Les Echappées Belles avec Florence, Maria, Davide, les deux Francesco…

Nous vous avons déjà parlé de l’émission qui passera Samedi 20 septembre 2014 de 20:37 à 22:10 heures sur France 5. Nous avons, en effet, été sollicités pour aider, en amont, à trouver des partenaires qui accepteraient de participer à l’émission pour montrer un visage différent de Venise.

IMG_0822

L’équipe était composée de quatre personnes, le réalisateur Jean-Yves Cauchard, l’ingénieur du son Gaspard Baudry et l’assistante-traductrice Céline Boutte, autour de l’animateur-voyageur Raphaël de Casabianca, qui est un des trois présentateurs, en alternance de l’émission.

IMG_5764

Il nous avait été demandé de les mettre en relation avec des personnes sur Venise qui leur présenterait, de façon positive, des aspect méconnus de cette ville dont les médias ont déjà tout dit…

Les conditions ont été idéales, puisque pendant les 8 jours qu’a duré le tournage, le soleil a brillé avec des températures estivales. Jean-Yves, Gaspard et Céline étaient déjà venus à Venise, mais c’était la première fois pour Raphaël qui appréhendait un peu la découverte de ce qui est souvent présenté comme une "ville-musée"… Raphaël a finalement été très agréablement surpris par le sens du partage, de l’entrepreneuriat mais aussi la passion des Vénitiens pour la sauvegarde de leur ville.

Venise 03

Globalement d’ailleurs, l’équipe est rentrée pleine d’excellents souvenirs de moments partagés avec leurs interlocuteurs : les Vénitiens qu’ils ont rencontrés avaient vraiment à cœur de montrer un autre visage de Venise. Et c’est ce que l’équipe a ressenti en découvrant, par exemple, la lagune avec Francesco, leur guide-taxi très vite devenu un ami. Certaines rencontres les ont marqués ; des gens extraordinaires comme ces dernières dentellières italiennes à Burano ou ce jeune agriculteur sur Vignole, les derniers artisans de mosaïque du Cannaregio, ou encore les habitants du Castello qui se revendiquent comme étant les seuls "vrais Vénitiens"…  Certaines scènes qui seront présentes dans l’émission relèvent de l’improvisation (un des intervenants initialement prévus, qui s’est désisté, a été remplacé par Francesco Pannoli qui nous a menés à la rencontre de Michel Thoulouze par exemple), tant la plupart des interlocuteurs se sont avérées être des personnalités très attachantes.

IMG_5798

Les découvertes les plus marquantes de l’équipe pendant ce tournage ont sans doute été la lagune, parfois injustement boudée par les touristes mais pleine d’un charme paisible sous les atours roses et rouges d’un soleil couchant ; le sestiere de Castello qui regorge d’églises et d’Histoire ainsi que de "calli" typiquement vénitiennes et pour lesquelles nous avions, avec Claudio Boaretto un guide merveilleux (voir son article à propos de ce tournage), lui qui est natif de cette partie de Venise ; mais aussi les nombreuses spécialités culinaires de la Sérénissime (spaghetti à la fraise, crevettes et crabe, gnocchi à la vénitienne, au safran et curcuma, artichauts violets à la vénitienne ou encore les pates alio, oglio e peperocino), qu’ils ont dégustées grâce à leurs hôtes Maria et Florence.

IMG_5762

Au cours de sa visite de la ville, Raphaël va donc découvrir les quartiers du Castello et du Cannaregio avec son accompagnatrice Florence Boaretto, pour qui il était important de montrer les quartiers vénitiens épargnés par le tourisme de masse. Raphaël a ainsi la chance de visiter la fabrique de mosaïque Orsoni par exemple.

