Feux d’artifice du Rendentore 2014

Nous avons le plaisir de vous offrir le bouquet final du feu d’artifice, tiré à Venise, le samedi 19 juillet 2014, pour la fête du Redentore.

20 juillet 1954

Il y a soixante ans jour pour jour, le Circo Nationale Togni avait déployé son chapiteau sur le campo San Polo, à Venise après avoir, la veille, fait une traversée de la ville depuis la gare Santa Lucia qui restera mémorable.

Le Circo Togni à Venezia, le 19 juillet 1954

A propos de la traversée de la ville, dont se souviennent nombre de vieux vénitiens, voir notre article Le Circo Togni à Venise.

Pour la première fois, une cinquantaine d’artistes venaient se produire dans le cœur historique de la cité lagunaire, mais ce qui a marqué l’imagination des enfants de l’époque, reste sans conteste la traversée de la ville par les animaux, éléphants en tête de cortège.

Le Circo Togni à Venise

Le fait de voir des tigres dans notre ville flottante, ou des éléphants faisant une pyramide sur le pont des Scalzi, et encore des chameaux dans les calli de San Marco était très inhabituel.

De mémoire vivante, il n’y a rien qui puisse dépasser l’émotion de ces heures magiques et exceptionnelles, tant pour les artistes du cirque que pour les vénitiens. Même le public le plus profane, ne pouvait que rester fasciné par un monde si étrange, si proche, ne pouvait avoir les mots pour décrire un spectacle hors du commun. Le cirque Togni avait imaginé un programme qui fait encore envie de nos jours, et qui semble désormais impossible à réaliser de nouveau.

Sur la piste se succédèrent les étoiles circassiennes de l’époque : le Duo Loredani au trapèze, les Fratelli Martini à la corde. Le Trio Cavallini (Luigi Cavallini, Pietro et Peppino Balaguer), parmi les plus célèbres clown italiens, cité par l’historien Cervellati. Toute la famille de Wioris Togni, frère de Darix et fils d’Ercole. Dolly Togni, autre fille d’Ercole, admirable et sensuelle cavalière, qui présenta son numéro de chevaux en libertés, majestueux.

Albert Darix et son épouse Violette Carrè présentèrent un autre numéro équestre d’une extrême élégance.

Mais les chevaux n’étaient les seuls animaux présent dans ce cirque qui se vantait de posséder un des plus grands zoo mobile d’Europe. Les chimpanzés, chameaux, chiens, tous les félins mais surtout les éléphants. Les éléphants qui ont salué la ville depuis le  Ponte degli Scalzi menés par le prestigieux Ugo Miletti dont certains se souviennent encore aujourd’hui comme un génial dompteur d’éléphants. Et puis, il y avait Darix Togni

Darix, la légende parmi les félins, devenu dompteur par hasard, en cinq jours, en Septembre 1946, il reste l’unique exemple à travailler avec la même élégance féline du geste. Venise a toujours été un objectif pour lui et il a réussi, juste à l’été 1954, lorsque, pour remercier un public si affectueux, il a fait présenter un numéro qui fut le premier d’une longue vie, de celui qui lui était si précieux : Livio, 4 ans, son propre fils, qui se produisit à Venise pour la première fois.

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L’art du verre de Murano…

Du 13 juin 2014 au 4 janvier 2015, le Musée des Beaux-Arts de Rennes consacre un temps particulier à la réouverture du cabinet de curiosités constitué par feu Christophe-Paul de Robien (1698-1756).

Christophe-Paul de Robien possédait dans son cabinet douze objets érotiques dont certains qualifiés d’obscènes dans les inventaires. Il s’agit là de peu de chose pour en faire un érotomane, mais c’est plus que ce que possédait Caylus ou Calvet à la même époque.

Cette exposition accompagnant la réouverture du cabinet de curiosités tentera de remettre dans son contexte les objets érotiques de Robien à partir d’autres objets qui lui sont contemporains : des raretés venues de Guimet, du Louvre et des Arts décoratifs délimiteront les contours d’un érotisme longtemps occulté parmi les collections d’amateurs que la seconde moitié du XVIIIème polarisera entre bon gout et vulgarité.

Parmi ces objets, nous avons remarqué une pièce qui prouve, si besoin était, combien l’expertise des souffleurs de verre de Murano était grande.

Phallus en verre

Ce phallus en verre soufflé, produit à Murano, près de Venise, dans la deuxième moitié du XVIIe siècle (et d’une longueur de 26 cm, précision donnée dans le catalogue), fait partie des collections du Musée national du Moyen-Âge – Thermes de Cluny, Paris.

Informations pratiques :

Ouverture
Le mardi, de 10h à 18h
Du mercredi au dimanche, de 10h à 12h et de 14h à 18h

Tarifs
Tarif plein : 5 EUR
Tarif réduit : 3 EUR

Informations complémentaires Musée des Beaux-Arts de Rennes 20, quai Emile Zola 35000 Rennes

Phallus en verre

Murano n’eût pas l’exclusivité de ce genre de production en verre soufflé, et on en produisait également en Allemagne, dans la Forêt Noire, au XVIIème siècle.

