Jole Veneziani (1901-1989)

Omaggio a Jole Veneziani

Jole Veneziani (1901-1989) est une célèbre styliste italienne. Nombreuses fois récompensée par les professionnels de la Haute Couture, elle a surtout connu un grand succès de 1969 à 1975.

Jole Veneziani, abito femminile, Venezia 1964-1965 Robe de velours noir, photo prise à l'extérieur du Palazzo Grassi, Venise 1964-1965 (Fondation Bano di Padova, Archives Jole Veneziani)

Jole Veneziani, abito femminile, Venezia 1964-1965
Robe de velours noir, photo prise à l’extérieur du Palazzo Grassi, Venise 1964-1965 (Fondation Bano di Padova, Archives Jole Veneziani)

Jole Veneziani est parmi les fondateurs de Haute Couture italienne, ayant participé, parmi les rares choisis par Giovanni Battista Giorgini, au premier défilé de mode à la Villa Torrigiani à Florence, en 1951.

Elle est l’une des créatrices les plus représentatives de la mode italienne des années cinquante et soixante.

Jolanda Veneziani est né en 1901 à Leporano, près de Tarente. Elle aurait aimé suivre les traces de sa mère, une passionnée d’opéra , mais la mort prématurée de son père avocat, l’oblige à abandonner ses rêves artistiques et se fait engager dans une entreprise française de cuirs et fourrures.

Avant la guerre elle est à Milan. En 1938, elle ouvre, via Nirone son atelier où elle attire l’attention des maisons de haute couture pour la légèreté, la qualité de ses productions, et la compétence de ses employées.

En 1943, en plus de la production de peaux, elle crée ses propres modèles. Josephine Baker, Marlene Dietrich, Maria Callas deviendront rapidement des clientes attitrées.

Omaggio a Jole Veneziani

C’est aussi elle qui a introduit après un voyage aux États Unis la couleur sur les automobiles en Italie.

Omaggio a Jole Veneziani

Elle réussit tout d’abord à convaincre les dirigeants d’Alfa Romeo avec 7 coloris. Fiat suivra ..

Omaggio a Jole Veneziani

Omaggio a Jole Veneziani

Omaggio a Jole Veneziani

Omaggio a Jole Veneziani

Au cours de sa carrière, Jole Veneziani a reçu de nombreux prix et reconnaissances.

Omaggio a Jole Veneziani

Omaggio a Jole Veneziani

Omaggio a Jole Veneziani

Omaggio a Jole Veneziani

Elle est morte à Milan en 1989.

Jole Veneziani entre Vera Lodomez Rossi et Beppe Modenese photographiée par Ugo Mulas, dans les années 50-60 (Fondazione Bano di Padova, Archives Jole Veneziani)

Jole Veneziani entre Vera Lodomez Rossi et Beppe Modenese photographiée par Ugo Mulas, dans les années 50-60 (Fondazione Bano di Padova, Archives Jole Veneziani)

Bibliographie:

  • M. Boneschi, Le sarte milanesi del “miracolo” tra moda, industria e cultura, in «Annali di storia dell’impresa», 2007, vol. 18, pp. 75-103
  • E. Ferri, Le persone che hanno fatto grande Milano: Jole Veneziani, s.n., 1980
  • E. Golzio Aimone, Jole Veneziani, in AA.VV., La moda italiana, vol. I, Milano, Electa, 1987
  • M. T. Olivari Binaghi, La moda: le tendenze, in Storia di Milano, vol. XVIII, Il Novecento, Roma, Istituto della Enciclopedia Italiana, 1996

Le paradis de Diana

Diana Vreeland, née Diana Dalziel le 29 juillet 1903 à Paris et morte le 22 août 1989 à New York, est une journaliste et éditrice de mode américaine. Elle fera avec Carmel Snow le succès du magazine Harper’s Bazaar au milieu du XXème siècle, et sera la rédactrice en chef du Vogue américain par la suite. C’est une personnalité influente de la mode durant ses années d’activité, reconnue pour son élégance.

Diana Vreeland sur la piazza San Marco

“Nothing is more marvelous than sitting at a little table in the gathering of dusk in the Piazza san Marco, the guest of six golden-bronze horses prancing away to paradise” – Diana Vreeland

Diana Vreeland sur la piazza San Marco

Les deux photos ci-dessus font partie d’une série, prise pendant l’été 1973, et qui ont été utilisées, plus tard, pour illustrer un livre écrit par Eleanor Dwight sur Diana Vreeland, New York, Harper Collins, 2002. La photo la plus connue, de cette journée, car reprise sur de nombreux blogs et sites sur la princesse de la mode, est en noir et blanc, où l’on peut voir Diana Vreeland, Andy Warhol et Fred Hughes sur la Piazza San Marco.

Diana Vreeland, Andy Warhol et Fred Hughes, Piazza San Marco

Diana Vreeland séjournait régulièrement à Venise, où elle fréquentait toute l’intelligentsia de son époque. Elle a laissé de nombreux témoignages dans beaucoup de maisons, où son souvenir perdure encore lorsque nous avons l’occasion de l’évoquer.

Diana Vreeland et la Princess Irene Galitzine. Image courtesy of Galitzine.

Le musée de la mode du Palazzo Fortuny lui avait consacré une belle exposition, en 2002, Diana Vreeland after Diana Vreeland. Le choix du Palazzo Fortuny ne cachait pas la filiation avec son historique propriétaire Mariano Fortuny y Madrazo, artiste touche à tout qui fut célèbre dans la première moitié du XXème siècle pour ses créations textiles.

“Diana Vreeland after  Diana Vreeland” (Palazzo Fortuny, Venezia 10 Mars — 26 Juin 2012)

Elsie Rebecca Scheel, la femme parfaite

Elsie Rebecca Scheel jeune étudiante de 24 ans, avait été élue femme idéale en hiver 1912. Non par un quelconque concours de beauté mais par des scientifiques de l’Université médicale de Cornell qui l’avait nommée comme la femme idéale parmi 400 autres..

