June Cunningham, 1957

En septembre 1957, l’actrice anglaise June Margaret Cunningham pose en bikini sur la plage du Lido de Venise, en face de l’hôtel Elxelsior.

June Margaret Cunningham sur la plage du Lido de Venise en 1957

Elle est venue à Venise, du 25 août au 8 septembre, pour la Mostra de Cinéma, présidée par le réalisateur français Renée Clair.

La jeune actrice, de 22 ans à l’époque, a joué le rôle de Marlene Hogg dans une comédie The Smallest Show on Earth (Sous le plus petit chapiteau du monde) qui ne crèvera pas l’écran en dehors des îles britanniques.

The Smallest Show on Earth

En 1957, la Mostra consacrera le film  L’Invaincu (Aparajito) de Satyajit Ray qui se verra décerné le Lion d’Or, le New Cinema Award, le prix Fripesci.

L’autre grand vainqueur étant Fred Zinnemann pour Une Poignée de Neige.

Quand à June Cunnigham, elle tournera encore, pendant six ans, dans une quinzaine de films, dont aucun ne connaîtra une réelle notoriété. Après 1963 elle ne fit plus aucune apparition et l’Histoire du Cinéma semble l’avoir totalement oublié.

Il nous reste donc juste une photo sur une plage de Venise…

20 juillet 1954

Il y a soixante ans jour pour jour, le Circo Nationale Togni avait déployé son chapiteau sur le campo San Polo, à Venise après avoir, la veille, fait une traversée de la ville depuis la gare Santa Lucia qui restera mémorable.

Le Circo Togni à Venezia, le 19 juillet 1954

A propos de la traversée de la ville, dont se souviennent nombre de vieux vénitiens, voir notre article Le Circo Togni à Venise.

Pour la première fois, une cinquantaine d’artistes venaient se produire dans le cœur historique de la cité lagunaire, mais ce qui a marqué l’imagination des enfants de l’époque, reste sans conteste la traversée de la ville par les animaux, éléphants en tête de cortège.

Le Circo Togni à Venise

Le fait de voir des tigres dans notre ville flottante, ou des éléphants faisant une pyramide sur le pont des Scalzi, et encore des chameaux dans les calli de San Marco était très inhabituel.

De mémoire vivante, il n’y a rien qui puisse dépasser l’émotion de ces heures magiques et exceptionnelles, tant pour les artistes du cirque que pour les vénitiens. Même le public le plus profane, ne pouvait que rester fasciné par un monde si étrange, si proche, ne pouvait avoir les mots pour décrire un spectacle hors du commun. Le cirque Togni avait imaginé un programme qui fait encore envie de nos jours, et qui semble désormais impossible à réaliser de nouveau.

Sur la piste se succédèrent les étoiles circassiennes de l’époque : le Duo Loredani au trapèze, les Fratelli Martini à la corde. Le Trio Cavallini (Luigi Cavallini, Pietro et Peppino Balaguer), parmi les plus célèbres clown italiens, cité par l’historien Cervellati. Toute la famille de Wioris Togni, frère de Darix et fils d’Ercole. Dolly Togni, autre fille d’Ercole, admirable et sensuelle cavalière, qui présenta son numéro de chevaux en libertés, majestueux.

Albert Darix et son épouse Violette Carrè présentèrent un autre numéro équestre d’une extrême élégance.

Mais les chevaux n’étaient les seuls animaux présent dans ce cirque qui se vantait de posséder un des plus grands zoo mobile d’Europe. Les chimpanzés, chameaux, chiens, tous les félins mais surtout les éléphants. Les éléphants qui ont salué la ville depuis le  Ponte degli Scalzi menés par le prestigieux Ugo Miletti dont certains se souviennent encore aujourd’hui comme un génial dompteur d’éléphants. Et puis, il y avait Darix Togni

Darix, la légende parmi les félins, devenu dompteur par hasard, en cinq jours, en Septembre 1946, il reste l’unique exemple à travailler avec la même élégance féline du geste. Venise a toujours été un objectif pour lui et il a réussi, juste à l’été 1954, lorsque, pour remercier un public si affectueux, il a fait présenter un numéro qui fut le premier d’une longue vie, de celui qui lui était si précieux : Livio, 4 ans, son propre fils, qui se produisit à Venise pour la première fois.