En témoigne cet autre flacon en forme de grand phallus en verre incolore transparent décoré d’un large filet cranté en verre incolore appliqué. hauteur : 38 cm ; diamètre. : 7 cm, largeur des testicules : 14 cm. État : Bon avec petit éclat et fêlure au prépuce.

Phallus allemagne

Sources :

Europaïsches und Haussereuropaïsches Glas, Museum für kunsthandwerk, Frankfurt am Main 1980 p.124, n°279.

Die Glassammlung des Bayerischen Nationalmuseums München, R. Ruckert, 1982, Munich, vol. I

La Venice Time Machine

Le 30 septembre 2013, lors du Forum des Archivistes Genevois, le professeur Frédéric Kaplan, directeur du laboratoire des humanités digitales (DHLAB) nous a présenté son projet visionnaire de modélisation historique en 3D.

Ce programme réunit des chercheurs vénitiens et lausannois, dans des domaines aussi divers que l’informatique, l’histoire de l’art, la musicologie, l’architecture, la géophysique ou même les neurosciences.

Le lancement de la Venice Time Machine, grand projet de Digital Humanities entre l’EPFL et l’Université Ca’Foscari a donné lieu à plusieurs d’articles de presse et réactions sur Internet (communiqués officiels, article dans Le Temps, repris également dans Le Monde).

Le projet propose une modélisation multidimensionnelle de Venise et de son empire méditerranéen. Son ambition consiste à rendre interopérables des données concernant l’histoire environnementale (évolution de la lagune), urbaine (morphogenèse de la ville), humaine (démographie et circulation) et culturelle (politique, commerce, évolution artistique). La Venice Time Machine comporte des défis en terme de numérisation (des archives immenses et très anciennes), de modélisation (reconstructions cartographiques, gestions de l’incertitude intrinsèque aux données historiques) et de muséographie (comment rendre compte de cette histoire complexe). Les équipes vénitiennes et lausannoises travailleront en étroite collaboration, dans le cadre d’un centre de recherche appelé Digital Humanities Venice.

Maintenant que les annonces sont passées, il est peut-être utile de revenir sur ce qui fait l’originalité de la démarche de cette machine à remonter le temps.

Les archives de Venise, la ville probablement la plus documentée au monde depuis le IXème siècle, représentent des centaines de kilomètres. Le projet inclut la numérisation "intelligente" de cette richesse inouïe, qui devrait permettre une modélisation des relations que Venise a entretenues au cours des siècles.

La quantité, la diversité et la précision des documents de l’administration vénitienne sont uniques dans l’histoire du monde occidental. Recouper cette masse d’informations permet de reconstituer des pans entiers du passé de la cité, tels que des biographies complètes, les dynamiques politiques, voire même l’apparence de certains bâtiments ou de quartiers. "Ces documents sont intriqués de manière complexe, de sorte qu’une fois que l’on croise leurs références, on peut leur faire raconter une histoire beaucoup plus riche", explique Raffaele Santoro, directeur des Archives d’Etat de Venise.

Au départ, il y a un rêve, celui d’adapter les outils numériques du présent à l’exploration du passé.  Nous avons depuis quelques années, des outils extraordinaires pour explorer le monde sans partir de chez nous (par exemple Google Earth/Maps/Streetview). Quand nous ne voyageons pas dans l’espace physique, nous parcourons le graphe social documentant les liens et les activités de plus d’un milliard de personnes. Ces services nous donnent l’impression de vivre dans un "grand maintenant". Le présent est devenu tellement dense que son exploration perpétuelle pour suffit à nourrir notre curiosité.

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Les chercheurs des deux universités et de Telecom Italia commenceront une collaboration basée sur des études spécifiques, avec les premiers étudiants de Master attendus en 2014. Les trois acteurs comptent trouver d’autres sources de financements et inclure d’autres partenaires, afin d’assurer le développement du programme Venice Time Machine, et de renforcer la présence de l’EPFL dans la Cité des Doges.

Cette simulation intégrative de Venise a pour but de reconstruire le passé de la ville, d’offrir une meilleure compréhension de son présent et d’anticiper son futur. Ce programme ambitieux sera consacré à la numérisation et à la conservation des archives ainsi qu’à l’organisation de grandes masses de données, dans le but de concevoir des techniques de visualisation telles que des cartes interactives en trois dimensions, ainsi que des mises en scène muséographiques.

D’après les informations que nous avons au moment où nous rédigeons cet article (fin de l’année 2013), la première phase du projet, qui commencera en 2014 et durera quatre années supplémentaires, de petites équipes de chercheurs se pencheront sur Venise et son réseau historique européen. Ensemble, ils établiront durant ces prochains mois la feuille de route technologique et logistique du projet.

La digitalisation de centaines de kilomètres de rayonnage d’archives est en soi une énorme tâche. Le travail a d’ores et déjà commencé. En termes de gestion de données ou de reconnaissance d’image et de texte, notamment, le projet représente un véritable défi. Pour le relever, le Venice Time Machine a précisément pour ambition de fédérer les deux universités et des partenaires industriels. Afin de comprendre les interactions complexes entre l’art, l’architecture et le commerce à Venise, le programme Venice Time Machine modélisera le réseau que la ville avait tissé sur toute la Méditerranée.

