Le paradis de Diana

Diana Vreeland, née Diana Dalziel le 29 juillet 1903 à Paris et morte le 22 août 1989 à New York, est une journaliste et éditrice de mode américaine. Elle fera avec Carmel Snow le succès du magazine Harper’s Bazaar au milieu du XXème siècle, et sera la rédactrice en chef du Vogue américain par la suite. C’est une personnalité influente de la mode durant ses années d’activité, reconnue pour son élégance.

Diana Vreeland sur la piazza San Marco

“Nothing is more marvelous than sitting at a little table in the gathering of dusk in the Piazza san Marco, the guest of six golden-bronze horses prancing away to paradise” – Diana Vreeland

Diana Vreeland sur la piazza San Marco

Les deux photos ci-dessus font partie d’une série, prise pendant l’été 1973, et qui ont été utilisées, plus tard, pour illustrer un livre écrit par Eleanor Dwight sur Diana Vreeland, New York, Harper Collins, 2002. La photo la plus connue, de cette journée, car reprise sur de nombreux blogs et sites sur la princesse de la mode, est en noir et blanc, où l’on peut voir Diana Vreeland, Andy Warhol et Fred Hughes sur la Piazza San Marco.

Diana Vreeland, Andy Warhol et Fred Hughes, Piazza San Marco

Diana Vreeland séjournait régulièrement à Venise, où elle fréquentait toute l’intelligentsia de son époque. Elle a laissé de nombreux témoignages dans beaucoup de maisons, où son souvenir perdure encore lorsque nous avons l’occasion de l’évoquer.

Diana Vreeland et la Princess Irene Galitzine. Image courtesy of Galitzine.

Le musée de la mode du Palazzo Fortuny lui avait consacré une belle exposition, en 2002, Diana Vreeland after Diana Vreeland. Le choix du Palazzo Fortuny ne cachait pas la filiation avec son historique propriétaire Mariano Fortuny y Madrazo, artiste touche à tout qui fut célèbre dans la première moitié du XXème siècle pour ses créations textiles.

“Diana Vreeland after  Diana Vreeland” (Palazzo Fortuny, Venezia 10 Mars — 26 Juin 2012)

Au-delà du bien et du mal (1977)

Au-delà du bien et du mal (Al di là del bene e del male) est un film italien réalisé par Liliana Cavani, sorti en France le 5 octobre 1977. Le titre est adapté de la vie et l’œuvre du philosophe allemand Friedrich Nietzsche, un des protagonistes du film.

Au-delà du bien et du mal (1977)

Librement inspiré de faits réels de la vie de Nietzsche, Paul Rèe fait connaissance avec la décomplexée Lou von Salomé ; après leur rencontre le garçon décide de l’épouser lui faire oublier Friedrich, mais Lou se sentirait en captivité dans une relation.

Ainsi commence un triangle amoureux entre les trois ; situation est aggravée par la sœur de Friedrich, Elizabeth, qui est amoureuse de son frère, fait tout son possible pour vous l’éloigner de Paul et de Lou, car ils sont juifs et donc "corrompus".

Distribution
Dominique Sanda : Lou Andreas-Salomé
Erland Josephson : Friedrich Nietzsche
Robert Powell : Paul Rée
Virna Lisi : Elisabeth Nietzsche
Michael Degen : Karl Andreas
Elisa Cegani : Franziska Nietzsche
Umberto Orsini : Bernard Foester
Philippe Leroy : Peter Gast
Carmen Scarpitta : Malvida
Nicoletta Machiavelli : Amanda
Renato Scarpa : Psychiatre
Elisabeth Wiener : Gerta
Clara Colosimo : Trude

Au-delà du bien et du mal (1977)

C’est le film le plus influent de Liliana Cavani.

Personne ; parmi celles et ceux qui s’intéressent à Nietzsche ou Salomé ne peut rester indifférent devant ce film !

L’interprétation de certaines des principales idées de Nietzsche sont bien articulé et les rendent visuellement compréhensibles de telle sorte qu’elles gagnent en profondeur et deviennent encore plus attrayantes.

Liliana Cavani utilise la musique de Mozart d’une manière qui vous prends par toutes les terminaisons nerveuses de votre corps. Le spiritisme, Mozart et une vie juste trop courte forment ensemble une scène qui est écrasante de significations.