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"Venise du dix-neuvième siècle", un album de photos de 1891

Венеция ХIХ века" альбом фотографий 1891г.

Les photographies originales d’une époque révolue de Venise, trouvées dans la première édition, seulement en italien de "Canali E Calli" à Venise.
Оригинальные фотографии ушедшей эпохи Венеции, от первого и единственного итальянского издания "Calli E Canali" в Венеции.

Ferdinando Ongani était vendeur de livres anciens, et possédait une boutique sur la Place Saint-Marc à Venise. Son amour pour Venise et  l’architecture, l’a incité à créer un album de photos de sa ville bien-aimée.
Фердинандо Онгани был продавцом антикварных книг, с магазином на площади Святого Марка в Венеции. Его любовь к Венеции вдохновила его на создание альбома фотографий архитектуры любимого города.

Le Musée de San Marco à Venise, a organisé une exposition, en 2011, dédiée à cet album.
Музей Сан-Марко в Венеции организовал выставку в 2011 году, посвященную этому альбому.

Ambiance Piazzale Roma

Vous serez nombreuses et nombreux, pendant les trois prochains mois à transiter par la piazzale Roma, à Venise.

Et chaque fois vous pesterez contre cette foule dense, ces touristes qui semblent désorientés, ces voitures dans tous les sens, et ces autobus et autocars qui tournent dans un mouvement continu, à vous donner le vertige.

Rassurez-vous, le ponte della Liberta a été construit en 1931, et depuis, cela fait 80 ans que c’est ainsi, et, tout ce que l’on peut souhaiter aux touristes, c’est que cela perdure de la sorte. Car tant qu’il y aura du bordelo romano à l’entrée de la ville cela signifiera que les idées protectionnistes de numerus closus ou de péages pour touristes n’auront pas été mise en application par la minorité la plus à droite sur l’échiquier politique vénitien.

Pour vous remonter le moral, voici quelques photos de la piazzale Roma, toujours très animée, au cours des siècles. Une manière de revoir d’anciens modèles de véhicules de toutes sortes depuis l’entre deux guerres… et, peut-être de faire remonter des souvenirs à certains d’entre-vous.

Les photos sont extraites de la collection photographique Giacomelli, aux archives de Venise.

Ambiance Piazzale Roma

Ambiance Piazzale Roma

Ambiance Piazzale Roma

Ambiance Piazzale Roma

Ambiance Piazzale Roma

Ambiance Piazzale Roma

Ambiance Piazzale Roma

Ambiance Piazzale Roma

Ambiance Piazzale Roma

La construction du Rio Novo – Venise 1931

Le creusement d’un nouveau canal dans le sestiere de Santa Croce fut décidé lors de la construction du pont reliant Venise au continent, et du vaste réaménagement de cette partie de la ville pour créer la piazzale Roma.

La construction du Rio Novo

Alors que Venise cessait d’être complètement un île, un esprit de modernisme allait donner à cette partie de la ville un visage totalement différent.

La construction du Rio Novo

Déjà, cette partie de Venise avait connu quelques bouleversements. En 1834 le peintre et scénographe de la Fenice, Francesco Bagnara, professeur à l’Académie des Beaux-Arts de Venise, avait dessiné le plan des Giardini Papadopoli qui ont été réalisé à l’emplacement de l’ancien monastère et de l’église Santa Croce à la suite de sa destruction.

