Exposition Universelle de 1900 à Paris – dans le pavillon de la Russie

Le 14 avril 1900, le président Émile Loubet inaugurait l’Exposition Universelle. Le lendemain, les 216 hectares répartis sur deux sites ouvraient au grand public.

Plan commode de l'exposition universelle de 1900

Les français pouvaient alors découvrir, juste à côté du Trocadéro le pavillon de la Russie enfin digne du grande Empire. En effet, lors de l’Exposition précédente, en 1887 la situation politique entre la France et la Russie était complexe. Elle n’avait pas permis de présenter un Pavillon russe à la mesure de cette grande nation.

Le pavillon de 1900 fait 24 000 m² et a coûté au pays 5 226 895 roubles dont 2 226 895 roubles ont été accordé par le Gouvernement russe et 3 000 000 roubles par les exposants. 1 rouble sous Nicolas II correspond à 237 roubles d’aujourd’hui. Après calculs cela représente 31 368 952 d’Euros !

Le pavillon russe de l'Exposition de 1900

Les Palais Russes ont été construits d’après un projet dessiné par Robert Melzer (l’architecte de la Cour Impériale) dont l’idée était de présenter une ville russe traditionnelle le long du mur du Trocadéro.

Le pavillon s’inspirait d’un mariage architectural entre les Kremlins de Moscou et de Kazan dont les cloches d’une des tours sonnaient réellement.

Le prince Tenichev fut nommé Commissaire Général de la Section Russe par Nicolas II, Konstantin Korovin, un des premiers impressionnistes russes fut chargé de la décoration du pavillon des périphériques russe et du pavillon dédié à l’artisanat russe, Ilia Bondarenko, architecte, a été nommé responsable de la construction du village russe et du pavillon d’artisanat russe. Dmitriy Mendeleev, grand chimiste russe, était vice-président du jury international.

Affiche de l'exposition de la Russie en 1900

Le pavillon d’artisanat russe a été construit en Russie, puis démonté, envoyé à Saint-Petersbourg pour être chargé sur un bateau et envoyé à Paris par la mer.

Le but était de représenter les artisanats de tout l’Empire Russe y compris les régions éloignées du centre. Une commission spéciale fut donc chargée du choix des objets parmi la collection du musée d’artisanat de Saint-Petersbourg pour les exposer en France. 2000 objets ont été choisis dans les musées et 4000 ont été fournis directement par des maîtres- artisans.

L'interieur du pavillon de l'artisanat

Le  pavillon d’artisanat était divisé en plusieurs sections selon le matériaux utilisés ou par thèmes. Il y avait par exemple une section à thème religieux et une historique.

Cette section historique abritait une partie de la fameuse collection de costumes russes de Natalia Chabelskaya.

Une pièce de la collection de costumes russes de Natalia Chabelskaya

Une collections accumulée par une femme étonnante dont nous allons vous parler, au fil des prochains mois, et dont les œuvres, qu’elle avait su accumuler tout au long de sa vie vous offrirons, nous n’en doutons pas, des idée pour réaliser des costumes de grande qualité, inspirés par l’ancienne Russie pour le prochain Carnaval de Venise.

Plan Pratique de l'exposition Universelle de Paris - 1900

La "Chanel chinoise".

Guo Pei

A l’heure où beaucoup de nos lectrices pensent à la création de leur costume pour le Carnaval de Venise 2014, nous vous présentons avec un immense plaisir une créatrice de mode exceptionnelle.

Guo Pei

Surnommée en Chine, la "Chanel chinoise", elle a su créer, pour ses défilés de mode, un monde irréel sorti tout droit des comtes de fées et de l’imaginaire chinois.

Guo Pei, l'un des créateurs de la Chine

Guo Pei est une styliste chinoise de 45 ans qui voit la haute couture comme une œuvre d’art. A côté de ces créations de haute couture, elle crée également des vêtements pour l’élite chinoise et est applaudie dans le monde entier par des stars telles que Lady Gaga.

Guo Pei, The Queen of China”s Haute couture

C’est elle qui s’est vu confier la création de costumes portés lors de la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques …

Guo Pei, The Queen of China”s Haute couture

On se souvient entre autres de la robe de Song Zuying, quand elle a chanté, avec Placido Domingo "The Flame of Love" … une robe longue, rose, sertie de diamants (200.000 cristaux Swarovski fixés à la robe manuellement).

Guo Pei, The Queen of China”s Haute couture

Elle est présidente et chef designer de Rose Studio qu’elle a fondé en 1997.

Blessed Easter fom Guo Pei

Elle représente le plus haut niveau de la haute couture chinoise. Héritière d’un patrimoine ancestral, sa mode revisite les classiques chinois, à grands renforts de broderies, soieries et autres détails précieux, cousus de main de maître.

Guo Pei, l'un des créateurs de la Chine

Tout un savoir-faire artisanal, mis en scène lors de shows extravagants. Le dernier en date, "The Legend of Dragon", auquel il fallu trois ans de préparation, était un modèle, ancré dans la tradition.

Guo Pei

Sa vision de la mode :

"J’aime la haute couture, parce qu’elle est intemporelle. Elle est à l’opposé du prêt-à-porter, qui peut monter très rapidement, mais peut également être oublié rapidement. Mon espoir est que mon travail soit considéré ; comme un travail dans un musée l’art, précieusement, comme un bijou royal, un chef-d’œuvre qui sera transmis d’âge en âge. La haute couture est réellement éternelle, et, qui fournira des années plus tard, une sorte de clin d’œil à travers le temps. Une représentation de gloires perdues et splendeurs résiduelles, elle restera comme une interprétation de la joie que j’ai eu dans la création." .

Guo Pei, l'un des créateurs de la Chine

Guo Pei, l'un des créateurs de la Chine

Guo Pei, l'un des créateurs de la Chine

Quelques uns de ses défilées en vidéos :

Guo Pei Fashion Show Haute Couture – Legend Of The Dragon

Guo Pei Ci – Haute Couture 2013 – Fashion Show – Singapour 2012

Voir également sa page Facebook (en anglais) : Guo Pei

Guo Pei, l'un des créateurs de la Chine

Les vénitiens fêtent le début de la saison des croisières

C’est la Divina, le navire de la compagnie MSC qui a ouvert le bal des monstres.

