D’autres tableaux de Maurice Brazil Prendergast

Vous avez été nombreuses et nombreux à aimer notre récent article sur Maurice Brazil Prendergast et nous poser des question, nous demander notamment, si nous connaissions l’existence d’autre œuvres de l’artiste relatives à son voyage et son séjour de presque une année à Venise en 1898-99.

Et comme il suffit de nous demander…

En fait, une récente exposition : Prendergast in Italy, en 2009-2010 conjointement entre la Peggy Guggenheim Collection de Venise et le Museum of Fine Arts de Houston nous a donné beaucoup de matière.

« Prendergast in Italy traces the footsteps of Maurice Prendergast as he painted his way through Italy in 1898-1899 and through Venice again in 1911. Approximately seventy watercolors, oils, and monotypes by Maurice Prendergast will be on view, along with related letters, prints, photographs, films, guidebooks, and sketchbooks to situate the work within the new visual culture that Americans had embraced by 1900.« 

L’exposition permettait donc de suivre, au travers de ses œuvres, la trace de Prendergast en Italie (Venise, mais aussi Rome, Sienne et Capri) lors de son voyage en 1898-99, mais aussi lors d’un autre voyage à Venise qu’il fit en 1911.

Maurice Prendergast - Campo Santa Maria Formosa

Maurice Prendergast - Scène de Venise

Maurice Prendergast - Venice

Maurice Prendergast - Pont du Rialto

Maurice Prendergast - Jour de fête

Maurice Prendergast - Fête vénitienne à St Pietro in Volta

Maurice Prendergast - Fête du redentore

Maurice Prendergast - Femmmes vénitiennes

Maurice Prendergast - Canal de la Giudecca

Carlo Zeno

Carlo Zen (Zeno) est né à Venise en 1333, fils de Piero Zeno, avec dix frères et sœurs, dont les navigateurs Antonio et Nicolò. Il est mort dans la même ville le 8 mai 1418. 

Orphelin dans son jeune âge, il était promis à une carrière ecclésiastique et fut envoyé au séminaire à Padoue.

Plus enclin à la bonne vie et aux femmes qu’aux études, il s’engagea dans une bande de mercenaires et voyagea sept ans en Orient.

Il s’installa a Constantinople où il se maria avant de vivre comme un commerçant.

On le retrouve à Ténédos en 1376, où  il se retrouva commandant de 18 galères avant de conduire la négociation avec les génois qui valut la ville aux Vénitiens.

En 1379, il défendit Trévise contre les Hongrois et sauva cette frontière.

Il battit ensuite les Génois dans les lagunes de Venise en 1380 et par cette victoire arracha la République à une ruine imminente.

Il fut nommé grand amiral, ambassadeur en France et en Angleterre, procurateur de Saint-Marc. On murmurait alors à Venise qu’il pourrait devenir le prochain doge, mais c’est Michele Steno qui fut élu en 1400.

Il défiât le général Boucicaut sur mer près de Modon en 1403, et fit avec le même succès la guerre à François de Carrare, mais, ayant été soupçonné de s’être laissé corrompre par ce prince, il fut condamné, quoique sans preuve, et jeté deux ans en prison.

Après sa délivrance, il fit un pèlerinage à Jérusalem.

À son retour, il défendit le roi de Chypre Lusignan contre les attaques des Génois.

Rentré dans Venise, il se consacra aux lettres jusqu’à sa mort.

Amiral Carlo Zeno (1334-1418) 1878 (huile sur toile) par Maignan, Albert Pierre Rene (1845-1908) Musee des Beaux-Arts, Lille, France

Amiral Carlo Zeno (1334-1418) 1878 (huile sur toile) par Albert Pierre René Maignan  (1845-1908)
Musée des Beaux-Arts, Lille, France

Le Journal de Lady Layard

Lady Mary Enid Layard (1844-1912) par John 'Warrington' Wood (1839-1886)

Baptisée Mary Enid Evelyn Guest, c’est la huitième enfant (sur dix) et troisième fille de l’industriel Sir Josiah John Gest, propriétaire de l’usine sidérurgique de Dowlais, et de Lady Charlotte Elizabeth Bertie fille unique d’Albermarle, 9ème comte de Lindsey. Elle est née le 1er juillet 1843 à Dowlais House, Merthyr Tydfil, South Wales.

