Parasol ou Parapluie ?

Costume Français. 1778

Ironie du sort, le parapluie, qui est connu depuis des milliers d’années, d’abord utilisé seulement pour se protéger du soleil, à l’instar des habitants des pays chauds.

En Europe occidentale, un parapluie est apparu en France au XVIIème siècle et a été appelé "parasol". La protection contre le soleil était alors la seule responsabilité du parapluie, à une époque où, maintenir une peau blanche était la marque d’une lignée aristocratique et où un visage bronzé était le signe évident d’un roturier.

Les premières images de parapluies ont été trouvés dans les images des pays "solaires" – l’Assyrie, la Chine antique et l’Egypte :

Lamech et ses deux épouses

Lamech et ses deux épouses. Paysage avec Lamech au centre, parlant de ses deux femmes: Ada et Tsilla assises devant une ferme à gauche, deux enfants jouant de la musique à l’extrême gauche, deux autres enfants au premier plan. Une des deux femmes se protège du soleil avec une ombrelle. Maarten de Vos, 1583.

Maarten van Heemskerck 1553

La découverte de Moïse. La fille du Pharaon découvre le bébé Moïse dans un cercueil, elle est accompagnée de deux servantes et est à l’ombre d’un parasol. Maarten van Heemskerck, 1553.

Amaravati

Dans les collections du British Museum, on peut voir cette pierre sculptée qui provient du village de Piprahwa qui a été identifié comme Kapilavastu, la capitale des Sakya, où le Bouddha a vécu pendant 29 ans. La sculpture représente le départ du prince Siddharta, de la coupole du Grand Stupa.

Culture Neo-Assyrian

Sculpture de la période néo-assyrienne.

Sémiramis en colombe

Sémiramis en colombe (Métamorphoses en rondeaux Mabre-Cramoisy 1676), Sébastien Le Clerc, dit le vieux. La reine Sémiramis debout sous un parasol supervise la construction de Babylone.

Il est à noter que, dans l’Antiquité, le parapluie certifiait un certain statut social : ne pouvait apparaître dessous que mandarins, pharaons ou autres personnes importantes. Le poids et la taille du parapluie étaient directement proportionnels à la position du propriétaire dans la communauté. En Chine, des parasols géants étaient particulièrement populaires, ressemblant à une pagode. Le roi de Birmanie est apparu en public, sous le couvert d’un parasol de 24 niveaux, chaque niveau brodé de fil d’or et orné de pierres précieuses.

G

Histoire de l’ombrelle

Au XVIIe siècle, grâce aux efforts du parapluie français le parasol devient un accessoire de mode très fréquent, surtout pour les proches des cours royales d’Europe.

Le Chancelier Séguier - Charles Le Brun

Le Chancelier Séguier de Charles Le Brun, est un portrait équestre représentant le chancelier sur un cheval, placé au centre de la composition et entouré de six écuyers et pages à pied, habillés dans des tons bleu. Le fond est composé d’un ciel sombre. Ce portrait ne relate pas d’événement particulier. La richesse des parures et broderies couleur or sont en lien avec les honneurs fait au cavalier. Les deux parasols sont signes de protection. Ce symbole réfère à la personnalité du chancelier, protecteur des arts.

Elena Grimaldi

Anthony van Dyck. Portrait de la marquise Elena Grimaldi. 1623.

Marie Therese d'Austriche, Reine de France et de Navarre

Marie Thérèse d’Autriche, Reine de France et de Navarre, dessin de Jean-Baptiste Martin en 1682, gravé par Nicolas Bazin.

Avec le temps, ce parasol était devenu bien encombrant comme le raconte Henri Estienne dans ses Dialogues du nouveau langage françois italianzé en 1578 "devenu d’une grandeur démesurée, soutenu d’ un baston, et tellement faict, qu’estant ployé et tenant bien peu de place, quand ce vient qu’on en a besoin, on l’a incontinent ouvert et estendu en rond, jusqu’à couvrir trois ou quatre personnes" ; et Montaigne approuve en racontant "que ces parasols dont l’Italie se sert, chargent plus les bras qu’ils ne déchargent la tête".

La fille de qualité

Peu à peu, au milieu du règne de Louis XIV, on l’utilisait régulièrement. Les maîtres boursiers-colletiers-pochetiers qui avaient le droit de les confectionner, remplaçaient alors la toile cirée par du taffetas gommé, tendu sur de légères tiges en jonc. Avec un anneau glissant le long du manche, on pouvait le fermer ; pour le rouvrir, on remontait l’anneau et on l’arrêtait avec une grosse épingle. Peu d’écrits existent, seul Furetière le décrivait comme étant "un petit meuble portatif ou couverture ronde qu’on porte à la main pour défendre sa tête des grandes ardeurs du soleil, servant aussi pour se défendre de la pluie et alors quelques-uns l’appellent parapluie". Un ambassadeur anglais a mentionné en 1675 "de petits ustensiles forts légers que les femmes emploient ici pour se garantir du soleil et dont l’usage nous semble très commode". Avant la fin de son règne, Louis XIV accorde à un industriel, le monopole de fabriquer les parapluies "brisés ne pesant que cinq à six onces, vendus enfermés dans des étuis de sept à huit pouces de long sur un et demi de large.

Robe à la Versailloise de Gros de Naples

Pendant la Régence, le dais rond devenait l’ombrelle, montée sur des bambous des Indes, décorée de crépines d’or et d’effilés de perles, panaches de plumes et reflets de soie, prenant le charmant nom de "balancier des Grâces".

Bernard Lens

Une jeune femme à cheval sur une rivière, tenant un parasol, gravé par Bernard Lens d’après Jan Wyck, vers 1686, puis ​​republié dans les années 1720.