Traduttrice

Ensuite, son périple le mène dans le centre de la ville, autour de la place Saint Marc, avec Davide Busato, spécialiste de la Venise criminelle, qui lui en compte les anecdotes les plus sombres et croustillantes. On part ensuite sur la lagune avec les deux Francesco, Badiene et Pannoli, le premier abordant les problématiques liées à l’environnement et la préservation des eaux et des îles vénitiennes, le second l’emmenant à la rencontre de Michel Thoulouze qui cultive ses vignes sur les terres salées de la lagune. Raphaël retourne ensuite sur la terre ferme pour accompagner Maria, chef de l’osteria Alba Nova, et apprendre que si la cuisine « italienne » est peut-être un abus de langage – tant chaque région d’Italie a son identité culinaire – la cuisine vénitienne, elle, est une réalité bien tangible. Enfin, notre voyageur s’accorde une petite virée nocturne, pour découvrir les différentes facettes de la Venise qui ne dort pas…

IMG_0763

Les autres sujets abordés dans l’émission seront les suivants :

- Venise, ville des amoureux

- La Vogalonga

- Les Vénitiens face au tourisme de masse

- Les souffleurs de verre de Murano

- Les îles insolites et méconnues de la lagune

- 24h sur le grand canal

IMG_0812

Ambiance festive d’un Carnaval dans le sud de la France

Scène de rixe

Ainsi qu’en témoigne cette cette Scène de rixe pendant le Carnaval d’un peintre de l’école provençale du XVIIIème siècle, le sud-est de la France à toujours été l’occasion de festivités carnavalesques dans une ambiance un peu particulière.

On voit ici un notable qui se rempli généreusement la panse, égoïstement, pendant qu’autour de lui, les autres participants à la fête se cognent sérieusement, s’injurient et se maltraitent.

Des belles moeurs qui, au fil des siècles ont très peu évoluées, convenons-en…

Echappées Belles à Venise

Avec Davide Busato

Des caméras qui filment à Venise, nous en avons l’habitude… mais quand nous avons été sollicités pour aider, en coulisses, au tournage  d’une émission de télévision, c’est avec un regard différent que nous attendons le résultat.

Raphaël de Casabianca  déambule à travers la Cité des Doges, de San Marco à Cannaregio, et part dans les îles…

Au sommaire :

1 ) Venise, un amour de ville – Pour beaucoup, Venise est la ville romantique par excellence.
2 ) La Vogalonga, la course de l’espoir – La Vogalonga est une grande randonnée de bateaux à avirons, qui a lieu tous les mois de mai à Venise. Le parcours d’une trentaine de kilomètres passe par les îles Burano et Murano.
3 ) Les magiciens de Murano – L’île de Murano, au nord de Venise, abrite des artisans à la renommée internationale, spécialisés dans le soufflage du verre.
Les routes d’Échappées belles : «Cuba, sur les traces du Che» – Épisode 3.

 

Samedi prochain, retrouvez notre article exclusif avec de nombreuses photos inédites et les secrets du tournage de l’émission.

Avec Florence Boaretto

Le porcelet de la Regata Storica

1856 Regata Storica - gravure

C’est aujourd’hui que va se dérouler la traditionnelle Regata Storica.

C’est l’occasion pour nous de parler d’une particularité de cette festivité toute vénitienne :

La Tradizione del Maialino.

1974

Le porcelet est un symbole de la Régate Historique, en effet, fut pendant des siècles le "prix de consolation" pour la quatrième place de la régate, en plus du drapeau.

Pour le destin de l’animal, traditionnellement surnommé "courtevie", il faisait figure de plat d’honneur lors du repas qui réunissait les gagnants à la fin de la saison avec les amis et la famille.

Pour de nombreuses raisons, à la demande des organisations de défense des animaux, le conseil municipal de Venise a décidé de transformer le porcelet en une figurine en verre de Murano : depuis 2003, il est devenu un lot artistique de valeur, offert tous les deux ans, signé par les plus prestigieux verriers vénitiens.

Dans la photo ci-dessous : Régate Historique de 1956 Ermenegildo Fravega "Scardola" emporte le porcelet dans sa barque, "lot de consolation" pour sa quatrième place dans la course.
(Texte et photos : comune.venezia.it)

1956

Dites NON au Canale Contorta !

Le gouvernement italien était en face de plusieurs choix possibles, certains pouvaient sauver sauver Venise et sa lagune, mais, comme par hasard, le chef de l’Etat italien, Matteo Renzi a annoncé sa décision : Ce sera le plus mauvais choix possible.

Les grand navires de croisière ne passeront plus devant San Marco, mais ils passeront toujours dans la lagune et, pour permettre plus de passages, on creusera un nouveau canal.