Dans ce film, Cavani a également développé un langage cinématographique qu’elle s’applique nulle part ailleurs. Elle utilise les souvenirs picturaux connus de la plupart d’entre nous et joue un jeu sémiotique qui transforme des scènes assez communes en un jeu ambigu, voire à couper le souffle. Le film n’est pas vraiment à recommander à tout le monde, car sans connaissances de base à propos de Nietzsche et de la Belle Époque on ne peut pas profiter de l’histoire. Mais pour vous, ce film sera une révélation.

Al di là del bene e del male (1977)

L’affaire Antonio di Nicolo Foscarini

Le 20 avril 1622, à l’aube sur la Piazzetta San Marco à Venise, le corps d’un homme est pendu par un pied à la potence entre les colonnes de San Teodoro et de San Marco. Il n’y avait pas de témoins de cette exécution, car il a été étranglé dans le secret des prisons pendant la nuit. C’était la tradition pour les nobles. Les citoyens de la Sérénissime étaient naturellement inquiet. Cet homme n’était pas criminel commun mais un homme d’une noble famille distinguée.

le 16 janvier 1623, moins de dix mois plus tard, le Conseil l’exonéra entièrement et agit d’une manière sans précédent en proclamant son erreur dans les cours européennes. Cette action fut caractérisée par des historiens et d’autres comme courageuse, noble et juste. L’affaire Foscarini devint une légende vénitienne, renforçant le mythe positif de Venise qui fut utilisé comme modèle par les républicains.

Quels événements ont conduit à un homme de cette stature pour qu’il devienne victime d’un tel sort?

L'arrestation d'Antonio Foscarini

Antonio Foscarini, né à Venise le 27 août 1570, était le troisième fils de Nicolò di Alvise du ramo de S. Polo, et de Maria Barbarigo di Antonio, qu’il avait épousé en 1556.

Pendant les premières décennies du XVIIème siècle, Antonio Foscarini servit Venise dans des fonctions distinguées, en tant que sénateur et qu’ambassadeur aux cours des rois Henri IV et James I.

Antonio a commencé sa carrière diplomatique comme l’un des représentants de la République de Venise à la cour du roi Henri IV de France (1601) et là, à Paris, il a assisté au mariage du Roi Henri avec Marie de Médicis.

Puis i la été nommé Ambassadeur en Angleterre "Ambasciatore ordinario dans Inghilterra" en Juillet 1610.

Mais en 1615, il fut rappelé à Venise, accusé de trahison au profit de l’Espagne, sur une dénonciation de son secrétaire. Il resta alors trois ans en prison avant que les faits soient examinés. Entièrement réhabilité, il retrouva tous ses privilèges, quand au secrétaire, il ne fut condamné qu’à deux ans de prison pour calomnie.

Le 8 avril 1622, il est, une nouvelle fois dénoncé par un agent de l’Inquisition, Girolamo Vano da Salo. Ausitôt, il a été arrêté sur ordre du Consiglio dei Dieci et accusé de:

Avoir secrètement … et fréquemment été en compagnie de ministres des puissances étrangères, de jour comme de nuit, dans leurs maisons et ailleurs, dans cette ville et à l’extérieur, sous un déguisement et en habit normal, et leur avoir divulgué, à la fois oralement et par écrit, les secrets les plus intimes de la République, et d’avoir reçu de l’argent en retour …

La palazzo dans lequel on l’avait vu entrer, était le Palais Mocegnigo sur le Grand Canal, domicile de la belle Alatheia Talbot, comtesse d’Arundel, alors âgée de trente cinq ans, épouse de Thomas Howard, personnage important à cour anglaise.

 Alatheia Talbot Comtesse of Arundel vers 1618, par Daniël Mijtens

Alatheia et Thomas étaient les amateurs d’art passionnés, et ils ont utilisé leur richesse infinie pour amasser la première grande collection d’art privée en Angleterre. Et ce fut le motif du voyage d’Alatheia à Venise. Après ses premières aventures, Foscarini était revenu en grâce auprès du gouvernement. Il avait été élu Sage de Terre Ferme et s’était vu confié des charges très convoitées. Il avait été nommé sénateur et traitait avec les ambassadeurs de France et d’Hollande. Avec une légèreté de caractère qui ne lui faisait pas défaut, il fréquentait de jour comme de nuit l’habitation de la comtesse anglaise d’Arundel, femme d’esprit, domiciliée alors à Venise, qui recevaient chez elle entre autres Sachetti, résident à Florence et Rossi de la cour d’Espagne.