En 1757, le parapluie de taffetas étant très à la mode à Paris, il se transformait en parapluie-canne "on a imaginé pour la plus grande commodité des voyageurs, des parasols et des parapluies contenus dans une canne, de manière qu’en poussant un ressort qui est adhérent à la canne qui sert d’étui au parasol, on fait rentrer ou sortir celui-ci, suivant qu’on le juge à propos et qu’on en a besoin. Ainsi, l’instrument qui auparavant servait de point d’appui pour soulager la marche du voyageur est changé tout à coup en un autre pour le mettre à couvert de l’ardeur du soleil ou de l’incommodité de la pluie".

Dix années plus tard, l’usage voulait "de ne jamais sortir qu’avec son parapluie et de s’incommoder à le porter sous le bras pendant six mois pour s’en servir peut-être six fois ; ceux qui ne veulent pas se confondre avec le vulgaire aiment mieux courir le risque de se mouiller que d’être regardés comme des gens qui vont à pied, car le parapluie est la marque qu’on n’a pas d’équipage". Comme bien des gens étaient dans ce cas, un service de parapluies publics est créé en 1769, destinés surtout à la traversée des ponts, car il y avait suffisamment d’ombre dans les rues étroites. Une compagnie obtint le privilège pour la location de parasols "il y aura des bureaux à chaque extrémité du Pont-Neuf ; les parapluies seront rendus au bureau de l’autre côté, moyennant deux liards par personne".

Francisco Goya. L'ombrelle/Le parasol. 1776-78

Le Saute-Ruisseau

Vous êtes nombreux, depuis que nous avions évoqué les saute ruisseau dans un ancien article, à nous demander à quoi cet objet peut bien ressembler et si on peut en retrouver de nos jours.

Saute Ruisseau

En réalité, on peut trouver cet objet insolite et si romantique sur des nombreux sites de vente en ligne de produits d’occasion (Le Bon Coin, Amazon ou  e-Bay, nous avons même trouvé un site bulgare, La Passion des Bijoux, qui propose de belles reproductions)…

Autrefois, on ne trouvait des saute-ruisseau que chez certains antiquaires spécialisés, et donc, à des prix… (censuré) allant de 30 à 50,00 €uros ou plus pour les pièces plus ouvragées, ou en métaux précieux, certains spéculateurs, se prétendant "antiquaires", en proposaient à plus de 100,00 euros.

Le Saute-Ruisseau

La crise étant passée par là, et quelques fois cela a du bon, surtout pour ramener les spéculateurs à la raison, on trouve des saute-ruisseau à moins de 10,00 €uros !

Il est revenu, donc, le temps où bien fouiner dans les brocantes et vides greniers, virtuelles ou bien réelles peut vous apporter de belles surprises.

Il s’utilise ainsi :

1) attraper le bas de la jupe grâce au crochet
2) tirez sur la chaîne à l’aide de la poignée
3) on peut même guider la jupe vers la droite ou la gauche

Utilisation de la pince à jupe

On l’appelle cependant plus communément "relève-jupe" ».

Et on trouve d’autres appellations, qui sont fausses en terme de lexicographie, mais qui, explicite l’objet faute d’en connaître le nom exact : pince à jupe, trousse-jupon, accroche-jupe, page, chatelaine…

Le saute-ruisseau date de la fin du XIXème siècle. Il s’en trouve d’ailleurs sur lesquels figurent des dates de la fin du XIXème siècle. On situe son apparition autours de 1870-1875.

On trouve alors les définitions suivantes, pour lesquelles, les dates de parution sont intéressantes et permettent de situer l’usage et la période d’intérêt de l’objet :

"Relève-jupe n.m.
1896 – Relève-jupe mobile. (in La Mode illustrée).
1904 – RELEVE-JUPE n.m. invar. Petite pince dont les femmes se servent pour relever leur jupe [...] Système de bandes élastiques fixées à la ceinture et relevant la jupe au moyen de pinces." (Nouveau Larousse Illustré)

A défaut, vous pouvez également opter pour le saute-ruisseau éco² (économique et écologique) inventé par Poséida !

Poséida et la saute-ruisseau

Pour vous aider à vous y retrouver dans vos recherches, voici quelques modèles se saute ruisseau que nous avons trouvés (nous ne vous dirons pas lesquels nous avons achetés).

Techniquement, le saute-ruisseau est une pince munie de deux pattes, dont les extrémités sont soit rondes et bombées, l’intérieur de certains est garni de patins de cuir ou de feutre, soit rectangulaires et légèrement rainurées.

Elles permettent de maintenir le tissu serré sans l’endommager.

Les pattes s’écartent par une simple pression manuelle comme pour une pince à sucre, pour les pinces les plus courantes.

D’autres systèmes d’ouverture existent, ils sont moins courants. Vous pourrez les découvrir sur les photos ci-dessous.

Le Saute-Ruisseau

Le Saute-Ruisseau

Le Saute-Ruisseau

Le Saute-Ruisseau

Le saute-ruisseau s’appelle aussi un "Suivez-moi jeune homme", car, de manière coquine, les jupes relevées des dames étaient une invitation à de doux moments… bien que, vous le savez (puisque vous êtes nos fidèles lectrices et lecteurs), en réalité, le suivez-moi jeune homme était le ruban du chapeau…

Le Saute-Ruisseau

Le Saute-Ruisseau

Le Saute-Ruisseau

Le Saute-Ruisseau

Le Saute-Ruisseau

Le Saute-Ruisseau

On notera également, que le XIXème siècle n’étant pas avare de termes imagés, le saute ruisseau désignait également les jeunes clerc de notaires :

  • Le saute-ruisseau est généralement, comme était Simonnin, un garçon de treize à quatorze ans, qui dans toutes les études se trouve sous la domination spéciale du principal clerc, dont les commissions et les billets doux l’occupent tout en allant porter des exploits chez les huissiers et des placets au Palais. — (Honoré de Balzac, Le Colonel Chabert, 1832)

Les ruisseaux dont il s’agit sont ceux de la ville, que l’on appellerait de nos jours des caniveaux : "Armé de la longue perche nécessaire au voyageur pédestre dans cette contrée coupée de canaux et de ravins, on le voyait, en parcourant les châteaux circonvoisins, franchir d’un saut des largeurs de trente et quarante pieds aussi lestement qu’un clerc d’huissier à Paris saute un ruisseau du Marais ou de la rue Saint-Honoré." — Le Baron de l’Empire, A. Dupont, Paris, 1832, p. 9-10.