Sur une surface d’environ 12 000 m2 furent plantés des arbres de grande hauteur ainsi que des arbres fruitiers, des mûriers et des fleurs rares entre les éléments architectoniques utilisés par Bagnara à l’exemple de Selva pour les Giardini napoleonici. Ces jardins de belle allure furent remaniés en 1863 par le paysagiste français Marc Guignon de manière à accueillir des fêtes nocturnes et de riches réceptions.

La construction du Rio Novo

Mais, suite aux aménagement liés à la construction du nouveau pont, le jardin fut coupé en deux par le creusement du canal en 1933.

Le projet de creusement de ce nouveau canal, était de faire diminuer la circulation, déjà trop importante, dans le Canalasso (le Grand Canal). L’ingénieur Eugenio Mozzi était responsable de la réalisation des travaux d’excavation du Rio Nuovo et la construction des ponts qui le traversent : Ponte della Sbiaca, P. della Ceraria et le P. Foscari.

Les travaux mirent à jour d’antiques pieux utilisés pour les fondations des constructions.

Rio Nuovo

Rio Nuovo

Rio Nuovo

Après la construction du canal, on décida de faire passer par là une ligne de vaporetto, équipée de 8 nouveaux bateaux spécialement conçus, plus faciles à manœuvrer, baptisés du nom de célèbres palais vénitiens. Cette ligne réduisait grandement le temps de transport entre la piazzale Roma et la piazza San Marco. C’était le vaporetto de la ligne 2 Acnil, qui reste encore dans l’esprit de nombreux vénitiens qui l’ont utilisée.

A cette époque, les taxis et bateaux privés pouvaient emprunter ce canal, mais pas les gondoles. On avait construit une sorte de voie rapide au cœur de la ville.

La construction du Rio Novo

Comme a cette époque, on commençait déjà à se plaindre des dégâts du moto ondoso sur les fondations des maisons causées par la propulsion à hélices, ces nouvelles embarcations étaient équipées de propulseurs d’étrave expérimentaux conçus en Allemagne, et surtout d’une nouvelle forme de coque. Mais l’ancienne ligne 2 a tout de même été supprimée, suite aux protestations des riverains.

Depuis, les gondoles ont le droit d’emprunter le canal.

Ce canal présente un certains nombres de particularités : c’est le seul canal de Venise où la circulation se fait à gauche. On peut encore y voir des feux tricolores de circulation, autrefois destinés à réguler une navigation que l’on avait espérée dense.

La construction du Rio Novo

Rio Nuovo

Rio Nuovo

La construction du Rio Novo

La construction du Rio Novo

La construction du Rio Novo

La construction du Rio Novo

La construction du Rio Novo

La construction du Rio Novo

Rio Nuovo

L’Atlantique noir de Nancy Cunard

Avec L’Atlantique noir, le musée du Quai Branly fait le portrait d’une poétesse anti-coloniale, amoureuse des noirs de Harlem à l’Afrique en passant par les Caraïbes et qui leur a donné l’occasion de parler de leurs pays, de leurs arts, de leurs traditions et de leurs histoires dans une Anthologie nègre.

"Je suis l’inconnue, l’étrangère
Hors la loi, rejetée par les règles de la vie
Fidèle à une loi unique, une logique personnelle
Qui ne se mêle à rien et refuse de s’incliner
Devant les règles générales."

L’Atlantique noir de Nancy Cunard

Mais nous vous parlons de Nancy Cunard, dans un blog qui ne parle QUE DE VENISE, un autre nom célèbre nous vient alors aussitôt à l’esprit : Louis Aragon.

Il faut remonter aux années 1920. Louis Aragon, jeune poète surréaliste sans le sou, se lie avec Jacques Doucet, élégant couturier de la Belle Époque et mécène amoureux des lettres.

De 1926 à 1928, Louis Aragon vivra avec Nancy Cunard.