Interrogée, la comtesse Alatheia a nié toute relation avec Antonio Foscarini. Douze jours plus tard, le patricien était exécuté et le conseil des X ordonnait le bannissement de la comtesse d’Arundel.

Plutôt que de se plier à cette décision, la jeune femme, qui avait un tempérament combatif, s’estima souillée par ces allégations et demanda une audience personnelle au Doge Antonio Priuli. Elle obtint d’être rencontrée et écoutée. Visiblement elle su convaincre, car il l’a assuré que son nom ne serait pas lié a cette affaire. Elle a généreusement accepté ses assurances, mais a demandé une exonération publique et par écrit à Venise et  à Londres, ce qui fût fait. Elle a reçu des cadeaux somptueux du doge et, six mois plus tard, quittait Venise avec des malles lourdement chargées.

Tout au long de l’été, la preuve de l’innocence de Foscarini est devenue du plus en plus évidente, au point que personne ne pouvait plus l’ignorer. Ceux qui avaient accusé Foscarini de de trahison, Girolamo Vano da Salo et Domenico de Zuale, gondolier de l’ambassadeur d’Espagne furent finalement arrêtés et amenés devant les inquisiteurs de l’État et du Conseil des Dix pour répondre à certaines questions. Il a été établi, au cours de cette enquête, que les deux accusés s’étaient parjurés en faisant de fausses accusations contre Foscarini, ils furent condamnés à mort le 20 septembre 1622. Ils furent rapidement exécutés avant de pouvoir donner les noms d’éventuels complices, et surtout, des réels commanditaires de ce complot.

Le Conseil des Dix avoué publiquement son erreur. Des exemplaires ont été remis à la famille Foscarini et ont également été distribués dans toute l’Europe. Le corps d’Antonio Foscarini a été exhumé du cimetière de SS Gioavnni e Paolo et déposée avec pompe dans l’église des Frari où il a reçu des funérailles nationales. Une statue d’Antonio Foscarini est dans l’église Sant’Eustachio (San Stae), dans la chapelle du Crucifix, où on apposa également une plaque en souvenir de cette déplorable erreur judiciaire :

"Par décret du 16 janvier 1623, la Signoria de Venise reconnaît devant toute les nations l’erreur commise et réhabilite la mémoire de Foscarini"

Antonio Foscarini

Carnaval de Venise

Reportage sur les six jours du carnaval de Venise…

… celui de la renaissance, en 1980 !

Groupe de mimes faisant le spectacle dans les rues puis sur la place San Marco, défilé des fanfares du carnaval en costumes d’époque, danses folkloriques sur podium dressé au milieu de la place, toro de fuego, gens déguisés dansant dans les rues, gondoles sur le grand canal, coucher ou lever de soleil sur la lagune.

Telle est la présentation du reportage de Claude Brovelli qui était passé sur TF1, le mardi 19 février 1980, pendant le journal de 13 Heures, présenté par Yves Mourousi.

Le carnaval de Venise a complètement disparu pendant le XXème siècle, de la période fasciste jusqu’en 1980.

Complètement disparu?

Non. Pas tout à fait. Il a subsisté dans la mémoire collective, et plus particulièrement dans la mémoire des Vénitiens. Il a repris vie à l’occasion de la mise en place d’une biennale de théâtre, au début des années 1980. Cette biennale se déroulait à l’intérieur, et voulait se calquer sur la biennale du festival d’art moderne, internationalement connu. À ce moment-là, des petits groupes d’amateurs, et de commedia dell’arte ont profité de l’occasion pour sortir et faire du théâtre de rue. Ce fut l’étincelle et en quelques années, il y a eu une flambée d’enthousiasme chez les Vénitiens. La résurrection du carnaval de Venise a été spontanée, ce n’est pas du tout une fabrication de l’office du tourisme.

Mais, en dépit des apparences communes, que de différences entre le carnaval du XVIème dispositif-clé dans une vie institutionnelle vénitienne alors à l’équilibre, le carnaval démesuré de six mois de la fin du XVIIIème qui tente de conjurer l’angoisse du déclin et le projet d’abord touristique et culturel d’aujourd’hui !

Mais ne boudons pas notre plaisir. C’est un prodige de plus de la Miraculissime que d’avoir pu réveiller son carnaval en 1980.