Avec ses 78 kilos (171 pounds) pour 174 cm, le New York Times la décrit: « The most nearly perfect physical specimen of womanhood. » … elle était même « l’exemple le plus proche de la perfection physique en termes de féminité« . Le New York Times décrivait aussi son caractère « parfait » de femme battante. Le journal The Star affirmait à l’époque qu’elle avait sensiblement les mêmes mensurations que la Vénus de Milo. Le Times quant à lui la qualifiait de « spécimen le plus proche de la perfection physique de la femme« .

Elsie Rebecca Scheel dans le New-York Times

Elsie Scheel avait les cheveux clairs et les yeux bleus, suffragette convaincue, passionnée d’horticulture et d’automobile, affirmait adorer les beefsteaks et ne jamais boire ni thé ni café.

Le docteur Esther Parker, à l’origine de cette étude scientifique, a pourtant choisi Elsie Scheel parmi 400 autres concurrentes. L’un des arguments pour légitimer sa beauté était de la comparer à la célèbre Vénus de Milo dont elle avait les mêmes mensurations.

La particularité de cette miss est qu’elle ne correspond plus du tout au canon de beauté actuelle. Depuis le début du vingtième siècle, ces critères ont bien évolué et la femme parfaite de 1912 serait considérée comme trop voluptueuse en 2012. Son IMC (indice de masse corporelle) calculé est de l’ordre de 26.8 ce qui la place aujourd’hui dans la catégorie des personnes en surpoids, sachant qu’une masse corporelle « normale » doit se trouver entre 18.5 et 24.9, selon lOrganisation mondiale de la santé. (Voici un lien pour calculer votre IMC, si vous voulez… )

Elsie ne faisait surement pas une taille 34 comme les mannequins de Yves Saint Laurent mais plutôt une taille 40-42.

De nos jours selon Esquire, la femme la plus sexy du monde est Mila Kunis, de son vrai nom Milena Markovna Kunis, nouvelle égérie de la maison Dior, et son IMC est loin de celui d’Elsie.

Une preuve de plus que la femme parfaite avec des mensurations parfaites n’existe pas. Comme nous le prouve cette ancienne étude, la beauté est une perception subjective et culturelle qui varie selon l’époque et le lieu, et, pour revenir à Venise, souvenons nous combien les modèles des grands maîtres de la Sérénissime étaient voluptueusement potelées…

Elsie Rebecca Scheel

A la promenade

A la promenade, nous ne voyons que les capotes de velours, ou quelquefois de satin. Il est particulier que le velours, étoile riche et sérieuse, soit cependant plus jeune que le satin. Un chapeau noir ou gros bleu est joli avec des nœuds de satin rose sous la passe ou une fleur près des cheveux.

Aux redingotes d’étoffe vous pouvez mettre des petites pèlerines rondes, en forme de collet qui tombent sur l’épaule sans dépasser la manche et descendent seulement par-derrière dans le milieu du dos. En mérinos, vous les bordez de marceline ou de drap de soie, d’une couleur tendre ou très vive.

II y a un petit changement dans les corsages décolletés : la mantille, au lieu de se poser au bord du corsage, se pose sous la draperie à la Sévigné, cette façon est beaucoup plus dégagée et permet de mettre des nœuds sans avoir la poitrine et les épaules trop chargées.

Le jour vous avez vos fourrures : le boa et le manchon de martre ou de chinchilla, dès l’âge de quatorze ou quinze ans, sont bien portés par les jeunes personnes et le sont généralement. Le soir, vous avez, mesdemoiselles, quelques recherches, plus soignées du reste, que prétentieuses, précautions utiles à votre santé : ce sont les douillettes garnies de cygne. Ces douillettes se composent d’une pèlerine en satin ouaté, piqué, qui cache la poitrine et les épaules, comme un petit mantelet, et des manches demi-justes couvrant tout l’avant-bras, par-dessus le gant, garnies aux deux extrémités par un bord de cygne. Pour les pieds vous pouvez vous broder en tapisserie des bottines que vous passez sur vos souliers de satin pour monter en voiture.

Parasol ou Parapluie ?

Costume Français. 1778

Ironie du sort, le parapluie, qui est connu depuis des milliers d’années, d’abord utilisé seulement pour se protéger du soleil, à l’instar des habitants des pays chauds.

En Europe occidentale, un parapluie est apparu en France au XVIIème siècle et a été appelé « parasol« . La protection contre le soleil était alors la seule responsabilité du parapluie, à une époque où, maintenir une peau blanche était la marque d’une lignée aristocratique et où un visage bronzé était le signe évident d’un roturier.

Les premières images de parapluies ont été trouvés dans les images des pays « solaires » – l’Assyrie, la Chine antique et l’Egypte :

Lamech et ses deux épouses

Lamech et ses deux épouses. Paysage avec Lamech au centre, parlant de ses deux femmes: Ada et Tsilla assises devant une ferme à gauche, deux enfants jouant de la musique à l’extrême gauche, deux autres enfants au premier plan. Une des deux femmes se protège du soleil avec une ombrelle. Maarten de Vos, 1583.

Maarten van Heemskerck 1553

La découverte de Moïse. La fille du Pharaon découvre le bébé Moïse dans un cercueil, elle est accompagnée de deux servantes et est à l’ombre d’un parasol. Maarten van Heemskerck, 1553.

Amaravati

Dans les collections du British Museum, on peut voir cette pierre sculptée qui provient du village de Piprahwa qui a été identifié comme Kapilavastu, la capitale des Sakya, où le Bouddha a vécu pendant 29 ans. La sculpture représente le départ du prince Siddharta, de la coupole du Grand Stupa.

Culture Neo-Assyrian

Sculpture de la période néo-assyrienne.

Sémiramis en colombe

Sémiramis en colombe (Métamorphoses en rondeaux Mabre-Cramoisy 1676), Sébastien Le Clerc, dit le vieux. La reine Sémiramis debout sous un parasol supervise la construction de Babylone.

