, en son centre, le plafond de la Salle des audiences : Jupiter foudroyant les Vices.

A cette période, Giovanni Battista Zelotti ou Battista Farinati (Vérone, 1526 – 1578) travaille sur les plafonds de la salle du conseil des Dix au palais des Doges (1553-1554), à la bibliothèque Marciana (1556-1557), et au palais Trevisan (1557) à Murano.

Mais, en Décembre 1577, un incendie a éclaté dans la salle voisine du Scrutinio a détruit toutes les décorations et gravement endommagé la structure de la pièce. On a donc décidé d’un nouveau décor qui a été confié à des artistes tels que Véronèse, Jacopo et Domenico Tintoretto, Palma il Giovane, selon un programme qui comprenait, sur les murs, des épisodes de l’histoire de Venise avec une référence particulière aux relations avec la papauté et l’empire, sur le plafond des actes de citoyens courageux et les Vertus, tandis que l’espace central a été réservé à la glorification de la République.

La salle que les touristes visitent aujourd’hui ne possède donc plus aucun souvenirs de ces fresques de 1554, dont nous n’avons réussi, à ce jour, à trouver aucun croquis et dessin préparatoire.

Interno della Sala del Maggior Consiglio - Palazzo Ducale, Venezia

Birra Venezia

Birra Venezia

Les origines de la Birra Venezia se perdent, en 1835 quand, à Santa Chiara a été créée une brasserie sous le nom de "Ditta Bibliotto" (Société Bibliotti) qui deviendra plus tard "Fabrica Birra Venezia".

 En 1908, la société s’installa à La Giudecca, près des Molino Stucky, sous le nom de "Societa Birra San Marco" et employait 130 ouvriers.

Birra San-Marco

 A partir de 1913, la fabrique devint "Birra Venezia" et, pendant plusieurs années produira une bière à la pointe de l’industrie vénitienne, élément omniprésent dans toutes les osterie de la cité lagunaire.

La Giudecca était alors l’île des chantiers navals, des studios de cinémas et le la brasserie vénitienne.

A l’époque, il y avait quatre brasseries à Venise, mais celle de la Giudecca produisait 150.000 hectolitres par an, employant des centaines de salariés et expédiant par trains entier jusqu’en Allemagne.

La brasserie sponsorisait des régates dans le canal de la Giudecca.

Birra Venezia

Blonde, brune ou rousse, la bière de Venise a connu un renouveau en 2004, mais l’usine n’est plus dans la lagune, le maître-brasseur Cristian Romano avec l’ingénieur-conseil Tullio Zangrando ont transféré la production dans la région de Trévise.

 

Birra Venezia

Le Triomphe de Maria Foscari

Le triomphe de la dogaresse Maria Foscari

Le 15 avril 1423, Francesco Foscari est élu 65eme doge à seulement 49 ans.

C’est ce couronnement du bonnet ducal et le triomphe de Maria, sa jeune et resplendissante, autant que riche, épouse que José Villegas a représenté dans cette grande toile peinte au XIXème siècle.

Francesco Foscari avait épousé en 1395 Maria, fille d’Andrea Priuli "dal Banco" issue d’une famille patricienne très florissante, déjà active dans les entreprises orientales dès le XIème siècle.

La famille Priuli a donné trois doges Lorenzo (1556-59), Girolamo (1559-67) et Antonio (1618-23), un amiral  Francesco (vers 1430 – 1490), un littéraire et scientifique Alvise (1497-1560), et quelques cardinaux Lorenzo (1537-1600), Matteo (1583-1634), Alvise (1651-1720), Pietro (1669-1728), Antonio Mario (1707-1772).

Maria Priuli "dal Banco" avait donné quatre enfants à Francesco Foscarini.

Puis, en 1415, il épouse en secondes noces une autre Maria fille de Bartolomeo Nani, et c’est cette jeune femme qui triomphera le jour de l’élection de son époux, et que l’on voit ainsi célébrée dans ce tableau.

Mais le triomphe de Maria Foscari aura un goût amer. En 1445, son fils Jacopo sera accusé de haute trahison et de corruption, et le doge, sera contraint de le condamner à l’exil. Ce douloureux épisode fut choisi par le tristement célèbre Lord Byron, pour sa pièce dramatique Les deux Foscari.

Le doge Franscesco Foscarini fut déposé en secret, suite aux intrigues de son ennemi de toujours, Pietro Loredani, en 1457. Il est décédé peu de temps après. Comme il était resté très populaire, et que les vénitiens ne savaient pas qu’il avait été destitué par une intrigue, les autorités voulurent lui donner des funérailles d’État. Maria Foscarini refusa de leur abandonner le corps de son époux. Mais, finalement, elle dut se résoudre, par la force, à le faire. Toutefois, elle n’assista pas aux funérailles du doge.