Mercerie

Mercerie à Rouen

Apparue au XIIème siècle dérivée de mercier, d’abord comme mercherie, la mercerie est le magasin du mercier. Une mercerie est, à l’origine, un commerce de l’ensemble des articles servant à la couture, à la fabrication de vêtements, à la parure et aux ouvrages et travaux dits "de dames".

Les principaux articles étaient les aiguilles, les fils et passementeries (cordons, dentelles, rubans…), les boutons, les agrafes, les craies de tailleur ; bref l’ensemble des fournitures de couture et de broderie.

Étymologiquement, le mercier est un marchand. Ce nom est retrouvé dès le XIIème siècle (acte de concession dans les halles de Champeaux en 1137) et provient du latin merx et de l’ancien français merz qui signifie marchandise.

Au XIXème siècle, avant l’invention de la haute couture et l’avènement des grands couturiers, le mercier vend des tissus et étoffes à ses clients ; ces mêmes tissus sont façonnés par la couturière sur les indications du client.

Mercerie des grands magasins

Ils sont progressivement remplacés au XIXème siècle par les Grands Magasins.

Dès la fin du XVIIIème siècle, en 1784, apparait le premier grand magasin, il s’agit du Tapis Rouge qui va éditer le premier catalogue de vente par correspondance, annonçant le développement fulgurant de cette méthode de vente.

Durant tout le XIXème siècle, vont naître de nombreux magasins qui proposeront leurs produits sur leurs catalogues, ainsi les catalogues du Petit Saint-Thomas en 1830, de A Sainte-Cécile en 1852 qui expédie les commandes 24 heures après réception, Le Bon Marché en 1871, Le Printemps en 1872.

Dentelles dans un catalogue de mercerie d'un Grand Magasin

Actuellement il reste peu de magasins de mercerie, plutôt des rayons mercerie dans des magasins plus généralistes. Le choix d’articles référencés dans les merceries se diversifie, mais perd en diversité et en qualité. Ainsi la laine à tricoter ou les loisirs créatifs sont souvent proposés en substitution aux produits traditionnels.

Les produits de mercerie de cette époque sont devenus rares. Pour en voir encore, il faut se rendre chez certains brocanteurs spécialisés, à Saint-Ouen par exemple, dans quelques vide greniers, et pour les plus belles pièces, dans les salles des ventes où les prix s’envolent parfois pour des broutilles, à cause de la spéculation sur nos passions.

Ornementations de robes XIXème siècle

Ornementations de robes XIXème siècle

Ornementations de robes XIXème siècle

Ornementations de robes XIXème siècle

Ornementations de robes XIXème siècle

Ornementations de robes XIXème siècle

Au XVIIIème siècle, le plus célèbre des magasins de mercerie à Paris était le Petit Dunkerque, qui se trouvait au bord de l’eau, à l’angle du quai Conti et de la rue Dauphine.

Ce magasin appartenait à M. Granchez, originaire de Dunkerque, bijoutier de la reine Marie-Antoinette. Dans cette boutique étaient vendus des objets d’arts et de curiosités venant des quatre coins du monde. La première enseigne de cette boutique était un tableau qui représentait le port de Dunkerque avec l’arrivage des vaisseaux, qui apportaient de l’Inde et de la Chine la plupart des curiosités qu’on recherchait avec passion pour l’ornement des appartements à cette époque.

La renommée de la boutique de Granchez fut telle que le nom survécut au marchand. En effet, près d’un siècle plus tard, on appelait Petit Dunkerque, une certaine catégorie de quincaillerie fine et de bijouterie de choix. Granchez vendit sa boutique vers 1789 pour s’installer rue de Richelieu. Son successeur, un marchand de vin, conserva son nom célèbre et l’enseigne le petit Dunkerque resta sur la devanture jusqu’en 1913, date à laquelle le bâtiment fut démoli.

Galons et dentelles du XIXème siècle

Galons et dentelles du XIXème siècle

Galons et dentelles du XIXème siècle

Galons et dentelles du XIXème siècle

Galons et dentelles du XIXème siècle

Galons et dentelles du XIXème siècle

Galons et dentelles du XIXème siècle

Galons et dentelles du XIXème siècle

Les cartons de boutons, les tiroirs remplis de galons et de dentelles, les grandes étagères remplies de milles merveille où seule la patronne de la boutique savait trouver l’article que vous recherchiez, le bouton identique à celui qui était devenu manquant sur un habit… tout cela est devenu une image du passé, un souvenir d’enfance pour les plus âgés… un mythe pour les plus jeunes.

Boutons et mercerie du XIXème siècle

Boutons et mercerie du XIXème siècle

Boutons et mercerie du XIXème siècle

Boutons et mercerie du XIXème siècle

Boutons et mercerie du XIXème siècle

Boutons et mercerie du XIXème siècle

Boutons et mercerie du XIXème siècle

Boutons et mercerie du XIXème siècle

Boutons et mercerie du XIXème siècle

Ces commerces ont presque tous disparus aujourd’hui, tués par les grands magasins, puis la grande distribution qui a instauré un système ou le client est devenu un consommateur qui achète des produits tous faits et prêts à jeter après un usage limité dans le temps.