À partir du mois de septembre 2014, un groupe d’étudiants titulaires d’un Bachelor en sciences humaines, en ingénierie ou en informatique sera sélectionné pour participer à un programme de Master commun aux deux universités. Ces étudiants de Master partageront leur temps entre les deux universités. En fonction de leur projet, leur dernier semestre d’études se déroulera à Lausanne, à Venise ou dans une autre université partenaire. Un comité international, composé d’experts renommés issus des universités de Stanford, Columbia, Princeton et Oxford, supervise les efforts menés pour faire du projet un outil fondamental dédié à l’étude de l’histoire de Venise.

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Ces archives vont ainsi trouver via le Web une nouvelle existence virtuelle. Le passé de la cité sera réactualisé, que ce soit par la reconstitution d’arbres généalogiques et des organisations sociales d’autrefois, ou par la possibilité de visualiser son développement urbain. La numérisation de tous ces trésors ouvrira également de nouveaux champs de recherches. "Ce projet nous permet d’étudier des sujets jusque-là pratiquement inaccessibles", estime ainsi Dorit Raines, historienne de l’Université Ca’Foscari, qui a entrepris de parcourir et recouper quelque 300 000 testaments, afin de retracer l’histoire de la propriété des biens précieux à travers les siècles.

"Le but est de transformer tous ces dossiers en une énorme base numérique du passé", explique Frédéric Kaplan, professeur à l’EPFL et responsable du projet. "La bonne nouvelle, c’est que la masse de données ne représente pas un problème, mais au contraire une partie de la solution, puisque nous sommes ainsi de plain-pied dans les technologies en pleine évolution du Big Data".

Un projet qui devrait avancer plus rapidement car il vient de recevoir le soutien financier de la Fondation Lombard Odier qui initie, finance et développe des initiatives stratégiques ambitieuses de l’EPFL. Elle a sélectionné le projet Venice Time Machine pour sa combinaison exemplaire entre art, histoire et science, et soutiendra les chercheurs dans leurs efforts pour le développement des outils de numérisation et d’exploitation de données.

Nous resterons en contact avec ces équipes de scientifiques, et nous fondons de grands espoirs sur ce projet qui nous aidera à accéder à des informations que nous avons cherchées en vain jusqu’à présent. Rendez-vous donc à l’automne 2014 pour suivre les étudiants dans les rangées poussiéreuses de cartons…

Pour en savoir plus :

Le site du DHLAB sur les pages de l’EPFL : Venice Time Machine (en anglais)

TED, comment construire une machine à remonter le temps (en anglais)

Le blog de Frédéric Kaplan : Lancement de la Venice Time Machine (démonstration scientifique en français) voir également le suivi du projet sur le blog de ce professeur.

Digital Venice (en anglais)

MapofVenice

Les murazzi du Lido

L’été commence et nous allons vous parler de "Sea, Sun and…" de la mer Adriatique et d’une petite particularité toute vénitienne : les Murazzi.

Nous avons écrit cet article avec la complicité d’Enzo Pedrocco.

Murazzi a Pellestrina

Les murazzi sont d’énormes barrages en pierre d’Istrie construits pa la Sérénissime République de Venise pour défendre les rives de la lagune de l’érosion de la mer.

Elles ont remplacées les anciennes palade des palissades remplies de pierres dont la durée de vie était très courte.

Les murazzi sont divisées en trois parties :

La première, sur l’île du Lido di Venezia, commence à Ca’ Bianca et se termine, environs 5 kilomètres plus loin, à proximité d’Alberoni.

Une deuxièmes, sur l’île de Pellestrina, commence à Santa Maria del Mar, et se termine 10 kilomètres plus loin près de la Ca’ Roman, et par endroit, cette protection est le seul barrage entre l’Adriatique et la lagune (ainsi que vous pouvez le voir sur la photo ci-dessus).

La troisième sur le litoral de Sottomarina, commence au Forte San Felice, et se termine 1.255 mètres plus loin au centre de Sottomarina Vecchia. Cette troisième partie, partiellement défigurée, mal entretenue, est envahie par la végétation et partiellement privatisée par des constructions sur la littoral plus aucune fonction de défense.

Murazzi

Cette œuvre est le fruit des études réalisées par le père Vicenzo Coronelli, et remonte à 1716. La construction, commencée en 1744, à été achevée par Bernardo Zendrini en 1782. Une pierre commémore la mémoire de Bernardo Zendrini.

Plaque commémorative à Zendrini

Ces ouvrages ont été endommagés par les grosses tempêtes de 1825, et surtout du 4 novembre 1966 quand les eaux exceptionnellement hautes ont submergées la ville de Venise. Récemment, on a ajouté une série de brosses-brise-lames, placées perpendiculairement à l’ouvrage principal.

murazbis

Ces constructions de pierres sont le lieu de prédilection, dès les premiers rayons du soleil, des amateurs de bronzage et de nature qui viennent profiter de l’air pur "loin de la foule". Loin des plages fréquentées par les familles et les enfants, et dans le respect des traditions relatives à la tenue vestimentaire imposée dans ces lieux publics, les murazzi offrent ainsi un refuge pour les mateurs de liberté.