Et faisons amende honorable. Si le carnaval est maintenant dissocié des libertés politiques de Venise, c’est que Bonaparte, en 1797, a aboli la Sérénissime. Il a brûlé les ornements du Bucentaure, la magnifique galère-emblème du doge, récupéré l’or et transformé la coque en canonnière. A ce propos, un convoi exceptionnel porteur de bois de grume est parti ce printemps de Dordogne pour rejoindre l’Arsenal de Venise où va commencer la reconstruction de ce bateau légendaire. Juste retour des choses comme des femmes et des hommes à Venise en cette période.

La Casa delle Girandole

Nous allons évoquer aujourd’hui un monument de la culture populaire de Venise, disparu depuis vingt ans, et pourtant encore si tenace dans la mémoire des vénitiens.

La Casa delle Girandole

La maison se voyait depuis le Campo Castelforte, derrière l’église San Rocco, mais son entrée était située au 3792 San Polo, Corte dei Preti, où vivait, dans les années 60, Donato Guido Zangrossi, auteur d’un univers magique et coloré qui qui avait gagné les cœurs et reste dans les mémoires de toute les générations.

Depuis le campo, au delà du rio de la Frescada, on pouvait admirer une maison où, au deuxième étage, un mystérieux mais bon grand-père, avait coupé, poncé et peint les rêves de tous. Entre 1960, quand Donato Zangrossi a pris sa retraite, et jusqu’à la fin des années 1990, tourbillonnaient au gré du vent, des soleils, des étoiles, des lunes et des fleurs.

Donato Zangrossi, que tout le monde appelait Guido, était né en 1905. Il travaillait comme opérateur à la Sava, à Marghera, et était un passionné d’astronomie, de physique et de philosophie.

Quand a eût pris sa retraite, il s’occupa quelques années au pavillon du Venezuela, à la Biennale d’Art.

Ce serait le cordonnier Pietro Rizzi, qui lui aurait appris à créer ces engins sophistiqués, pour les vendre aux touristes. Mais c’est fortement inspiré pas son approche de l’art contemporain qu’il commença sa production artisanale.

La casa delle girandole  Donato Zangrossi (1905-1990)

Guido est mort en 1990, et peu de temps après, dès 1992, on a procédé au ravalement de la la façade, prétexte pour "enlever tout ça"… il ne reste plus aujourd’hui qu’une maison triste qui donne sur l’eau terne du canal, et, quand on parle avec des vénitiens, de la Casa delle Girandolle, des éclairs de bonheur dans les yeux.

La casa delle girandole  Donato Zangrossi (1905-1990)

L’an dernier, Giada Carraro, une étudiante de Castelfranco Veneto en patrimoine historique et artistique à l’Université de Bologne, a présenté une thèse sur l’architecture fantastique du Veneto. Sa thèse s’inscrivait dans le cadre d’un projet plus large "Les constructeurs de Babel". Toute une partie est consacrée à la Casa delle Girandolle.

La casa delle girandole. L'arte cinetica di un poeta astronomo veneziano, di Giada Carraro. "Un omaggio a Tommaso Zangrossi e alla sua celebre casa delle girandole rimasta nella memoria dei veneziani e non solo."

Désormais, elle a écrit un livre : La casa delle girandole. L’arte cinetica di un poeta astronomo veneziano, de Giada Carraro. "Un omaggio a Tommaso Zangrossi e alla sua celebre casa delle girandole rimasta nella memoria dei veneziani e non solo."

La casa delle girandole  Donato Zangrossi (1905-1990)

Source et pour en savoir plus :

La Nuova : La casa delle girandole che rallegrava tutti

Alloggi Barbaria : Foto Casa delle Girandole

Donato Zangrossi, Casa delle girandole (in english)

La Casa delle Girandole

Gigio

Il est difficile d’évoquer Gigio sans parler de la belle, douce et pacifique Natasha…

 

Gigio - Photo Martin Navager

Natasha n’est pas, comme vous l’imaginez, une belle blonde russe aux jambes inteeeeeeermiiiiiiiiinaaaaaaaaaaaaaables qui est venue s’installer à Venise, ou une de ces nombreuses touristes slaves qui débarquent par troupes chaque matin, mais une colombe blanche, la compagne de travail de Gigio depuis 10 ans.

Natasha

Gigio Brasi avait 11 ans quand il est venu sur la Piazza apprendre le métier de scattino. C’est celui qui, au siècle dernier, armé d’un appareil photo et d’un trépied immortalisait les touristes en visite à Venise. C’est un des petits métiers qui a presque disparu de nos jours : chacun a un appareil photo numérique, et les touristes s’immortalisent eux-même avec leur smartphone tendu à bout de bras.