Nous avons ainsi retrouvé l’histoire d’une mercerie – bonneterie située 1 grand rue à Gorron, en Mayenne :

Mercerie - bonneterie Manoury, 1 grand rue à Gorron

Cette boutique existait en 1886. Jean-Baptiste Lelièvre, coutelier, et son fils Henri, figurent en effet sur les listes de recensement, au niveau de l’emplacement actuel.

On retrouve Henri Lelièvre, marié à Hortence Sénéchal, d’abord coutelier (en 1896), puis mercier, au même endroit en 1901 et 1906.

En 1921, Georges Bellier (originaire de Château-Gontier, recensé comme négociant, sans précision) et sa femme Jeanne Bellier (originaire des Ardennes ?), tiennent vraisemblablement le commerce.

En 1936, c’est Julien Manoury (originaire de Château-Gontier) et sa femme Marie Manoury (originaire de Bierné) qui sont recensés comme marchands de mercerie (avec un rayon coutellerie).

En 1962, le fils, Roger Manoury et sa femme Solange Manoury-Brière, ont repris le commerce.

A l’emplacement de ce magasin se situe actuellement la "Maison du bocage".

Boutons et mercerie du XIXème siècle

Demain à l’hôtel Drouot

Demain, le commissaire priseur Thierry de Maigret organise une grande vente sur le thème "Textiles, Costumes & Dentelles de collection" à l’hôtel Drouot à Paris.

Dans ce genre de vente thématiques très sélectives, qui attire musées et collectionneurs du monde entier, on ne peut même pas rêver à un hypothétique achat du plus ridicule des mouchoirs en dentelles qui seront mis en vente. Le commun des mortels, surtout s’il gagne honnêtement sa vie à la sueur de son front ne peut rivaliser avec des spéculateurs ou des personnes qui trouvent là une occasion parmi d’autres de blanchir des fonds de provenance plus ou moins douteuse.

Ces ventes, et l’exposition qui les précèdent, sont donc, pour nous amateurs de tenues historiques, une occasion de rêver, mais également de nous documenter et de trouver l’inspiration.

La vente commence donc par des pièces proposées à des prix raisonnables, entre 100 et 500 €uros, comme des lots de mouchoirs en dentelles, tels ce mouchoir à encadrement, aiguille et fuseaux, Bruxelles, vers 1880. Linon fil de main bordé d’une large dentelle de style Régence au Point-de-Rose aux pétales détachés (est. 200 à 300 €uros).

Mouchoir à encadrement.

Ou ce lot de beau volant en Alençon ombré, aiguille, milieu du XIXe siècle. Courant de tulipes ou muguet sur fond mouché, bordure de pivoines et roues, 7 x 280 cm. Auquel on a joint deux autres modèles au décor léger d’époque Empire (crin de cheval en bordure, bel état) estimé à 300 – 400 euros.

Volants époque empire

Avec les lots de tissus rares, les choses sérieuses commencent !

Un superbe métrage de brocart cramoisi et or tissé à bras, Lyon, début du XXe siècle est estimé entre 1.800 et 2.200 €uros. Lampas liseré fond satin rouge vermillon broché de filé or au dessin à deux chemins suivis, fleurs de chardon ou grenade et rinceaux ferronnerie de style Renaissance. Environ 21 m en petite largeur (état neuf). Provenance: fond de la maison d’antiquités et décoration Keppy, active rue de la Bourdonnais de 1920 à 1956. Peut être une production de la maison Truchot à Lyon, spécialisée dans les étoffes d’ornements liturgiques.

metrage

Mais ce sont les vêtements qui nous font le plus rêver. de vrais vêtement qui ont été porté et qui ont une histoire et dont les prix, hélas, s’envolent à chaque fois vers des cieux auxquels nous n’avons plus accès.

Les premiers lots de vêtements portent les numéros 233 et plus, ce qui signifie que leur mise à prix intervient quelques heures après le début de la vente.

Le premier lot est cet ensemble casaquin et jupon assorti en soie piquée, France, vers 1670 (2 000 – 4 000 €). Fin taffetas de soie bleu dit «Flo­rence» teint à l’indigo, piqué main en pointe de diamant et matelassé. Caraco à compères fermées par des agrafes en métal, manches en sabot ornées du même ruché plissé qui orne compères et ourlet. Jupon à nouer avec fentes latérales pour atteindre les poches, piqué de motifs flo­raux inscrits dans de grands losanges. Un large volant orne le bas. Doublure lin et bourre de coton. Hauteur du jupon: 84 cm – Caraco: 45 cm (ensemble insolé de façon non homogène). les deux paires de mules sont des lots séparés.

Ensemble casaquin et jupon assorti en soie piquée, France, vers 1670

Bel Habit brodé à la française complet de son gilet et de sa culotte, vers 1770-1780 (2 000 – 3 000 €). Soie, taffetas changeant vert et parme, rebrodé sur toutes les tailles de frises de petites fleurs en soie polychrome au point lancé et passé. Boutons brodés en pareil. Gilet sans col doublé de soie, poches à rabat en forme, dos en lin à deux liens d’aisance, H: 61 cm. Veste d’habit à petit col entièrement doublée de satin crème avec deux curieuses amples poches intérieures. Culotte à Pont boutonnée sur le devant, six petits boutons et pattes de jarretière à boucle (un bouton manquant sur la veste, engageantes en dentelle Valenciennes rajoutées postérieurement – état superbe, soie ayant conservé tout son lustre).

Bel Habit brodé à la française

Élégant casaquin en toile des Indes, Provence (?) vers 1785 (2 000 – 2 500 €). Fin calicot de coton blanc, peint à la main de délicats ramages fleuris aux formes inspirées des recueils de chinoiseries de Pillement. Profond décolleté carré, compères à rabats à agrafer sur le devant, dos non balei­né mais souligné de fines coutures en rayons avec petit Pet-en-l’air plissé en éventail. Doublure lin. Hauteur dos: 52 cm (traces d’humidité sur le col et la doublure, modification de la taille des manches coudées, apprêt glacé conservé, probablement jamais lavé).