Il est à noter que, dans l’Antiquité, le parapluie certifiait un certain statut social : ne pouvait apparaître dessous que mandarins, pharaons ou autres personnes importantes. Le poids et la taille du parapluie étaient directement proportionnels à la position du propriétaire dans la communauté. En Chine, des parasols géants étaient particulièrement populaires, ressemblant à une pagode. Le roi de Birmanie est apparu en public, sous le couvert d’un parasol de 24 niveaux, chaque niveau brodé de fil d’or et orné de pierres précieuses.

G

Histoire de l’ombrelle

Au XVIIe siècle, grâce aux efforts du parapluie français le parasol devient un accessoire de mode très fréquent, surtout pour les proches des cours royales d’Europe.

Le Chancelier Séguier - Charles Le Brun

Le Chancelier Séguier de Charles Le Brun, est un portrait équestre représentant le chancelier sur un cheval, placé au centre de la composition et entouré de six écuyers et pages à pied, habillés dans des tons bleu. Le fond est composé d’un ciel sombre. Ce portrait ne relate pas d’événement particulier. La richesse des parures et broderies couleur or sont en lien avec les honneurs fait au cavalier. Les deux parasols sont signes de protection. Ce symbole réfère à la personnalité du chancelier, protecteur des arts.

Elena Grimaldi

Anthony van Dyck. Portrait de la marquise Elena Grimaldi. 1623.

Marie Therese d'Austriche, Reine de France et de Navarre

Marie Thérèse d’Autriche, Reine de France et de Navarre, dessin de Jean-Baptiste Martin en 1682, gravé par Nicolas Bazin.

Avec le temps, ce parasol était devenu bien encombrant comme le raconte Henri Estienne dans ses Dialogues du nouveau langage françois italianzé en 1578 « devenu d’une grandeur démesurée, soutenu d’ un baston, et tellement faict, qu’estant ployé et tenant bien peu de place, quand ce vient qu’on en a besoin, on l’a incontinent ouvert et estendu en rond, jusqu’à couvrir trois ou quatre personnes » ; et Montaigne approuve en racontant « que ces parasols dont l’Italie se sert, chargent plus les bras qu’ils ne déchargent la tête« .

La fille de qualité

Peu à peu, au milieu du règne de Louis XIV, on l’utilisait régulièrement. Les maîtres boursiers-colletiers-pochetiers qui avaient le droit de les confectionner, remplaçaient alors la toile cirée par du taffetas gommé, tendu sur de légères tiges en jonc. Avec un anneau glissant le long du manche, on pouvait le fermer ; pour le rouvrir, on remontait l’anneau et on l’arrêtait avec une grosse épingle. Peu d’écrits existent, seul Furetière le décrivait comme étant « un petit meuble portatif ou couverture ronde qu’on porte à la main pour défendre sa tête des grandes ardeurs du soleil, servant aussi pour se défendre de la pluie et alors quelques-uns l’appellent parapluie« . Un ambassadeur anglais a mentionné en 1675 « de petits ustensiles forts légers que les femmes emploient ici pour se garantir du soleil et dont l’usage nous semble très commode« . Avant la fin de son règne, Louis XIV accorde à un industriel, le monopole de fabriquer les parapluies « brisés ne pesant que cinq à six onces, vendus enfermés dans des étuis de sept à huit pouces de long sur un et demi de large.

Robe à la Versailloise de Gros de Naples

Pendant la Régence, le dais rond devenait l’ombrelle, montée sur des bambous des Indes, décorée de crépines d’or et d’effilés de perles, panaches de plumes et reflets de soie, prenant le charmant nom de « balancier des Grâces« .

Bernard Lens

Une jeune femme à cheval sur une rivière, tenant un parasol, gravé par Bernard Lens d’après Jan Wyck, vers 1686, puis ​​republié dans les années 1720.

En 1757, le parapluie de taffetas étant très à la mode à Paris, il se transformait en parapluie-canne « on a imaginé pour la plus grande commodité des voyageurs, des parasols et des parapluies contenus dans une canne, de manière qu’en poussant un ressort qui est adhérent à la canne qui sert d’étui au parasol, on fait rentrer ou sortir celui-ci, suivant qu’on le juge à propos et qu’on en a besoin. Ainsi, l’instrument qui auparavant servait de point d’appui pour soulager la marche du voyageur est changé tout à coup en un autre pour le mettre à couvert de l’ardeur du soleil ou de l’incommodité de la pluie« .

Dix années plus tard, l’usage voulait « de ne jamais sortir qu’avec son parapluie et de s’incommoder à le porter sous le bras pendant six mois pour s’en servir peut-être six fois ; ceux qui ne veulent pas se confondre avec le vulgaire aiment mieux courir le risque de se mouiller que d’être regardés comme des gens qui vont à pied, car le parapluie est la marque qu’on n’a pas d’équipage« . Comme bien des gens étaient dans ce cas, un service de parapluies publics est créé en 1769, destinés surtout à la traversée des ponts, car il y avait suffisamment d’ombre dans les rues étroites. Une compagnie obtint le privilège pour la location de parasols « il y aura des bureaux à chaque extrémité du Pont-Neuf ; les parapluies seront rendus au bureau de l’autre côté, moyennant deux liards par personne« .

Francisco Goya. L'ombrelle/Le parasol. 1776-78

Le Saute-Ruisseau

Vous êtes nombreux, depuis que nous avions évoqué les saute ruisseau dans un ancien article, à nous demander à quoi cet objet peut bien ressembler et si on peut en retrouver de nos jours.

Saute Ruisseau

En réalité, on peut trouver cet objet insolite et si romantique sur des nombreux sites de vente en ligne de produits d’occasion (Le Bon Coin, Amazon ou  e-Bay, nous avons même trouvé un site bulgare, La Passion des Bijoux, qui propose de belles reproductions)…

Autrefois, on ne trouvait des saute-ruisseau que chez certains antiquaires spécialisés, et donc, à des prix… (censuré) allant de 30 à 50,00 €uros ou plus pour les pièces plus ouvragées, ou en métaux précieux, certains spéculateurs, se prétendant « antiquaires », en proposaient à plus de 100,00 euros.