Pour mémoire, rappelons que la commune de Venise est fermement opposée au passage das bateaux dans la lagune en raison des dégâts qu’ils provoquent, mais le port de Venise, et les eaux du canal de la Giudecca ainsi que le bassin de San Marco sont du ressort de l’État italien qui, en ces temps difficile, ne souhaite pas renoncer à la manne financière que représentent les taxes portuaires perçues… et probablement d’autre raisons mystérieuses … et en attendant, ce sont les vénitiens qui, en plus, payent.

6 M pour les vénitiens

Le 23 mars, donc, toutes celles et ceux qui se sentaient concernés par ce dramatique problème (la disparition pure et simple de Venise est le risque à moyen terme qu’engendre le passage de ces navires), étaient invités à se retrouver à la Sacca Fisola (l’île tout au nord de la Giudecca – dernier arrêt de vaporetto) a partir de 16:00 heures.

Nous avions relayé cet appel dans notre article : Faisons la fête à la Divina !

Tout a commencé donc, par un bon repas, suivi d’un débat :

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Puis, avant le départ du monstrueux navire, les manifestants se sont regroupé à la pointe de l’île, juste en face du port.

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La bête a commencé à bouger. Crachant un épais nuage de fumée noire malodorante, le navire a commencé sa manœuvre de recul pour s’éloigner du quai, puis s’est engagé vers le canal de la Giudecca.

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Et il a été vigoureusement et bruyamment salué par les vénitiens à son passage devant la pointe de la Sacca Fisola.

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Nos lectrices et lecteurs seront probablement de lire l’article de notre ami Claudio qui a vécu la manifestation en direct live pour vous : NO GRANDI NAVI, PREMIERE MANIFESTATION DE LA SAISON

Vous pouvez également retrouver de nombreux articles dans la presse :

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Et pendant ce temps…

Les quais du canal de la Guidecca, qui avaient été récemment restaurés tombent en ruine dans l’eau. Toute la partie qui relie la Punta della Dogana, aux Incurabili et à San Basilio n’est plus que trous, pierre d’Istrie disparues et dévastations. L’eau s’infiltre partout, des fissures grosses comme le doigt sont apparues. Pourtant, les travaux de restauration avaient largement fait appel à du béton pour lutter contre le pression provoquée par les gros navires qui empruntent le canal, mais de vastes grottes souterraines se sont désormais formées qui sapent les fondations de tout ce secteur de Venise.

La désolation sur les quais

Massimo Bertoldero, le directeur régional pour le compagnie MSC a rappelé qu’il respectera toute décision qui lui sera imposée (peut-être parce qu’il sait que jamais rien ne lui sera imposé ?). Pour la compagnie, basée fiscalement en Suisse, Venise est trop important, comme le tourisme maritime est trop important pour Venise (Stiamo facendo tutto quello che ci chiedono e rispetteremo ogni decisione perché Venezia è per noi troppo importante, come il settore crocieristico è troppo importante per Venezia). Si c’est lui qui le dit…

D’autres part, nous avons appris que le ville de Venise a conclu le 22 Mars 2013 un accord présenté comme un immense progrès écologique. Cet accord volontaire entre les institutions locales et les sociétés de navires de croisière représentée par l’Association internationale CLIA, porte sur l’utilisation de combustibles moins polluants de l’entrée de la bouche du port et dans la lagune de Venise.

L’accord, appelé Venice Blue Flag II (Venise Pavillon Bleu II), engage les compagnies de navigation pour faire fonctionner les machines principales et des navires auxiliaires de combustibles marins dont la teneur en soufre ne dépasse pas 0,1%. Soit 100 fois supérieur à la norme fixée par l’Europe pour les véhicules à moteur diesel, c’est-à dire : 0,001 pour cent de soufre !

C’est ce que les politiques appellent un grand pas en avant.

Fuori le maxinavi dal bacino di San Marco

Le Comitato No Grandi Navi envisage de mener un certain nombre d’actions au niveau intenational :

- Avant les 8 et 9 juin 2013 des réunions publiques et des séminaires suivis d’une journée nationale de lutte contre les grands travaux.

- En Septembre / Octobre 2013 organiser à Venise une conférence internationale sur les problèmes liés à la circulation maritime et le commerce des croisières.

Enfin, la cerise sur le gâteau en ce printemps des croisiéristes, le plus gros monstre jamais construit, la MSC Fantasia est arrivé le 6 avril à Venise… comme pour contredire les propos de Massimo Bertoldero, et prouver au monde entier que rien ni personne n’entravera les activités de ce croisiériste dans la lagune.

La MSC Fantasia à Venise

La MSC Fantasia à Venise

La MSC Fantasia à Venise

La MSC Fantasia à Venise

La MSC Fantasia à Venise

La MSC Fantasia à Venise

Les groupes (comités, associations, mouvements) que cette problématique interpelle peuvent les contacter de notre part.

Pour suivre l’actualité de la lutte des vénitiens contre ce fléau, voir le site du Comitato No Grandi Navi.

Fuori le maxinavi dal bacino di San Marco

Les dessous de l’Isère

Les dessous de l’Isère

Jusqu’à la fin du XIXe siècle, chaque jeune fille confectionnait la lingerie de son trousseau qui, après son mariage, l’accompagnait sa vie durant. Ces « linges de corps » intimes répondaient aux besoins d’hygiène et de confort et excluaient toute fonction érotique. La tradition du trousseau dura jusqu’au milieu du XXe siècle mais ne résista pas à l’émancipation des femmes et à la consommation de masse.

Trois générations de femmes tirent l’aiguille, Faverges-de-la-Tour - Vers 1900 - Coll. Musée dauphinois

Fleuron de l’industrie iséroise au XXe siècle, la fabrication des sous-vêtements féminins a laissé dans nos mémoires des marques aux noms évocateurs : Lora, Lou, Valisère ou encore Playtex. Mais le savoir coudre alpin s’est exporté et nos usines textiles ont quitté l’Isère. Certaines d’entre elles portent encore, loin de leur lieu d’origine, la renommée d’un « savoir‐coudre » et de matériaux innovants nés en Isère.