Elégant casaquin en toile des Indes

Très rare visite ou enveloppe courte en Indiennes composites, Provence, 2e moitié du XVIIIe siècle (2 000 – 3 000 €). Extérieur en toile imprimée à la planche de rayures or­nées et courants de fleurettes à l’imitation des pékins pour robe en vogue vers 1770. Capuchon froncé doublé de satin jaune d’or et bordé d’une dentelle Valenciennes aux fuseaux. Doublure composée de deux toiles de coton imprimées aux mordants à la planche de bois picotée. Beaux motif de fleurs exotiques sur branche ou tertre inspirés des premières indiennes d’importation. Hau­teur hors capuchon: 78 cm (taches sur le volant d’agré­ment, usure des teintures foncées). Provenance et attribution: Sur l’une des indiennes de dou­blure, on distingue à la lisière de la couture avec la capuche une marque au tampon fragmentaire dit «chef de pièce» inscrit dans un cartouche oblong: «Manufacture de toiles de I. et Compagnie à ORA….». Ce tampon nous renseigne ainsi sur le type de production de l’une des plus anciennes manufactures de toiles peintes installées en France: celle de J.H Wetter qui démarra son activité à Orange en 1756, soit trois ans avant la fin de la prohibition des toiles imprimées en France

Très rare visite ou enveloppe courte en Indiennes

Somptueuse basquine ou mantelet de crinoline, vers 1855-1860 (300 – 400 €). Velours de soie noir orné de noeuds de taffetas sur les côtés et en bas des manches pagodes, fer­meture devant par trois grands brandebourgs en taffetas appliqué découpé en forme de feuille (état superbe).

Somptueuse basquine

Somptueuse robe en soie façonnée, vers 1860 (1 000 – 1 200 €). Lampas damassé bleu pétrole orné de fleurs épanouies de ton vieil-or et frange de soie coordonnée. Corsage ba­leiné en pointe devant et derrière, col rond et manches pagodes soulignées de velours et frange de soie bicolore. Jupe sur crinoline à plis plats. (état superbe).

Somptueuse robe en soie façonnée

Robe de travestissement «Marquise de Pompadour»fin du XIXe siècle (150 – 200 €). Soie lyonnaise façon Pékin, bleu royal et rayures de fleurettes. Corsage à échelle de rubans façonné, «paniers» à découpe crantée sur les hanches, traine de dos «à la française» (état superbe).

Robe de travestissement «Marquise de Pompadour»

Robe de réception en soie, Charles Frederick WORTH, vers 1878 (3 000 – 4 000 €). Ensemble corsage et jupe sur tournure en soie façonnée de Lyon. Gros de Tours lise­ré moucheté et orné de roses échevelées en camaïeu de vieux rose et rose-thé. Garniture de dentelle aux fuseaux ornant les manches et le décolleté du corsage boutonné devant et baleiné. Jupe de dessus en tablier découvrant un ottoman damassé crème garni de franges de passe­menterie et breloques en soie sur l’ourlet. (trois boutons manquants sur le corsage, ailes formant pouf à l’arrière décousues, bas d’ourlet coupé, quelques manques). Griffée "Worth Paris" en façonné crème ton sur ton.

Robe de réception en soie

Mantelet d’Opéra, EMILE PINGAT, vers 1880 (400 – 600 €). Mantelet en pointe à longs pans sur le devant. Guipure de soie type broderie anglaise rebrodée de perles de jais, le pourtour galonné de velours comète souligné de pam­pilles et de jais facetté. Longue frange de soie chenille et jais mélangé (bel état). Griffé or sur fond noir «Emile Pingat – 30 rue Louis Le Grand/Paris».

Mantelet d'Opéra

Tea-gown à ligne Princesse vers 1900 (400 – 500 €). Robe d’une pièce en satin duchesse crème voilé de tulle brodé en relief de glycines et volutes blanches, pois et fleurettes en Cornely ton sur ton. Robe baleinée à traine et volant balayeuse (très bel état).

Tea-gown à ligne Princesse

Somptueuse robe en dentelle d’Irlande, vers 1905 (500 – 700 €). Fourreau de ligne Princesse en crochet d’Irlande en coton avec de beaux motifs tri-dimensionnels de fleurs et baies ou cerises en breloque (doublée de mousseline de soie crème, bel état). Bibl: Modèle similaire au Kyoto Costume Institute- Inv.AC 5680 87-36-1 et Fashion Vol.II.

Somptueuse robe en dentelle d'Irlande

Ensemble de promenade en coton et dentelle, vers 1900 (150 – 180 €). Coton blanc rebrodé au point de chaînette et jours remplis de rosaces en dentelle au crochet. Jupe cloche en coton et incrustation de dentelle (bel état).

Ensemble de promenade en coton et dentelle

Robe du soir, anonyme, vers 1918 (200 – 300 €). Soie crème voi­lée de tulle noir rassemblé en quilles sur les hanches et brodé sur le plastron et l’ourlet de gerbes fleuries roses, bleu et vieil or. Ceinture à rosette et échelle de rubans en velours de soie bleu Nattier sur les épaules. Griffe sur le cordon de taille: «Robes et Manteaux, Madame Dubois- Angers».

Robe du soir

Robe de mariée entravée, vers 1910 (200 – 300 €). Satin de soie crème recouvert de tulle brodé vermiculé et plumetis, taille Empire croisée, mancherons droits soulignés d’un boudin de satin champagne, ceinture en satin plissée avec rosette, pendeloque en satin de soie rembourré imi­tant un brandebourg de passementerie au dos, doublure satin, (très bel état).