Le Saute-Ruisseau

La crise étant passée par là, et quelques fois cela a du bon, surtout pour ramener les spéculateurs à la raison, on trouve des saute-ruisseau à moins de 10,00 €uros !

Il est revenu, donc, le temps où bien fouiner dans les brocantes et vides greniers, virtuelles ou bien réelles peut vous apporter de belles surprises.

Il s’utilise ainsi :

1) attraper le bas de la jupe grâce au crochet
2) tirez sur la chaîne à l’aide de la poignée
3) on peut même guider la jupe vers la droite ou la gauche

Utilisation de la pince à jupe

On l’appelle cependant plus communément « relève-jupe » ».

Et on trouve d’autres appellations, qui sont fausses en terme de lexicographie, mais qui, explicite l’objet faute d’en connaître le nom exact : pince à jupe, trousse-jupon, accroche-jupe, page, chatelaine…

Le saute-ruisseau date de la fin du XIXème siècle. Il s’en trouve d’ailleurs sur lesquels figurent des dates de la fin du XIXème siècle. On situe son apparition autours de 1870-1875.

On trouve alors les définitions suivantes, pour lesquelles, les dates de parution sont intéressantes et permettent de situer l’usage et la période d’intérêt de l’objet :

« Relève-jupe n.m.
1896 – Relève-jupe mobile. (in La Mode illustrée).
1904 – RELEVE-JUPE n.m. invar. Petite pince dont les femmes se servent pour relever leur jupe [...] Système de bandes élastiques fixées à la ceinture et relevant la jupe au moyen de pinces. » (Nouveau Larousse Illustré)

A défaut, vous pouvez également opter pour le saute-ruisseau éco² (économique et écologique) inventé par Poséida !

Poséida et la saute-ruisseau

Pour vous aider à vous y retrouver dans vos recherches, voici quelques modèles se saute ruisseau que nous avons trouvés (nous ne vous dirons pas lesquels nous avons achetés).

Techniquement, le saute-ruisseau est une pince munie de deux pattes, dont les extrémités sont soit rondes et bombées, l’intérieur de certains est garni de patins de cuir ou de feutre, soit rectangulaires et légèrement rainurées.

Elles permettent de maintenir le tissu serré sans l’endommager.

Les pattes s’écartent par une simple pression manuelle comme pour une pince à sucre, pour les pinces les plus courantes.

D’autres systèmes d’ouverture existent, ils sont moins courants. Vous pourrez les découvrir sur les photos ci-dessous.

Le Saute-Ruisseau

Le Saute-Ruisseau

Le Saute-Ruisseau

Le Saute-Ruisseau

Le saute-ruisseau s’appelle aussi un « Suivez-moi jeune homme », car, de manière coquine, les jupes relevées des dames étaient une invitation à de doux moments… bien que, vous le savez (puisque vous êtes nos fidèles lectrices et lecteurs), en réalité, le suivez-moi jeune homme était le ruban du chapeau…

Le Saute-Ruisseau

Le Saute-Ruisseau

Le Saute-Ruisseau

Le Saute-Ruisseau

Le Saute-Ruisseau

Le Saute-Ruisseau

On notera également, que le XIXème siècle n’étant pas avare de termes imagés, le saute ruisseau désignait également les jeunes clerc de notaires :

  • Le saute-ruisseau est généralement, comme était Simonnin, un garçon de treize à quatorze ans, qui dans toutes les études se trouve sous la domination spéciale du principal clerc, dont les commissions et les billets doux l’occupent tout en allant porter des exploits chez les huissiers et des placets au Palais. — (Honoré de Balzac, Le Colonel Chabert, 1832)

Les ruisseaux dont il s’agit sont ceux de la ville, que l’on appellerait de nos jours des caniveaux : « Armé de la longue perche nécessaire au voyageur pédestre dans cette contrée coupée de canaux et de ravins, on le voyait, en parcourant les châteaux circonvoisins, franchir d’un saut des largeurs de trente et quarante pieds aussi lestement qu’un clerc d’huissier à Paris saute un ruisseau du Marais ou de la rue Saint-Honoré. » — Le Baron de l’Empire, A. Dupont, Paris, 1832, p. 9-10.

Mercerie

Mercerie à Rouen

Apparue au XIIème siècle dérivée de mercier, d’abord comme mercherie, la mercerie est le magasin du mercier. Une mercerie est, à l’origine, un commerce de l’ensemble des articles servant à la couture, à la fabrication de vêtements, à la parure et aux ouvrages et travaux dits « de dames ».

Les principaux articles étaient les aiguilles, les fils et passementeries (cordons, dentelles, rubans…), les boutons, les agrafes, les craies de tailleur ; bref l’ensemble des fournitures de couture et de broderie.

Étymologiquement, le mercier est un marchand. Ce nom est retrouvé dès le XIIème siècle (acte de concession dans les halles de Champeaux en 1137) et provient du latin merx et de l’ancien français merz qui signifie marchandise.

Au XIXème siècle, avant l’invention de la haute couture et l’avènement des grands couturiers, le mercier vend des tissus et étoffes à ses clients ; ces mêmes tissus sont façonnés par la couturière sur les indications du client.

Mercerie des grands magasins

Ils sont progressivement remplacés au XIXème siècle par les Grands Magasins.

Dès la fin du XVIIIème siècle, en 1784, apparait le premier grand magasin, il s’agit du Tapis Rouge qui va éditer le premier catalogue de vente par correspondance, annonçant le développement fulgurant de cette méthode de vente.

Durant tout le XIXème siècle, vont naître de nombreux magasins qui proposeront leurs produits sur leurs catalogues, ainsi les catalogues du Petit Saint-Thomas en 1830, de A Sainte-Cécile en 1852 qui expédie les commandes 24 heures après réception, Le Bon Marché en 1871, Le Printemps en 1872.

Dentelles dans un catalogue de mercerie d'un Grand Magasin

Actuellement il reste peu de magasins de mercerie, plutôt des rayons mercerie dans des magasins plus généralistes. Le choix d’articles référencés dans les merceries se diversifie, mais perd en diversité et en qualité. Ainsi la laine à tricoter ou les loisirs créatifs sont souvent proposés en substitution aux produits traditionnels.

