In te Domine speravi

Zalterius Bologninus (Bolognino Zaltieri) fut un imprimeur et libraire vénitien actif dans la seconde moitié du XIVème siècle.

Appelé "libraio" le 10 Juillet 1567 quand il a enregistré sa marque (le Lion de la ville de Venise avec le mot VENETIA). Almagià pensait qu’il était exclusivement un imprimeur. Dans la liste, en 1573, de Francesco Patrizio, des imprimeurs et libraires bénéficiant d’un privilège, Zaltieri est décrit comme "Alla Stella".

On ne sait que peu de choses de sa vie, sinon qu’il  a travaillé en association avec les frères Domenico et Giovanni Battista Guerra.

Au fil des ans ces devises furent : Aut utile aut jucundus aut utrumque.In te Domine speravi. – Felix prudens simplicitas.

Nos lecteurs français pourront consulter, à la Bibliothèque Nationale de France, quelques uns de ses ouvrages :

Il disegno del discoperto della nova Franza… est en réalité, une carte de toute l’Amérique du Nord et de l’Amérique centrale publiée en 1566.

Totius Galliae exactissima descriptio, carte de 1566, gravée par Paolo Forlani, porte dans un cartouche, la dédicace : Magco ac insigni viro Marco Antonio Radici Paulus Forlani Veronensis S.D. sur laquelle on lit : Totius Galliae… delineatio ad Orontij… imitationem ; voir Bagrow, Ortelii Catalogus, p. 65

Brabantiae Belgarum provinciae recens exactaque descriptio de 1567, est une carte, avec dans le haut, les armes de l’Empire germanique et du Brabant.

Hollandiae Batavoru veteris insulae et locorum adiacentium exacta descriptio de 1567.

Ducatus Carniolae una cum marcha Windorum est une carte de 1568, avec le titre liminaire en latin, et des armoiries de chaque côté. En bas, dans deux cartouches, avis au lecteur en italien et en latin.

Ducatus Carniolae una cum marcha Windorum - Source Gallica

Nova ac verissima totius Terrae Sanctae descriptio avec une dédicace à l’archevêque de Salzbourg signée : Josephus Cerrus. Carte publiée en 1569.

Sanctus Mons Synai, publié en 1569, porte les dédicaces : Claudio Cornelio Frangipani OP SP. adolescentulo Io. Baptista Fontana…. et un avis au lecteur : Bologninus Zalterius pio lectori. – Vue panoramique du monastère et des ermitages, illustrée de personnages.

Lectoribus. En Bohemiae nova et exacta descriptio avec le titre dans un cartouche orné de fruits. Est daté de la seconde moitié du XVIème siècle, sans plus de précision.

 / Paulus Forlani Veronensis 1566 Cartes Informations détaillées - Source Gallica

Bibliographie

M. Bury, The Print in Italy 1550-1625, British Museum, Londres 2001, p.236

Le parasol du pouvoir

Delacroix a immortalisé la posture altière du sultan marocain à cheval à travers plusieurs œuvres : dans ces représentations, le parasol incarne l’emblème par excellence de la dynastie alaouite et de la royauté marocaine dans son ensemble.

Portrait du sultan du Maroc - Tableau 1963 - Eugène Delacroix

Brève histoire du parasol comme objet régalien dans le monde musulman…

Dans son livre La mémoire d’un roi, le roi du Maroc Hassan II avait écrit par boutade que si le parasol était le symbole de la royauté marocaine, beaucoup de gens s’y étaient mis à l’ombre alors que lui-même demeurait exposé au feu du soleil.

Lorsque l’on se reporte aux auteurs médiévaux ayant décrit et analysé les emblèmes des dynasties musulmanes, et notablement, parmi eux, à Ibn Khaldûn, on constate qu’ils placent volontiers au premier plan de ces appareils symboliques les étendards et les tambours, lesquels renvoient à la fois au registre militaire, guerrier.

Eugène Delacroix, Esquisse de l’audience du 22 mars 1832 (Charles de Mornay, en ambassade au Maroc), Dijon, musée des Beaux-Arts.

Le parasol, midhalla ou mdhall, est quant à lui un emblème mentionné parmi d’autres, sans distinction particulière. Il n’est aucunement propre au Maroc, ni même à l’Islam. Au Maghreb, il émerge au Xème siècle, sous les Fatimides, c’est-à-dire dans une dynastie chiite.

Il est attesté, pour les périodes ultérieures, dans des régimes monarchiques aussi différents que ceux de la cour des Mamlouks, des Mongols ou des Ashantis, sans parler des royautés asiatiques.

Ibn Hammad le décrit comme un objet luxueux, orné de pierres précieuses, entorse notable à l’impératif d’austérité. Il l’assimile explicitement à la voûte céleste, mais également à un "bouclier monté au bout d’une lance". Le registre guerrier est donc bien avéré.

Eugène Delacroix  Moulay Abd-Er Rahman sultan du Maroc sortant de son palais de Meknes

Costumes pour le cinéma dans les archives du FBI

Le FBI est une institution qui a pour vocation de préserver les films britanniques, et tout ce qui a trait à leur histoire, pour les générations futures.

Pour les 80 ans nous avons eu accès à leurs archives. Les illustrations de ces créateurs de costumes de films britanniques font partie de cette collection.

La conception de la costumière Julie Harris pour le personnage de Julie Christie, joué par Diana Scott dans le film Darling, de 1965.

Darling

La conception de Cecil Beaton pour Anna Karenina (joué par Vivien Leigh) dans le film britannique de 1948 Anna Karenina.