Nous avions des pigeons partout et j'en faisais une légère grimace de peur.  Mais on a pris le moment où ils étaient envolés. Alice Monet, Venise, 6 octobre 1908

Nous avions des pigeons partout et j’en faisais une légère grimace de peur. Mais on a pris le moment où ils étaient envolés. Alice Monet, Venise, 6 octobre 1908

60 ans se sont écoulés, et un siècle entier nous sépare de ce temps désormais révolu.

Les photos de Gigio sont classiques. Il invitait des touristes souriants à se mettre devant la basilique, un peu de maïs dans la main tendue et la complicité de Natasha faisaient arriver un nuage de pigeons dont les battements d’ailes submergeaient ses clients.

Désormais, la règlementation de la ville interdit de donner à manger aux pigeons, mais il suffit de tendre la main pour qu’ils arrivent, les pigeons, depuis des générations, se sont habitués à la faire.

Gigio et Natasha sont des amis inséparables, mais avant, il y avait déjà eu Roger puis Nestore, Vivaldi, Tyson…

Nestore

Roger est probablement le plus important aux yeux de Gigio. Il avait fait son nid, il y a plus de 25 ans, dans le rio des Procuratie Vecchie, près du ponte dei Dai, où le photographe avait son laboratoire. Roger était un beau pigeon blanc tâché de noir, Gigio le nourrissait et Roger le suivait, comme un chiot. Gigio prennait des photos des touristes avec les pigeons, et Roger était un pigeon, alors, un accord tacite s’était conclu entre les deux complices. Puis, un jour, Roger est arrivé avec un jeune pigeonneau, avec des plumes de la même couler. Nestor était né.

Mais un jour, sur la piazza, Roger à été tué sur le coup par le carretto d’un transporteur qui était très rapide, ou trop pressé. Un coup sur la tête. Gigio, à travers ses larmes,  a pris l’oiseau et l’a enveloppé dans un journal et l’a déposé dans une poubelle de la piazza. Lorsqu’il est retourné à son appareil photo, Nestor n’était plus là. Il s’est retourné et a vu Nestor perché sur le bord de la poubelle où il venait de mettre Roger.

Nestor est encore resté 8 ans avec Gigio, à travailler pour lui avec les touristes. Puis vint Vivaldi, un beau pigeon rouge, puis Tyson, un colosse noir.

Article écrit avec la complicité de Stefano Soffiato et du Comitato Venessia.

Gigio

Yuri Zeleng

Yuri Zeleng (Юрий Зеленг) est né en Russie, près de Moscou, en 1959.

Diplômé de l’académie des Beaux-Arts Sourikov de Moscou en 1979, il est, depuis 1990, membre de l’Union des Artistes de Russie.

Il a participé à de nombreuses expositions importantes à Moscou ou à Saint-Pétersbourg.

Les oeuvres de Yuri Zeleng sont proposées par de nombreuses galeries d’art en Allemagne, en France, en Grande-Bretagne ou aux États-Unis, ainsi que dans les ventes de célèbres maisons. On retrouve donc sa peinture dans de nombreuses collections privées, où nous avons trouvé ces peintures sur Venise :

Yuri Zeleng - Venise

Yuri Zeleng - Venise

Yuri Zeleng - Venise

Yuri Zeleng - Venise

Yuri Zeleng - Venise

Yuri Zeleng - Venise

Yuri Zeleng - Venise

Yuri Zeleng - Venise

Lettres vénitiennes de Charles Gounod

Lettres vénitiennes de Gounod

La dernière chose qui m’ait bien vivement et profondément impressionné, c’est Venise! tu sais combien c’est beau: ainsi je ne m’étalerai pas en descriptions, ni en extases, tu me comprends.

C’est ce que Charles Gounod écrit à son ami Hectore Lefuel depuis Vienne, le 21 août 1842.

Au mois de mai de cette même année, Hébert lui avait écrit : " J’ai appris par notre grand sculpteur Gruyère que tu étais aux prises avec une foule de rhumes ; j’espère que le soleil de la noble et voluptueuse Venise te fondra les glaces que le vieux hiver a amoncelées dans ton cerveau."