Son mariage avec Austen Henry Layard, un de ses cousins alors âgé de cinquante-et-un ans, soit 26 de plus qu’elle, le 9 mars 1852 en fit une personnalité bien connue et populaire.

Lady Layard a tenu, chaque jour, son journal où elle notait la chronique des évènements de sa vie et des personnes qu’elle rencontrait.

Le journal de Lady Layard couvre cinquante et une années sur plus de 8000 pages, et se prolonge jusqu’à quelques jours avant sa mort, le 1er novembre 1912 dans son palais vénitien, la Ca’ Capello. Les cendres de Lady Layard ont été enterrées près de son mari dans l’église paroissiale Canford, à côté de Canford Manor, le 13 Décembre. Dans son testament, en date du 19 Juillet 1912, Lady Layard laissait la Ca ‘Capello et 7000 £ à sa nièce Olivia Du Cane.

Ainsi, dans ce journal quotidien, peut-on suivre les visites au Cosmopolitan Hospital, les réunions dans le jardin de Frederic Eden et retrouver évoqués tous les notables qui visitaient ou vivaient à Venise à la fin du XIXème siècle.

Franz von Lenbach

Franz Seraph Lenbach, depuis 1882, von Lenbach, né le 13 décembre 1836 à Schrobenhausen, fils d’un maçon, il se destine à une carrière dans l’industrie du bâtiment, quand son intérêt se déplace vers la peinture.

En dépit d’une interdiction de son père, il parvient à obtenir de lui de travailler dans l’atelier du peintre Albert Gräfle. Il possède ainsi une solide formation pratique quand il devient l’élève de Karl von Piloty, avec qui il séjourne en Italie en 1858.

Franz von Lenbach

A Venise, il fait la connaissance d’un groupe de peintres munichois, parmi lesquels se trouve aussi le berlinois Max Liebermann en compagnie duquel il reste dans la cité lagunaire pendant trois mois.

Hélas, nous n’avons pas encore réussi à retrouver des œuvres vénitiennes de cet artiste dont la peinture a toutefois été inspirée par les maîtres de la Sérénissime.

Franz von Lenbach

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

Nous vous emmenons aujourd’hui dans une zone de la lagune nord de Venise qui est accessible à pieds ou, mieux, en bicyclette. Pour vous y rendre, vous devrez, en voiture, faire le tour de la lagune jusqu’à Jesolo, puis prendre en direction de la grande station de vaporetto de Treporti.

De suite après le pont, juste avant le cimetière de Treporti, vous prendrez alors à droite, la via Saccagnana qui longe le canal du même nom. Puis, vous prendrez à gauche après le gardien de caravanes, la via del Prà en direction de Lio Piccolo.

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

On peut y aller également en vaporetto et en bicyclette depuis Venise. Prendre le vaporetto jusqu’à Treporti, puis suivre la même route…

Per i nostro amigui venexiani, è possibile arrivare in barca, per il canale San felice e poi, il canale Riga e accostare vicino di una casa al norte de Lio Piccolo.

Si vous regardez une carte, avant de partir, vous aurez l’impression que vous allez découvrir une vaste étendue d’eau.

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

Mais la réalité, vue d’avion est toute autre…

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

Suivez-nous à la découverte de la vallée d’Olivari.

En réalité, comme nous allons nous promener, soit à pieds, soit en bicyclette, nous allons restreindre notre parcours à une zone assez restreinte de cette partie de la lagune qui couvre tout de même 64 hectares.

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

Les périodes les plus propices pour une visite sont le printemps, l’automne et le tout début de l’hiver, on accède à la vallée juste après le hameau de Lio Piccolo (si vous y accédez en voiture, vous pouvez la laisser juste en face l’embranchement vers le hameau ou sur la place devant l’église). Le nom de Lio Piccolo provient du latin Litus Minor, qui se rapproche de Litus Maior, qui désigne Lio (ou Lido) Maggiore di Jesolo. Lio est donc une forme désuète de Lido.