Commencement : Le 10 mars 1896, Nancy Cunard naît dans un château médiéval, Nevill Holt, dans la campagne anglaise, entre un père un peu effacé, Sir Bache, héritier d’une riche famille américaine installée en Angleterre depuis le milieu du XIXe siècle, et Maud, sa mère, jeune Américaine originaire de San Francisco, fantasque et beaucoup plus extravertie, qui fait de Nevill Holt un lieu de haute mondanité et de culture. Vers 1910, Lady Cunard quitte son mari et le château pour s’installer à Londres avec sa fille. Les relations de la mère et de la fille se dégradent. Au début des années 1930, Nancy Cunard rendra même publique une lettre-pamphlet contre Maud, Le Nègre et Milady : elle y dénonce le racisme de sa génitrice. Depuis 1920-1921, la jeune femme est installée à Paris.

A partir de 1924, son appartement de l’île Saint-Louis devient un lieu des mieux fréquentés : Man Ray et William Carlos Williams, Walter Berry, Edith Wharton, Léon-Paul Fargue, Drieu la Rochelle,  la bande qui gravite autour de Jean Cocteau et celle d’André Breton, Beckett, Nijinski, Rubinstein, les Fitzgerald, et cent autres écrivains et artistes dans la famille desquels elle était entrée en publiant plusieurs recueils de poésie et en éditant elle-même les livres qui lui plaisaient.

Tristan Tzara, le fondateur de Dada devient son compagnon, René Crevel sera aussi, jusqu’à son suicide, l’un de ses proches… Le jeune Marcel Jouhandeau la décrit en "une ogresse maigre dont le long corps a la froideur envoûtante des serpents."

Aragon rencontre Nancy en 1926, à Paris, elle n’en fera qu’une bouchée. 

Coup de foudre dans un ciel d’orage.

Nancy Cunard semble beaucoup mieux maîtriser la relation que le jeune poète, qui écrit à Jacques Doucet en avril : "Je suis le prisonnier de l’amour je pense d’une façon définitive." Voyages. Dépenses. Crises. Le Paysan de Paris sort en juillet et Aragon travaille à son grand projet romanesque, La Défense de l’infini.

Nancy Cunard

Nancy Cunard fut-elle le grand amour d’Aragon?

Aragon fut-il l’homme le plus aimé de la blonde, mince, belle et irrésistible Anglaise? La concurrence fut innombrable. Aidée par sa fulgurante beauté archétype de cette époque, un célibat , surtout une ablation de l’utérus (dont  on ne sait si cela fut du à la conséquence d’une maladie vénérienne) sa position sociale, Nancy fit tourner bien des têtes et collectionna les amants. Décidait-elle de s’emparer d’un homme? Aucun ne résistait. Elle collectionna les amants comme elle collectionnait les bracelets d’ivoire dont elle avait l’habitude de couvrir ses bras.

Longiligne, un port et une grâce évidente, une coupe à la garçonne, sa vie sexuelle ne fut pas le moindre de ses talents.

Un an plus tard, dans une chambre de l’hôtel de la Puerta del Sol, il fait une tentative de suicide auprès d’elle après avoir brûlé dans la cheminée les 1 500 feuillets du manuscrit de La Défense de l’Infini (dont seul un chapitre sera sauvé, Le Con d’Irène, livre érotique où Aragon a mis beaucoup de Nancy). Mais les circonstances de cet autodafé sont plus qu’obscures, et la confession d’Aragon, comme toujours, suspecte.

Nancy, Aragon l’a aimée ou plutôt, il l’a adorée, ce qui n’est pas pareil. Dans l’adoration, l’amour cesse d’être une quête ou un mystère, c’est un joug sacré. Pour une fois, Arangon est explicite : "J’étais amoureux d’une femme extraordinairement belle. D’une femme en qui j’avais cru comme en la réalité des pierres. D’une femme que j’avais cru qui m’aimait. Je suis un chien, c’est ma façon".