Robe de mariée entravée

Robe du soir, anonyme, vers 1914 (200 – 300 €). Satin ivoire et noir voilé de tulle brodé de fleurs en soie en relief et de breloques de jais sur le corsage. Mancherons frangés de petites perles de jais (très bel état).

Robe du soir 1914

Robe d’après midi à Longchamps, dans le goût de POIRET, vers 1912 (200 – 400 €). Corsage long à basques, dentelle mécanique ivoire et tulle noir dépassant des manches. Ceinture drapée en coton imprimé Art-Déco du style des productions de l’Atelier Martine créées par Paul Poiret. Jupe étroite en satin de soie noir et boutonnage factice.

Robe d'après midi à Longchamps

Robe du soir perlée, brodée par Lesage vers 1925 (500 – 600 €). Robe entièrement couverte de paillettes en gélatine et sequins en métal formant des motifs géométriques. Effet d’écharpe drapée sur un côté, fleurs en tissu roses sur la hanche d’où partent de longues franges de perles de verre irisées (bel état, fond de robe en soie fragile). Bibl: A rapprocher d’une robe attribuée à Jerôme. GAL 1968-40-67A&B.

Robe du soir perlée

Robe du soir Charleston, anonyme, vers 1925 (300 – 500 €). Crêpe vieux-rose brodée sur le plastron, la ceinture basse et les quilles de motifs floraux en perles dorées et paillettes de gélatine rose et mauve irisées. Ourlet à découpe en pétales (état superbe).

Robe du soir Charleston

Robe «Charleston» perlée, vers 1925 (400 – 600 €). Mousseline rose entièrement recouverte de festons de strass et ri­vières de franges perlées accompagnant les mouvements (sans griffe, état superbe).

Robe «Charleston» perlée

 

La collection de tissus de Mariano Fortuny

Le bureau de Mariano Fortuny

Dans le palais devenu musée de Mariano Fortuny, les scénographe du parcours de découverte muséographique laissent entrevoir une pièce supposée être le bureau de travail de Mariano.

Une porte vitrée, fermée à clef, laisse entrevoir une pièce encombrée de statues, échantillons de tissus, catalogues et autres, et lors des visites, on vous raconte que c’est là que Mariano Fortuny et sa mère conservaient leur précieuse collection de tissus du monde entier.

Heureusement pour la conservation de ce fabuleux trésor, il y a bien longtemps qu’il a quitté le palazzo … pour être protégé dans un lieu adapté, spécialement conçu pour la conservation de ces pièces uniques.

stola.lampasso.Francia.inizi XVIIIsec

"Voici les pesants velours de Venise, de Gênes ou de l’Orient, somptueux et délicats, éclatants ou graves, à amples ramages, à figures ou feuillages, des velours qui ont peut-être vêtu des Doges et des Khalifes. Voici les brocarts aux tons puissants, les soies aux nuances subtiles, voici des ornements d’église et des parures de cour. Voici les charmants taffetas et les luisants satins, semés de fleurettes et de bouquets dont le XVe siècle faisait les robes de ses femmes et les habits de ses hommes. Voici des étoffes de toutes les teintes et de tous les tissus, les uns évoquant la forme des corps qu’elles ont vêtus, les autres en longues pièces et en lés, certaines en lambeaux, en minces fragments. Et tout cela avec des froissements d’ailes invisibles s’entassant, s’amoncelant dans la vaste salle peu à peu assombrie par l’heure, tandis que, penchée sur le profond coffre inépuisable, madame Fortuny semble diriger de son geste magicien l’étonnant concert d’étoffes qui, au fond de ce vieux palais, se joue mystérieusement dans le silence du crépuscule vénitien."

Henri de Regnier, L’altane ou la vie vénitienne.

Si vous aussi, vous souhaitez voir ces précieux tissus, ce n’est ni à la fabrique de la Giudecca qu’il faudra vous rendre, ni au palazzo-Musée Fortuny, mais c’est au palazzo Mocenigo, musée de la mode, que vous pourrez les découvrir, lors de visites guidées qui sont organisées sur ce thème.

telo. damasco classico broccato. Italia o Inghilterra. 1715 ca.1

damasco broccato.Francia.1715ca.

telo.damasco broccato.Venezia.1715 ca.

Velluto alto basso a un corpo, broccato e allucciolato

Costumes pour le cinéma dans les archives du BFI

Le BFI (British Film Institute) est une institution qui a pour vocation de préserver les films britanniques, et tout ce qui a trait à leur histoire, pour les générations futures.

Pour les 80 ans nous avons eu accès à leurs archives. Les illustrations de ces créateurs de costumes de films britanniques font partie de cette collection.

La conception de la costumière Julie Harris pour le personnage de Julie Christie, joué par Diana Scott dans le film Darling, de 1965.

Darling

La conception de Cecil Beaton pour Anna Karenina (joué par Vivien Leigh) dans le film britannique de 1948 Anna Karenina.

Anna-Karenina

Proposé par Ivor Beddoes, un dessin exquis pour la séquence de ballet Heart of Fire, dans le film de 1948, The Red Shoes.

Red-Shoes

Le croquis de Cecil Beaton pour la fille fleur dans My Fair Lady (1964) avec Audrey Hepburn dans le rôle d’Eliza Doolittle.

My Fair Lady

Une conception de Motely pour la gouvernante de Deborah Kerr dans le film gothique d’horreur de 1961, The Innocents. Le film était basé sur le roman de Henry James, The Turn of the Screw.

The Innocents

Le costume de Glenda Jackson, imaginé par Shirley Russell, pour le film de 1969 Women in Love.

Women in Love

La conception de Christopher Hobb pour le film de 1978, Jubilé, un cultissime British, réalisé par Derek Jarman. Le film a été fortement influencé par le mouvement punk.

Jubilee

La conception d’un costumes par Anthony Mendleson pour la comédie dramatique, Kind Hearts and Coronets (1949). Le film est réputé pour la représentation de huit membres de la famille D’Ascoyne par l’acteur Alec Guinness.