Les produits de mercerie de cette époque sont devenus rares. Pour en voir encore, il faut se rendre chez certains brocanteurs spécialisés, à Saint-Ouen par exemple, dans quelques vide greniers, et pour les plus belles pièces, dans les salles des ventes où les prix s’envolent parfois pour des broutilles, à cause de la spéculation sur nos passions.

Ornementations de robes XIXème siècle

Ornementations de robes XIXème siècle

Ornementations de robes XIXème siècle

Ornementations de robes XIXème siècle

Ornementations de robes XIXème siècle

Ornementations de robes XIXème siècle

Au XVIIIème siècle, le plus célèbre des magasins de mercerie à Paris était le Petit Dunkerque, qui se trouvait au bord de l’eau, à l’angle du quai Conti et de la rue Dauphine.

Ce magasin appartenait à M. Granchez, originaire de Dunkerque, bijoutier de la reine Marie-Antoinette. Dans cette boutique étaient vendus des objets d’arts et de curiosités venant des quatre coins du monde. La première enseigne de cette boutique était un tableau qui représentait le port de Dunkerque avec l’arrivage des vaisseaux, qui apportaient de l’Inde et de la Chine la plupart des curiosités qu’on recherchait avec passion pour l’ornement des appartements à cette époque.

La renommée de la boutique de Granchez fut telle que le nom survécut au marchand. En effet, près d’un siècle plus tard, on appelait Petit Dunkerque, une certaine catégorie de quincaillerie fine et de bijouterie de choix. Granchez vendit sa boutique vers 1789 pour s’installer rue de Richelieu. Son successeur, un marchand de vin, conserva son nom célèbre et l’enseigne le petit Dunkerque resta sur la devanture jusqu’en 1913, date à laquelle le bâtiment fut démoli.

Galons et dentelles du XIXème siècle

Galons et dentelles du XIXème siècle

Galons et dentelles du XIXème siècle

Galons et dentelles du XIXème siècle

Galons et dentelles du XIXème siècle

Galons et dentelles du XIXème siècle

Galons et dentelles du XIXème siècle

Galons et dentelles du XIXème siècle

Les cartons de boutons, les tiroirs remplis de galons et de dentelles, les grandes étagères remplies de milles merveille où seule la patronne de la boutique savait trouver l’article que vous recherchiez, le bouton identique à celui qui était devenu manquant sur un habit… tout cela est devenu une image du passé, un souvenir d’enfance pour les plus âgés… un mythe pour les plus jeunes.

Boutons et mercerie du XIXème siècle

Boutons et mercerie du XIXème siècle

Boutons et mercerie du XIXème siècle

Boutons et mercerie du XIXème siècle

Boutons et mercerie du XIXème siècle

Boutons et mercerie du XIXème siècle

Boutons et mercerie du XIXème siècle

Boutons et mercerie du XIXème siècle

Boutons et mercerie du XIXème siècle

Ces commerces ont presque tous disparus aujourd’hui, tués par les grands magasins, puis la grande distribution qui a instauré un système ou le client est devenu un consommateur qui achète des produits tous faits et prêts à jeter après un usage limité dans le temps.

Nous avons ainsi retrouvé l’histoire d’une mercerie – bonneterie située 1 grand rue à Gorron, en Mayenne :

Mercerie - bonneterie Manoury, 1 grand rue à Gorron

Cette boutique existait en 1886. Jean-Baptiste Lelièvre, coutelier, et son fils Henri, figurent en effet sur les listes de recensement, au niveau de l’emplacement actuel.

On retrouve Henri Lelièvre, marié à Hortence Sénéchal, d’abord coutelier (en 1896), puis mercier, au même endroit en 1901 et 1906.

En 1921, Georges Bellier (originaire de Château-Gontier, recensé comme négociant, sans précision) et sa femme Jeanne Bellier (originaire des Ardennes ?), tiennent vraisemblablement le commerce.

En 1936, c’est Julien Manoury (originaire de Château-Gontier) et sa femme Marie Manoury (originaire de Bierné) qui sont recensés comme marchands de mercerie (avec un rayon coutellerie).

En 1962, le fils, Roger Manoury et sa femme Solange Manoury-Brière, ont repris le commerce.

A l’emplacement de ce magasin se situe actuellement la « Maison du bocage ».

Boutons et mercerie du XIXème siècle

Demain à l’hôtel Drouot

Demain, le commissaire priseur Thierry de Maigret organise une grande vente sur le thème « Textiles, Costumes & Dentelles de collection » à l’hôtel Drouot à Paris.

Dans ce genre de vente thématiques très sélectives, qui attire musées et collectionneurs du monde entier, on ne peut même pas rêver à un hypothétique achat du plus ridicule des mouchoirs en dentelles qui seront mis en vente. Le commun des mortels, surtout s’il gagne honnêtement sa vie à la sueur de son front ne peut rivaliser avec des spéculateurs ou des personnes qui trouvent là une occasion parmi d’autres de blanchir des fonds de provenance plus ou moins douteuse.

Ces ventes, et l’exposition qui les précèdent, sont donc, pour nous amateurs de tenues historiques, une occasion de rêver, mais également de nous documenter et de trouver l’inspiration.

La vente commence donc par des pièces proposées à des prix raisonnables, entre 100 et 500 €uros, comme des lots de mouchoirs en dentelles, tels ce mouchoir à encadrement, aiguille et fuseaux, Bruxelles, vers 1880. Linon fil de main bordé d’une large dentelle de style Régence au Point-de-Rose aux pétales détachés (est. 200 à 300 €uros).

Mouchoir à encadrement.

Ou ce lot de beau volant en Alençon ombré, aiguille, milieu du XIXe siècle. Courant de tulipes ou muguet sur fond mouché, bordure de pivoines et roues, 7 x 280 cm. Auquel on a joint deux autres modèles au décor léger d’époque Empire (crin de cheval en bordure, bel état) estimé à 300 – 400 euros.

Volants époque empire

Avec les lots de tissus rares, les choses sérieuses commencent !