Au cours de l’été suivant, Nancy organise un séjour en Italie. Avant une première étape à Venise, elle envoie une longue lettre à Janet Flannet où elle explique qu’Aragon est vraiment un garçon délicieux, "une personne douce et délicate, un compagnon idéal, mais moi, je suis toujours insupportable". Lors d’une halte Florence, Nancy tient à présenter Aragon à Norman Douglass. Les crises atteignent, à Venise, leur point culminant.

Nancy trompe Aragon avec celui qui deviendra un de ses grands amants, l’afro-américain Henry Crowder, originaire d’Atlanta, Georgie, pianiste de l’orchestre de jazz d’Eddie South, qui se produisait alors à l’hôtel Luna. Nancy est folle de jazz et de jazzmen noirs. Ce sont, pour elle, les vrais révolutionnaires, comme le seront plus tard à ses yeux les combattants de la guerre d’Espagne… Aragon ne fait pas le poids et ne supporte plus son rôle de "gigolo".

Vers la fin de la première semaine de septembre 1928, dans sa chambre de l’hôtel Danieli, Louis Aragon se gave de barbituriques. Il est sauvé de justesse une fois de plus… suicide d’opérette diront les mauvaises langues.

La vie reprend son cours. Louis Aragon rencontre le poète russe Maïakovski

Le mercredi 7 novembre 1928, Louis Aragon et Elsa Triolet se réveillent pour la première fois dans les bras l’un de l’autre. Elle se pelotonne amoureusement contre lui. Il serre dans ses bras ce minuscule corps dont il a tiré tant de plaisir. Les deux amants se regardent, encore étonnés de la passion de la nuit. Voilà douze heures, ils ne se connaissaient pas. Et maintenant, ils ont fait l’amour comme des bêtes. Elle a 32 ans, il en a 31 et c’est le début d’un mythe largement mis en scène. Les yeux d’Elsa n’effacèrent vraiment jamais la cicatrice laissée par Nancy. Elsa Triolet Elsa Triolet, reste lucide sur la nature du lien qui attache encore son compagnon à celle pour qui "toute respiration tourne à la tragédie". Elle parlera même d’une "initiation à la jalousie". Maintes pages d’Aragon garderont les traces de cette passion, dans Le Roman inachevé et dans La Mise à mort notamment.

Nancy Cunard, elle, oublie vite Aragon. Ou du moins place-t-elle sa liberté plus haut.

Nancy Cunard est morte le 16 mars 1965, dans une salle commune de l’hôpital Cochin. On l’avait ramassée dans la rue, effroyablement maigre, l’esprit en déroute.

Nancy Cunard

Bibliographie :

Nancy Cunard, de François Buot, Éditions Fayard

Aragon, la seule façon d’exister, Grasset, 1997

Aragon, un destin français, Pierre Juquin, Éditions de La Martinière

Exposition :

"L’Atlantique noir" de Nancy Cunard Negro Anthology (1931-1934), commissaire Sarah Frioux-Salgas, du 4 mars au 18 mai 2014, Mezzanine Est, Musée du Quai Branly, 222, rue de l’Université, Paris 7e. Tel. 01. 56 61 70 00

Une Renault 4L à l’assaut de Venise

Dans la série "Les grandes idées lumineuses des propagandistes de la cause moderniste" Venise a maintes fois échappée à des dangers si redoutables qu’elle en serait irrémédiablement défigurée.

Ainsi, dans les années 1962, la société française Renault, avait suivi la Fiat qui, preuve à l’appui tentait de démontrer que Venise et circulation automobile n’étaient pas incompatibles.

Ainsi, il fut possible de voir une Renault 4L, la célèbre voiture populaire, circuler dans des lieux prétendus inaccessibles, où la populaire Fiat 500 avait renoncé à s’aventurer.

Heureusement pour nous, cette démonstration de "puissance" des ingénieurs et propagandistes français n’eût aucune suite, il ne nous reste plus que quelques photos extravagantes de la célèbre chèvre des routes dans les calli et sur les ponti de la Serenissime.