Hameau de Lio Piccolo - habitations "rustiques"

Le tout petit village de Lio Piccolo n’est pas plus grand qu’un hameau. On peut y visiter son église du XVIIème siècle dédiée à Santa Maria della Neve et la petite place en face du palazzo Boldù Arena (fin du XVIIème siècle).

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

Bien que Lio Piccolo soit à notre époque un village purement agricole et dépeuplé, les preuves archéologiques décrivent l’endroit comme un prospère port de commerce dans la période impériale romaine dans la contiguïté de Lio Maggiore et d’Altino. On avait retrouvé, à demi immergés, les vestiges de deux grands greniers avec de riches sols en mosaïque .

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

Les sources historiques indiquent, aux XI et XIIIème siècles,  un monastère, une église paroissiale dédiée à San Salvatore et une autre église dédiée à Santa Maria. Parallèlement à Torcello et d’autres villes de la lagune Nord, Lio Piccolo a également commencé à décliner vers le XIVème siècle, principalement en raison de l’aggravation des conditions climatiques et environnementales. La paroisse a été soumis d’abord à celle de Lio Maggiore, puis à celle de Torcello.

Boldù

Lio Piccolo et Le Mesole sont des lieux avec beaucoup charme, désuets, coins cachés à découvrir, offrant des points de vue pour observer discrètement la flore et la faune de la lagune.

Dirigez vous vers la sortie du village à travers les jardins de courgettes et d’artichauts qui font que ce coin de la lagune soit particulièrement pittoresque. La faible végétation caractéristique des marais salants cache une faune riche et intéressante. C’est un lieu privilégié de repos pour les oiseaux migrateurs, surtout les canards, en cas de temps défavorable.

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

La flore est typique des barenes et des sols salins : obione faux-pourpier ou arroche faux-pourpier (Halimione portulacoides), aster maritime (Aster tripolium), statice commun (Limonium serotinum), spergulaire maritime Spergularia media), des salicornes : (Salicornia sp .), soude maritime (Suaeda maritima), soude commune (Salsola soda), inule fausse criste ou inule perce-pierre (Inula crithmoides), des graminées maritimes : (Puccinellia palustris), troscart maritime (Triglochin maritimum). La flore présente également des zostères submergées (Zostera sp.).

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

Des tamaris ont été plantés pour tenir les berges.

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

Du côté des animaux, vous pourrez voir quelques amphibiens, si vous êtes suffisamment discrets, dont le crapaud vert (Bufo viridis) et des reptiles,  la couleuvre à collier (Natrix natrix) et  la couleuvre en damier (Natrix tessellata)…

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

Si vous savez rester discrets, vous pourrez observer quantité d’oiseaux, surtout en période de nidification. Veillez cependant à ne pas les déranger pour ne pas perturber le délicat moment de la nidification.

On notera la présence de :

Blongios nain (Ixobrychus minutus) une espèce de héron nicheur et migrateur qui appartient à la famille des Ardéidés. C’est le plus petit des hérons européens et on l’appele ici Tarabusino.

Bihoreau gris (Nycticorax nycticorax), ou Héron bihoreau, est une espèce d’échassiers de la famille des Ardeidés. Son nom vulgaire dans la lagune est Nitticora.

Canard colvert (Anas platyrhynchos), Germano reale en italien.

Busard des roseaux ici nommé Falco di palude (Circus aeruginosus) qui gite dans les roselières.

Gallinule poule d’eau (Gallinula chloropus) ou plus simplement poule d’eau, une espèce d’oiseau appartenant à l’ordre des Gruiformes et à la famille des rallidés. On la reconnaît à son bec rouge à la pointe jaune. Elle est très farouche, ici on la nomme Gallinella d’acqua c’est presque pareil !

Chevalier gambette (Tringa totanus) : c’est un oiseau limicole, de la famille des scolopacidés, d’environ 25 à 30 cm, aux pattes rouge vif et au plumage à dominante brun gris. Vous l’entendrez nommer Pettegola par les vénitiens.