Carte du Canale Contorta - Venise

Déjà, le creusement de ce canal impose la destruction d’une des îles de la lagune sud : L’isola de Sant’Angelo della polvere est vouée à disparaître pour permettre le passage des usines à touristes.

Des manifestation vont avoir lieu prochainement, pour dénoncer la corruption qui touche tous les élus italiens jusqu’au plus haut niveau de l’État.

Grandi Navi

Le journal La libre Belgique, du 4 septembre 2014 a déjà publié une double page sur ce problème qui regarde désormais les dirigeants européens. Les médias français, quand a eux sont entièrement préoccupés par la valls des problèmes dentaires des membres du gouvernement, et sont loin de se préoccuper des soucis de l’avenir de la planète.

La Libre Belgique du 4 septembre

Mais en attendant, si vous aussi vous ne souhaitez pas que Venise et sa lagune soient sacrifiés au nom du tourisme de masse qui la détruit un peu plus chaque jour, vous pouvez interpeller la Premier Ministre italien, Matteo Renzi en signant une pétition qui a été mise en ligne et déjà signe par 25.000 personnes dans le monde entier.

Invitez tous vos amis à signer cette pétition également !

 

Ne venez pas à Venise pour ça !

Cela commence avec les ponts du mois de mai, et se prolonge tout l’été… circuler à Venise pour quelqu’un qui doit tenter d’y vivre normalement (d’y survivre serait un terme plus juste), relève d’une aventure surhumaine, et demande une quantité extraordinaire de patience et la nécessité de, constamment, prendre sur soi.

Venise l'été

Quand nous sommes dans la Venise estivale, nous trouvons que les moutons de nos montagnes des Alpes sont infiniment plus civilisés que les touristes des temps modernes.

Dès la fin du mois de juin, tout vénitien, de naissance ou de cœur, comprends que tenter d’utiliser les transports en commun est un défi qu’il est préférable d’oublier.

Venise l'été - 070

Dès le milieu de la matinée, nous commençons à subir des groupes, affalés sur les banques des fondamente, vautrés sur le marches des ponti, et qui sortent leur repas du sac (pas question d’acheter quoi que ce soit à Venise) pour faire leur agapes en plein milieu de nos voies de circulations, sans se soucier des difficultés qu’ils causent.

Venise l'été - 015

Et entre 11 et 14 heures, on pourrait croire que le monde entier est venu déballer son casse-croute dans cette belle ville.

Venise l'été

Venise l'été - 008

Certains, désormais sont encore mieux organisé et ont, visiblement prémédité leur crime : ils emportent même leur nappe vichy pour pique-niquer sur la plus belle place du monde, en dépit des pictogrammes d’interdiction affichés sur les poubelles près d’eux.

Venise l'été - 006

Et, ne pensez pas que la rusticité des mœurs est l’apanage des classes défavorisées, les nouveaux riches et les parvenus ont conservé les manières de manants qu’ils avaient à leur naissance. L’éducation et le respect ne sont pas liées à la fortune.

Venise l'été - 050

Donc, chaque jour nous assistons à ce spectacle désolant d’une société de con-sommation, en plein décomposition de ses mœurs. A Venise plus qu’ailleurs, nous comprenons à quel point notre civilisation de l’égoïsme et du capital est pervertie, comme toute société en déclin. La véritable crise est bien celle des valeurs humaines et humanistes.

Venise l'été

Venise l'été

Venise l'été

Venise l'été

Venise l'été

Venise l'été

Venise l'été

Venise l'été

Venise l'été

Venise l'été

Venise l'été

Nous ne sommes pas les seuls à voir et subir cela, et d’autres amis vénitiens, notent également un relâchement des moeurs, jusque dans la tenue et les attitudes inconvenantes, comme le montre ce reportage d’Enzo Pedrocco !

Et comme vous pouvez le constater, nous ne pouvons être taxés de raciste : toutes les nationalités de la terre se comportent de la même manière quand ils sont à Venise, y compris à la porte des lieux sacrés.