Une Renault 4L à l'assaut de Venise

Une Renault 4L à l'assaut de Venise

Une Renault 4L à l'assaut de Venise

Une Renault 4L à l'assaut de Venise

In magies du passé

Voici, aujourd’hui des images de Venise, rarissimes, qui ont ressurgi d’un passé que nous pensions perdu.

Ce sont des témoignages des balbutiements de la photographie à Venise tels que nous vous les avions déjà fait découvrir dans notre article Exploration de Venise à travers les premiers daguerréotypes.

La première image est un daguerréotype anonyme daté de 1855, qui représente le Pont du Rialto. Il est en assez mauvais état pour le moment, nous espérons qu’il pourra être restauré.

Pont du Rialto, daguerréotype anonyme de 1855

Pont du Rialto, daguerréotype anonyme de 1855

Nous avons également retrouvées deux épreuves photographiques colorisées de la porte d’entrée de l’Arsenal, prises à vingt ans d’intervalle.

Portail de l'Arsenale en 1860

Portail de l’Arsenale en 1860

Portail de l'Arsenale en 1880

Portail de l’Arsenale en 1880

Le repas des pigeons

Le repas des pigeons

Autrefois sur la piazza San Marco, selon une ancienne coutume, un employé de la mairie donnait à manger aux pigeons du grain, deux fois par jour.

C’était aussi l’occasion pour les touristes du siècle dernier de se prendre en photo sur la piazza en cocasse situation. Même des hommes illustres s’y sont essayés.

Nous avions des pigeons partout et j'en faisais une légère grimace de peur.  Mais on a pris le moment où ils étaient envolés. Alice Monet, Venise, 6 octobre 1908

Nous avions des pigeons partout et j’en faisais une légère grimace de peur. Mais on a pris le moment où ils étaient envolés. Alice Monet, Venise, 6 octobre 1908

Les publicitaires d’une célèbre marque de soda américaine, s’emparèrent de cette tradition pour faire, en 1963, un des fameux coups de pub de l’histoire contemporaine.

Les graines furent dispersées sur la place en écrivant en diagonale le nom de la fameuse marque, l’affolement des volatiles et un bon photographe, posté sur le toit du Palazzo Reale, firent le reste.

Cacacola

Mais en fait, ce concept avait déjà été inventé en 1950 par une compagnie d’assurance italienne. Les marchands yankee n’ont jamais rien inventé, on le sait bien…

… et sans vouloir être méchants, la photo de 1950 est bien plus agréable que sa copie américaine. Question de cadrage et d’objectif.

AG assurances

Plus tard, l’idée fut copiée, par une marque de vodka, en couleur, cette fois. Nous nous demandons combien ces entreprises ont payés pour avoir le privilège de nourrir les pigeons de cette façon?

Vodka

Les lois ont changé, et l’on connait aujourd’hui les dégâts que la fiente des pigeons produit sur la pierre des monuments. De nos jours il est rigoureusement interdit de donner à manger à ces oiseaux, les touristes qui s’y aventurent sont régulièrement rappelés à l’ordre par les vigiles municipaux, et risquent une amende.

Les huit filles de Pietro

Voilà une belle petite famille que nous ne manquerons pas d’aller visiter, très bientôt, lors de notre prochain séjour là-haut !

Les huit filles sont : Anna, Pierina, Humar Rosalia, Gemma, Elsa, Antonia, Maddalena Ida et la petite Maria

La famille de Pietro Polo Marus et de son épouse Humar Maria… qui tenait une échoppe de fleurs à la Toletta.

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… vous désirez les rencontrer vous aussi ?

Rien de plus simple, à l’entrée du cimetière de San-Michle in Isola, à Venise, demandez au gardien de vous indiquer la tombe de Pietro Polo Marus.

Cartes postales de Venise au XIXème siècle

Voici des cartes que nous avons hésité longtemps à vous montrer, car, rares, elles sont également en mauvais état. Aussi, elle ne quittent jamais leur album qui les protège désormais.