Anna-Karenina

Proposé par Ivor Beddoes, un dessin exquis pour la séquence de ballet Heart of Fire, dans le film de 1948, The Red Shoes.

Red-Shoes

Le croquis de Cecil Beaton pour la fille fleur dans My Fair Lady (1964) avec Audrey Hepburn dans le rôle d’Eliza Doolittle.

My Fair Lady

Une conception de Motely pour la gouvernante de Deborah Kerr dans le film gothique d’horreur de 1961, The Innocents. Le film était basé sur le roman de Henry James, The Turn of the Screw.

The Innocents

Le costume de Glenda Jackson, imaginé par Shirley Russell, pour le film de 1969 Women in Love.

Women in Love

La conception de Christopher Hobb pour le film de 1978, Jubilé, un cultissime British, réalisé par Derek Jarman. Le film a été fortement influencé par le mouvement punk.

Jubilee

La conception d’un costumes par Anthony Mendleson pour la comédie dramatique, Kind Hearts and Coronets (1949). Le film est réputé pour la représentation de huit membres de la famille D’Ascoyne par l’acteur Alec Guinness.

Kind Hearts and Coronets

Le costume de Miss LaCreevy, par Victor Beaumont, en 1947 pour le film Nicholas Nickleby.

Nicholas Nickleby

Un croquis pour The Devils (1971) par Shirley Russell.

The Devils

Palazzo Falier Canossa

Le palais donne sur le Grand Canal, à l’angle avec le Rio del Duca. On y accède à pieds par la calle Vitturi o Falier, au numéro civique 2906 de San Marco, derrière la chiesa San Vidal.

Pour ne pas le confondre avec l’ancien palais du doge Marino Falier, décapité pour trahison, et aujourd’hui transformé en hôtel, les vénitiens l’appellent palazzo Falier Canossa.

Le bâtiment a été commandé par la famille patricienne Faliero, qui a en gardé la propriété jusqu’à l’extinction, au siècle dernier. La découverte miraculeuse du corps de Saint-Marc en 1094, illustrée par Tintoret dans une de ses toiles, s’est produite alors qu’un illustre ancêtre de cette famille était doge : Vitale Faliero.

En 1492, le propriétaire du palais était Francesco Faliero, il a été condamné cette même année à la réclusion à vie dans l’île de Chypre. Il avait en effet proposé au Conseil des Dix de donner cent ducats par an aux patriciens les plus nécessiteux et selon les calculs effectués par les Dix la somme totale à leur à allouer aurait été soixante-dix mille ducats, un chiffre jugé ruineux.

Giovanni Faliero, son père, reste dans l’histoire pour avoir fait faire des études à Antonio Canova. Enfant, Canova travaillait comme garçon de cuisines dans la maison des Falier à Pra-dazzi di Asolo, et Giovanni, l’ayant vu un jour modeler un lion de beurre l’envoya à Venise. Plus tard, Antonio Canova créa pour Giovanni Falier le groupe de Dedalo e Icaro aujourd’hui exposé au Museo Correr.

Après la vente, le bâtiment passa aux mains d’une famille noble originaire de Vérone, les Canossa qui sont toujours les propriétaires actuels.

Palazzo Falier Canossa vu depuis l'Accademia

Le palais est connu de tous les touristes qui empruntent le Grand Canal, ou attendent le vaporetto au pont de l’Accademia, par sa façade avec ces deux grands jardin d’hivers que l’on nomme à Venise liagò : deux grandes loggias de bois, fermées par des vitrages.

Peu nombreux sont les élus qui ont pu entrer dans ce beau et orignal palais, qui est pourtant ouvert, parfois, pour des expositions. On entre dans le palais, coté entrée de terre par un joli petit jardin verdoyant et calme, bien que l’on soit si près de Canalasso et d’un des ponts les plus fréquentés de la Sérénissime.

Le jardin du palazzo Falier Canossa

Pour agrandir l’espace, on a ménagé des sortes d’alcôves de verdure sur le mur de la calle couvert avec du faux jasmin, Trachelospermum jasminoides et de la vigne vierge de Virginie, Parthenocissus quinquefolia, avec pour fond, de grands miroirs… des miroirs pour agrandir un jardin, en voilà une bonne idée pour notre petit jardin à Venise ;-)

Le jardin du palazzo Falier Canossa

Le jardin du palazzo Falier Canossa

Le jardin du palazzo Falier Canossa

Ces quelques photos d’un des jardins secrets de Venise sont un petit avant goût de la série que nous vous proposerons tout le long du mois de mai.

Les vielles carnes qui sévissent régulièrement sur les forums de fossoyeurs du tourisme à Venise, racontent que nous ne somme pas les auteurs de nos photos… elles n’ont qu’à regarder de plus près certains messages subliminaux cachés dans nos photos et qui prouvent bien le contraires !

Le jardin du palazzo Falier Canossa

La maison familiale a été construite dans la première moitié du XVème siècle. La façade est légèrement en retrait et vraiment inhabituelle, contraire à la tradition de tripartite, typique de beaucoup de bâtiments vénitiens : elle est en effet séparée par deux liagò caractéristiques, qui flanquent la grande polifora centrale. On a cru pendant longtemps qu’elles étaient des ajouts ultérieurs, juxtaposés à la construction pendant la restauration XIXème siècle qui en a profondément changé l’apparence, mais aujourd’hui, nous pouvons confirmer qu’ils remontent au XVème siècle. Le bâtiment à été surélevé au cours de la première moitié du XIXème siècle, avec l’ajout d’un grenier en mezzanine.