Et c’est pourquoi, pour beaucoup de vénitiens qui connaissent cette tradition, les murazzi sont intimement liées à des souvenirs passionnés et palpitants des étés passés au Lido di Venezia.

Les murazzi entre les deux guerres, - photo Gigio Zanon‎

Les murazzi entre les deux guerres, – photo Gigio Zanon‎

Bibliographie :

  • Giulio Lorenzetti. Venezia e il suo estuario. Trieste, Edizioni Lint, 1963. ISBN 88-86179-24-3
Les murazzi dans les années 1960

Les murazzi dans les années 1960

Les murazzi dans les années 2000

Les murazzi dans les années 2000

Les murazzi dans les années 2000

Les murazzi dans les années 2000

VeneziaPride

VeneziaPride

L’Onda Pride à Venise, ou Venezia Pride, c’était la toute première marche des gays et lesbiennes dans l’historique cité lagunaire, ce samedi 28 juin 2014.

Les vidéos ont été misses en ligne par La Nuova di Venzia en complément de son article Oggi arriva l’Onda Pride a Venezia: festa, corteo e polemiche

Nous vous avons, à plusieurs reprises, informés depuis quelques semaine de cette manifestation sur notre page Facebook. Hier, nous avons postées les premières photos en direct de Venise.

Une manifestation, comme partout dans le monde, qui se veut réclamer le droit de s’aimer quelque soit sa "différence", librement et simplement.

Dans la ville qui a connu plus de six mois de carnaval et de débauche, et qui conserve encore précieusement un ponte delle tete, cela paraissait d’une évidence remarquablement historique.

Pourtant, cette manifestation qui se déroule simplement dans le monde entier a provoqué à Venise son lot de polémiques, comme toujours, et des menaces des fanges les plus sordides de la droite extrême, nostalgique des années Mussolini. Forza Nuova annonçait sur la page d’un réseau social le droit de «riservarsi di porre in essere azioni di disturbo alla manifestazione di oltraggio al pudore nonostante il divieto della Questura». La Région prenait soigneusement ses distances.

Les politiques quand il s’agit de Liberté parlent de pudeur, et dans le même temps, quand il s’agit de corruption généralisée, clament leur innocence à grands cris, et se disent victimes (de qui ?).

Finalement c’est un cortège bon enfant, sans immenses chars et sans musique assourdissante, qui, à pieds, à parcouru les calli de l’antique Venise qui s’est mise à rêver au retour possible des mœurs si débridées des siècles passées…

Les photos ci-dessous sont de notre ami Stefano Sofiato, qui, comme vous pouvez le voir, n’a pas hésité à payer de sa personne pour vous informer avec des images exclusives.

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Voici donc le reportage de Stefano pour nos lecteurs francophones :

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D’autres photos qui nous sont parvenues :

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Deux veuves pour un testament, le tournage

On tournait ces derniers temps à Venise le dernier opus des enquêtes du commissaire Guido Brunetti traduit en français de Dona Leon.

Drawing Conclusions, publié en 2011, devenu en allemand Reiches Erbe et en français, en ce début d’année 2014 Deux veuves pour un testament (voir notre article à propos du livre).

Le Commissaire Brunetti et son équipe sont envoyés sur le lieu du décès de Costanza Altavilla. Pour le médecin légiste, elle a fait une crise cardiaque et dans sa chute, sa tête a heurté le radiateur de sa chambre, mais Brunetti sent qu’il se passe quelque chose de pas naturel. Avec son lieutenant Vianello, il commence une enquête, cette femme rendait pas mal de services, sa maison servait d’abri pour femmes battues de plus, elle allait chaque semaine dans une maison de retraite pour parler avec ces veilles personnes qui sont oubliées par leurs familles. Brunetti et son lieutenant Vianello vont arpenter les ruelles de Venice pour découvrir la vérité. Mais vont-ils la trouver ?

En tout cas, c’est bien dans les calli de Venise, ou plus précisément au détour d’une fondamenta que nous les avons croisés…

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Les lunettes des Doges

Du 14 juin au 13 juillet 2014, la Bibliothèque Nationale Martiana, de Venise, propose dans la salle monumentale, une exposition remarquable sur "Les lunettes de soleil de la Venise du XVIIIème siècle".

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Néron fut le premier à utiliser une pierre de couleur pour se protéger les yeux des rayons du soleil pendant les combats dans l’arène.

La couleur verte de l’émeraude fut privilégiée par les opticiens vénitiens, qui ont anticipé de 120 ans la découverte des effets nocifs des rayons ultraviolets. Ils avaient déjà produit des lunettes de soleil très originales, qui garantissaient une protection totale.

En effet, Isaac Newton (1642 – 1727), démontra à la fin du XVIIème siècle, que la lumière blanche était composée de la somme de toutes les autres couleurs. La découverte du rayonnement ultraviolet date de 1801, et son danger sera reconnu en 1870.