Bouscarle de Cetti (Cettia cetti), une espèce de passereaux au plumage brun roux foncé uniforme sur le dessus et blanc terne sur le dessous teinté de brun grisâtre sur les côtés de la gorge et de la poitrine. Remuante, elle agite la queue et les ailes et circule souvent la queue levée. Les habitants de la lagune la nommeront Usignolo di fiume.

Foulque macroule (Fulica atra) autrefois aussi nommée Morelle par Buffon, en raison de sa couleur noire. Vous la reconnaîtrez aisément grâce à son bec blanc surmonté d’une plaque frontale également blanche. Dans la lagune, c’est la Folaga.

Goéland argenté (Larus argentatus) et sterne commune (Sterna hirundo) restent omniprésents et peu farouches.

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

A lire avant de partir :

  • Caniato G., Turri G., Zanetti M., 1995, La Laguna di Venezia, Cierre Edizioni, Verona
  • Bon M., Cherubini G., Semenzato M., Stival E., 2000, Atlante degli uccelli nidificanti della Provincia di Venezia, Provincia di Venezia Ass. alla Caccia, Pesca, Polizia Provinciale, Prot. Civ, Pari Opp., Padova
  • Bon M., Cherubini G., 1999, I censimenti degli uccelli acquatici in Provincia di Venezia, Provincia di Venezia – Associazione Faunisti Veneti
  • Rallo G., Pandolfi M., 1988, Le zone umide del Veneto, Muzzio, Padova

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

George Sand à San Lazzaro des Mekhitaristes à Venise

George Sand a séjourné à Venise avec Alfred de Musset, nous avons déjà longuement évoqué cette histoire célèbre dans ce blog.

C’est d’un épisode moins connu, une journée de ce voyage, relaté dans les lettres de Georges Sand que nous allons, aujourd’hui, évoquer le souvenir.

« Nous arrivâmes à l’ile de Saint Lazare, où nous avions une visite à faire aux moines arméniens. Le frère Hiéronyme, avec sa longue barbe blanche surmontée d’une moustache noire et sa figure si belle et si douce au premier coup d’œil, vient nous recevoir. Avec une infatigable complaisance de vanité monacale, il nous promena de l’imprimerie à la bibliothèque et du cabinet de physique au jardin. Il nous montra ses momies, ses manuscrits arabes, le livre imprimé en vingt-quatre langues langues sous sa direction, ses papyrus égyptiens et ses peintures chinoises. Il parla espagnol avec Beppa, italien avec le docteur, français avec moi ; et chaque fois que nous faisons compliment sur son immense savoir, son regard, plein de ce mélange d’hypocrisie et d’ingénuité qui est particulier aux physionomies orientales semblait dire : « S’il ne m’était pas commandé d’être humble, je vous ferai voir que j’en sais bien d’avantage. »

… Apostrophant ce moine polyglotte, George Sand exprime sa sympathie pour le peuple arménien tout entier, dont elle évoque les misères, avec une intense émotion :
Vous avez bien assez travaillé, vous avez bien assez souffert en ce monde, vieux débris du plus ancien peuple de la terre ! vos barbes blanches sont encore tachées du sang de vos frères, et la neige du mont Ararat en a été rougie jusqu’à la cime où s’arrêta l’arche sainte. Le cimeterre turc a rasé vos têtes jusqu’aux os, et l’infidèle s’est baigné la cheville dans les pleurs des derniers enfants de Japhet. La méfiance, qui plisse parfois vos fronts sereins, est le cachet qu’y a laissé la persécution.

Lettres d’un voyageur de George Sand – E.d Garnier, Paris 1837, pp 102-103

Venise, sandolo à la porte d'un palais (1926)

William Dean Howells, la vie vénitienne

William Dean Howells (1837-1920), auteur, éditeur et critique, est né le 1er Mars 1837 à Martinsville, maintenant Martins Ferry, Ohio. Il était le deuxième fils de huit enfants nés de Mary Dean Howells et William Cooper Howells.

Il a écrit une longue biographie d’Abraham Lincoln.