Venise l'été - 016

Après avoir souffert le jour, nous espérions que, passé 18 heures, quand les hordes de touristes low-cost apportées par les magnats du tourisme de masse seraient reparties dans leurs cages à lapins des hôtels "touristiques" ; nous pensions donc que nous retrouverions notre Venise "à nous", et que nous pourrions enfin vaquer à notre vie, normale…

Et voilà que désormais, Venise la nuit se transforme en auberge aux étoiles avec des campeurs sans scrupules…

Venise l'été

… ou en véritable cour des miracles qui nous ramène, des siècles en arrière, à l’époque du Moyen-Âge quand le cœur des cités du Vieux Monde n’était que porcherie et insécurité :

Venise l'été

Venise l'été

Venise l'été

Une fois que ces "touristes" sont partis, eux qui n’ont rien acheté sinon de quoi s’enivrer, eux qui n’emportent aucun souvenirs de la sérénissime cité lagunaire, ne manquent pas de nous laisser les traces de leurs passage, et les souvenirs de leur incommensurable manque d’éducation :

Venise l'été

Cela s’ajoute de plus en plus, et désormais, presque chaque jour la presse locale se fait l’écho de ces "mauvais touristes" qui dégradent le patrimoine de l’humanité.

Venise l'été - 100

Venise l'été - 101

De quoi donner des arguments à celles et ceux qui réclament, depuis des années, que l’accès à Venise soit limité par un numero chiuso (voir cet article écrit en 1987). Nos lecteurs ne s’étonneront donc pas si un jour, ce que nous avions écrit dans notre poisson du 1er avril dernier devient réalité !

Grazie a Pietro Bortoluzzi ; Antonella Ciappina ; Alessandro Dalla Cort ; Alvise Elvis Ferialdi ; Irene Galifi ; Davide Scalzotto ; Matteo Secchi ; Cecilia Tonon ; Anna Zemella et tutti i membri del gruppo di riflessione sur questo problemo, per loro collaborazzione.

Feux d’artifice du Rendentore 2014

Nous avons le plaisir de vous offrir le bouquet final du feu d’artifice, tiré à Venise, le samedi 19 juillet 2014, pour la fête du Redentore.

20 juillet 1954

Il y a soixante ans jour pour jour, le Circo Nationale Togni avait déployé son chapiteau sur le campo San Polo, à Venise après avoir, la veille, fait une traversée de la ville depuis la gare Santa Lucia qui restera mémorable.

Le Circo Togni à Venezia, le 19 juillet 1954

A propos de la traversée de la ville, dont se souviennent nombre de vieux vénitiens, voir notre article Le Circo Togni à Venise.

Pour la première fois, une cinquantaine d’artistes venaient se produire dans le cœur historique de la cité lagunaire, mais ce qui a marqué l’imagination des enfants de l’époque, reste sans conteste la traversée de la ville par les animaux, éléphants en tête de cortège.

Le Circo Togni à Venise

Le fait de voir des tigres dans notre ville flottante, ou des éléphants faisant une pyramide sur le pont des Scalzi, et encore des chameaux dans les calli de San Marco était très inhabituel.

De mémoire vivante, il n’y a rien qui puisse dépasser l’émotion de ces heures magiques et exceptionnelles, tant pour les artistes du cirque que pour les vénitiens. Même le public le plus profane, ne pouvait que rester fasciné par un monde si étrange, si proche, ne pouvait avoir les mots pour décrire un spectacle hors du commun. Le cirque Togni avait imaginé un programme qui fait encore envie de nos jours, et qui semble désormais impossible à réaliser de nouveau.

Sur la piste se succédèrent les étoiles circassiennes de l’époque : le Duo Loredani au trapèze, les Fratelli Martini à la corde. Le Trio Cavallini (Luigi Cavallini, Pietro et Peppino Balaguer), parmi les plus célèbres clown italiens, cité par l’historien Cervellati. Toute la famille de Wioris Togni, frère de Darix et fils d’Ercole. Dolly Togni, autre fille d’Ercole, admirable et sensuelle cavalière, qui présenta son numéro de chevaux en libertés, majestueux.

Albert Darix et son épouse Violette Carrè présentèrent un autre numéro équestre d’une extrême élégance.