Le tableau est désormais à Anderson house, un des lieux secrets les mieux gardés de Washington, léguée par Larz et Elizabeth Anderson à la Society of the Cincinnati dont elle est devenue le quartier général.

Dogaressa Maria Foscari

June Cunningham, 1957

En septembre 1957, l’actrice anglaise June Margaret Cunningham pose en bikini sur la plage du Lido de Venise, en face de l’hôtel Elxelsior.

June Margaret Cunningham sur la plage du Lido de Venise en 1957

Elle est venue à Venise, du 25 août au 8 septembre, pour la Mostra de Cinéma, présidée par le réalisateur français Renée Clair.

La jeune actrice, de 22 ans à l’époque, a joué le rôle de Marlene Hogg dans une comédie The Smallest Show on Earth (Sous le plus petit chapiteau du monde) qui ne crèvera pas l’écran en dehors des îles britanniques.

The Smallest Show on Earth

En 1957, la Mostra consacrera le film  L’Invaincu (Aparajito) de Satyajit Ray qui se verra décerné le Lion d’Or, le New Cinema Award, le prix Fripesci.

L’autre grand vainqueur étant Fred Zinnemann pour Une Poignée de Neige.

Quand à June Cunnigham, elle tournera encore, pendant six ans, dans une quinzaine de films, dont aucun ne connaîtra une réelle notoriété. Après 1963 elle ne fit plus aucune apparition et l’Histoire du Cinéma semble l’avoir totalement oublié.

Il nous reste donc juste une photo sur une plage de Venise…

Ponte et corte de l’Anatomia

Non loin de San Giacomo dall’Orio on trouve un ponte, un sottoportego et une corte de l’Anatomia, dits aussi Ferenzuola (ou Fiorenzuola).

Ponte et corte de l'Anatomia

Une loi de 1368 prescrivait que l’on devait faire, chaque année, pendant un temps donné, l’autopsie des cadavres. Ce qui était, pour l’époque, une chose étonnamment moderne et même subversive. En effet, les superstitions et les préjugés de nature religieuse firent obstacle à la dissection des cadavres pendant des siècles. Il suffit de se rappeler les persécutions subies par Léonard de Vinci et le long oubli auquel fut soumis sa précieuse iconographie anatomique, restée inconnue de ses contemporains.

Ces opérations se firent dans un premier temps en divers lieux de Venise : dans l’église de San Paterniano, à l’hôpital des SS. Pietro et Paolo, au couvent des pères Carmélites, dans celui de San Stefano, dans celui des Frari, dans la Scuola de San Teodoro, ainsi que dans des lieux privés.

Ponte de l'Anatomia

Vers 1480, le médecin Alessandro Benedetti a proposé la construction d’un théâtre anatomique, mais son projet ne fut effectivement réalisé que deux siècles plus tard, grâce à un don laissé en héritage par le patricien Lorenzo Loredan. Le théâtre anatomique et sa scuola annexe ont ouvert le 11 février 1671, au 1707 du Campo San Giacomo dall’Orio, à peu de distance où les examens post-mortem étaient pratiqués depuis le projet d’Alessandro Benedetti. L’Observatoire est considéré comme l’un des plus anciens d’Europe, où les médecins de toute l’Italie et de l’étranger venaient s’initier à la pratique de la dissection des cadavres. L’Osservatorio a sa porte d’eau sur le rio de Sant’Agostin.

La scuola dei medici o il teatro dell'anatomia

Il a brûlé dans la nuit du 8 Janvier 1800 et a été reconstruit, mais de manière plus simple, et a servi, de nombreuses années aux autopsies.

De nos jours, les autopsies se pratiquent à l’Ospedale Civico, et la Scuola d’Anatomia est à l’Université de Padoue.

Galeni

Les lieux désignés par la toponymie "dell’Anatomia" sont également nommés, par corruption, de Firenzuola, ou Fiorenzuola, nom d’une famille citée dans une Mariegole appartenant à la Scuola Grande di San Giovanni Evangelista, dans laquelle nous avons trouvé un confrère, en 1473, "Cristofolo Fiorenzuola Uffiziale ai Consoli da S. Giacomo dall’Orio". Au début du XVIème siècle, cette famille a résideé de manière stable dans cette paroisse.

Ponte de l'Anatomia

20 juillet 1954

Il y a soixante ans jour pour jour, le Circo Nationale Togni avait déployé son chapiteau sur le campo San Polo, à Venise après avoir, la veille, fait une traversée de la ville depuis la gare Santa Lucia qui restera mémorable.

Le Circo Togni à Venezia, le 19 juillet 1954

A propos de la traversée de la ville, dont se souviennent nombre de vieux vénitiens, voir notre article Le Circo Togni à Venise.