Un superbe métrage de brocart cramoisi et or tissé à bras, Lyon, début du XXe siècle est estimé entre 1.800 et 2.200 €uros. Lampas liseré fond satin rouge vermillon broché de filé or au dessin à deux chemins suivis, fleurs de chardon ou grenade et rinceaux ferronnerie de style Renaissance. Environ 21 m en petite largeur (état neuf). Provenance: fond de la maison d’antiquités et décoration Keppy, active rue de la Bourdonnais de 1920 à 1956. Peut être une production de la maison Truchot à Lyon, spécialisée dans les étoffes d’ornements liturgiques.

metrage

Mais ce sont les vêtements qui nous font le plus rêver. de vrais vêtement qui ont été porté et qui ont une histoire et dont les prix, hélas, s’envolent à chaque fois vers des cieux auxquels nous n’avons plus accès.

Les premiers lots de vêtements portent les numéros 233 et plus, ce qui signifie que leur mise à prix intervient quelques heures après le début de la vente.

Le premier lot est cet ensemble casaquin et jupon assorti en soie piquée, France, vers 1670 (2 000 – 4 000 €). Fin taffetas de soie bleu dit «Flo­rence» teint à l’indigo, piqué main en pointe de diamant et matelassé. Caraco à compères fermées par des agrafes en métal, manches en sabot ornées du même ruché plissé qui orne compères et ourlet. Jupon à nouer avec fentes latérales pour atteindre les poches, piqué de motifs flo­raux inscrits dans de grands losanges. Un large volant orne le bas. Doublure lin et bourre de coton. Hauteur du jupon: 84 cm – Caraco: 45 cm (ensemble insolé de façon non homogène). les deux paires de mules sont des lots séparés.

Ensemble casaquin et jupon assorti en soie piquée, France, vers 1670

Bel Habit brodé à la française complet de son gilet et de sa culotte, vers 1770-1780 (2 000 – 3 000 €). Soie, taffetas changeant vert et parme, rebrodé sur toutes les tailles de frises de petites fleurs en soie polychrome au point lancé et passé. Boutons brodés en pareil. Gilet sans col doublé de soie, poches à rabat en forme, dos en lin à deux liens d’aisance, H: 61 cm. Veste d’habit à petit col entièrement doublée de satin crème avec deux curieuses amples poches intérieures. Culotte à Pont boutonnée sur le devant, six petits boutons et pattes de jarretière à boucle (un bouton manquant sur la veste, engageantes en dentelle Valenciennes rajoutées postérieurement – état superbe, soie ayant conservé tout son lustre).

Bel Habit brodé à la française

Élégant casaquin en toile des Indes, Provence (?) vers 1785 (2 000 – 2 500 €). Fin calicot de coton blanc, peint à la main de délicats ramages fleuris aux formes inspirées des recueils de chinoiseries de Pillement. Profond décolleté carré, compères à rabats à agrafer sur le devant, dos non balei­né mais souligné de fines coutures en rayons avec petit Pet-en-l’air plissé en éventail. Doublure lin. Hauteur dos: 52 cm (traces d’humidité sur le col et la doublure, modification de la taille des manches coudées, apprêt glacé conservé, probablement jamais lavé).

Elégant casaquin en toile des Indes

Très rare visite ou enveloppe courte en Indiennes composites, Provence, 2e moitié du XVIIIe siècle (2 000 – 3 000 €). Extérieur en toile imprimée à la planche de rayures or­nées et courants de fleurettes à l’imitation des pékins pour robe en vogue vers 1770. Capuchon froncé doublé de satin jaune d’or et bordé d’une dentelle Valenciennes aux fuseaux. Doublure composée de deux toiles de coton imprimées aux mordants à la planche de bois picotée. Beaux motif de fleurs exotiques sur branche ou tertre inspirés des premières indiennes d’importation. Hau­teur hors capuchon: 78 cm (taches sur le volant d’agré­ment, usure des teintures foncées). Provenance et attribution: Sur l’une des indiennes de dou­blure, on distingue à la lisière de la couture avec la capuche une marque au tampon fragmentaire dit «chef de pièce» inscrit dans un cartouche oblong: «Manufacture de toiles de I. et Compagnie à ORA….». Ce tampon nous renseigne ainsi sur le type de production de l’une des plus anciennes manufactures de toiles peintes installées en France: celle de J.H Wetter qui démarra son activité à Orange en 1756, soit trois ans avant la fin de la prohibition des toiles imprimées en France

Très rare visite ou enveloppe courte en Indiennes

Somptueuse basquine ou mantelet de crinoline, vers 1855-1860 (300 – 400 €). Velours de soie noir orné de noeuds de taffetas sur les côtés et en bas des manches pagodes, fer­meture devant par trois grands brandebourgs en taffetas appliqué découpé en forme de feuille (état superbe).

Somptueuse basquine

Somptueuse robe en soie façonnée, vers 1860 (1 000 – 1 200 €). Lampas damassé bleu pétrole orné de fleurs épanouies de ton vieil-or et frange de soie coordonnée. Corsage ba­leiné en pointe devant et derrière, col rond et manches pagodes soulignées de velours et frange de soie bicolore. Jupe sur crinoline à plis plats. (état superbe).

Somptueuse robe en soie façonnée

Robe de travestissement «Marquise de Pompadour»fin du XIXe siècle (150 – 200 €). Soie lyonnaise façon Pékin, bleu royal et rayures de fleurettes. Corsage à échelle de rubans façonné, «paniers» à découpe crantée sur les hanches, traine de dos «à la française» (état superbe).

Robe de travestissement «Marquise de Pompadour»

Robe de réception en soie, Charles Frederick WORTH, vers 1878 (3 000 – 4 000 €). Ensemble corsage et jupe sur tournure en soie façonnée de Lyon. Gros de Tours lise­ré moucheté et orné de roses échevelées en camaïeu de vieux rose et rose-thé. Garniture de dentelle aux fuseaux ornant les manches et le décolleté du corsage boutonné devant et baleiné. Jupe de dessus en tablier découvrant un ottoman damassé crème garni de franges de passe­menterie et breloques en soie sur l’ourlet. (trois boutons manquants sur le corsage, ailes formant pouf à l’arrière décousues, bas d’ourlet coupé, quelques manques). Griffée « Worth Paris » en façonné crème ton sur ton.