En récompense, il fut nommé, par le Président américain, Consul des USA à Venise en 1861, il n’avait alors que 24 ans. Il touche alors, en qualité de Consul, un salaire de quinze cents dollars, ce qui lui semblait tout à fait au-delà de ses rêves et lui permet de vivre, alors, très confortablement.

William Dean Howells, Consul des USA à Venise à l'âge de 25 ans

Howells a vécu en Italie pendant près de quatre ans. Pendant son séjour dans la lagune, il s’est marié avec Elinor Mead Howells en 1862, le couple a eu trois enfants : Winifred (né en 1863), John Mead (né en 1868), et Mildred (né en 1872).

Après avoir quitté Venise, Howells est devenu le premier rédacteur en chef adjoint ( 1866-1871 ) puis l’éditeur ( 1871-1881 ) de l’Atlantic Monthly.

De son séjour à Venise, il a laissé un témoignage qui n’a pas pris une ride, 150 ans plus tard, dans Venetian Life, achevé à Cambridge, en janvier 1867.

Elinor Mead Howells à Venise à l'âge de 28 ans

C’est donc le témoignage d’un jeune homme de 24 à 28 ans, jeune père de famille et pourvu de responsabilités politiques que nous retrouvons dans son livre.

« Je ne pouvais pas … habiter trois ans dans le lieu sans apprendre à connaître différemment de ces écrivains qui ont décrit dans les romans, poèmes et livres de voyage, ni m’empêcher de voir de mon point de vue le faux et le bon marché avec lequel Venise est mis en évidence, si je puis dire, dans la littérature ». 

Le regard que jette le jeune américain sur la ville lagunaire est froid et critique. Loin de tout romantisme (déplacé?), il montre, dès son arrivée la ville misérable, avec les gransieri qui font mine d’aider les voyageurs étrangers pour mieux les escroquer, et qui ont fait main basse sur le transport des bagages et le transfert de clients vers les gondoliers à la sorti de la gare Santa Lucia…

Sa première tâche a été d’apprendre l’italien, et l’un de ses premiers professeurs était un prêtre vénitien, qui lui a fait lire Dante. Ce prêtre de certaines façons suggéré Don Ippolito dans A Foregone Conclusion, ce qui qui était le plus intéressant chez lui était son scepticisme religieux. Il avait l’habitude de dire: « Les saints sont les dieux baptisés ». 

Brunetta a été la première amie qu’il a eu à Venise. Elle était nettement latine, au caractère sobre, honnête et sage, et la probité même. Il a eu d’autres amis à Venise, mais cette Brunetta est restée la plus proche pendant tout son séjour.

Dans les calli et sur les campi de Venise il retrouvait Goldoni partout. Les scènes de ses pièces étaient jouées avant ses yeux, avec tout le charme et la  vivacité du sud dans la parole et dans geste, et il lui semblait à chaque fois d’être entré à l’improviste dans une de ses comédies.

William Dean Howells à 28 ans, après son retour de Venise

Nemenekhamon

Nehmeket est un sarcophage contenant une momie de la XXIIème dynastie, (1069-525 av. J-C).

Nemenkhetamon

A Venise, sur l’île de San Lazzaro degli Armeni, les pères mekhitaristes possèdent un musée abritant quelques trésors, mais également des pièces pour le moins surprenantes.

La momie était un cadeau de Bolos Bei Iusuf à la communauté de San Lazzaro degli Armeni en 1825. Pendant de nombreuses années, ce fut la seule momie présente dans la lagune. Désormais, le musée archéologique en possède deux autres.

On ne connaît pas le lieu exact de la découverte, mais c’était presque certainement Thèbes, en effet, dans le sarcophage une plaque indique le nom de la personne décédée qui est Nemenekhamon, d’une ancienne famille de Thèbes liée au temple d’Amon, probablement celui de Karnak.

Chose étrange, elle est enfermée dans un sarcophage vieux de 3500 ans environs, la momie est donc plus jeune de plus de 800 ans. Des inscriptions en partie effacées sur le sarcophage permettent d’avoir une vague idée de l’identité de la personne pour qui il avait été fabriqué, et qui en a été expulsée.