Dans les années soixante du XIXème siècle l’un des appartements sont situés dans cette nouvelle mezzanine de l’immeuble a été loué par le jeune écrivain américain William Dean Howells, envoyé à Venise par Abraham Lincoln comme consul des États-Unis. Il y resta jusqu’en 1865 , et plus tard a publié un livre sur la vie vénitienne, réel best-seller de son temps. Une plaque de marbre sur le côté de l’immeuble donnant sur la calle Vitturi commémore le séjour de Howells.

Les intérieurs sont particulièrement précieux, avec une salle à manger décorée de miroirs et de stucs dorés.

Mais vous êtes toujours dans le jardin ! Vous voulez entrer voir l’intérieur ou non ?

Palazzo Falier Canossa

Palazzo Falier Canossa

Palazzo Falier Canossa

Palazzo Falier Canossa

Palazzo Falier Canossa

Palazzo Falier Canossa

Palazzo Falier Canossa

Palazzo Falier Canossa

Palazzo Falier Canossa

Palazzo Falier Canossa

Palazzo Falier Canossa

Palazzo Falier Canossa

Palazzo Falier Canossa

Palazzo Falier Canossa

Palazzo Falier Canossa

Bibliographie :

Marcello Brusegan, I Palazzi di Venezia, Newton & Compton, Roma 2007

William Dean Howells, Venetian Life,

Droit de Réponse

Suite à une campagne orchestrée, visant simplement à nous nuire, et après avoir attendu de voir comment évolueraient les choses, nous faisons ce droit de réponse, sans qu’il présume des suites judiciaires qui seront données ultérieurement.

Suite au décès d’une grenobloise, nous avons eu un échange de messages strictement privés avec une costumée de cette ville.

Nous avons clairement répondu que nous n’envisagions pas de nous rendre aux funérailles de cette personne que nous avions cessé de fréquenter définitivement depuis le jour où elle nous avait menacé car étant membre de notre association, nous devions la loger chez nous pendant le Carnaval, c’est ce qui a d’ailleurs motivé notre démission de toute responsabilités dans cette association et notre départ.

Après les funérailles, Klod  a eu le malheur de dire, toujours lors d’un échange privé, qu’il y avait peu de costumés présents, et que les personnes qui organisent des carnavals un peu partout auraient pu envoyer des fleurs, au moins.

Quelle ne fut ps sa stupéfaction, en rentrant du travail de voir des parties tronquées et rassemblées différemment de cet échange, publiés à son insu sur plusieurs pages facebook et reprises en chœur par un certain nombre d’individus nocifs.

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Puis, diverses personnes qui n’aiment pas quand nous pointons leur façon ignoble de se comporter ont vite profité de l’occasion pour monter une cabale, inventer de toute pièces une histoire, et une fois de plus se poser en victimes des injustes bourreaux que nous sommes.

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Ce sont toujours les mêmes personnes nuisibles et qui se complaisent à entretenir un climat malsain dans un monde où devrait n’exister que le merveilleux. les auteurs des faits se comptent sur les doigts des deux mains. Et ils sont visiblement appréciés par une vingtaine de personnes qui doivent avoir du temps à perdre pour le passer à dire (et écrire) du mal des gens.

Le plus étrange, c’est que des gens que nous ne connaissons absolument pas se permettent de colporter ces ragots en y ajoutant leur petite touche personnelle.

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Donc, si l’on en croit ces inventeurs d’histoires (et de comptes pour vieux enfants), ces organisateurs de carnavals n’ont pas hésité à traverser toute la France pour venir aux funérailles de leur amie, et fleurir abondamment sa mémoire. Pour preuve de leur compassion, ils partagent tous, désormais la même photo montage.  Mais une seule suffit, faut pas déconner, ils ne vont pas se tuer au travail non plus.

Quelle mascarade !

Ces gentils renards qui aiment bien appâter les moutons et les brebis (galeuses) y compris sur les cadavres encore chauds ont oublié un détail…

Forcément, comme tous ces gens qui jurent qu’ils étaient à Grenoble ce lundi là, n’ont jamais mis les pieds dans la capitale des Alpes, ils ignorent un point important.

La chose qui met à mal leur jolie poésie. Qui fait leur conte à dormir debout ne tiens plus la route.

La ligne de bus N° 32 sur laquelle Klod est conducteur régulier a son terminus au Cimetière du Grand Sablon, à La Tronche, en face du Funérarium de Grenoble.

Et donc, si ces gens avaient vraiment été à Grenoble ce jour, à cet endroit, ils auraient été obligé de voir Klod dans son gros bus devant le cimetière, puisqu’ils auraient défilé devant. Et donc, Klod les aurait vu passer devant son bus…

Un autre malin sous l’effet des psychotropes a prétexté "il est malade". Aussitôt repris à l’unisson par le chœur des accrocs aux soins psychiatriques.

Sachez que le métier de conducteur de bus est sévèrement encadré par la loi, et qu’on ne confie pas la vie et la sécurité de milliers de voyageurs quotidiens à quelqu’un qui n’est pas à 100% de ses capacités. Même pour des soins bénins, en raison des médicaments incompatibles avec la conduite, les contrôles sont stricts.

Klod va très bien, Olga est en parfaite santé, et la vieille chatte de la maison, Sissi, va sur ses 15 ans, que nous fêterons le 11 août. Notre avocat à accusé réception des captures d’écrans que nous lui avons fait parvenir. Il va les étudier et nous conseiller sur la suite à tenir et le montant des D&I à demander.

Contrairement à ces gens, nous n’avons rien à vendre, nous avons toujours donné nos photos, nos informations, nos conseils, etc… et nous n’avons rien à cacher, nous !