Robe de réception en soie

Mantelet d’Opéra, EMILE PINGAT, vers 1880 (400 – 600 €). Mantelet en pointe à longs pans sur le devant. Guipure de soie type broderie anglaise rebrodée de perles de jais, le pourtour galonné de velours comète souligné de pam­pilles et de jais facetté. Longue frange de soie chenille et jais mélangé (bel état). Griffé or sur fond noir «Emile Pingat – 30 rue Louis Le Grand/Paris».

Mantelet d'Opéra

Tea-gown à ligne Princesse vers 1900 (400 – 500 €). Robe d’une pièce en satin duchesse crème voilé de tulle brodé en relief de glycines et volutes blanches, pois et fleurettes en Cornely ton sur ton. Robe baleinée à traine et volant balayeuse (très bel état).

Tea-gown à ligne Princesse

Somptueuse robe en dentelle d’Irlande, vers 1905 (500 – 700 €). Fourreau de ligne Princesse en crochet d’Irlande en coton avec de beaux motifs tri-dimensionnels de fleurs et baies ou cerises en breloque (doublée de mousseline de soie crème, bel état). Bibl: Modèle similaire au Kyoto Costume Institute- Inv.AC 5680 87-36-1 et Fashion Vol.II.

Somptueuse robe en dentelle d'Irlande

Ensemble de promenade en coton et dentelle, vers 1900 (150 – 180 €). Coton blanc rebrodé au point de chaînette et jours remplis de rosaces en dentelle au crochet. Jupe cloche en coton et incrustation de dentelle (bel état).

Ensemble de promenade en coton et dentelle

Robe du soir, anonyme, vers 1918 (200 – 300 €). Soie crème voi­lée de tulle noir rassemblé en quilles sur les hanches et brodé sur le plastron et l’ourlet de gerbes fleuries roses, bleu et vieil or. Ceinture à rosette et échelle de rubans en velours de soie bleu Nattier sur les épaules. Griffe sur le cordon de taille: «Robes et Manteaux, Madame Dubois- Angers».

Robe du soir

Robe de mariée entravée, vers 1910 (200 – 300 €). Satin de soie crème recouvert de tulle brodé vermiculé et plumetis, taille Empire croisée, mancherons droits soulignés d’un boudin de satin champagne, ceinture en satin plissée avec rosette, pendeloque en satin de soie rembourré imi­tant un brandebourg de passementerie au dos, doublure satin, (très bel état).

Robe de mariée entravée

Robe du soir, anonyme, vers 1914 (200 – 300 €). Satin ivoire et noir voilé de tulle brodé de fleurs en soie en relief et de breloques de jais sur le corsage. Mancherons frangés de petites perles de jais (très bel état).

Robe du soir 1914

Robe d’après midi à Longchamps, dans le goût de POIRET, vers 1912 (200 – 400 €). Corsage long à basques, dentelle mécanique ivoire et tulle noir dépassant des manches. Ceinture drapée en coton imprimé Art-Déco du style des productions de l’Atelier Martine créées par Paul Poiret. Jupe étroite en satin de soie noir et boutonnage factice.

Robe d'après midi à Longchamps

Robe du soir perlée, brodée par Lesage vers 1925 (500 – 600 €). Robe entièrement couverte de paillettes en gélatine et sequins en métal formant des motifs géométriques. Effet d’écharpe drapée sur un côté, fleurs en tissu roses sur la hanche d’où partent de longues franges de perles de verre irisées (bel état, fond de robe en soie fragile). Bibl: A rapprocher d’une robe attribuée à Jerôme. GAL 1968-40-67A&B.

Robe du soir perlée

Robe du soir Charleston, anonyme, vers 1925 (300 – 500 €). Crêpe vieux-rose brodée sur le plastron, la ceinture basse et les quilles de motifs floraux en perles dorées et paillettes de gélatine rose et mauve irisées. Ourlet à découpe en pétales (état superbe).

Robe du soir Charleston

Robe «Charleston» perlée, vers 1925 (400 – 600 €). Mousseline rose entièrement recouverte de festons de strass et ri­vières de franges perlées accompagnant les mouvements (sans griffe, état superbe).

Robe «Charleston» perlée

 

La collection de tissus de Mariano Fortuny

Le bureau de Mariano Fortuny

Dans le palais devenu musée de Mariano Fortuny, les scénographe du parcours de découverte muséographique laissent entrevoir une pièce supposée être le bureau de travail de Mariano.

Une porte vitrée, fermée à clef, laisse entrevoir une pièce encombrée de statues, échantillons de tissus, catalogues et autres, et lors des visites, on vous raconte que c’est là que Mariano Fortuny et sa mère conservaient leur précieuse collection de tissus du monde entier.

Heureusement pour la conservation de ce fabuleux trésor, il y a bien longtemps qu’il a quitté le palazzo … pour être protégé dans un lieu adapté, spécialement conçu pour la conservation de ces pièces uniques.

stola.lampasso.Francia.inizi XVIIIsec

« Voici les pesants velours de Venise, de Gênes ou de l’Orient, somptueux et délicats, éclatants ou graves, à amples ramages, à figures ou feuillages, des velours qui ont peut-être vêtu des Doges et des Khalifes. Voici les brocarts aux tons puissants, les soies aux nuances subtiles, voici des ornements d’église et des parures de cour. Voici les charmants taffetas et les luisants satins, semés de fleurettes et de bouquets dont le XVe siècle faisait les robes de ses femmes et les habits de ses hommes. Voici des étoffes de toutes les teintes et de tous les tissus, les uns évoquant la forme des corps qu’elles ont vêtus, les autres en longues pièces et en lés, certaines en lambeaux, en minces fragments. Et tout cela avec des froissements d’ailes invisibles s’entassant, s’amoncelant dans la vaste salle peu à peu assombrie par l’heure, tandis que, penchée sur le profond coffre inépuisable, madame Fortuny semble diriger de son geste magicien l’étonnant concert d’étoffes qui, au fond de ce vieux palais, se joue mystérieusement dans le silence du crépuscule vénitien.« 

Henri de Regnier, L’altane ou la vie vénitienne.