Kind Hearts and Coronets

Le costume de Miss LaCreevy, par Victor Beaumont, en 1947 pour le film Nicholas Nickleby.

Nicholas Nickleby

Un croquis pour The Devils (1971) par Shirley Russell.

The Devils

Les perles à la Renaissance

Pour les historiens, la Renaissance est appelée "l’âge d’or de la perle" parce que ces trésors arrivaient par bateaux entiers, notamment grâce aux conquistadors, sur les marchés d’Europe pour servir d’atours aux monarques et aux nobles.

Toute cérémonie laïque se retrouve transformée en un défilé de bijoux de perles. Les colliers de perles sont présents dans le portrait de presque toutes les femmes de l’époque.

Bronzino : Eléonore de Tolède avec son fils Jean de Médicis.

Jusque-là rare, une perle devient plus abordable. Dès le XVème siècle conquistadors ont conquis les Aztèques, pillé les temples les plus riches, et ramené en Europe environ deux mille kilos de perles. Le marché se développe à une vitesse extraordinaire. Les perles sont devenues disponibles non seulement àpour la haute noblesse, mais aussi pour les couches sociales aisées de manière plus larges.

Nul portrait de cette époque n’est sans bijoux de luxe de perles rares du Nouveau Monde, mais, également, des populaires perles d’eau douce.

À la Renaissance, Catherine de Médicis (1519-1589), Marie de Médicis (1573-1642) et Elisabeth Ière d’Angleterre (1533-1603) furent les plus grands amateurs de leur temps.
Catherine de Médicis tenait de sa famille un goût sans défaillance pour les objets d’art, les pierreries… Une partie de sa dot fut constituée de bijoux et de perles. Son tuteur le pape Clément VII lui offrit en cadeau de mariage 6 somptueux sautoirs et 25 perles poires. Catherine les adorait et les portait constamment.

Marie de Médicis lors de la fête du baptême de son fils Louis XIII portait une robe, ornée de trente mille perles. Elle était experte en gemmes et bijoux et animée d’une quête perpétuelle. Sa cassette personnelle n’avait rien à envier aux bijoux de la couronne. En 1610, un rapport cite 5870 perles ! Les bijoux de Marie de Médicis comptaient parmi les plus beaux d’Europe.

Cependant, la plus forte passion pour les perles, fut celle, célèbre de la reine Elizabeth Ière, certains historiens qualifièrent sa passion pour les perles d’hystérique. Elle les accumule par dizaines de milliers – dont les perles de Catherine de Médicis qu’elle avait rachetées après la mort de Marie Stuart -. De plus sa garde robe comportait 3000 robes brodées de perles dont l’entretien nécessitait quinze personnes. Des portraits la montrent complètement statique sous le poids de robes qui devaient être très lourdes sans compter les accessoires et bijoux en perles. Une telle accumulation serait une offense au bon goût de nos jours.

Ce qui est frappant, dans les portraits de l’époque, ce sont ces robes littéralement jonchées de perles, les longs colliers, de grosses perles, en plusieurs rangées, qui ornent leur cou.

A la Renaissance, ce sont des kilos de perles qui ornent une robe !

Les hommes portaient également des perles. François Ier, Henri III, et même Henri IV, rois de France, Jacques et Charles Ier d’Angleterre en étaient couverts de la tête au pied !

Elisabeth I

Marguerite de France reine de Navarre

Élisabeth d’Autriche, épouse de Charles IX et reine de France

Les perles au moyen âge

Beaucoup d’écrivains médiévaux citent les effets bénéfiques des perles. Leurs qualités étaient tellement puissantes qu’il suffisait de les porter pour qu’elles fissent leur effet croyait-on.

Au Moyen-Âge, les dames offraient des perles à leurs chevaliers pour qu’ils les portent dans les tournois.

Avant le XVème siècle, quand a été inventé le polissage des diamants, les perles sont considérées comme le plus précieux des trésors. En Europe, les perles les plus rares ornaient les autels des églises.

Dans le monde religieux, on a toujours loué la perle comme un symbole de pureté, d’humilité et de crainte de Dieu. Les premiers chrétiens ont transformée un mythe ancien de l’origine divine dans une métaphore de la naissance du Christ, faisant de la perle un emblème tant du Christ que de la Vierge. La perle a aussi représenté l’âme incarnée dans un corps terrestre. L’âme de la perle était innocente, pure et pleine de foi et de sagesse, quoique entourée par la corruption du monde. Puis l’imagerie sacrée de la perle s’est concentrée sur sainte Marguerite d’Antioche, dont le nom vient du mot grec signifiant perle.

Ecole Française XVIIème Siècle – Entourage Jacques Stella – Sainte Marguerite D’Antioche

Les perles sont alors utilisées en grandes quantités pour la décoration de toutes sortes d’objets ecclésiastiques : croix, chapelets, tabernacles, couvertures de bibles, encadrements d’icônes, etc…

Surtout estimées dans les couvents, on appelle alors les perles "pierres des mariées du Christ".

Les perles dans l’Antiquité

La première mention à propos de perles à été retrouvée sur des tablettes d’argile sumériennes. C’était en 2300 avant J.C.

Depuis, les perles ont toujours eu la part belle dans l’ornementation, féminine principalement.

Selon la légende, Cléopâtre, reine d’Égypte, et Marc-Antoine firent une sorte de pari, à qui pouvait transformer un plat pour qu’il devienne le plus cher dans le pays des pyramides. Cléopâtre fit broyer dans une coupe de vin, une grosse perle qui valait une fortune. Puis, elle bu le précieux breuvage, gagnant ainsi son pari.

Cléopâtre possédait deux perles identiques en forme de gouttes, d’une grosseur et d’un lustre incomparables, qu’elle portait en pendants d’oreilles. Par la suite, la perle restante fut scindée en deux et donna naissance à une paire de pendants qui furent offerte à Vénus, au Panthéon, à Rome.