Cela fait des années que ces gens appellent à nous boycotter, menacent même les membres de leurs associations qui écrivent sur notre blog… nous avons décidé, pour avoir la paix, d’utiliser leurs armes. Ces gens là sont bloqués depuis des années, mais nous avons décidé de bloquer également toutes celles et tous ceux qui sont encore "amis facebook" avec cette petite dizaine de personnages. Olga a déjà terminé son blocus infinitus. Klod devrait avoir terminé (il ratisse plus large encore) en fin de semaine. Si vous ne voyez plus nos pages, désormais, c’est que vous n’avez pas de bonnes fréquentations à notre avis… désolés !

Enfin, pour celles et ceux qui se sont inventés un voyage au cimetière de Grenoble, voici à quoi il ressemble ainsi que le funérarium.

Terminus ligne 32

L'entrée du cimetière de Grenoble vue depuis mon volant

Entrée du Cimetière de Grenoble

Funerarium municipal de Grenoble

La Filovia Mestre – Venezia

Pour certains, La Filovia, c’est une trattoria de Santa Croce, située piazzale Roma, où ils mangent une dernière fois avant de quitter Venise, une fois le Carnaval terminé.

Peu de touristes se posent des questions sur l’origine de ce nom étrange…

La Filovia a été, durant de nombreuses années, le fil d’Ariane qui reliait la cité lagunaire au continent :

Filovia

En 1933, on inaugure la première course entre la Piazza Pastrello à Favaro Veneto et Venise. Sonia Bevilacqua nous a envoyé la photo ci-dessous, où l’on voit son père, le second à gauche, poser, avant le départ de Favaro Veneto, devant le trolley N° 4.

Le tramway sur la Piazza Pastrello à Favaro Veneto

Quelques années avant la Società Anonima Tranvie Mestre-S. Giuliano exploitait encore le service des tramways tirés par des chevaux. Les voyageurs, une fois arrivés piazza Barche, devaient prendre un bateau…

Dès que le pont sur la lagune fut terminé, le choix de relier directement Mestre à Venise fut pris. Et à cette époque de modernité, on choisi des trolley électriques pour remplacer les tramways à chevaux.

Pont sur la lagune

Pour les garnements de l’époque, c’était la coriera co le tirache. Gigio Zanon, qui en faisait partie, se souvient : "Da fioi co la passava par la rampa del Troncheto la ralenatava, alora se tacavimo su le do coverte dei cavi e se fassevimo portar in piassal Roma. Dove che i più mone se fasseva ciapar dai vigili che ne spetava…" Comme le trolley était ralentis par la montée de la rampe de Troncheto, les enfants s’accrochaient à l’arrière et se faisaient transporter jusqu’à piazzale Roma, mais ils devaient s’enfuir avant que les vigiles ne les attrapent.

Filovia

Une autre ligne, également inaugurée en 1933, reliait la Piazza Ferretto, via la Piazza Barche (aujourd’hui du XXVII Ottobre) jusqu’à la Piazzale Roma à Venise, en traversant le nouveau long Ponte Littorio (aujourd’hui Ponte della Libertà). Sur la photo ci-dessous, le filobus Fiat 656 n. 40 en service sur la ligne 3 traverse la piazza Ferretto.

Filovia

Ce fut un succès commercial, et très vite d’autre lignes furent crées, au Lido de Venise, ainsi que des lignes Mestre-Mirano et Mestre-Treviso respectivement en 1937 et 1938.

Un service de nuit fut également mis en place, comme on peut le voir sur ces photos, prises devant la billeterie de la piazzale Roma, et au premier arrêt avant le ponte Littorio.

Filovia

Filovia

La ligne du Lido de Venise a été supprimée en 1966, après les dégâts causés dans la région par des innondations consécutives à la rupture de digues qui protégeaient la lagune.

La ligne Venise-Mestre et celles conduisant à Mirano, Mogliano et Trévise furent abandonnées en Septembre 1968, lorsque il aurait été nécessaire de déplacer certaines parties du caténaire, pour des soucis de viabilité, des travaux que l’ACNIL (organisme gestionnaire du LPT à l’époque) n’a jamais voulu réaliser. Les derniers modèles de trolleys étaient 5 Fiat 2405 Stanga de 1958 articulés, numérotés 201 à 205.

Filovia

Une dynastie de navigateurs : les Caboto

Au début de la Via Garibaldi, à l’angle de la Riva dei Sette Martini, une plaque, sur la façade d’une maison, indique qu’ici ont vécu Giovanni e Sebastiano Caboto.

La maison où ont vécu Giovanni e Sebastiano Caboto

La plaque sur maison où ont vécu Giovanni e Sebastiano Caboto

Giovanni Caboto (1450 – 1498), connu en français sous le nom Jean Cabot et en anglais sous le nom John Cabot, est un navigateur et explorateur vénitien au service de l’Angleterre. De dix ans plus âgé que Christophe Colomb, il poursuit la même quête : la recherche de la route maritime des Indes par l’Ouest.

Le lieu de naissance de Giovanni Cabot est incertain : certains pensent qu’il est originaire de Gênes alors que d’autres le font naître à Gaète près de Naples. Il serait parti vivre pour Venise encore enfant et y obtient la nationalité. Il épouse Mattea, une Vénitienne qui lui donne trois fils (Ludovico, Sebastiano, et Sancio).

Le plus ancien document historique où il est question de lui indique qu’il fut naturalisé citoyen de Venise en 1476, en vertu d’un règlement qui accordait ce privilège aux étrangers ayant résidé à Venise sans interruption pendant 15 ans ou plus.