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Dans le venise du XVIIème siècle en fait, les dames et les patriciens, cavalieri, capitaines de mer les ont utilisées pour se protéger de l’éclat de la lumière réfléchie lors de la navigation dans la lagune ou en mer.

Depuis les lunettes en arc sans branches, à la première accroche pour stabiliser les lunettes sur le nez, en passant par les verres pour gondoles, ou pour dames utilisées par les nobildonne, l’exposition vous fera remonter le temps jusqu’au verres colorés illusoires, utilisés comme jeux optiques et connus sous le nom de Vetri da Avari.

le Museo dell’Occhiale de Pieve di Cadore (BL), le Museo Correr, la Biblioteca Nazionale Marciana, en collaboration avec la Stazione Sperimentale del Vetro di Murano, sont les témoins scientifiques de cette évènement qui se veut, non seulement une exposition d’objets rarissimes et fascinants, mais une mise en garde sur la protection et la santé de nos yeux.

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Les pièces présentées dans cette exposition, à l’exception des jouets optiques, ont tous été produits au XVIIIème siècle.

Toutes les lunettes du type "Goldoni" (dont il y a une trentaine d’exemplaire dans le monde) ont une caractéristique commune : le long de la monture il y a plusieurs trous qui permettait de poser des protections latérales en soie (paraoci). Certaines disposent également d’une gorge circulaire le long du bord externe, qui, en plus d’avoir une fonction ornementale, protégeait le fil de soie de tout frottement sur les surfaces de la monture.

La production vénitienne favorisait la couleur verte pour la fabrication des verres solaires et les analyses effectuées pour la réalisation du catalogue ont réservées une découverte incroyable…

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La couleur des verres utilisés était le vert dans différentes nuances : vert-jaune, vert gazon, vert d’eau ou vert émeraude. Ce verre est unique, créé dans les fours de Murano, ce qui permet de distinguer la production optique vénitienne de cette époque.

Maurizio Forbice

Pourquoi "Lunettes de Doge" ?

On pense que le Doge Alvise IV Giovanni Mocenigo a été propriétaire d’une des paires de lunettes présentées.

Cette affirmation provient de la présence des armoiries de la famille patricienne Mocenigo, surmontée du Corno Ducale reproduit sur le boitier qui protège l’une des paires de lunettes présentées dans l’exposition. La datation des verres coïncide avec le dogat d’Alvise IV Mocenigo (1763 – 1778).

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L’une des tendances les plus en vogue dans la Venise du XVIIIème siècle était les "lunettes de gondole". Il s’agissait de monocles à la forme assez originale et aux verres verts, une couleur qui atténuait l’intense lumière du soleil et ses reflets sur les eaux de la lagune. Les Vénitiens se déplaçant principalement en gondole à cette époque : protéger les yeux et la peau du soleil était une nécessité, qui devint rapidement une mode.

Ces verres étaient ensuite travaillés par des opticiens pour s’adapter aux montures ou même à des miroirs transparents mais tout aussi protecteurs. Ces accessoires étaient utilisés, surtout par les femmes et les enfants, lors de leurs fréquents déplacements en gondole pour se rendre d’une partie à l’autre de la ville.

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On découvre une cinquantaine de pièces, uniques et très rares: des lunettes aux montures en os, en bois, en tortue, travaillées avec raffinement, mais aussi de très jolis étuis laqués et décorés selon la mode de l’époque.

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occhiale Goldoni

Occhiali da Doge. Gli occhiali da sole nella Venezia del Settecento

Jusqu’au 13 juillet 2014

Sale Monumentali de la Bibliothèque Nationale  Marciana  (entrée par le Musée Correr, Aile napoléonienne de Piazza San Marco, avec le billet des Musées de la Piazza San Marco)

Horaires : 10 -19 heures

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Informazioni sulla Mostra

Dal 14 giugno al 13 luglio 2014
Sale Monumentali della Biblioteca Nazionale Marciana (Libreria Sansoviniana)
San Marco, Venezia

Ingresso

Ingresso dal Museo Correr, Ala napoleonica di Piazza San Marco,
con biglietti del Percorso integrato dei Musei di Piazza San Marco.

Ingresso gratuito per i residenti e nati a Venezia.

Orario

10.00-19.00, ultimo ingresso alle ore 18.00.

Tourisme, environnement et MoSe selon l’UNESCO

MOSE

Il y a quelques années, la ville de Venise avait souhaité organiser une conférence internationale, sous le patronage de l’UNESCO, sur l’avenir de Venise et traiter de sujets comme l’élévation du niveau de la mer, les activités portuaires, la restauration des monuments et le MOSE.

Le projet avait été bloqué par Renato Brunetta, ministre pour la Fonction publique et l’Innovation, dans le gouvernement Silvio Berlusconi IV, de 2008 à 2011,  qui ne voulait pas voir une vitrine internationale proposée aux alternatives pour le MOSE.