Voici donc quelques uns des trésors de nos cartes postales de Venise !

Il est possible de trouver des cartes postales comme celles-ci à la brocante du campo san Maurizio, quatre fois par an, ou sur les sites spécialisés sur Internet.

Les cartes ci-dessus ont une grande valeur, nous sommes au regret de ne pas pouvoir faire la moindre copie (mais vous pouvez toujours faire un tirage à partir de nos photos ci-dessus). Merci de votre compréhension.

La Riviera di San-Marco

Hier, notre article se terminait sur cette énigme : où somme-nous ?

Cette photo à été prise vers 1890, et montre la terrasse panoramique sur la lagune. La rue qui commence à gauche a pris le nom, le 2 mai 1867 de Strada Garibaldi.

La maison au centre de la photo a fait l’objet d’une restauration, et d’un étrange maquillage, puisque ses fenêtres on prit un aspect néo-gotique de manière à donner à ce qui n’était qu’une modeste masure, l’aspect d’un palais ancien. Les éléments rajoutés proviennent de divers édifices de la lagune vénitienne.

Après la via Garibaldi, il n’y avait plus d’accès en bordure de la lagune. Comme on le voit sur la photo ci-dessus, la casa della Marinaressa donnait directement sur l’eau. Cette maison, qui comprenait à l’époque cinquante-cinq logements, était réservée, gratuitement, aux marins de la Sérénissime qui s’étaient distingués pour des mérites particuliers.

La promenade en bordure du bassin de san Marco se terminait donc ici, après le ponte alla Veneta Marina. Autrefois ce pont était en bois, et était appelé ponte delle Catene. Puis, il fut construit en pierre à l’époque napoléonienne, et pris ce nom en raison de la base voisine de la Marine Autrichienne. Le caffè Alla Veneta Marina, avec sa vue splendide sur l’île de san Servolo et san Lazzaro et la riva degli Schiavoni, fut célébré dans les vers d’Antonio Lamberti. C’était le lieu privilégié des officiers de marine qui se retrouvaient en compagnie des arsenaloti et des pêcheurs.

C’est donc vers 1935 que l’on songea à prolonger la promenade en bordure de la lagune, et de la relier au quai longeant les jardins construits par Bonaparte.

Sur ce plan nous avons indiqué, en jaune, l’ensemble des quais rajoutés lors des travaux de 1936. Ci-dessous, un plan des différentes étapes du chantier, pompeusement dénommé la "Riviera di San-Marco" :

Le fameux projet, porté par la junte du maire Di Serego Allighieri, de prolonger la riva degli Schiavoni jusqu’aux Giardini, fut confié à l’architecte Duilio Torres, et ce, malgré une vive contestation. En effet, le projet porté par les politiques de cette période troublée, prévoyait la destruction de maisons populaires crasseuses, de ce quartier désigné alors comme malfamatto. Comme si détruire les maisons allait arranger la misère (finalement, les idées idées nationalistes sont toujours restées les mêmes).

On immergea des caissons en ciment pour la formation de la riva, et l’on combla ensuite avec des matériaux divers.

Le ponte della Veneta marina fut démoli. On conserva juste les parapets du pont avec leurs bas-reliefs. La photo ci-dessus est parue dans Il Gazzettino du 22 octobre 1936, pour illustrer un article de OL Passarella "La nuova riviera di San Marco".

Des quartiers populaires ont été rasés et remplacés par des jardins, il ne reste plus d’eux, aujourd’hui que de rares clichés, de l’époque où des familles entières vivaient-là.

Le 23 mars 1937, les autorités fascistes locales et l’ensemble de la classe politique vénitienne inauguraient officiellement la Riva dell’Impero, en hommage aux récentes conquêtes coloniales de l’Italie, et tournaient ainsi définitivement le dos à l’histoire d’un quartier antique de travailleurs des chantiers navals et de de pêcheurs, avec leurs maisons pittoresques.

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