Le sarcophage a une riche décoration extérieure et intérieure ; la momie est présentée avec seulement la tête apparente, et est recouverte et protégée par un réseau « magique » composé de perles de verre de différentes couleurs qui unissent leurs efforts pour créer des dessins symboliques. Cette parure a fait l’objet d’une restauration en 2011 avant sa présentation dans l’exposition Venise et l’Égypte au Palais Ducal.

Nemenkhetamon

Une partition du XVIème siècle

La musique vénitienne du XVIème adore le luth. Les premières éditions de pièces pour luth seul éditées à Venise sont l’œuvre de Francesco Spinacino (1507), Giovanni Maria de Crema (1508), Joan Ambrosio Dalza (1508).

Hanz Holtzbecher - Le joueur de luth

Vincenzo Capirola (né en 1474 et mort après 1548) était un compositeur et luthiste dont la musique est contenue dans un manuscrit avec des enluminures appelé le livre de luth, considéré comme l’une des plus importantes sources de musique pour luth du début du XVIème siècle.

Cliquez sur la couverture de la partition pour la télécharger dans son intégralité

Cliquez sur la couverture de la partition pour la télécharger dans son intégralité

Vincenzo Capirola était probablement natif de Brescia, et on sait qu’il vécut dans cette ville à différentes périodes de sa vie, bien qu’il ait également habité à Venise en 1517 et après, la période pendant laquelle fut préparé le manuscrit enluminé.

En plus de la musique composée par Capirola (et d’autres compositeurs: Capirola a transcrit des œuvres de plusieurs compositeurs pour son livre de luth), le recueil est précédé d’une préface, la plus importante source permettant de connaitre la façon de jouer du luth au début du XVIe siècle. Elle contient des informations sur le jeu legato et tenuto, et comment interpréter les ornements de différentes sortes, ainsi que la façon de choisir les doigtés. On y trouve également des détails pratiques comme la manière de monter les cordes et d’accorder le luth.

Capirola - Case MS minus VM140 C25 001

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La partition est abondamment décorée d’enluminures, attribuées à un certain Vidal, mais qui semblent être de Vicenzo Capirola lui-même puisqu’il écrit à ce sujet :

« Considérant que de nombreuses œuvres divines ont été perdues par suite de l’ignorance de leurs propriétaires et souhaitant que ce livre quasi divin soit à jamais préservé, je l’ai orné de peintures si précieuses que, s’il tombait entre les mains de quelqu’un qui ne connaisse pas la musique, il le garderait pour la beauté des peintures.« 

Nous avons reproduit ci-dessous certaines des pages les plus significatives. Pour les mélomanes, les curieux, les antiquaires, la partition complète peut être téléchargé dans un dossier pdf que nous avons mis à votre disposition ici (70 mb) et nous vous proposons de découvrir ce document en musique en découvrant les œuvres de cette partition :

A présent, nous vous laissons découvrir cette merveille qui a traversé les siècles pour vous…

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Une librairie historique dans Venise historique

Filippi 4807

La première librairie Filippi fut créée par Giovanni Filippi dans la première décade du XXème siècle. Son fils, Luciano a repris le flambeau, aujourd’hui, Franco perpétue cette tradition, il est la troisième génération de libraire éditeur vénitien.

Quand Klod approche de la librairie, pour Olga c’est un cauchemar, car elle sait qu’il va « encore » acheter quelques livres, pas un seul, mais au moins une série… mais il y a des livres sur Venise qu’on ne peut trouver que là !

Filippi 4802

La librairie Filippi, avec son siècle d’existence est une institution.

La librairie vends des livres édités par la maison dont la production s’intéresse uniquement à la Sérénissime sous tous ses aspects. C’est ce qu’en France, nous appelons un petit éditeur.

C’est donc la librairie par excellence des amoureux de Venise, passionnés par son histoire autant que les libraires le sont.

Filippi 4803

A noter que l’on peut également acheter des reproductions de documents anciens, dont de très belles cartes, et que la maison Filippi possède une fantastique collection de photos et cartes postales anciennes, depuis l’invention de la photo à Venise.