Aujourd’hui que les noms de Gianni Letta et Renato Brunetta sont apparus dans la liste des responsables politiques qui auraient été corrompus par les entrepreneurs chargés de la construction du MOSE, on comprends mieux cette farouche opposition, et la colère de l’UNESCO de ces derniers jours (nous avons évoqué dans notre page Olia & Klod venessiani la menace de l’organisation des Nations Unies pour la Culture de mettre Venise dans sa liste moire).

UNESCO

Depuis, trois gouvernements sont passés, l’affaire sur la corruption du MOSE a montré à la face du monde entier une classe politique corrompue et voleurs et de menteurs. Le maire s’en va, la bataille pour la conquête de Venise par d’autre politiques qui, pour le moment, ne valent pas mieux a commencé. Mais les vrais problèmes restent, et l’argent nécessaire pour les prendre en compte a disparu dans des comptes en banque cachés dans des paradis fiscaux.

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Si tout va bien et si les hommes politiques actuellement au pouvoir en Italie ne s’y opposent pas, les 26 et 27 novembre 2014 se tiendra, au Palais des Doges, sous le patronage de l’UNESCO, une réunion internationale d’experts et de personnes qui travaillent dans la cité lagunaire sur les questions de : tourisme, sauvegarde, patrimoine, gestion de l’eau.

On va y parler alors de la sauvegarde de la lagune.

On y parlera du projet MOSE qui devrait être achevé en 2016 et protéger Venise des acqua alta, mais si le niveau des mers augmente réellement de 80 centimètre d’ici 2100, alors, les problèmes subsisteront même avec le MOSE.

On y traitera également pollution et protection de l’environnement.

On évoquera les sujet qui fâche aujourd’hui et qui provoque de fortes tensions entre l’UNESCO et les politiques italiens : le passage des grands navires devant San Marco, pour lesquels l’organisation veut une solution alternative, et, contrairement à ce que décident les politiques ces derniers temps, il est hors de question pour l’ONU de voir encore des navires de croisières ou des pétroliers entrer dans la lagune. C’est pourquoi on parlera du port hoff-shore, projet d’un milliard et demi d’€uros (hors coût de la corruption), et d’un port de tourisme en mer.

On évoquera également la gestion du tourisme à Venise qui ne peut plus supporter de recevoir plus de 22 millions de touristes par an, alors que sa population est passée au dessous de la barre des 60.000 habitants.

 Venise

Vucumprà ou venditori ambulanti abusivi

Nous avons tous vécu ceci déjà !

Pendant ne nombreuses années, Giovanni Tagliamento membre de la mafia calabraise à été considéré comme le roi de la vente de contrefaçon, ces pièces de maroquineries vendues par les vucumprà dans tout Venise et toute l’Italie.

Traditionnellement, les faux sacs en cuir étaient fabriqués dans des ateliers de la région de Naples depuis trente ans, sous le contrôle de la Camorra. "C’est de la belle contrefaçon, avec un cuir qui ne se déchire pas, vendue 400 ou 500 €uros" nous a expliqué un douanier français.

L’Italie est un pays à la fois producteur et consommateur de contrefaçon. Celle-ci représente une perte conséquente de revenus pour l’État italien et de droits sociaux pour les travailleurs. La contrefaçon est aussi un problème de santé et de sécurité publique.

Mais la contrefaçon industrielle chinoise, débarquée à la tonne dans les ports de Gênes et de Naples, a changé la donne. "Depuis quelques années, les Chinois fournissent et vendent même directement, analyse un fonctionnaire. Ç’a été multiplié par cinquante, sous les yeux de tout le monde. Il est évident que les Chinois travaillent en joint-venture avec les organisations italiennes. Sinon, des magasins auraient brûlé…"

Un partage du marché se dessine. Aux familles italiennes, le haut de gamme, aux vendeurs ambulants, la camelote chinoise, bradée. Un douanier français confirme : "Le problème des Italiens, c’est que leurs contrefaçons, grand sport régional napolitain, ont été supplantées par celles qui arrivent des pays asiatiques."

Les articles de journaux montrent régulièrement des actions de la Guardia di Finanzia. Une vidéo diffusée par la police montre des agents de Padoue en train de détruire une paroi factice menant dans une pièce secrète où ont été trouvés de nombreux articles de contrefaçon. "L’organisation était gérée par des Italiens, des Roumains, des Sénégalais, des Marocains et la production était effectuée en Campanie et Lombardie", respectivement les régions autour de Naples et Milan, selon la police.

Les images tournées par la police montrent en particulier de fausses étiquettes des marques Prada, Fendi, Armani Jeans, D&G, Louis Vuitton et Roberto Cavalli. En dépit de fréquentes opérations policières, les articles de contrefaçon sont vendus à tous les coins de rue des villes touristiques italiennes, par des vendeurs à la sauvette qui prennent la fuite dès qu’ils voient un uniforme pour revenir tranquillement aussitôt après.