Certains documents des archives de Venise, dont les dates se situent entre le 27 septembre 1482 et le 13 janvier 1485 (imprimés dans R. Gallo, 1948) révèlent que Giovanni Caboto (Jean Cabot), marchand, était le fils de feu Giulio Caboto et qu’il avait un frère, Piero, que sa femme Mattea était vénitienne, et qu’en décembre 1484, il avait au moins deux fils. Ces documents ont trait à des transactions immobilières effectuées à Chioggia et dans trois autres paroisses, et, en 1551, Sébastien Cabot était encore en communication avec le Conseil des Dix au sujet des biens qu’il avait à Venise.

Le privilège royal accordé à Jean Cabot en Angleterre, en 1496, mentionne par leurs noms ses trois fils, sans doute dans l’ordre chronologique ; ce sont « Lewis » (Louis, c’est-à-dire Ludovico), Sébastien et Sancio. S’il s’agit des « fils » mentionnés mais non nommés dans les archives de Venise, les deux premiers au moins ont dû naître avant le 11 décembre 1484.

Le 2 mai 1497, l’explorateur quitte Bristol à bord du Matthew, un navire de 50 tonneaux disposant d’un équipage de 18 personnes dont son fils Sébastien Cabot. Il touche terre le 24 juin et explore la côte pendant quelque temps avant de repartir pour l’Angleterre. L’endroit précis de son premier accostage est controversé, mais les gouvernements canadiens et britanniques considèrent qu’il est arrivé à Bonavista. Dans ce cas, il est probable qu’il ait été le premier Européen à mettre les pieds sur le continent nord-américain depuis les Vikings, mais l’absence de cartographie ou de journal de voyage pose des questions quant à la véracité des faits et Gaspar Corte-Real serait alors le premier à découvrir la « nouvelle terre ».

 Giovanni Caboto

Sebastiano Caboto est probablement né à Venise en 1477, mort en 1557, navigateur et explorateur britannique. Il a toutefois affirmé à certains de ses contemporains qu’il était né à Bristol, et avait vécu à Venise à partir de 4 ans ; à d’autres, qu’il était né à Venise, puis avait été élevé en Angleterre.

Il exécuta en 1517, pour le compte de Henri VIII, un voyage de découverte, et visita le Brésil, Hispaniola, Porto Rico.

Il passe en 1525 au service de l’Espagne, et obtint le grade de capitaine général le 3 mars 1525. Le 5 avril 1526, il part avec une flotte de 3 navires et 150 marins pour trouver le Cathay et une nouvelle route vers les Moluques. Il remonte le rio de la Plata et abandonne ses compagnons Francisco de Rojas, Martin Mendez, et Miguel de Rodas, avec lesquels il s’était querellé. Il remonte ensuite le Paraná jusqu’à son confluent avec le Paraguay, construit plusieurs forts sur ses rives, puis il revient en Espagne en août 1530. On lui reproche son manque de succès et sa conduite avec ses subordonnés, et il est exilé à Oran le 1er février 1532. Il est gracié au bout d’un an et revient à Séville où il retrouve son titre de pilote major.

La relation des voyages des deux Cabot a été publiée à Venise, 1583, et dans les recueils de Richard Hakluyt et de Samuel Purchas. Les Anglais ont voulu opposer les découvertes des Cabot à celles de Christophe Colomb.

Sebastiano Caboto

Le bal annuel d’ATAD aura lieu fin mai

Ce bal est organisé en hommage aux musiciens et à leurs égéries, période 1800/1865 pour les danses et les costumes.

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Vous trouverez dans le château de Santeny (94) situé dans la proche banlieue-est de Paris*, entouré de pelouses, des salons parquetés, un majestueux escalier, une salle de vestiaire, le parking possible dans le parc, des hôtels à proximité.

Les séquences de danses seront entrecoupées de pauses collations et des boissons chaudes ou froides seront à votre disposition en libre service.

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Vous pouvez télécharger le formulaire d’inscription.

Grand bal costumé annuel proposé par l’association Autres Temps – Autres Danses
Jeudi 29 mai (Ascension) de 14h30 à 19h30
Château de Santeny (94)

* situé à 10 km de Boissy St Léger, terminus du RER A

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Campo dei Gesuiti, le calcio vénitien

Le football comme opium du peuple pour oublier les injustices sociales, apaiser les esprits, calmer les foules a eu sa place à Venise dès le début du XVIème siècle.

Les jeux de ballon en équipes sont soumis à des règles strictes, voir des interdictions, chose qui ne pouvait que plaire aux vénitiens, même s’il ne jouèrent pas une grande part dans la mise en place de ces règles.

De fait, la codification du football moderne est plus tardive et anglaise, avec le développement des célèbres Règles de Sheffield en 1857 , quand a été créé le premier club de football dans le monde.

Pendant la Renaissance italienne, le jeu de ballon est pourtant né et s’est développé en Italie en particulier sur le territoire florentin.

On trouve un trace d’un jeu ou seul le gardien peut toucher la balle avec les mains dans une définition du Vocabolario della Crusca, dont la première édition a été publiée à Venise en 1612 par Giovanni Alberti d’une célèbre famille d’imprimeurs qui travaillaient dans la ville lagunaire.

"È calcio anche nome di un gioco, proprio, e antico della città di Firenze, a guisa di battaglia ordinata, con una palla a vento, rassomigliantesi alla sferomachia, passato da’ Greci a Latini, e da’ Latini a noi".