Mais les chevaux n’étaient les seuls animaux présent dans ce cirque qui se vantait de posséder un des plus grands zoo mobile d’Europe. Les chimpanzés, chameaux, chiens, tous les félins mais surtout les éléphants. Les éléphants qui ont salué la ville depuis le  Ponte degli Scalzi menés par le prestigieux Ugo Miletti dont certains se souviennent encore aujourd’hui comme un génial dompteur d’éléphants. Et puis, il y avait Darix Togni

Darix, la légende parmi les félins, devenu dompteur par hasard, en cinq jours, en Septembre 1946, il reste l’unique exemple à travailler avec la même élégance féline du geste. Venise a toujours été un objectif pour lui et il a réussi, juste à l’été 1954, lorsque, pour remercier un public si affectueux, il a fait présenter un numéro qui fut le premier d’une longue vie, de celui qui lui était si précieux : Livio, 4 ans, son propre fils, qui se produisit à Venise pour la première fois.

.

L’art du verre de Murano…

Du 13 juin 2014 au 4 janvier 2015, le Musée des Beaux-Arts de Rennes consacre un temps particulier à la réouverture du cabinet de curiosités constitué par feu Christophe-Paul de Robien (1698-1756).

Christophe-Paul de Robien possédait dans son cabinet douze objets érotiques dont certains qualifiés d’obscènes dans les inventaires. Il s’agit là de peu de chose pour en faire un érotomane, mais c’est plus que ce que possédait Caylus ou Calvet à la même époque.

Cette exposition accompagnant la réouverture du cabinet de curiosités tentera de remettre dans son contexte les objets érotiques de Robien à partir d’autres objets qui lui sont contemporains : des raretés venues de Guimet, du Louvre et des Arts décoratifs délimiteront les contours d’un érotisme longtemps occulté parmi les collections d’amateurs que la seconde moitié du XVIIIème polarisera entre bon gout et vulgarité.

Parmi ces objets, nous avons remarqué une pièce qui prouve, si besoin était, combien l’expertise des souffleurs de verre de Murano était grande.

Phallus en verre

Ce phallus en verre soufflé, produit à Murano, près de Venise, dans la deuxième moitié du XVIIe siècle (et d’une longueur de 26 cm, précision donnée dans le catalogue), fait partie des collections du Musée national du Moyen-Âge – Thermes de Cluny, Paris.

Informations pratiques :

Ouverture
Le mardi, de 10h à 18h
Du mercredi au dimanche, de 10h à 12h et de 14h à 18h

Tarifs
Tarif plein : 5 EUR
Tarif réduit : 3 EUR

Informations complémentaires Musée des Beaux-Arts de Rennes 20, quai Emile Zola 35000 Rennes

Phallus en verre

Murano n’eût pas l’exclusivité de ce genre de production en verre soufflé, et on en produisait également en Allemagne, dans la Forêt Noire, au XVIIème siècle.

En témoigne cet autre flacon en forme de grand phallus en verre incolore transparent décoré d’un large filet cranté en verre incolore appliqué. hauteur : 38 cm ; diamètre. : 7 cm, largeur des testicules : 14 cm. État : Bon avec petit éclat et fêlure au prépuce.

Phallus allemagne

Sources :

Europaïsches und Haussereuropaïsches Glas, Museum für kunsthandwerk, Frankfurt am Main 1980 p.124, n°279.

Die Glassammlung des Bayerischen Nationalmuseums München, R. Ruckert, 1982, Munich, vol. I

La Venice Time Machine

Le 30 septembre 2013, lors du Forum des Archivistes Genevois, le professeur Frédéric Kaplan, directeur du laboratoire des humanités digitales (DHLAB) nous a présenté son projet visionnaire de modélisation historique en 3D.

Ce programme réunit des chercheurs vénitiens et lausannois, dans des domaines aussi divers que l’informatique, l’histoire de l’art, la musicologie, l’architecture, la géophysique ou même les neurosciences.

Le lancement de la Venice Time Machine, grand projet de Digital Humanities entre l’EPFL et l’Université Ca’Foscari a donné lieu à plusieurs d’articles de presse et réactions sur Internet (communiqués officiels, article dans Le Temps, repris également dans Le Monde).