Toutes les organisations mafieuses italiennes sont présentes dans ce trafic :
Sacra corona unita (SCU), mafia italienne basée dans la région des Pouilles qui règne sur le trafic d’immigrés clandestins (Chinois, Pakistanais ou Albanais) ;
`Ndrangheta organisation mafieuse de Calabre, dans le Sud de l’Italie, à l’Est du Mezzogiorno ;
Stidda, du sud de la Sicile, dont les membres, appelés stiddari sont reconnaissables grâce à un tatouage de cinq points situé entre le pouce et l’index ;
Cosa nostra, la mafia sicilienne surnommée "La Piovra" pour ses réseaux tentaculaires ;
et bien sûr la Camorra, d’origine urbaine, née à Naples et qui compte pas moins de 5000 initiés, les camorristes, regroupés dans 106 familles qui contrôlent la fabrication et l’importation de toute la marchandise de contrefaçon que l’on trouve en Europe.

Elles ont dû s’adapter et travaillent désormais, on l’a vu, avec des organisations extérieures à la péninsule.

Ayant depuis longtemps obtenu des appuis grâce à la corruption, ces organisation se sentent protégées pour avoir acheté le silence et la complicité d’élus au plus haut niveau de l’État, mais aussi de haut fonctionnaires dans pratiquement tous les corps d’État qui pourraient nuire leur activités.

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C’est pourquoi la police et la justice ne voient pas ce que chaque citoyen italien constate au quotidien, c’est pourquoi aussi ces vendeurs à la sauvette de produits contrefais semblent être en Italie et à Venise, comme un État dans l’État, pensant qu’il bénéficient d’une immunité quasi éternelle.

Le résultat d’un véritable "problème culturel", selon le président du Sénat, Pietro Grasso.

"Celui qui achète des contrefaçons aide la criminalité", a souligné cet ancien procureur national anti-mafia, au cours de la présentation d’une campagne européenne contre ce phénomène qui génère chaque année 200 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans le monde.

La contrefaçon "entrave la croissance, génère l’évasion fiscale et fait prospérer la criminalité", a souligné l’ex-magistrat, en jugeant "nécessaire d’éduquer le consommateur".

En 2005, 86 millions de produits contrefaits ont été saisis par les douanes. Cela représente un marché de 3,5 à 7 milliards d’Euros. De plus en plus, une collaboration étroite se met en place entre les douanes et les magistrats. Cela a pour conséquence des saisies quasi-quotidiennes. L’Italie, autrefois montrée du doigt, tend à être un pays moteur dans la lutte anti-contrefaçon.

Matteo Renzi, le premier ministre et Raffaele Cantone le président de l’Organisation Nationale Anti-Corruption ont décidé de mener une guerre sans merci à ces organisations, avec l’aide si besoin des autres polices et services de renseignements européens.

Lors d’un déplacement justement en Calabre, devant des collégiens, le premier ministre Matteo Renzi a insisté sur la responsabilité des jeunes générations. "Il y a ici un vrai problème de criminalité, et vous êtes le point de départ de la lutte contre celle-ci", leur a lancé le jeune chef du gouvernement, âgé de 39 ans.

L’avenir nous dira si cette guerre portera un jour ses fruits et si nous pourrons nous déplacer dans Venise sans voir les ponts obstrués par des vendeurs illégaux que tout le monde supporte car personne ne les chasse.

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Que risque un individu à acheter un produit contrefait ?
Cher. Les sanctions en matière de contrefaçon sont extrêmement élevées. En Italie, l’amende est de 10.000 euros en moyenne pour un consommateur. En France, elle est de 300.000 euros.

Quand à Giovanni Tagliamento, alias "petite araignée" il est désormais devenu l’ambassadeur de de la Camorra sur la Côte d’Azur…

Abusivi 02Photos Lorenzo Greco

Venise en hiver

Difficile d’imaginer Venise sans touristes… onze mois par an, de février à décembre, des millions de visiteurs en manque de romantisme prennent d’assaut la cité des Doges, généralement le temps d’un séjour express de trois jours. Les Vénitiens sont alors réduits au rôle de figurants. Il n’y a qu’en janvier, période de rémission, que Venise appartient presque exclusivement à ses habitants.

Venise en hiver

360°-Géo

Venise en hiver

samedi 14 juin à 18h15 (43 min)

Rediffusion dimanche 15.06 à 13h45

À Venise, il n’y a pas de basse saison touristique, à l’exception de quelques jours de janvier où la ville est en proie aux hautes eaux, à de fortes pluies et au froid. C’est alors que la vraie vie locale peut se montrer au grand jour. "360°-Géo" a suivi deux Vénitiennes pendant la morte saison.

Venise est l’une des destinations les plus appréciées au monde. De son âge d’or médiéval en passant par la Renaissance jusqu’à l’époque actuelle, la Sérénissime fascine par son charme morbide. A Venise, il n’y a pas de basse saison, à l’exception de quelques jours en janvier où la ville est en proie aux hautes eaux, à de fortes pluies et au froid. C’est alors que la vraie vie locale peut se montrer au grand jour. 360° – GEO a suivi deux Vénitiennes pendant la morte saison.