In Venezia MDCXII

Mais ce jeu n’était pas l’apanage de Florence !

Les jeunes nobles vénitiens jouèrent à ce jeu, dans un premier temps sur le Campo S. Giacomo dell’Orio, puis ensuite, également sur le Campo dei Gesuiti à Cannaregio. Parfois le jeu était organisé sur des plus petits campi, comme aux  Chiovere, ou sur le Campo dei Nicoli à Castello, sur les plus grandes cours de la Giudecca.

Parfois, des entrepreneurs ont organisé de petits tournois, en installant des gradins et faisant payer la place pour assister aux jeux.

Mais dans dans les années 1500 on avait déjà déploré deux morts sur un campo vénitien : Luc Orese (orfèvre) en Juillet 1581, et Domenico Franco en mai 1583. Le calcio provoqua de nombreuses plaintes, les protestations, et les couleurs portées par les tiffosi, furent prétextes à de nombreux incidents.

Ces trop nombreuses altercations violentes lors (ou à la suite) des matchs ont forcé le Conseil des Dix à suspendre la pratique de ce sport en 1711.

Le football moderne est réapparu à Venise le 14 Décembre 1907 dans l’antique trattoria Da Nane, corte dell’Orso.

Mais avec le déclin du football, sont apparus de nouveaux jeux d’équipes, ou, réapparus de plus anciens comme le gioco del pallone con il bracciale qui a fasciné Giacomo Leopardi au point qu’il écrive en 1823 une Ode a un vincitore nel pallone : "Di gloria il viso e la gioconda voce, Garzon bennato, apprendi. La sudata virtude. Magnanimo campion, attendi e il core movi ad alto desio…".

D’autres exemples nous sont parvenus, avec Edmondo De Amicis (1846 – 1908) dans son traité Gli Azzurri e i Rossi où il explique que le profane ne peut comprendre toute l’énergie que peut générer un tel spectacle où la balle est jouée par des artistes du poignet.

Le gioco del pallone était un jeu ancien dont on trouve une règlementation déjà écrite, en partie, par  messer Antonio Scaino, religieux de Salò, en 1550. Où l’on indique entre autres, que les nobliaux qui rechignaient à entrer en contact avec le cuir qui recouvrait le balle en bois, portaient un bracelet pour se protéger. On rédigea à Venise un Trattato del giuoco della palla qui est de nos jours encore conservé au musée Viola, à Florence et dans lequel le même Scaino déclare "… tanto è il piacere de’ spettatori, ch’io più volte gli ho veduto in tal modo intenti che nè trar fiato, nè aprir bocca, nè batter occhi si vedevano". Le Trattato a été publié par l’éditeur et imprimeur Gabriel Giolito de Ferrari, qui avait un magasin au Rialto, à l’enseigne de La Fenice.

L’ancien phare Spignon

Spignon est une petite île de 160 m² de la lagune sud de Venise sur laquelle se dresse les vestiges d’un ancien phare. Pour cette raison, l’île est souvent appelée dans la lagune ex faro Spignon (ancien phare Spignon).

L'ancien phare Spignon

Sur une carte, le phare Spignon forme un parfait triangle avec les octogones Alberoni et San Pietro, en face de la bouche de la lagune sud par où transitent pétroliers, navires marchands et bientôt les plus grands navires de croisière.

Le phare, qui atteint une hauteur de 15 mètres, a été construit dans la seconde moitié du XIXème siècle. Nous n’avons pas trouvé de documents précis permettant de dater sa construction, mais il est montré pour la première fois sur une carte de 1886.

Il servait pour guider les bateaux qui venaient du port de Malamocco, situé juste à l’ouest de l’entrée de la lagune sur la mer Adriatique. Il s’agissait en fait d’une partie d’un système de signalisation qui comprenait l’ancien phare Alberoni et le petit phare Ceppe. Sa lumière clignotante se voyait à 9 miles nautiques.

Ces phares étaient en service bien avant l’excavation du canal Malamocco-Marghera (dit désormais canale dei petroli) et quand cette nouvelle voie pour les grands navires a été achevée on a construit le nouveau phare Rocchetta (situé au début de la jetée nord de Malamocco).

L’ancien système de signalisation a été réformé (sauf le phare Ceppe qui continue à fonctionner).

Le phare est entouré de quatre autres bâtiments plus petits et en ruines. L’île est maintenant utilisée comme un entrepôt et un refuge par les pêcheurs. Tout autour, on peut voir des installations de culture de coquillages. C’est aussi un lieu de balades sportives pour les amateurs de canoë.

L'ancien phare Spignon

L'ancien phare Spignon

L'ancien phare Spignon

L'ancien phare Spignon

L'ancien phare Spignon

L'ancien phare Spignon

L'ancien phare Spignon

L'ancien phare Spignon

L'ancien phare Spignon

L’accès a la tour et à son sommet est un peu… sportif…

L'ancien phare Spignon

L'ancien phare Spignon

La vue depuis le sommet du phare…

L'ancien phare Spignon

L'ancien phare Spignon

L'ancien phare Spignon

Merci à Stefano Roverato, Selina Zampedri et Steffen Röhner pour leur aide.

L'ancien phare Spignon

L’Homme Sauvage

Non, nous n’allons pas vous parler d’un de ces organisateurs de Carnavals modernes qui réécrivent l’histoire de Venise comme cela les arrangent, mais d’une tradition perdue du Carnaval de Venise telle qu’on la vivait pendant les festivités en masque dans la Sérénissime République.