Pour la première fois, une cinquantaine d’artistes venaient se produire dans le cœur historique de la cité lagunaire, mais ce qui a marqué l’imagination des enfants de l’époque, reste sans conteste la traversée de la ville par les animaux, éléphants en tête de cortège.

Le Circo Togni à Venise

Le fait de voir des tigres dans notre ville flottante, ou des éléphants faisant une pyramide sur le pont des Scalzi, et encore des chameaux dans les calli de San Marco était très inhabituel.

De mémoire vivante, il n’y a rien qui puisse dépasser l’émotion de ces heures magiques et exceptionnelles, tant pour les artistes du cirque que pour les vénitiens. Même le public le plus profane, ne pouvait que rester fasciné par un monde si étrange, si proche, ne pouvait avoir les mots pour décrire un spectacle hors du commun. Le cirque Togni avait imaginé un programme qui fait encore envie de nos jours, et qui semble désormais impossible à réaliser de nouveau.

Sur la piste se succédèrent les étoiles circassiennes de l’époque : le Duo Loredani au trapèze, les Fratelli Martini à la corde. Le Trio Cavallini (Luigi Cavallini, Pietro et Peppino Balaguer), parmi les plus célèbres clown italiens, cité par l’historien Cervellati. Toute la famille de Wioris Togni, frère de Darix et fils d’Ercole. Dolly Togni, autre fille d’Ercole, admirable et sensuelle cavalière, qui présenta son numéro de chevaux en libertés, majestueux.

Albert Darix et son épouse Violette Carrè présentèrent un autre numéro équestre d’une extrême élégance.

Mais les chevaux n’étaient les seuls animaux présent dans ce cirque qui se vantait de posséder un des plus grands zoo mobile d’Europe. Les chimpanzés, chameaux, chiens, tous les félins mais surtout les éléphants. Les éléphants qui ont salué la ville depuis le  Ponte degli Scalzi menés par le prestigieux Ugo Miletti dont certains se souviennent encore aujourd’hui comme un génial dompteur d’éléphants. Et puis, il y avait Darix Togni

Darix, la légende parmi les félins, devenu dompteur par hasard, en cinq jours, en Septembre 1946, il reste l’unique exemple à travailler avec la même élégance féline du geste. Venise a toujours été un objectif pour lui et il a réussi, juste à l’été 1954, lorsque, pour remercier un public si affectueux, il a fait présenter un numéro qui fut le premier d’une longue vie, de celui qui lui était si précieux : Livio, 4 ans, son propre fils, qui se produisit à Venise pour la première fois.

.

Carlo Grubacs

Ce peintre vedutiste est né en Europe de l’Est en 1801, et il est mort, à Venise en 1870 où il vécut et travailla principalement, tant et si bien qu’il a été souvent considéré comme «vénitien».

Sa formation artistique, comme celle de nombreux autres peintres contemporains de son temps, n’est pas facile à documenter et il y a très peu d’informations sur son apprentissage.

Durant les premières décennies du XIXème siècle, Venise jouissait encore d’une position dominante culturelle en Italie et que le rôle a été renforcé après la rénovation complète de l’Académie promue par le comte Leopoldo Cicognara.

Carlo Grubacs intègre l’Accademia de Venise en 1818.

Après une étude attentive des "vedutisti" du dix-huitième, le grand siècle, en particulier Francesco Guardi, Grubacs a développé son propre style, avec un nouveau sens de la couleur et atteint une assurance totale qui lui ont permis de gagner l’estime de la critique et des collectionneurs de son époque.

L'entrée du Grand Canal

Santa Maria della Salute

Veduta du Palazzo Ducale

La Basilique San Marco

Riva degli Schiavoni

http://www.artscroll.ru/page.php?al=Carlo_Grubacs_hudozhnik

http://www.master-drawings.com/drawings_details.php?codice=84

"Venise du dix-neuvième siècle", un album de photos de 1891

Венеция ХIХ века" альбом фотографий 1891г.

Les photographies originales d’une époque révolue de Venise, trouvées dans la première édition, seulement en italien de "Canali E Calli" à Venise.
Оригинальные фотографии ушедшей эпохи Венеции, от первого и единственного итальянского издания "Calli E Canali" в Венеции.

Ferdinando Ongani était vendeur de livres anciens, et possédait une boutique sur la Place Saint-Marc à Venise. Son amour pour Venise et  l’architecture, l’a incité à créer un album de photos de sa ville bien-aimée.
Фердинандо Онгани был продавцом антикварных книг, с магазином на площади Святого Марка в Венеции. Его любовь к Венеции вдохновила его на создание альбома фотографий архитектуры любимого города.

Le Musée de San Marco à Venise, a organisé une exposition, en 2011, dédiée à cet album.
Музей Сан-Марко в Венеции организовал выставку в 2011 году, посвященную этому альбому.

Previous Older Entries

Tous les articles des derniers mois…

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 519 autres abonnés