Rencontre avec Lorenza Mariutti, une agent de la « Polizia Locale » qui patrouille à bord d’un canot automobile, et Tiziana Terzi, une ordonnatrice de pompes funèbres, témoin direct d’une ville qui se meurt. Quand on évoque Venise, on pense au carnaval, à la Biennale ou à la Mostra. Rares sont ceux qui s’inquiètent de la montée des eaux – « acqua alta » – ou de l’impact du tourisme de masse… Quid des Vénitiens ? Comment s’accommodent-ils de tout cela ? La ville est-elle bel et bien en train de s’éteindre ? En se concentrant sur une policière et une ordonnatrice de pompes funèbres, ce reportage a choisi de s’intéresser à ceux qui vivent Venise au quotidien pour montrer les coulisses de la cité sur la lagune. Qu’il pleuve, qu’il vente, que le soleil brille ou qu’il gèle, par les ruelles et les canaux, ce film donne à voir un portrait contemplatif d’un des lieux de nostalgie majeurs de ce monde. Loin de toute agitation, découverte des petits appartements des Vénitiens, des ruelles oubliées, de la lagune aux heures matinales de hautes eaux et du système de digues mobiles MOSE, sans oublier l’île-cimetière de San Michele. Les deux protagonistes livrent une vision de leur ville à mille lieues des clichés romantiques. Et pourtant, sans cesse, la Sérénissime dévoile sa beauté sans fard.

  • Origine : ARTE
  • Pays : Allemagne, France
  • Année : 2014
  • Disponible en direct : oui
  • Son : Stereo
  • Image : HD, 16/9
  • Version : VF
  • Arte+7: 14.06-21.06.2014

 Venise sur Arte

  • Rediffusions :
    dim 15.06 à 13h45
    sam 21.06 à 9h35

Quand les petits vénitiens protègent leur ville

Comune de Venezia

A Venise, pendant que coule le bateau de la commune et que les notables font la queue au guichet d’entrée de la maison d’arrêt, les enfants de Venise prennent, heureusement, des initiatives pour défendre leur ville, trésor de l’humanité.

Nous vous avons déjà parlé des rendez-vous citoyens, où des citoyens de Venise se retrouvent, sur leurs jours fériés, pour essayer de faire disparaître les traces que d’infâmes porcs ne peuvent s’empêcher de laisser sur des murs dont ils n’ont rien à faire.

L’incommensurable bêtise de ces êtres que l’on croirait humain rencontre encore et toujours la résistance des vénitiens, qui, infatigablement nettoient.

En ce début d’été, les plus jeunes, qui nous regardaient partir en bataillons volontaires ont, eux aussi manquer leur empreinte sur la ville qu’ils aiment et où ils sont nés. C’est aussi une façon de dire à ces cloportes de la bombe que jamais les vénitiens ne leur laisseront de répits. Venise à ceci de particulier que tout se sait, tout se voit, et chacun sait qui fait quoi. Aujourd’hui, les petits vénitiens nettoient les traces laissés par ces demeurés.

Photo Gian Luigi Vianello

Photo Gian Luigi Vianello

Photo Gian Luigi Vianello

Photo Gian Luigi Vianello

Photo Mario Heinz

Photo Mario Heinz

Photo Gian Luigi Vianello

Photo Mario Heinz

Photo Mario Heinz

Photo Mario Heinz

Photo Mario Heinz

Photo Mario Heinz

Photo Mario Heinz

Photo Mario Heinz

Photo Mario Heinz

Photo Mario Heinz

Photo Mario Heinz

Photo Gian Luigi Vianello

Photo Mario Heinz

Photo Mario Heinz Les photos sont de Mario Heinz et Gian Luigi Vianello

Et voilà, nos valeureux bambins vénitiens sont fiers, à juste titre, d’avoir redonné un peu de dignité à ce pont très passant de Venise, où des milliers de touristes passent chaque jour.

Masegni & Nizioleti Associazione ONLUS 001

La presse s’est même fait l’écho de leur exploit :

Masegni & Nizioleti Associazione ONLUS002

Mille BRAVOS à nostre grandi ragazzi venessiani che ha fatto che gli adulti non sono in grado di comprendere.

Photo Alberto Alberti

Photo Alberto Alberti

 

Mais, quelque abrutis provocateur a apprécié un mur récemment nettoyé, pour y déverser son venin et surtout, probablement, provoquer les vénitiens qui prennent sur leur temps libre pour nettoyer leur porcheries.

Murs propres

Que cet individu sache dont que, comme nous l’avons déjà écrit plus haut, Venise est en réalité une sorte de grand village où tout se sait, où il est impossible de taguer sur un mur sans que quelqu’un vous ait vu, probablement suivi ensuite jusque chez vous. Les bocca delle verita n’ont pas été oubliées, c’est une tradition vieille comme la Sérénissime, et quand il faut protéger Venise, on peut compter sur les vénitiens.  Nous savons donc qui vous êtes et où vous habitez.

Tremblez donc sombre crétin vous pourriez peut-être comprendre ce que signifie, à Venise,  l’expression "voir venir sa dernière heure"… et il n’est pas exclu que vous soyez, un jour, invité à visiter quelques canaux de sinistre réputation…

Potence

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