Le projet propose une modélisation multidimensionnelle de Venise et de son empire méditerranéen. Son ambition consiste à rendre interopérables des données concernant l’histoire environnementale (évolution de la lagune), urbaine (morphogenèse de la ville), humaine (démographie et circulation) et culturelle (politique, commerce, évolution artistique). La Venice Time Machine comporte des défis en terme de numérisation (des archives immenses et très anciennes), de modélisation (reconstructions cartographiques, gestions de l’incertitude intrinsèque aux données historiques) et de muséographie (comment rendre compte de cette histoire complexe). Les équipes vénitiennes et lausannoises travailleront en étroite collaboration, dans le cadre d’un centre de recherche appelé Digital Humanities Venice.

Maintenant que les annonces sont passées, il est peut-être utile de revenir sur ce qui fait l’originalité de la démarche de cette machine à remonter le temps.

Les archives de Venise, la ville probablement la plus documentée au monde depuis le IXème siècle, représentent des centaines de kilomètres. Le projet inclut la numérisation "intelligente" de cette richesse inouïe, qui devrait permettre une modélisation des relations que Venise a entretenues au cours des siècles.

La quantité, la diversité et la précision des documents de l’administration vénitienne sont uniques dans l’histoire du monde occidental. Recouper cette masse d’informations permet de reconstituer des pans entiers du passé de la cité, tels que des biographies complètes, les dynamiques politiques, voire même l’apparence de certains bâtiments ou de quartiers. "Ces documents sont intriqués de manière complexe, de sorte qu’une fois que l’on croise leurs références, on peut leur faire raconter une histoire beaucoup plus riche", explique Raffaele Santoro, directeur des Archives d’Etat de Venise.

Au départ, il y a un rêve, celui d’adapter les outils numériques du présent à l’exploration du passé.  Nous avons depuis quelques années, des outils extraordinaires pour explorer le monde sans partir de chez nous (par exemple Google Earth/Maps/Streetview). Quand nous ne voyageons pas dans l’espace physique, nous parcourons le graphe social documentant les liens et les activités de plus d’un milliard de personnes. Ces services nous donnent l’impression de vivre dans un "grand maintenant". Le présent est devenu tellement dense que son exploration perpétuelle pour suffit à nourrir notre curiosité.

historical-maps-and-paintings

Les chercheurs des deux universités et de Telecom Italia commenceront une collaboration basée sur des études spécifiques, avec les premiers étudiants de Master attendus en 2014. Les trois acteurs comptent trouver d’autres sources de financements et inclure d’autres partenaires, afin d’assurer le développement du programme Venice Time Machine, et de renforcer la présence de l’EPFL dans la Cité des Doges.

Cette simulation intégrative de Venise a pour but de reconstruire le passé de la ville, d’offrir une meilleure compréhension de son présent et d’anticiper son futur. Ce programme ambitieux sera consacré à la numérisation et à la conservation des archives ainsi qu’à l’organisation de grandes masses de données, dans le but de concevoir des techniques de visualisation telles que des cartes interactives en trois dimensions, ainsi que des mises en scène muséographiques.

D’après les informations que nous avons au moment où nous rédigeons cet article (fin de l’année 2013), la première phase du projet, qui commencera en 2014 et durera quatre années supplémentaires, de petites équipes de chercheurs se pencheront sur Venise et son réseau historique européen. Ensemble, ils établiront durant ces prochains mois la feuille de route technologique et logistique du projet.

La digitalisation de centaines de kilomètres de rayonnage d’archives est en soi une énorme tâche. Le travail a d’ores et déjà commencé. En termes de gestion de données ou de reconnaissance d’image et de texte, notamment, le projet représente un véritable défi. Pour le relever, le Venice Time Machine a précisément pour ambition de fédérer les deux universités et des partenaires industriels. Afin de comprendre les interactions complexes entre l’art, l’architecture et le commerce à Venise, le programme Venice Time Machine modélisera le réseau que la ville avait tissé sur toute la Méditerranée.