Libreria Editrice Franco Filippi

Castello, Casselleria 5284
Venezia 30122
Tel. e Fax. 041 5236916

filippi.editore@gmail.com

Famiglia Filippi

Le dépérissement de Venise

Vous vous souvenez peut-être de cette photo que nous avions publiée pour illustrer notre article sur les enfileuses de perles à Venise au début du siècle dernier…

Enfileuses de perles sur une fondamenta

Stefano Barzizza un de nos fidèles lecteurs vénitiens nous a transmis cette photo, avec comme commentaire : « In pochi anni come si e’ deperito siamo a San Pietro Castello« …

Stefano Barzizza

Vous avez observé ?

Sur la photo qui a été prise à la fin du XIXème siècle, ou au début du XXème, la sculpture de la madona con bambino sur le mur est rehaussée de peinture. De nos jours, toute trace d’enluminure a disparue.

Et ce que l’on voit aujourd’hui sur le mur est probablement une simple copie, réalisée d’après moulage de l’œuvre originale qui se trouve désormais, dans le meilleur des cas, à l’abri dans les réserves d’un musée vénitien, dans le pire des cas, qui a été vendue à un collectionneur peu scrupuleux. Ne souriez pas, en Italie, des milliers d’œuvres d’art ainsi exposées dans l’espace public disparaissent chaque année pour alimenter le marché noir.

Villa Foscari, la Malcontenta

La villa qu’Andrea Palladio réalise pour les frères Nicolò et Alvise Foscari vers la fin du 1559, se lève comme un bloc isolé et sans les dépendances agricoles, en marge de la lagune le long du fleuve Brenta.

Architecture

La Villa Foscari plus connue sous le nom de La Malcontenta est la seule villa du Paladio le long  le  Brenta. Très bien conservée, elle se reflète dans le Brenta, dans la localité de Malcontenta, prés de Mira. Elle redevient propriété de la famille Foscari en 1973, et est déclarée patrimoine de l’humanité par l’UNESCO. La villa ne possède pas d’éclairage électrique, selon le souhait de ses propriétaires.

Villa Foscarini, la Malcontenta

Plus qu’une villa-ferme, elle prend un aspect de résidence suburbaine, qu’on peut atteindre rapidement en bateau du centre de Venise. La famille des commanditaires est l’une des plus puissantes de la ville, si bien que la résidence a un caractère majestueux, presque royal, inconnu à toutes les autres villas palladiennes, et auquel la merveilleuse décoration intérieure, œuvre de Battista Franco et Gian Battista Zelotti contribue.

Interieur de la villa Foscari à Mira

Terminée en 1559, elle aurait eut comme surnom “Malcontenta” (la mécontente) à cause d’une femme noble nommée Elisabetta Dolfin, appartenant à la famille Foscari, riche et puissante famille vénitienne. Mais deux explications à ce nom existent. L’une dit que le surnom de cette villa palladienne est du aux nombreux débordements de la Ribeira, qui ont généré l’inondation des terres des paysans, qui l’appelaient par conséquent « Brenta Mal Contenta” ou bien alors que le nom est du à l’insatisfaction générale des paysans de Padoue et de Piove.

La villa se lève sur un haut soubassement, qui sépare le premier étage du terrain humide et donne de la magnificence à l’édifice, soulevé sur un podium comme un temple ancien.

La villa, privée, est ouverte au public le mardi et le samedi, de 9:00 à 12:00 heures entre le 1er mai et le 31 octobre.

Vialla Foscarini - carte

Télephone +39 041.5470012 +39 041.5203966
Fax +39 041.5479427
Site Internet www.lamalcontenta.com
Prix par personne € 10,00
Prix pour les moins de 18 ans € 10,00
Prix de 18 à 25 ans € 10,00
Prix pour les plus de 65 ans € 10,00
Élèves (avec liste signée par l’école) € 6,00
Tarifs groupes (minimum 15 payants) € 10,00 (sans réservation)
Jours de fermeture dans la semaine Lundi, mercredi, jeudi, vendredi et dimanche
Jours de fermeture dans l’année De Novembre à Avril – Tous les jours fériés

La Malcontenta Srl
Via dei Turisti, 9
30034 Malcontenta di Mira (VE)
e-mail: info@lamalcontenta.com

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