Le Bal des Ardents

L’Uomo selvaggio, ou Uomo selvatico est apparu très tôt, au siècle du retour à la nature et du mythe du bon sauvage. A l’ombre de la civilisation des lumières, la proposition, à nouveau, d’un personnage qui a une longue histoire, n’est pas dénuée de sens.

On retrouve ce mythe de façon assez suivie et soutenue dans la littérature italienne, un homme a demi bestial, poilu, armé de bâtons noueux, habillé avec des peaux d’animaux, et avec un comportement à mi-chemin entre l’ingéniosité et l’hostilité. Son caractère primitif en fait un personnage ambigu, à la fois grotesque et à la fois attachant.

Scène du Carnaval à Venise

Par contraste, il est décrit souvent comme aimant les douces harmonies musicales dont la nature, théoriquement, devrait l’avoir exclu, sauf à apprécier le chant des oiseaux comme une musique céleste. Ce qui le caractérise également à travers les nombreuses versions de sa légende c’est le savoir qu’il transmet aux hommes bienveillants : il leur apprend à faire cailler le lait, à fabriquer du fromage ou du beurre, ainsi qu’à extraire le charbon du bois et les minéraux du sol. Il détient aussi le savoir de la fabrication du fer. Il est reconnu aussi pour son habileté à faire pâturer les troupeaux, soigner le bétail. Il sait reconnaître les plantes médicinales.

De nombreuses histoires parlent de cet homme sauvage dont le nom apparaît sous différents dialectes : Om salvarek (Emilie-Romagne), l’ommo sarvadzo (Val d’Aoste), il salvanel (Trentin-Haut-Adige), il salvan (Dolomites), il sarvanot (Piémont), il salvanco (Toscane).

Nous retrouvons l’Homme Sauvage protagoniste de nombreuses fables. Dans la seconde nouvelle de la quatrième journée du Décaméron (1349-1353), qu’une allusion à la fête des Marie permet de situer en carnaval, Boccace met lui aussi en scène un masque d’homme sauvage (uomo selvatico) à l’occasion d’une chasse qu’organise place Saint-Marc le frère Alberto déguisé en Ange Gabriel. L’unique conte du Décaméron de Giovanni Boccaccio (en français Jean Boccace) dont le cadre est vénitien, ainsi que certains documents sur le jeudi gras, sont autant de représentations entièrement centrées sur ce personnage étrange.

Pietro Bertelli : Musique jouée par des masques au Carnaval de Venise - 1642

Nous avons retrouvé la gravure ci-dessus de Pietro Bertelli : Musique jouée par des masques au Carnaval de Venise – 1642.

Une ancienne représentation de 1208, conservée au Fra della Valle, à Padoue, le Magnus ludus de quodam homine selvatico est sans doute le plus vieux témoignage, dans la Vénétie, de cette tradition carnavalesque.

Cet homme sauvage, on le retrouve par la suite dans presque tous les personnages de la commedia del arte, ne serait-ce que dans l’aspect farouche de leurs masques. On retrouve les traits de l’homme sauvage dans le mélange de violence et de naïveté, de la méchanceté et de l’insouciance qui ont fait au cours des années de grand succès du personnage d’Arlequin.

Depuis la nuit des temps, donc, le Carnaval de Venise à été une fête bruyante et démonstrative, où l’on jouait de la musique, où l’on se déguisait, parfois de manière fort vulgaire, et où l’on chantait, buvait, mangeait, avec force de cris et de rires.

Le Carnaval n’a jamais été à Venise une défilé muet d’ombres fantomatiques escortés par des nervis cachés sous des baute et qui errent dans le rues comme s’ils allaient à la mort, sous les quolibets d’une foule avide de fureur et de sang. Cette mode n’est qu’une légende urbaine inventée à la fin du siècle dernier, dans les années 1990, pour favoriser on ne sait trop quoi, on ne sait trop qui, au détriment de la fête et de la réalité historique.

Mais vis à vis de ces gens qui détournent l’histoire pour s’enrichir au dépends des autres, nous garderons un des traits de caractère de l’Uomo selvaggio : pacifique, il se détourne des moqueries et dénégations de certains en leur laissant leur ignorance pour punition.

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Sources bibliographiques :

F. Neri, La maschera del selvaggio, Giornale Storico della Letteratura Italiana, vol. LIX, 1912, p. 47-68.
G. Boccace, Decameron, éd. Vittore Branca, Giornata IV, novella 2, Turin, Einaudi, 1980, vol. 1, p. 501
G. Bertrand, Histoire du carnaval de Venise : XIe-XXe siècle, Ed. Pygmalion, 2013

Achetons une île à Venise : 99 €uros pour 99 ans

L’administration des Domaines italiens continue à vendre les biens de l’État pour rassurer les banques mondiales qui hébergent l’argent des mafias, l’Europe d’Angela Merkell qui cherche à enrichir une minorité de parvenus sur le dos des peuples, et des cercles d’influence secrets qui démantèlent les richesses de nos pays européens pour pouvoir faire plier les politiques et transformer les démocraties européennes et une dictature à leur image, selon leur volonté.

Dans cette logique d’abandon du bien public pour en faire des biens privés réservés à une pseudo élite, les Domaines italiens ont décidé de vendre l’île déserte de Poveglia, dans la lagune sud de Venise, pour qu’elle soit transformée en hôtel de très grand luxe, réservée à une caste étroite de parvenus, avec marina, gardes armés, etc…

Vue aérienne de Poveglia

De fait, cette île, si elle était  privatisée, ne serait plus accessible au public. Or, l’histoire nous a appris que, si les milliardaires aiment Venise, ils aiment aussi se montrer, étaler leur réussite et leurs richesses, sinon, ils auraient l’impression de ne pas exister ; aussi, mis à part ceux qui se sont enrichis dans le crime et l’illégalité, peu nombreux sont les milliardaires qui fréquentes des îles vraiment désertes. La faillite récente de l’hôtel de luxe installé sur l’isola de San Clémente est l’exemple parfait que les seuls riches ne peuvent pas faire vivre Venise.