Ouvrières de l’atelier de façonnage. Usine Alto de Bourgoin-Jallieu, 1965 - Coll. Archives communales de Bourgoin-Jallieu - © L. Villon

L’exposition proposée par le Musée dauphinois retrouve la mémoire de cette industrie disparue et par ces petits morceaux d’étoffe, elle retrace un siècle d’évolution des mœurs et de notre rapport au corps et à l’intime.

Au‐delà, l’exposition retrace un siècle d’évolution des mœurs et de notre rapport au corps et à l’intime.

Corset de femme - Sergé de coton écru, appelé coutil. Décor en fine toile de lin ajourée et brodée. Baleines en fanons de baleine - Vers 1860 - Coll. Musée dauphinois

On sait encore peu de choses sur la lingerie avant la généralisation du prêt-à‐porter. Conservateurs et historiens, masculins en grande majorité, préférèrent étudier les coiffes, les parures et les tabliers. Loin des fonctions de séduction, les sous‐vêtements répondaient à un besoin d’hygiène et de confort. Les femmes portaient des chemises à même la peau, un corselet ou un gilet matelassé tenait lieu de soutien‐gorge. Les habits cachaient des jupons de différentes étoffes. Au champ ou à la veillée, les jeunes filles tricotaient leurs bas de laine ou de coton maintenus par un ruban en haut de la jambe.

Les dessous de l’Isère

Longtemps absente de la garde‐robe, la culotte apparait à l’orée du XXème siècle ! Elle pouvait descendre jusqu’aux mollets et était souvent largement fendue, d’où le nom de « pisse‐droit » rencontré en plusieurs lieux.

LES DESSOUS DE L’ISÈRE
Une histoire de la lingerie féminine
Exposition présentée au Musée dauphinois
du 22 mars 3013 au 30 juin 2014

Le musée est ouvert tous les jours
sauf le mardi, les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre
de 10 h à 18 h du 1er septembre au 31 mai et de 10 h à 19 h du 1er juin au 31 août

Musée dauphinois
30 rue Maurice Gignoux
38031 Grenoble

Dessous-Affiche

 

Poupées japonaises

Après les "poupées russes" (matriochki)…

Nous avons développé quelques idées de costumes pour les prochains carnavals… nous avons commencé à travailler sur les costumes pour le Carnaval de Venise 2015, mais chut, c’est un secret !

Nous vous laissons deviner le thème que nous avons abordé, cette année, pour les créations 2013.

L’inspiration nous est venue en découvrant les œuvres de deux jeunes artistes russes de Perm, les deux sœurs Katya et Lena Popova (лена и катя поповы – Popovy Sisters) qui imaginent de fabuleuses poupées.

Popovy sisters

Nous avons vraiment craqué pour leurs poupées geisha qui nous ont donné l’envie de réaliser des costumes vénitiens qui réinventent le costumes traditionnel en lui apportant notre "touche personnelle." Il ne s’agissait pas pour nous de copier simplement un ou plusieurs de leurs modèles, aussi, après avoir imprégné nos esprits des images de leurs créations, nous avons imaginé , avec notre vécu, nos savoir-faire, et nos envies des modèles originaux qui ont commencé à se dessiner sous le crayon de Klod, petit à petit.

Si pour Klod, les dessins permettaient toutes les fantaisies possibles et imaginables, pour Olga, les contraintes techniques se sont accumulée au fur et à mesure que nos projets évoluaient.

Le résultat, comme toujours, n’a plus grand chose à voir avec les premiers croquis. A force d’améliorer et de rajouter des détails inédits, nous avons achevé des costumes qui fourmillent de nouvelles idées, d’innovations auxquelles nous n’avions même pas pensé il y a deux ans quand nous avons commencé ce projet.

Pour fabriquer nos masques, Klod a choisi de réaliser le même modèle de base, en trois exemplaires (dont un exemplaire de sécurité en cas de casse). Dans le détail de la décoration, chacun est différent, mais tous s’inspirent du maquillage des geisha :

Geisha

Nous avons, ensuite visionné des heures et des heures de vidéos sur les geisha, pour tout apprendre de leur mode de vie, et surtout de leurs danses, afin de nous en inspirer pour nos propres mouvements devant les photographes.

Restait à Klod de réussir son régime (laitue, mâche et poisson maigre :-( :-( :-( ) d’ici là…

… s’il voulait rentrer dans le moule de la geisha qu’il avait dessiné !

Après une année de réflexion sur la transformation de ces merveilleuses poupées  imaginées par ces deux charmantes artistes, en costumes réalisés pour le carnaval…

Après une année de création, où nous avons dû résoudre de nombreux problèmes techniques liés au transport des costumes et aux impératifs du costume allégorique…

Désormais, nous attendons les milliers de photos que vous avez prises de nous deux !

Photo Evelyne Scherer

Photo Kalle Immonen

Photo Kalle Immonen

Nous avons pu profiter, pendant dix jours, des aventures de deux geisha pendant le Carnaval de Venise.

Le Monde de la Mode : hiver 1838

Nous allons vous décrire aujourd’hui des manteaux, des tenues chaudes, confortables  et élégantes de l’année 1838. 

En France, Joseph Arthur de Gobineau, dit le comte de Gobineau, est en pourparlers avec la Gazette de France pour deux articles par mois et vient d’écrire un article pour Antoine Eugène Genoud, rénovateur de la Gazette. Il lit George Sand "Au milieu des écrivassiers sans âme et sans conscience comme de Lamartine, les écarts de cette femme sublime sont encore respectables même par leur bonne foi."

Entre deux tentatives manquées de coup d’État, Louis-Napoléon Bonaparte s’enfuit de Suisse, dont il est citoyen, pour les États-Unis.

Robe de promenade en Poult de Soie* lavande foncé, portée avec un mantelet de velours rayé bleu. Le bas de la robe est garnie d’un large volant ourlé gaufré.
Le mantelet est bordé d’un rouleau de fourrure. Manchon en fourrure. Chapeau de satin couleur citron, au bord ovale dont le haut forme une draperie décoré de  plumes d’autruche et de rubans. A l"intérieur, le bord des cheveux est garni de fleurs blanches et d’un bandeau de rubans.