Les femmes grecques et romaines riches portaient des bijoux en perle qui étaient comme des yeux brillants et qui les protégeaient des affres de l’amour non partagé. La déesse grecque de l’amour, Aphrodite émergea de la mer, secoua la tête et, des gouttes d’eau, tombant de sa belle chevelure dorée, se cristallisèrent et se transformèrent en perles précieuses.

Celles-ci, se déposant sur la surface de l’onde, ont créé une huître géante qui porta la déesse sur l’eau à l’image de la représentation que Botticelli en a faite dans son chef d’œuvre la Naissance de Vénus que l’on peut admirer au Musée des Offices à Florence.

Les perles d'Aphrodite - Herbert James Draper

La perle est une gemme sensuelle, naturelle, symbole d’amour et de fertilité. Sa rondeur, sa douceur en font le joyau le plus féminin qui puisse illuminer la femme qui le porte.

Les Arabes, les Persans et les Turcs se servent du mot merovarid, pour signifier des perles. Le terme margarites, ou Margarita, dont se servent les Grecs et les Latins, semble venir de là. Les gisements perliers du golfe Persique, de la mer Rouge et de l’océan Indien ont été exploités tant pour l’ornementation des habits, des trônes royaux que pour les temples et objets de culture de ces civilisations.

Pline a écrit un livre sur les rochers, où il a décrit tout d’abord les principales caractéristiques de la qualité des perles : le blanc, la taille, la rondeur, la douceur et le poids.

Le Talmud dit que Dieu a fait des vêtements "beaux comme des perles" pour Adam et Eve.

Dans l’Ancien Testament,  Job (Job XVIII, 18), dit que la pèche ou la capture de la sagesse est plus précieuse que celle des perles. Salomon (Pr 3 :15 ; 8 :11 ; 20 :15) n’a rien de plus beau ni de plus précieux que les perles, pour relever le prix et la beauté de la sagesse.

Jésus-Christ dit à ses apôtres de ne pas jeter les perles devant les pourceaux (Mt 7 :6); c’est-à-dire n’exposez point les vérités saintes et les mystères de la religion aux railleries des libertins, des impies, des endurcis. L’auteur de l’Ecclésiastique a voulu dire la même chose, lorsqu’il conseille de ne pas parler, quand ne trouve pas ceux à qui l’on parle bien disposés à écouter (Eccli 32 :6).

3-L

Les perles d’Orient ont une eau qui tire sur l’incarnat. Celles de l’Amérique, sur le vert, et celles du Nord, sur le gris de lin. On trouve des perles en Bohême, dans des rivières d’eau douce, dans la Silésie, en Lorraine : on en trouve même quelquefois dans les huîtres communes.

Une situation semblable s’est produite en Chine, mais avec les perles d’eau douce.

Au-delà de l’ornementation, la valeur des perles en tant que gemmes leur accorda une place importante dans l’organisation socio-économique de ces civilisations. Les perles étaient souvent employées pour payer les tributs et pour accroître qualitativement le trafic commercial intérieur et extérieur.

Elles se forment dans la mère-perle, par lits, à la manière des oignons. On en a découvert, sur quelques mères-perles jusqu’à cent cinquante, mais pas toutes achevées. Les unes sont parfaites, les autres seulement ébauchées ; elles se perfectionnent dans l’huître.

Les perles qui ont été longtemps portées jaunissent et se détériorent au bout de quatre-vingts ou cent ans.

Perles de culture tahitiennes

Le costume de la Russie des 18-20ème siècles

Les images ci-dessous sont extraites d’un livre qui a été inspiré par la prodigieuse collection de Natalia Chabelskaya.

Le titre de ce livre est : Костюм народов России в графике 18-20-х веков

традиционный русский костюм

традиционный русский костюм

традиционный русский костюм

традиционный русский костюм

традиционный русский костюм

традиционный русский костюм

La Witzchoura

Au dix-neuvième siècle, les fourrures les plus précieuses, sont l’hermine, le chinchilla et la très rare zibeline (sable) qui arrivait de Russie.
Le cygne, également, qui paraît en nombreuses planches dans le Costume Parisien. Aujourd’hui la production en est interdite, mais il est encore possible d’en voir, rarement, sur quelque marché, ou chez les antiquaires.

C’est une bourgeoisie riche et de plus en plus puissante qui s’établit en France comme dans toute l’Europe. Cette bourgeoisie va transposer ses désirs dans le costume comme dans l’art : c’est une éthique d’ordre pratique qui apparaîtra et influencera l’habillement.

C’est surtout après les campagnes de 1807 que les premières véritables fourrures, comme nous concevons aujourd’hui, ont fait leur apparition.

Lancées par Louis Hippolyte Leroy "Prince des Tailleurs et tailleur des Princes" avec la Witzchoura : un très long manteau, tous droit, avec un grand capuchon tombant sur les épaules, complètement doublé de fourrure à l’intérieur, avec du satin ou du velours de soie à l’extérieur.
Le petit-gris, la martre et autres fourrures d’origine européenne étaient également à la mode.

Le manteau Witzchoura

Les uniformes, surtout ceux des hussards et des mamelouks, influencent robes, manteaux et redingotes qui se chargent de brandebourgs et de boutons. Après les campagnes à l’Est apparaissent les lourds manteaux, pèlerines et "douillettes" doublées ou bordées de fourrure. Les "witz choura"» manteau au col relevé et au capuchon de fourrure, se porte parfois en laissant les manches pendre dans le dos.

Venu de Pologne vers 1808, ce manteau de fourrure était fait de trois pièces, avec de grandes manches ouvertes, pour pourvoir habiller les manches en gigot courantes à cette époque. C’est un élément très important de la mode "Regency".

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