À partir du mois de septembre 2014, un groupe d’étudiants titulaires d’un Bachelor en sciences humaines, en ingénierie ou en informatique sera sélectionné pour participer à un programme de Master commun aux deux universités. Ces étudiants de Master partageront leur temps entre les deux universités. En fonction de leur projet, leur dernier semestre d’études se déroulera à Lausanne, à Venise ou dans une autre université partenaire. Un comité international, composé d’experts renommés issus des universités de Stanford, Columbia, Princeton et Oxford, supervise les efforts menés pour faire du projet un outil fondamental dédié à l’étude de l’histoire de Venise.

dhv13-group-large

Ces archives vont ainsi trouver via le Web une nouvelle existence virtuelle. Le passé de la cité sera réactualisé, que ce soit par la reconstitution d’arbres généalogiques et des organisations sociales d’autrefois, ou par la possibilité de visualiser son développement urbain. La numérisation de tous ces trésors ouvrira également de nouveaux champs de recherches. "Ce projet nous permet d’étudier des sujets jusque-là pratiquement inaccessibles", estime ainsi Dorit Raines, historienne de l’Université Ca’Foscari, qui a entrepris de parcourir et recouper quelque 300 000 testaments, afin de retracer l’histoire de la propriété des biens précieux à travers les siècles.

"Le but est de transformer tous ces dossiers en une énorme base numérique du passé", explique Frédéric Kaplan, professeur à l’EPFL et responsable du projet. "La bonne nouvelle, c’est que la masse de données ne représente pas un problème, mais au contraire une partie de la solution, puisque nous sommes ainsi de plain-pied dans les technologies en pleine évolution du Big Data".

Un projet qui devrait avancer plus rapidement car il vient de recevoir le soutien financier de la Fondation Lombard Odier qui initie, finance et développe des initiatives stratégiques ambitieuses de l’EPFL. Elle a sélectionné le projet Venice Time Machine pour sa combinaison exemplaire entre art, histoire et science, et soutiendra les chercheurs dans leurs efforts pour le développement des outils de numérisation et d’exploitation de données.

Nous resterons en contact avec ces équipes de scientifiques, et nous fondons de grands espoirs sur ce projet qui nous aidera à accéder à des informations que nous avons cherchées en vain jusqu’à présent. Rendez-vous donc à l’automne 2014 pour suivre les étudiants dans les rangées poussiéreuses de cartons…

Pour en savoir plus :

Le site du DHLAB sur les pages de l’EPFL : Venice Time Machine (en anglais)

TED, comment construire une machine à remonter le temps (en anglais)

Le blog de Frédéric Kaplan : Lancement de la Venice Time Machine (démonstration scientifique en français) voir également le suivi du projet sur le blog de ce professeur.

Digital Venice (en anglais)

MapofVenice

Les murazzi du Lido

L’été commence et nous allons vous parler de "Sea, Sun and…" de la mer Adriatique et d’une petite particularité toute vénitienne : les Murazzi.

Nous avons écrit cet article avec la complicité d’Enzo Pedrocco.

Murazzi a Pellestrina

Les murazzi sont d’énormes barrages en pierre d’Istrie construits pa la Sérénissime République de Venise pour défendre les rives de la lagune de l’érosion de la mer.

Elles ont remplacées les anciennes palade des palissades remplies de pierres dont la durée de vie était très courte.

Les murazzi sont divisées en trois parties :

La première, sur l’île du Lido di Venezia, commence à Ca’ Bianca et se termine, environs 5 kilomètres plus loin, à proximité d’Alberoni.

Une deuxièmes, sur l’île de Pellestrina, commence à Santa Maria del Mar, et se termine 10 kilomètres plus loin près de la Ca’ Roman, et par endroit, cette protection est le seul barrage entre l’Adriatique et la lagune (ainsi que vous pouvez le voir sur la photo ci-dessus).

La troisième sur le litoral de Sottomarina, commence au Forte San Felice, et se termine 1.255 mètres plus loin au centre de Sottomarina Vecchia. Cette troisième partie, partiellement défigurée, mal entretenue, est envahie par la végétation et partiellement privatisée par des constructions sur la littoral plus aucune fonction de défense.

Murazzi

Cette œuvre est le fruit des études réalisées par le père Vicenzo Coronelli, et remonte à 1716. La construction, commencée en 1744, à été achevée par Bernardo Zendrini en 1782. Une pierre commémore la mémoire de Bernardo Zendrini.