Robe de soirée en satin gris lilas, dont le bas est bordé d’un double volant de dentelle de Malines. Corsage bas, orné d’un pan pèlerine, et abondamment décoré, comme le sont aussi les manches, avec de la dentelle de Malines.
La coiffure, une toque allemande, est en velours vert et dentelle d’or, et garnie d’une seule longue plume d’autruche blanche.

Robe de voyage en  gros de Naples de couleur maïs. Manteau polonais, bordé avec un rouleau de fourrure. Le châle pèlerine et les manches vénitiennes, donnent à ce manteau l’aspect d’une pelisse.
Chapeau de velours vert au bord arrondi ; l’intérieur est garni d’un mélange de dentelle et de ruban, le haut est orné d’un oiseau de paradis, teint pour s’assortir au chapeau.

* Pout de soye : Étoffe de soie unie et sans lustre, dont le grain est gros comme celui du gros de Naples, et moins serré que celui du gros de Tours. Ce paraît être une altération de padouesoie, soie de Padoue ; du moins l’anglais nomme paduasoy, une soierie de Padoue. Au contraire, Trévoux dit que ce mot est corrompu de tout de soie. Quelques-uns écrivent pout-de-soie, poultde-soie, et, le plus couramment pou-de-soie.  Au pluriel : Des poux-de-soie, comme on écrivait au XVIIème siècle. (source : Dictionnaire de la Langue Française d’Émile Littré. 1872-1877.)

Robe de soirée en satin blanc royal, la jupe est orné d’un double volant, bordés de satin rose, entouré d’une rangée d’étoiles d’or, et au-dessus de volants souples bordés de satin rose. Un corsage bas, et, manches courtes, garnis de volants bordés de satin rose pour correspondre à la jupe.
Les cheveux sont disposés en tresses souples sur les côtés, ornés de ruban de velours cerise.

Cette robe pour l’opéra à été réalisé dans un nouveau matériau : la Semiramide, garnie de dentelle noire antique.
Le manteau est en velours noir, doublé de satin quadrillé couleur cerise, il est de la forme "à la vénitienne" que l’on nomme là-bas "Tabarro". Les manches et le devant sont bordés de duvet de cygne.
Les cheveux sont disposés en tresses souples sur les côtés, et un chignon à l’arrière de la tête est ornée d’épis d’argent, avec, comme décoration une longue plume d’autruche blanche ondulée.

Robe de soirée en mousseline des Indes blanche ; draperie partant sur l’arrière de la jupe, avec un double volant de dentelle. Mantelet de velours noir, garni de dentelle noire, attachée à la poitrine par un camée, et au niveau du poignet par un nœud de ruban bleu.
Coiffure à la Fontanges, ornée de broches dorées et de rubans bleus.

Un manteau de satin bleu à motifs fleuris est porté sur le robe de soie de couleur fauve. Le manteau est doublé et ourlé de peluche de couleur plus foncée. La doublure retournée sur les épaules comme un châle forme une pèlerine.
Les manches, pendantes, de grande taille, sont également doublée et ornées de peluche, et ornées, sur les épaules avec de la soie fantaisie.  Une superbe cordelière de soie bleu serre la taille. Le col de dentelle de Calais est fermé par un nœud de satin rose.
Le chapeau à large bords, de velours blanc, est orné d’un bouillon de tulle, de rubans de satin blanc et de trois longues plumes d’autruche de le même couleur.

Cette robe de bal de tulle blanc est ouverte sur ​​une jupe de satin blanc ;  celle-ci est garnie d’un large volant en dentelle froncée, qui est surmonté par une couronne de fleurs. La robe est harmonieusement relevée sur les côtés, et garnie d’une guirlande de fleurs qui remonte jusqu’à la taille. Un corsage bas, bordé de fine dentelle et des manches courtes, resserrées aux dessus des coudes, le tout décoré avec des fleurs.
Les cheveux disposés en boucles sur les côtés, sont décorés de fleurs et d’un nœud de satin sur l’arrière.

Un robe et un pantalon de mousseline indienne blanche pour cette tenue de petite fille, le corsage est garni d’une draperie en fichu, et les manches avec des noeuds de ruban rose pâle.
Ceinture est un ruban de satin rose pâle serré avec un gros nœud, les cheveux sont coiffés "en suite".

Robe du matin en Poult de Soie dont la couleur est entre le violet et le lilas, le corsage en drap blanc brodé, enveloppant, elle est demi-haut et drapé sur la poitrine ; manches serrées aux épaules, au coudes et sur les avants bras, et bouffantes près du coude. Le devant de la robe est brodé de mousseline pèlerine.
Bonnet en satin rose, au large bord rond de taille moyenne, orné à l’intérieur avec quelques fleurs. Un bouquet de fleurs identiques et des rubans de satin décorés, ornent le dessus.

Robe de promenade en Gros de Naples, couleur paille, à motifs noir. Manteau de velours noir, orné de riches larges franges noires.
Chapeau de peluche bleu ; l’intérieur du rebord est décoré, à la façon d’un bonnet, de tulle et de rubans, l’arrière est ornée de plumes d’autruche blanches.

Robe de soirée en velours rep vert, sur une sous-robe en satin blanc ; le devant es ornée dans le style roman avec un croisillon de ruban vert. Manches à la Pompadour.
Bonnet à la Babet de tulle, garni de fleurs et de rubans viseau.

Une robe pour l’opéra en satin lavande, bordée de dentelle noire.
Mantelet de velours noir et capuchon, doublé de satin cerise.

Une robe de soirée en pou-de-soie gris lilas, garni dans un style très novateur avec des fleurs. Corsage à la duchesse d’Orléans, nombreux volants dans le bas de la jupe.
La coiffe est un bonnet Napolitaire de tulle, garni de roses.

L’impressionnisme et la mode (Musée d’Orsay)

Soucieux de rendre compte de la vie contemporaine, l’impressionnisme a privilégié la représentation de la figure humaine dans son milieu quotidien et saisi l’homme "moderne" dans ses activités habituelles, à la ville comme à la campagne.