Parti de Rome fin juin à la fin de son séjour à la Villa Médicis, Charles Gounod arrive à Venise quelques semaines plus tard, ainsi qu’il l’avait annoncé à Hectore Lefuel, qu’il surnommait père, au mois d’avril.

À MONSIEUR HECTOR LEFUEL

"À Venise, poste restante.

              Rome, le mardi 4 avril 1841.
   Mon cher et tendre père,

Voilà déjà que ton enfant désolé se creusait la tête pour savoir où t’écrire, et il commençait à désespérer de la tendresse de son vieux papa, lorsqu’il apprend par M. Schnetz que cet intrépide centenaire s’est transporté de Florence à Bologne pour se rendre au plus vite à Venise. C’est donc à Venise que ce fils rassuré se hâte de lui faire parvenir de ses nouvelles pour lui dire qu’il se porte très bien, et ensuite que sa messe a obtenu un heureux succès parmi ses petits camarades d’abord, et en second lieu parmi les en bas. Il a pensé aussitôt à la satisfaction de son vieux père et cette pensée a été pour beaucoup dans la joie de son succès."

C’est au retour de ce voyage, après avoir passé par Vienne et traversé la moitié de l’Europe que Charles Gounod mettra en musique la célèbre poésie d’Alfred de Musset, Venise.

ricordi

Venise sera encore l’objet d’un voyage, d’où, le 30 juin 1862, Anna Zimmerman, son épouse de onze ans sa cadette, fait le récit de leur séjour à Venise à sa mère Hortense Zimmerman… Gounod ajoute : Ah! Quel malheur de quitter Venise, s’écrie mon Jean! – mais j’aime mieux me priver de voir les belles choses pour revoir ma bonne grand-mère si bonne! – le tout accompagné de gros soupirs ; car il faut vous dire que la marine est au plus haut en ce moment et que l’on a fait la connaissance intime des deux marins de notre gondole, avec lesquels on rame du matin au soir.

Dessin de Guillaume Dubufe

Hercules Brabazon Brabazon 1821–1906

Hercules Brabazon Brabazon (né Hercules Brabazon Sharpe ; Paris 27 Novembre 1821 – 14 mai 1906 Sedlescombe) était un artiste anglais, accompli dans la réalisation d’aquarelles à la manière de  Turner.

Hercules Brabazon a grandi à Paris, puis il a déménagé avec sa famille à Oaklands, un domaine près de Sedlescombe, East Sussex, en 1832. Il a suivi l’enseignent de la Harrow School, de l’École Privat à Genève, et du Trinity College de Cambridge, où il obtient un baccalauréat en mathématiques en 1844. Son père a alors voulu lui faire étudier le droit, mais il a quitté l’Angleterre et s’est rendu à Rome pour étudier la musique et l’art, s’est inscrit à l’ Accademia di Santa Cecilia et Accademia di San Luca.

Son père a tenté de le faire revenir en lui coupant ses revenus, mais en 1847, à la mort de son frère aîné, il a obtenu son indépendance financière quand il a hérité propriétés de la famille dans le Connaught.

C’est alors qu’il change son nom de famille en Brabazon.

Dès lors, il a mené une vie de voyages en faisant "le Grand Tour", d’étude de l’art et de la peinture, inspiré par les œuvres d’artistes tels que Vélasquez et Turner. En 1858, il a hérité d’Oaklands, dont il a laissé la gestion à son frère -frère, alors qu’il a continué à voyager – principalement en Europe , mais aussi en Afrique et en Inde.

Avec les encouragements de ses amis artistes, en particulier John Singer Sargent, il commence à exposer, d’abord au New English Art Club, puis des expositions individuelles à la Galerie Goupil à Bond Street.

De son vivant, il se refusera à vendre ses œuvres, se considérant comme un simple mateur.

 Il est mort au sommet de sa gloire en 1906, et est enterré à Sedlescombe.

En raison de problèmes dans sa succession, ses héritiers vont vendre en quelques mois, en 1926, la totalité des œuvres dont ils avaient hérités. 3199 aquarelles seront ainsi bradée en 27 mois, bien en dessous de leur valeur.