Plaque commémorative à Zendrini

Ces ouvrages ont été endommagés par les grosses tempêtes de 1825, et surtout du 4 novembre 1966 quand les eaux exceptionnellement hautes ont submergées la ville de Venise. Récemment, on a ajouté une série de brosses-brise-lames, placées perpendiculairement à l’ouvrage principal.

murazbis

Ces constructions de pierres sont le lieu de prédilection, dès les premiers rayons du soleil, des amateurs de bronzage et de nature qui viennent profiter de l’air pur "loin de la foule". Loin des plages fréquentées par les familles et les enfants, et dans le respect des traditions relatives à la tenue vestimentaire imposée dans ces lieux publics, les murazzi offrent ainsi un refuge pour les mateurs de liberté.

Et c’est pourquoi, pour beaucoup de vénitiens qui connaissent cette tradition, les murazzi sont intimement liées à des souvenirs passionnés et palpitants des étés passés au Lido di Venezia.

Les murazzi entre les deux guerres, - photo Gigio Zanon‎

Les murazzi entre les deux guerres, – photo Gigio Zanon‎

Bibliographie :

  • Giulio Lorenzetti. Venezia e il suo estuario. Trieste, Edizioni Lint, 1963. ISBN 88-86179-24-3
Les murazzi dans les années 1960

Les murazzi dans les années 1960

Les murazzi dans les années 2000

Les murazzi dans les années 2000

Les murazzi dans les années 2000

Les murazzi dans les années 2000

VeneziaPride

VeneziaPride

L’Onda Pride à Venise, ou Venezia Pride, c’était la toute première marche des gays et lesbiennes dans l’historique cité lagunaire, ce samedi 28 juin 2014.

Les vidéos ont été misses en ligne par La Nuova di Venzia en complément de son article Oggi arriva l’Onda Pride a Venezia: festa, corteo e polemiche

Nous vous avons, à plusieurs reprises, informés depuis quelques semaine de cette manifestation sur notre page Facebook. Hier, nous avons postées les premières photos en direct de Venise.

Une manifestation, comme partout dans le monde, qui se veut réclamer le droit de s’aimer quelque soit sa "différence", librement et simplement.

Dans la ville qui a connu plus de six mois de carnaval et de débauche, et qui conserve encore précieusement un ponte delle tete, cela paraissait d’une évidence remarquablement historique.

Pourtant, cette manifestation qui se déroule simplement dans le monde entier a provoqué à Venise son lot de polémiques, comme toujours, et des menaces des fanges les plus sordides de la droite extrême, nostalgique des années Mussolini. Forza Nuova annonçait sur la page d’un réseau social le droit de «riservarsi di porre in essere azioni di disturbo alla manifestazione di oltraggio al pudore nonostante il divieto della Questura». La Région prenait soigneusement ses distances.

Les politiques quand il s’agit de Liberté parlent de pudeur, et dans le même temps, quand il s’agit de corruption généralisée, clament leur innocence à grands cris, et se disent victimes (de qui ?).

Finalement c’est un cortège bon enfant, sans immenses chars et sans musique assourdissante, qui, à pieds, à parcouru les calli de l’antique Venise qui s’est mise à rêver au retour possible des mœurs si débridées des siècles passées…

Les photos ci-dessous sont de notre ami Stefano Sofiato, qui, comme vous pouvez le voir, n’a pas hésité à payer de sa personne pour vous informer avec des images exclusives.

VeneziaPride_000

Voici donc le reportage de Stefano pour nos lecteurs francophones :

VeneziaPride_001

VeneziaPride_008

VeneziaPride_007

VeneziaPride_006

VeneziaPride_005

VeneziaPride_004

VeneziaPride_003

VeneziaPride_002

VeneziaPride_001

VeneziaPride_002

VeneziaPride_003

VeneziaPride_004

VeneziaPride_005

VeneziaPride_006

VeneziaPride_007

VeneziaPride_008

VeneziaPride_009

VeneziaPride_010

VeneziaPride_011

VeneziaPride_009

VeneziaPride_012

VeneziaPride_013

VeneziaPride_011

VeneziaPride_010

VeneziaPride_014

VeneziaPride_015

VeneziaPride_014

VeneziaPride_013

VeneziaPride_012

D’autres photos qui nous sont parvenues :

VeneziaPride_102

VeneziaPride_105

VeneziaPride_104

VeneziaPride_101

VeneziaPride_100

VeneziaPride_106

Previous Older Entries

Tous les articles des derniers mois…

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 534 autres abonnés