Les robes sur crinoline sont considérées comme l’expression parfaite de la mode sous le Second Empire. Le marché des jupons d’acier connaît alors un spectaculaire développement et suscite un nombre important de brevets. Le corsage et la jupe qui composent ces robes rondes sont la plupart du temps du temps taillés séparément. Les corsages de ville, portés sur un corset et boutonnés devant, sont au cours de la décennie 1850, à petites basques et à manches évasées en pagode.

Edouard Manet (1832-1883)La Parisienne1875Huile sur toileH. 192 ; L. 125 cmStockholm, Nationalmuseum© Nationalmuseum, Stockholm, Sweden / The Bridgeman Art Library

Bien qu’ils ne s’attachent pas à la représentation scrupuleuse de la physionomie, du costume et de l’habit, les impressionnistes n’en rendent pas moins compte des modes et des attitudes de leur temps. Ils y parviennent par leur volonté de considérer le portrait comme l’instantané d’un homme dans son cadre familier, par leur capacité à renouveler, du double point de vue de la typologie et de la topographie, la scène de genre et surtout par leur attention à "la métamorphose journalière des choses extérieures", pour reprendre l’expression de Baudelaire.
De leurs positions esthétiques, la réalité de l’homme des années 1860-1880 et de son habit subit une incontestable transfiguration. Robe à crinoline1860-1865Dentelle application, soie, taffetas, lin perle de jaisParis, les arts décoratifs, collections de l'union française des arts du costume, musée de la mode et du textile© Photo Les Arts Décoratifs, Paris / Jean Tholance

Une mode à la portée de toutes…

La bourgeoisie triomphe en cette seconde partie du XIXe siècle et va afficher sa réussite et imposer ses tenues vestimentaires. L’Opéra, les théâtres, les salles de concert, les cabarets, les cafés ne désemplissent pas. Dans la bonne société, les femmes élégantes se piquent d’avoir un salon et revêtent jusqu’à six toilettes différentes par jour, du déshabillé du matin jusqu’à la robe de gala, en passant par toute la gamme des robes d’intérieur et des robes de soirée. Mais à côté de la grande bourgeoisie traditionnelle, de nouvelles classes sociales apparaissent, moyenne et petite bourgeoisie qui cherchent à profiter des techniques modernes et des progrès de l’Industrialisation. Grâce à une presse de plus en plus abondante, des femmes de milieu modeste s’efforcent de copier à bas prix les modes de la haute société. Les nombreuses publications qui leur sont destinées contiennent tout ce qui peut les intéresser, chroniques de la vie mondaine qui fait rêver, conseils d’économie domestique, principes de savoir-vivre mais aussi des conseils ou des modèles de couture et parfois même quelques patrons à recopier ou à commander au journal.
Une nouvelle figure entre en scène. Représentée par les impressionnistes, sous l’appellation de “La Parisienne”, elle transcende les origines sociales. Grande bourgeoise ou simple vendeuse, cousette ou demi-mondaine, “La Parisienne” devient un sujet de prédilection pour les peintres, férus de modernité, et fait rêver le monde entier.

Albert Bartholomé (1848-1928)Dans la serreVers 1881Huile sur toileH. 233 ; L. 142 cmParis, musée d'OrsayDon de la société des amis du Musée d'Orsay, 1990© Musée d'Orsay, dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

25 septembre 2012 – 20 janvier 2013
Musée d’Orsay
Exposition temporaire

Accès avec le billet exposition. Nocturnes exceptionnelles pour L’impressionnisme et la mode les 28, 29 et 30 décembre jusqu’à 22h. Musée et expositions. Plein tarif 12€. Réduit 9,50€. Fermeture des caisses à 21h. Dernier accès à 21h15 (visiteurs avec billet ou carte, porte C). Début de l’évacuation à 21h45.

… pour découvrir plus : L’impressionnisme et la Mode, sur le site du Musée d’Orsay

Voir de nombreuses photos de l’exposition

La taille de guêpe

L’expression taille de guêpe fait référence à un type de silhouette féminine, généralement possible grâce au port d’un corset, à la mode au XIXème siècle et au XXème siècle.

Cette silhouette se caractérise par une différence de proportion marquée au niveau de la taille, entre une taille mince et des hanches larges. Cette expression tire son nom de la similitude entre cette silhouette et le corps segmenté de la guêpe.

Inès Gaches-Sarraute, née en 1853, est la célèbre corsetière à l’origine du corset "Belle Époque" ou "droit devant". Ce corset est appelé en Angleterre "edwardien" (du nom du roi Edward VII régnant à l’époque (1901-1910), comme il y avait eu le corset "victorie", nommé ainsi car porté sous le règne de la reine Victoria (1837-1901)). Il porte le nom de corset "straight front" dans les autres pays anglo-saxons. Mme Gaches-Sarraute nommait quant à elle son invention "corset abdominal".

Les Gibson Girls des années 1890 et 1900, telles que Evelyn Nesbit, ou plus encore Camille Clifford, étaient célèbres pour leur taille de guêpe (wasp waist).

Née Émilie Marie Bouchaud le 14 mai 1874 près d’Alger, Polaire (ou parfois Pauline Polaire au cinéma) fut une grande figure de la scène parisienne du début du siècle.

Elle arrive à Paris en 1891, pour y rejoindre son frère qui exerçait dans le music-hall sous le pseudonyme de Dufleuve.  Elle a alors 17 ans, et l’adolescente qui chantait dans les cafés d’Alger devient vite une vedette des music-halls parisiens. Ses atouts? Une taille de guêpe exceptionnelle (vraisemblablement 42 à 45cm) et de l’énergie à revendre sur scène. Surnommée “la gommeuse épileptique”, elle jette sa tête en arrière, passe d’un pied sur l’autre en serrant les poings lors de tours de chant aux paroles gouailleuses… Selon son propre aveu, “ses pieds dansent tout seul dans ses chaussures”!

Le Monde de la Mode : La Reine Vierge

Dans la gravure ci-dessous, est représentée la reine Élisabeth Ire d’Angleterre (7 septembre 1533 à Greenwich – 24 mars 1603 à Richmond) l’une des plus célèbres souveraines d’Angleterre. Également nommée "La reine vierge", "Gloriana" ou "Good Queen Bess" par ses partisans, Élisabeth Ire fut reine d’Angleterre, et d’Irlande du 17 novembre 1558 jusqu’à sa mort. Elle parlait l’anglais, le latin, le grec, le français et l’italien. L’une de ses devises était "video et taceo" (je vois et je ne dis rien). Fille du roi Henri VIII d’Angleterre et d’Anne Boleyn, Élisabeth fut la cinquième et dernière représentante de la dynastie des Tudors.