Si vous aussi, vous souhaitez voir ces précieux tissus, ce n’est ni à la fabrique de la Giudecca qu’il faudra vous rendre, ni au palazzo-Musée Fortuny, mais c’est au palazzo Mocenigo, musée de la mode, que vous pourrez les découvrir, lors de visites guidées qui sont organisées sur ce thème.

telo. damasco classico broccato. Italia o Inghilterra. 1715 ca.1

damasco broccato.Francia.1715ca.

telo.damasco broccato.Venezia.1715 ca.

Velluto alto basso a un corpo, broccato e allucciolato

Costumes pour le cinéma dans les archives du BFI

Le BFI (British Film Institute) est une institution qui a pour vocation de préserver les films britanniques, et tout ce qui a trait à leur histoire, pour les générations futures.

Pour les 80 ans nous avons eu accès à leurs archives. Les illustrations de ces créateurs de costumes de films britanniques font partie de cette collection.

La conception de la costumière Julie Harris pour le personnage de Julie Christie, joué par Diana Scott dans le film Darling, de 1965.

Darling

La conception de Cecil Beaton pour Anna Karenina (joué par Vivien Leigh) dans le film britannique de 1948 Anna Karenina.

Anna-Karenina

Proposé par Ivor Beddoes, un dessin exquis pour la séquence de ballet Heart of Fire, dans le film de 1948, The Red Shoes.

Red-Shoes

Le croquis de Cecil Beaton pour la fille fleur dans My Fair Lady (1964) avec Audrey Hepburn dans le rôle d’Eliza Doolittle.

My Fair Lady

Une conception de Motely pour la gouvernante de Deborah Kerr dans le film gothique d’horreur de 1961, The Innocents. Le film était basé sur le roman de Henry James, The Turn of the Screw.

The Innocents

Le costume de Glenda Jackson, imaginé par Shirley Russell, pour le film de 1969 Women in Love.

Women in Love

La conception de Christopher Hobb pour le film de 1978, Jubilé, un cultissime British, réalisé par Derek Jarman. Le film a été fortement influencé par le mouvement punk.

Jubilee

La conception d’un costumes par Anthony Mendleson pour la comédie dramatique, Kind Hearts and Coronets (1949). Le film est réputé pour la représentation de huit membres de la famille D’Ascoyne par l’acteur Alec Guinness.

Kind Hearts and Coronets

Le costume de Miss LaCreevy, par Victor Beaumont, en 1947 pour le film Nicholas Nickleby.

Nicholas Nickleby

Un croquis pour The Devils (1971) par Shirley Russell.

The Devils

Les perles à la Renaissance

Pour les historiens, la Renaissance est appelée « l’âge d’or de la perle » parce que ces trésors arrivaient par bateaux entiers, notamment grâce aux conquistadors, sur les marchés d’Europe pour servir d’atours aux monarques et aux nobles.

Toute cérémonie laïque se retrouve transformée en un défilé de bijoux de perles. Les colliers de perles sont présents dans le portrait de presque toutes les femmes de l’époque.

Bronzino : Eléonore de Tolède avec son fils Jean de Médicis.

Jusque-là rare, une perle devient plus abordable. Dès le XVème siècle conquistadors ont conquis les Aztèques, pillé les temples les plus riches, et ramené en Europe environ deux mille kilos de perles. Le marché se développe à une vitesse extraordinaire. Les perles sont devenues disponibles non seulement àpour la haute noblesse, mais aussi pour les couches sociales aisées de manière plus larges.

Nul portrait de cette époque n’est sans bijoux de luxe de perles rares du Nouveau Monde, mais, également, des populaires perles d’eau douce.

À la Renaissance, Catherine de Médicis (1519-1589), Marie de Médicis (1573-1642) et Elisabeth Ière d’Angleterre (1533-1603) furent les plus grands amateurs de leur temps.
Catherine de Médicis tenait de sa famille un goût sans défaillance pour les objets d’art, les pierreries… Une partie de sa dot fut constituée de bijoux et de perles. Son tuteur le pape Clément VII lui offrit en cadeau de mariage 6 somptueux sautoirs et 25 perles poires. Catherine les adorait et les portait constamment.

Marie de Médicis lors de la fête du baptême de son fils Louis XIII portait une robe, ornée de trente mille perles. Elle était experte en gemmes et bijoux et animée d’une quête perpétuelle. Sa cassette personnelle n’avait rien à envier aux bijoux de la couronne. En 1610, un rapport cite 5870 perles ! Les bijoux de Marie de Médicis comptaient parmi les plus beaux d’Europe.

Cependant, la plus forte passion pour les perles, fut celle, célèbre de la reine Elizabeth Ière, certains historiens qualifièrent sa passion pour les perles d’hystérique. Elle les accumule par dizaines de milliers – dont les perles de Catherine de Médicis qu’elle avait rachetées après la mort de Marie Stuart -. De plus sa garde robe comportait 3000 robes brodées de perles dont l’entretien nécessitait quinze personnes. Des portraits la montrent complètement statique sous le poids de robes qui devaient être très lourdes sans compter les accessoires et bijoux en perles. Une telle accumulation serait une offense au bon goût de nos jours.

Ce qui est frappant, dans les portraits de l’époque, ce sont ces robes littéralement jonchées de perles, les longs colliers, de grosses perles, en plusieurs rangées, qui ornent leur cou.

A la Renaissance, ce sont des kilos de perles qui ornent une robe !

Les hommes portaient également des perles. François Ier, Henri III, et même Henri IV, rois de France, Jacques et Charles Ier d’Angleterre en étaient couverts de la tête au pied !

Elisabeth I

Marguerite de France reine de Navarre

Élisabeth d’Autriche, épouse de Charles IX et reine de France

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