 The Grand Canal, Venice circa 1890 by Hercules Brabazon Brabazon 1821-1906

Fondamenta della Salute, Venice null by Hercules Brabazon Brabazon 1821-1906

Venice: the Salute, Campanile and Doge's Palace from the Giudecca null by Hercules Brabazon Brabazon 1821-1906

Canal in Venice null by Hercules Brabazon Brabazon 1821-1906

Scene in Venice null by Hercules Brabazon Brabazon 1821-1906

Side Canal, Venice null by Hercules Brabazon Brabazon 1821-1906

Canal in Venice null by Hercules Brabazon Brabazon 1821-1906

The Pink Palace exhibited 1892 by Hercules Brabazon Brabazon 1821-1906

Grande lessive

Journée de grande lessive dans une calle de Castello (Venise)

De nos jours, les photographes aiment bien se ruer à Castello, pour donner des images d’une Venise populaire et vivante, avec les grandes lessives qui sèchent en plein ciel au dessus des calli de ce quartier au charme intact.

Mais, nous vous invitons à monter avec nous dans une machine à remonter le temps, pour nous rendre, sur le campo San Polo, il y a tout juste cent ans.

Campo San Polo, 1923

Par les belles journées de soleil, et les jours où il n’y avait pas de marché sur le campo, les lavandaie organisaient la place comme un immense étendoir, couvert de piquets et de cordes en tous sens, dans un savant désordre ou chacune faisait sécher le linge des maisonnée qui leur confiaient leur lessive.

Cet usage, se conserva au moins jusqu’à la Première Guerre Mondiale, soit, entre les deux guerres toute une période pendant laquelle les paysannes de Mira, Gambarre, Fusina se transformèrent en lavandières avec une sorte de service régulier de ramassage du linge sale, qu’elles rapportaient propre dans de grands paniers à domicile.

Lavandaie sull' campo

Motte di Volpego

Les Motte di Volpego sont de petits affleurement qui émergent des eaux de la lagune méridionale de Venise, au sud de Fusina.

Motte, en vénitien, signifie petite colline, dos.

A proximité se trouve une station d’étude des marées de l’ISPRA (ex APAT).

 Volpadego

La dénomination ancienne, Vulpegus qui devint, au moyen âge Volpadego nous indique que c’était, dès l’Antiquité un lieu destiné à la chasse. Près de là existait un bosquet connu sous le nom de Ponte del Lovo.

Près de ce lieu on désigne une fosse sous le nom de Tajada delle Gambarare, qui communique avec le canal Volpadego avant son débouché dans la lagune. Il y avait alors, une église dédiée à S. Lunardo di Fossa mala.

Tout près de ces affleurements se trouve l’île, désormais immergée de San Marco in Boccalama dont nous vous avons déjà parlé.

Il est possible que, vers 1013, lorsque la première église San Marco de Lama a été construite, tout une vaste île réunissant ces divers affleurement émergeait dans la lagune. Un colonie s’était installée en ce lieu, où certains historiens attestent de la présence d’une église dédiée à Marie dès 960.

V. Piva écrivait à ce propos : " S. Maria (Assunta) de Boccalama (in isola), fondata nel 960 su di una delle tre isole, vicina l’una all’altra, site alle foci di un ramo del Brenta, detto Lama come si ricava da un antico codice manoscritto da anonimo cronologo del sec. XV. Era officiata da Regolari di ignoto istituto, che alla fine del 1300 dovettero abbandonare il luogo, divenuto insalubre."

Vittore Carpaccio

Le massacre de l’île Biria

Nous vous emmenons aujourd’hui dans une partie de Venise que vous allez devoir imaginer, car, de nos jour, elle est entièrement transformée.

S. Zanipolo

Dans ce bout de Cannaregio, à proximité de l’église Santa Maria dei Miracoli, coule encore de nos jours le canale Widmann qui passe devant le palais construit par la famille de riches marchands homonyme. Le long du palazzo Widmann, en prolongement du pont, une étroite ruelle mène au campo d’où le puits a disparu. Pour revenir à l’époque où les faits sont survennus, vous devrez déjà imaginer le campiello Widmann comme un petit pré herbeux, parcouru par un sentier de pierres qui mène de la calle Widmann au campiello Stella.

Jusque là, rien de très compliqué…

Sauf que, au XVIIème siècle, quand on regardait sur le droite du campiello, derrière le puits s’ouvrait un pont de bois au dessus d’un rio qui alimentait un moulin situé sur la droite. Le nom du canal, à l’origine Biria, aurait été une cacographie de Bierum (Alveus aquæ, cujus impulsu versatur rota molendini) ce qui confirme bien que les deux rii parallèles (Le Birri grande et le Birri piccolo) alimentaient ces fameux moulins. Dans les chroniques de Trevisan, on peut lire à propos de l’endroit "s’ingolfava una sacca con una velma et un canale detto Biria, che forma quella parte che oggidì Birri si chiama"

Entre le rio Biria et le rio de la Panada nous avions alors une ile de forme allongée. Depuis la fondamenta du Magazen, une étroite fondamenta longeait le rio Biria jusqu’au moulin, permettant l’accès aux maisons qui existent toujours dans le début de l’actuel rio terra Biri.