Dans ce costume vraiment majestueux, elle recevait ses invités étrangers de marque, et les ambassadeurs auprès des différentes cours.

Par dessus un jupon de satin blanc, richement paré, en falbalas, avec de la dentelle au point très fin, une robe de velours de pourpre, brodée d’or, et bordée d’hermine. Les manches de la robe sont drapées dans la même matière, un peu des draperies espagnoles. Elles ont été doublées de satin d’un jaune vif, et bordé d’hermine. Les manches sont "en gigot"

La robe de marche est une pelisse tunique en satin vert sauge, avec très large witzchoura à bordure d’hermine  (La witzchoura était  longue redingote fourrée, à large col étalé adoptée à l’époque de la campagne de Russie).

La pelisse découvre une toute petite partie de la jupe, dessous, découverte d’une petite partie, au dessus des chaussures. De chaque côté en face de la pelisse, qui est laissée légèrement ouverte, deux bandes d’hermine. Le corsage est clair, et caché par un fichu-pèlerine, de la même matière que la pelisse, bordée d’hermine. Les manches gigot sont très large, et se limitent au niveau du poignet par un large brassard d’hermine.

Pour la robe de mariée, sur un fond de satin blanc un tulle magnifiquement brodé, en colonnes, avec deux profonds volants de jupons, en motif correspondant aux bandes de la jupe. Le corsage est réalisé pour suivre la peau, de manière la plus "étanche" possible. Avec un col en paladin, entourant le buste, qui est très étroit, il retombe sur les épaules. Les manches sont courtes, et a terminé sur les bords avec fronces de broderie étroite. A partir des épaules pend deux glands de soie blanche, qui font d’élégants ornements sur les manches.

John White Alexander

Il commença sa carrière en 1875 comme illustrateur au Harper’s Weekly avant de partir pour l’Europe (1877), étudiant avec le maître à Munich et Polling puis en Italie, où il fut, à Venise,  l’un des "Duveneck boys" avec : Joseph DeCamp,  Twatchtman, Otto Bacher et Julius Rolshoven.

Il se lia avec Whistler, dont l’influence sur son style est manifeste. C’est alors en effet qu’Alexander évolue d’une matière épaisse, empâtée, vers une touche plus fine et une couleur plus étale. De retour aux États-Unis en 1881, il continua à travailler pour le Harper’s, et devint parallèlement un portraitiste renommé (série des contemporains célèbres pour le Century Magazine, 1886 ; Walt Whitman, 1886-1899, New York, Metropolitan Museum).

Il habita Paris de 1890 à 1901, fréquentant Rodin, H. James, O. Wilde ou Mirbeau, et y fut en contact avec le Symbolisme et l’Art nouveau (Isabelle et le pot de basilic, 1897, Boston, M. F. A.).

Alexander revint s’établir à New York en 1901, où il jouit d’une réputation considérable, due en partie aux peintures murales exécutées à la bibliothèque du Congrès de Washington (1895-96) et au Carnegie Institute de Pittsburgh (1905-1915). Élu à la N. A. D. en 1902, il en fut le président à partir de 1909.

He started out in America producing pencil portraits for a photographer, then worked as an illustrator. Taking a study trip in 1877, he visited London, Paris, Munich and Polling in Upper Bavaria, attending Frank Duveneck’s school with the Duveneck boys. He went on to Venice and Florence, where he stayed until l881. Returning to New York, he became famous as a portrait artist. He moved to Paris in 1891 but often returned to America.

Si nous n’avons trouvé aucune toiles de son passage à Venise, il nous a laissé de nombreuses illustrations de la mode vestimentaire de son temps.

Voir aussi d’autres peintures ici

Le Monde de la Mode : Londres, Paris et la Grèce en 1828

La robe ici représentée est celle de la fille d’un Archon, et est une charmante combinaison de fantaisie et splendeur. 

Au dessus d’un jupon de soie vert, bordé de trois bandes d’écarlate, une robe écarlate courte près du corps, richement brodée d’or. Le corsage est de soie verte, avec des pointes qui tombent sur la poitrine, bordé par la dentelle d’or, et un tablier de soie blanche termine la robe, travaillé dans cette fine broderie de fleurs de diverses couleurs, dans laquelle les grecs de l’époque excellaient à la manière des anciens. Patrimoine et savoir faire aujourd’hui disparu !

Les manches écarlates, superbement brodées d’or, sont carrée aux épaules et plaquées contre les bras. Les poignets sont très lâches, et ornés, à l’extérieur de la main, avec de petites pièces d’or du pays.

Une robe du soir en crêpe aérophane blanc, sur du satin blanc bordée tout simplement avec un ourlet large.  Le corsage de velours noir, en pointe, "à la Marie Stuart", avec une draperie à la Sévigné sur le buste, et des pointes au dessus de chaque épaule, qui forment des mancherons sur de longues manches blanches, "à la Marie", en crêpe aérophane. La plénitude de ces manches est confiné dans le centre au dessus des coudes, par de fins brassards d’or et d’émeraudes, et aux poignets par des bracelets identiques.

Une robe de dîner en satin, de couleur fleur de guimauve, avec un large ourlet et des décorations de dentelle sur le devant. Entre chaque pointe de l’ourlet on a placé une feuille ronde. Ce feuillage est gaufré, et a un effet très agréable. Le corsage est caché par une pèlerine près du corps, de la même matière que la robe. Les manches sont "en gigot".

Une robe du matin en gros de Naples (ou gros de Tours) avec une large marge de gaze en bouillonné de la même couleur.  Un ourlet en rouleau étroit fait le tour de la jupe, d’où descend le feuillage gaufré en satin, de simples feuilles détachées. Ceux-ci sont surmontés par des branches de feuillage de satin jaune, avec des tiges tordues qui, montent, dans une spirale oblique à travers la jupe. Le corsage est fait de façon simple et très ajusté au corps très dégagé sur les épaules, le buste est entouré par un double pliage de gaze, d’un motif riche et splendide. Deux pointes ornent les manches courtes et complètes sur l’extérieur des bras, chacune fixée par deux petites rosettes de satin blanc. La taille est enserrée par une cordelière jaune.