Voilà pourquoi nous avons rejoint avec enthousiasme un groupe de vénitiens qui a décidé d’acheter l’ile pour la durée de la concessions de 99 ans. L’île restera ainsi publique et entre les mains des vénitiens, les "touristes qui aiment Venise et ses habitants" sont les bienvenus dans ce projet.

Poveglia soleil couchant

Mercredi 2 avril, une vingtaine de vénitiens se sont réunis et ont créé une association, pour imaginer un parc ouvert au public sur l’île d’une superficie de 7,25 hectares.

Cette association entends également démontrer que les Domaines vendent des biens de l’État à des "investisseurs privés inconnus qui se cachent derrières des montages élaborés" et qui ne portent aucun projet réel pour les lieux qu’ils achètent. les exemples dans la lagune sont nombreux de ces îles privatisées à des groupes d’investisseurs et qui sombrent à l’abandon. "L’idée est venue il y a moins d’une semaine par le mépris pour la valeur des biens proposés qui sont vendus à des groupes qui n’ont qu’un intérêt financier à ces placements" dit Giancarlo Chigi, l’un des promoteurs du projet.

L’association se nomme Poveglia et le projet Poveglia per Tutti.

Vera Mantengoli

Hier soir, à 21:00 heures, l’association a tenu sa première réunion publique dans les locaux de l’Associazione Canottieri Giudecca (la remiera) sur la Fondamenta del Ponte Lungo au N° 259, à la Giudecca. Nous vous en reparlerons bientôt plus en détail.

En réalité, comme on peut le voir que la photo aérienne, Poveglia est composée de trois îles :

- un ancien octogone autrichien qui fait face à l’île principale.

- une île principale sur laquelle était construite un hôpital. des bâtiments en très mauvais état qui nécessitent une restructuration complète, mais qui peuvent être le lieu de nombreux projets, sociaux, culturels ou artistiques.

- une ile allongée et déserte, sans construction, séparée par un étroit canal.

Les Domaines ne demandent pour l’acquisition centennale de ce bien qu’une "garantie" de 20.000 €uros !

Le projet est donc apparu sur Facebook le 6 avril "99 euro per 99 anni" et en peu de jours, nous sommes déjà plus de 2.200 !

Le projet, qui reste à élaborer ensemble porte, pour le moment, sur 4 points :

  1. La partie verte de l’île sera consacrée à un parc public librement accessible et gratuit, et des jardins urbains.
  2. La partie construite de l’île, qui peut devenir productive, dont les caractéristiques et les limites éthiques seront décidées ensemble, en accord avec ces points fondamentaux seront utilisés pour payer les frais de fonctionnement de la partie publique.
  3. Tous les profits sont ensuite réinvestis dans l’île elle-même.
  4. Si nous devions remporter l’enchère, le montant détenu donera droit à une participation égale dans les décisions concernant le sort de Poveglia mais n’est pas, et ne doit pas être comprise comme une forme de participation aux bénéfices ou d’actionnariat, ou la source de tout privilège associé.

Aujourd’hui, l’association demande 19,00 €uros pour la carte de membre (qui serviront à financer les frais d’enregistrement, le compte courant et la participation dans l’avis de concession, etc) et un abonnement d’au moins 80,00 €uros extraordinaires.

"Qualora non dovessimo vincere l’asta, al momento del rientro del deposito cauzionale la quota di sottoscrizione straordinaria verrà restituita ai soci. Si tratta di una sfida: metterci insieme per riprenderci un pezzo di città e gestirlo a fini pubblici. Vogliamo provarci. Non lasciare che tutta la laguna, pezzo a pezzo, diventi un unico centro alberghiero di lusso. Sottoscrivi la tua quota. 99 anni di Poveglia libera a 99 euro. Un affare utopico".

Si nous ne remportons pas l’appel d’offre, explique Giancarlo, les fonds extraordinaires seront remboursés aux adhérents. Nous devons essayer que la lagune ne parte pas, morceau après morceau, dans l’escarcelle d’investisseurs sous prétexte d’en faire des hôtels de luxe.

Mais le véritable but est de démontrer que l’Etat citoyen et démocratique existe toujours : "dimostrare con i fatti che lo Stato esiste ancora. Non lo Stato persona giuridica astratta: lo Stato comunità, la collettività. Noi tutti. Dobbiamo dimostrare di saper fare il nostro stesso, vero interesse: l’interessa di tutti, l’interesse pubblico, come scrive lo storico dell’arte Tomaso Montanari nel suo nuovo libro, Istruzioni per l’uso del futuro".

Nous vous tiendrons informés de l’évolution du projet "99 anni di Poveglia libera a 99 €uro<" et des modalités d’adhésion dès qu’elles seront précisées.

Si vous êtes dès à présent motivés par ce projet et prêt à participer, au moins financièrement, écrivez à cette adresse e-mail : associazionepoveglia@gmail.com

Isola di Poveglia

Pour vous motiver et vous permettre de rêver à l’île déserte de la lagune dont vous pourriez devenir (co) propriétaires voici quelques photos partagées par notre amie Sapi Tarin, l’infatigable pilote de barques typiques de la lagune.

Poveglia

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