L’autre façade du moulin sous lequel passait le canal, donnait donc sur le campiello Widmann, herbeux à l’époque, mais pourvu de son puits en pierre d’Istrie aujourd’hui disparu.

Antico molino

Vous y êtes ?

Sur la gauche de l’île, après avoir traversé le pont on trouvait : une paire de squeri où l’on fabriquait des barques pour les pêcheurs, et les fameuses barques destinée à transporter l’eau douce depuis le continent.

Puis un sentier s’enfonçait jusqu’à la pointe entre deux rangées de potagers et quelques cabanes d’indigents. Cette île Biria avait été crée aux XIème siècle, quand, en plein moyen âge, on a commencé à étendre la ville dans ce secteur autrefois occupé par des roselières et des barene.

Le rio Biria à été comblé au tout début du XIXème siècle, et, depuis la grande maison rouge qui borde le campiello, toutes les jolies maisons sur le côté droit du rio terra ont été construites depuis le XIXème siècle. Quand à la belle bâtisse blanche en face du restaurant (et le restaurant), ils ont été construits sur l’emplacement du moulin détruit par un incendie dans la nuit du Jeudi Saint 1691 à 22:00 heures.

Dans ce secteur de Venise il y avait plusieurs moulins dont on peut retrouver la trace dans les Archives de Venise, aux Frari.

Mais en fait, à présent que nous campé le décor, c’est un drame épouvantable que nous allons vous narrer…

Il faut donc remonter au au XVIIème siècle, dans ce secteur de Venise où chacun s’active durement. Dans le moulin on fabrique de la farine qui est chargée sur des barques. Dans les jardins on cultive des légumes qui sont vendus au Rialto ou sur les marchés de la ville. Il y a quelques smerdariol qui viennent revendre leur récolte du jour, utilisée pour fumer les jardins.

Et puis il y a le squerro…

Depuis 1593 l’abbé Stepfano souhaitait transférer les moines bourguignons de San Tommaso de Torcello dans un nouveau monastère construit dans Venise, dans la paroisse de Santa Margerita, mais le projet ne put se faire à cette époque.

Vers 1650, les moines envisagent de nouveau de quitter définitivement Torcello pour s’installer à Venise, cette fois, ils ont jeté leur dévolu sur la Madonna dell’Orto.

Déménager tout un couvent avec ses religieux et ses richesses n’est pas une mince affaire. Et, en cette année 1651, une petite délégation de moines vient à Venise, prendre contact avec les fabricants de barques de l’île Biria pour leur demander la construction de deux grande nave (deux sortes de barges).

Après d’âpres négociations avec ces moines qui, vu leur richesse, savaient s’y prendre dans les affaires, il fut convenu que le prix négocié serait porté six mois plus tard, avant la livraison des embarcations.

Lorsque les bateaux furent terminés, trois religieux revinrent à Venise, le Jeudi Saint 1652, avec une caisse remplie d’or pour payer la commande. Juste après avoir traversé le pont, il durent constater que le squerro était fermé. Alors qu’ils tambourinaient encore à la porte, ils furent attaqués par revers par une bande de coupe jarrets qui les passèrent par trépas avant de s’enfuir avec la caisse pleine d’or.

Les voleurs ne furent jamais arrêtés, et les moines furent forcés de payer leur commande, avec un nouvel envoi d’or aux artisans.

C’est pourquoi on dit que l’âme des trois moines bourguignon erre encore sur l’île Biria, où, chaque Jeudi Saint, des évènements étranges et parfois dramatiques se produisent.

Demandez donc aux habitants de la grande maison rouge située au civico 5393 Cannaregio et dont la façade donne sur le campiello Widmann. Ils vous raconteront ces sons de cloches entendus dans la nuit du Jeudi Saint, et la longue litanie des évènements étranges, morts suspectes, suicides, accidentelles et autre drames survenus chaque fois, ce jour-là, en plein Carnaval, dans cette maison tout juste centenaire.

molino dei biria

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