La robe de promenade est une pelisse en satin bleu (ou en gros de Naples).  Le bas de la jupe est entourée de deux grosses bandes de fourrure, formant une riche décoration. Chaque rang de fourrure est surmonté par une belle broderie de satin blanc. Les couleurs employées pour cette robe sont "chastes et délicates" et, en aucun cas trop vives, ce  qui l’aurait rendue inutilisable pour la promenade, pour laquelle, elle est conçue. Elle est également bien adapté au froid car il est ouatée, et fermée jusqu’à la gorge. Le corsage est "en gerbe", admirablement apte à mettre en valeur la beauté du corps. Il se boutonne sur le devant du col à la ceinture, qui est étroite, et, formée de deux fins cordeaux. Ces ceintures élastiques sont faciles, et pourtant toujours assez serré. Les manches sont en gigot, et col et poignets sont de la même fourrure que dans le bas de la jupe.

Une robe de diner en crêpe sur satin blanc, avec deux volants entièrement brodés de motifs fleuris à la base. Sur la partie supérieure, également,  un motif de broderie superbe, travaillé sur la robe elle même, de fleurs blanches en fil soie. Le corsage de satin blanc, avec une draperie en crêpe, "à la Sévigné", autour du buste. Le centre du corsage est fermé par une rangée d’une fantaisie, qui descend sur le devant jusqu’à la taille où la ceinture, consiste en un  simple ruban blanc.

Une pelisse pour cette robe de promenade  de velours noir, bordée de chinchilla à la witzchoura, qui se termine dans le dos par un fichu intégré à la robe, et surmonté à la gorge par une pèlerine ronde de chinchilla, placé sous une fraise française de mousseline claire, empesée, bordée de dentelles Van Dyck. un bonnet de velours noir, avec un élégant plumage et des demi-brodequins de marche, en chevreau noir, bordés de fourrure, donnent la touche finale à cette tenue.

Une robe du soir en crêpe rose, garnie à sa base de rubans bouffants de satin rose, bordés de fines rayures noires, et placés dans le biais. Le corsage ajusté au corps avec une ceinture nouée par un gros nœud dans le dos. Les manches courtes, et très complet, et garni de bandes de rubans bouffants, pour répondre aux ornements sur l’ourlet de la robe. Autour du buste le col est agrémenté de guipure sur deux rangs.

Une robe du matin en satin vert-feuilles de houx, ou n’importe quelle autre dynamique couleur d’hiver, avec large ourlet dans le bas de la jupe, surmonté de quatre plis étroits tombant les uns sur les autres, d’où pendent, une rangée de feuilles en dentelle. Un spencer de velours, de la même couleur que la robe, forme le corsage, et manches, décoré de feuillage en dentelle noire, jusqu’en haut des manches, qui sont "à la Marie", et très amples : ces manches sont de la même matière que la robe, et sont fixés au niveau du poignet par un bracelet en or très large, joint par un camée. Une bande de velours encercle la taille, fixée à l’avant avec une boucle d’or carré. Une collerette de guipure entoure la gorge à la manière d’une fraise.

Une robe du  matin de cachemire blanche, bordée par un ourlet très large, sur laquelle est brodé un motif grec en couleurs. Les manches "en chemisettes", pleines sont confinés autour du poignet par un large bracelet travaillé comme de la mosaïque. Par-dessus cette robe un ample manteau de fabrication indienne, en cachemire, avec une large splendide bordure, d’un motif oriental de différentes couleurs. Ce manteau, bleu cæruléum, et entièrement doublé de satin blanc. Autour de la gorge un col en fourrure de martre, nouée par un cordon de la même couleur que le manteau. La cape de la forme du mantelet russe, descends jusqu’aux coudes.

Une robe de soirée bleu céleste, en gros de Naples. Le corsage en circassienne, avec mancherons fendus sur de longues manches "en gigot" de crêpe blanc. Un béret bleu céleste de gaze tachetée, avec deux "esprits" blancs, forme la coiffure. Ces esprits sont placés sous le bord. Le béret est également orné de nœuds de rubans lamés bleu et argent.

Cette robe de promenade est une pelisse de soie indienne noire, avec un très large ourlet à la base, bordé par un étroit rouleau de satin gris. De chaque côté de la jupe à l’avant, placés dans le style bavarois, des ornements de feuilles séparées, légèrement rondes avec le revers gris argenté, de la même couleur et matière que la pelisse. À la base de chaque feuille : un bouton en or. Le corsage est près du corps et orné de Brandenburghs noirs et serré à la taille par une ceinture, avec trois boutons d’or. Les manches sont pleines, amples, et de la forme "en gigot".
Un beau châle foulard du Tibet est jeté sur cette robe, telle une élégante draperie. Il est d’un bleu vif éthéré, avec une large et élégante bordure, sur laquelle sont tissées de grandes feuilles de palmier dans des couleurs vives et variées, et se termine par une grande frange riche. La capote est en gros de Naples blanc, ornée avec le même feuillage, et bordée de guipure.

Une robe de soirée de satin lavande sombre, à la base en bouillonné de crêpe de la même couleur.  La couture est agrémentée par deux étroits rouleaux de satin, de deux tons plus foncés. Des feuilles dentelées tombent sur la partie supérieure du bouillon, et les rouleaux sont surmonté de nœuds en satin lavande foncé. Le corsage est assez simple et près au corps. La partie avant entouré d’une double collerette de crêpe aérophane, bordée de fins rouleaux de satin  lavande, dont la couleur et la matière rappellent les petites feuilles détachées ornant le volant. Les manches à la mamelouk sont en crêpe aérophane blanc,  et serrées aux poignets par de larges bracelets d’or sertis par un camée. Autour de la taille est une simple ceinture, pour en accord avec la robe. Le chapeau est en velours blanc, garni de guipure et de satin blanc et couronné d’un plumage léger et élégant.

Une robe du soir en tulle sur un gros de Naples blanc, avec dans le bas de la jupe, un large ourlet fait de volants, bordés par deux rangées de chaîne brodée, formée de satin rose en rouleaux : ces volants sont dirigés de la même manière, et donnent l’apparence d’être indépendants de la robe. Le corsage est décolleté, avec une bordure de guipure, orné dans le centre par une chaîne de satin rose analogue à celles du bas de la robe. Les manches courtes et très pleines, avec une étroite bande de satin rose autour des bras. Une ceinture à la cordelière, encercle la taille, avec ses extrémités composées de grosses boules de soie tissée, se terminant par un superbe gland, cette ceinture est de couleur rose.

Une robe de bal, ou une robe de soirée de crêpe bleu céleste, avec un ourlet formé de rinceaux, en "drapés rideaux" de satin bleu. Chaque plis et orné de couronnes de fleurs bleues et blanches. Au-dessus de cet ourlet sont des ornements entaillés, doublés de manière à former une pointe, et bordé par un étroit ruban de satin rond noir. Le corsage est "à la circassienne", serré à la taille par une ceinture, avec de longues extrémités larges, finement peintes sur un terrain de bleu, avec des épis et des feuilles du maïs comme le font les les Indiens. Un bouquet de tubéreuses, est placé sous le côté gauche de la ceinture. Les manches sont courtes, avec mancherons fendus de crêpe bleu, bordées de guipure étroite à la Van Dyck, d’autres entourent les bras en bouts de la manche: entre les fentes des mancherons il y a de petites fleurs bleues et blanches. Les cheveux sont disposés "à la Madonna", sans aucune boucle.

Une robe du soir en crêpe blanc, délicatement peints dans le bas de la jupe, dans un motif de feuilles de vigne et leurs vrilles. Le corsage est  plutôt complet, et un peu dans le style "à l’enfant", mais décolleté plus profond à l’avant du buste, et dégagé au niveau des épaules. La partie avant est entouré d’une collerette de guipure, plutôt étroite, bordée par trois rouleaux très étroits de satin vert-feuille de vigne. Au centre du décolleté apparaît une partie d’une chemisette légère de la plus fine dentelle. Les manches sont courtes, simples, et pleines, et sont terminées par trois rouleaux de satin vert arrondi au creux du bras, terminées par un petit  volant de guipure. Le turban de gaze porté avec cette robe est orné de petites plumes de Ponceau (variété de Bouvreuil).

Une robe du soir en crêpe blanc, avec, dans le bas de la jupe, un volant ondulé en dents de loups, bordé d’une étroite ganse en rouleau d’une teinte vert-olive. Au dessus de cet volant, et couché dessus, sont cousues, en relief des feuilles de lys-d’eau de satin vert. Le corsage est largement décolleté et serré au corps, fendu à chaque épaule, et bordé d’une guipure très étroite, orné par un rouleau de satin du même vert que ce que le bord du volant. Il est porté avec une pèlerine étroite, en paladin. Les manches sont courtes et très garnies.

Cette robe du matin est une pelisse de satin, de couleur violet Parme, avec une sorte de tablier d’ornement, en velours, de la même couleur. Celui-ci étroit à la base de la taille, s’élargit progressivement à mesure que ce qu’il approche des pieds et les bords sont taillés à la manière de l’architecture antique. Une pèlerine fichu, de la même manière, et du même matériau, couvre le buste en avant, et retombe par dessus les épaules. Les manches sont "à la mamelouk", avec un brassard de velours très fin, taillé à l’antique comme la pèlerine. Une collerette de guipure encercle la gorge, liée à l’avant avec un nœud de ruban vert émeraude. Le chapeau de velours noir, est fixé par une mentonnière de guipure.

Le Monde de la Mode : en Russie en 1828

Commençons ce tour du monde de la mode en 1828 par la Russie où les élégantes de la bonne société ont adopté les modes française et britannique dans le style, tout en faisant honneur à l’empereur en modernisant les tenues traditionnelles.

Les corset venus de France et d’Angleterre ont fait leur apparition à Saint-Pétersbourg ou à Moscou, mais les élégantes russes ont réussi à conserver leur fluidité.

La robe de promenade est une robe de percale blanche, avec un volant de mousseline richement brodé, sur laquelle est porté un manteau de cachemire magnifiquement rayé.

La robe du matin, est une pelisse en gros de Naples rose, fixation sur le devant de la jupe avec grande rosette de la même matière. Le corsage est pour moitié à la Roxelane, et les manches en gigot.

Une robe de dîner en smyrne noire, avec une large bordure de satin, joliment brodée de différentes couleurs et de fleurs naturelles. Les broderies du corsage à l’Enfant, en pointe, correspondent à la bordure de la robe. Manches courtes de smyrne noire, sous celles plus longues en crêpe aérophane (gaze fine en soie pour les modistes) à la mameluks, confinés au niveau des poignets par des bracelets d’or, sertis d’agate blanche, ou de rubis.

La robe de promenade est une pelisse de satin bleu éthéré, fixée sur le devant par des sangles languettes. Les manches gigot, avec un gantelet-manchette, fixé à l’extérieur du bras avec des sangles. La pelisse n’a pas de col, mais est surmontée autour de la gorge par une fraise de filet bouillonné.

La robe de promenade est une pelisse de gros de Naples vert feuille de sauge, bordée de florentine bleu-céleste. Un ourlet très large entoure la bordure, en par un double rang de points, tombant les uns sur les autres. Le bustier en gerbe, et serré autour de la taille par une ceinture de gros de Naples, avec une rosette pleine sur le côté gauche.

Une robe du soir en tulle rose, avec un ornement plein bouillonné de la même matière. Le corsage est à la Sévigné avec une splendide broche girandole au le centre de la draperie à travers le buste. Les manches sont courtes et très pleines.

Robe de soirée complète pour une dame de qualité en satin blanc, bordée d’hermine immaculée. Fin corsage, avec une cape étroite en paladin, entouré de petites perles. Les manches sont à la Amadis.

Robe de diner en satin bleu avec un soufflet double de la même matière. Manches à la Marie, et par dessus la robe, un fichu de tulle.

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