
À l’automne de 1866, José Isidro Osorio y Silva-Bazán dit "Pepe Alcañices" est "tombé" à Paris. Il venait de terminer une sorte de tournée européenne. Il avait été, en premier, en Angleterre, où très souvent il se rendait à la recherche de chevaux pour son écurie espagnole, surtout depuis que son père avait importé dans le pays, la notion de reproduction. Puis il était allé à Baden-Baden, une des stations balnéaires à la mode, où il avait passé un bon moment. Pour couronner le tout, avant de rentrer à Madrid il avait décidé de se donner une petite semaine de repos dans la capitale française.
Pepe a toujours été très bien reçu à Paris. Cela a beaucoup à voir avec sa vie privée, et ses lien avec l’Impératrice des français, bien sûr.
Un après-midi, Pepe est allé à une soirée mettant en vedette Anne de Mouchy.
Le mari d’Anne était le duc de Mouchy, elle était née princesse Anne Murat, fille de Lucien Murat, lui-même fils de Joachim Murat et Caroline Bonaparte.
Par conséquent, notre duchesse de Mouchy était une petite-fille de la Caroline, la sœur cadette de Napoléon Ier.
Lors de la fête Pepe Alcañices remarque la présence d’une femme blonde.
C’est même femme, se souvient-il, qu’il a aperçu quelques jours auparavant sur un magnifique cheval dans le Bois de Boulogne.
Pepe a toujours eu le regard attiré par de jolies femmes à cheval, des montures de grande valeur, de sorte que la blonde ne lui a pas "échappé".
A présent, la retrouver dans la maison d’Anne de Mouchy, fait jaillir une petite lumière dans son cerveau, avant même d’essayer d’organiser des présentations de rigueur.
La femme blonde du bois de Boulogne, c’est Sophie Troubetzkoï, la veuve du duc de Morny.
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Avec un peu de méfiance, Alcañices explique alors à Sophie qu’il l’a vue quelques jours plus tôt dans le Bois de Boulogne, mais n’avait pas osé s’approcher par respect au cas où elle avait oublié qu’ils s’étaient déjà rencontrés, une fois, lors d’un bal lors du second Empire.
Sophie sourit poliment et réponds que rouler dans le Bois de Boulogne est l’une des joies de la vie parisienne.
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Il est clair que Alcañices a été très impressionné, parce que le lendemain il alla rendre visite à la duchesse de Morny, dans sa résidence au 42, avenue Gabriel.
Les rencontres entre Alcañices et Sophie ont été, disons, très, très fréquentes en 1867 …
Sofia Troubeskoy, duchesse de Morny, épousa en secondes noces le 21 mars 1869, à Vitoria en Espagne, José Isidro Osorio y Silva-Bazán (né à Madrid le 4 avril 1825, mort à Madrid le 30 décembre 1909), duc d’Alburquerque et de Sesto, cousin de l’Impératrice Eugénie.

Par ce mariage, et après l’arrivée de la très belle Isabel II d’Espagne, elle s’est vu octroyer la ceinture de l’Ordre de la Reine Marie Louise d’Espagne qui la fit admettre parmi les plus grandes dames de la péninsule ibérique.
Elle était en fraîcheur avec l’impératrice Eugénie et ce sentiment réciproque devait se refroidir encore après son mariage avec le duc de Sesto, qui était resté, à travers les métamorphoses surprenantes de la destinée d’Eugénie de Montijo, l’idéal sentimental de la belle et fière Espagnole (Assez singulièrement, dans ses Souvenirs manuscrits, qu’elle nous confia, la marquise de Morny, fille cadette du duc et de la duchesse, parlant de l’habitation d’Alcanizes de Sesto, à Madrid, consigne ces détails, dont nous lui laissons l’entière responsabilité : "Cette chambre (la pièce que nous occupions) était celle de mon beau-père, quand il n’était pas marié ; et j’avais souvent entendu dire que l’impératrice Eugénie (bien avant de l’être, naturellement) vint jusque-là réclamer le duc, dont elle était follement éprise. Elle parla plusieurs fois de mourir, à cause de lui ; elle-même vint lui offrir sa main, quand le Président la demanda en mariage. Mais Papa aimait sa sœur (la future duchesse d’Albe) et déclina cette préférence de la comtesse de Téba. Alors, malheureusement pour la France, n’ayant pas eu celui qu’elle désirait, elle accepta l’empereur." (Si le point n’est pas inexact, il prouverait en faveur du désintéressement d’âme d’Eugénie de Montijo, qui aurait haussé le choix de ses sentiments par-dessus les tentations d’un trône.).

Sofia Troubetzkoy est considérée comme ayant introduit le rite de l’arbre de Noël en Espagne quand, en 1870, elle en fit installer un dans son palais, qui faisait l’angle du paseo del Prado et de l’élégante rue Alcala (où fut construit plus tard le siège de la Banque d’Espagne).

En outre, elle a joué le premier rôle dans la célèbre Rebelión de las Mantillas, une manifestation pacifique de femmes de l’aristocratie madrilène contre Amadeo, dont elle fut l’instigatrice. En effet, non seulement elle manifestait ouvertement son soutien aux Bourbons, mais également elle considérait comme son plus grand ennemis Amadeo et son épouse Maria Victoria del Pozzo. Son rejet du monarque était tel, qu’elle avait donné des ordres à ses serviteurs de fermer les portes et les fenêtres du palais au passage du cortège royal.
Pendant ces longues années où ils lutèrent pour le rétablissement des Bourbons, ils montrèrent leur différence et leur originalité.
Pepe créa une milice pour protéger les madrilènes, composée de toutes le couches de la société espagnole de l’époque, qu’il nomma avec humour "Le Bataillon Brandy" Pour se moquer également du bataillon "Eau de Cologne" créé par les nobles d’Espagne.
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Sophie n’arrête pas de militer activement à ce moment-là. Pour échapper à la surveillance de la police dans les réunions qui ont dépassé un petit nombre de participants, elle est assez intelligente pour demander la coopération des épouses des diplomates étrangers. Ainsi, Sophie était certaine d’échapper à la police qui surveillait les réunions qui se tenaient le mercredi chez dame Alphonsine dans la maison de la marquise de Bedmar, vendredi à la maison de la comtesse de Campo Alange et dimanche chez Maria Manuela de Montijo, la mère de l’ex-impératrice Eugénie.
Toutefois, la police a toujours ignoré ce que les dames fomentaient le lundi chez Lady Layard, épouse de l’ambassadeur britannique, le mardi à la maison de la marquise de Bouille, l’épouse de l’ambassadeur français, le jeudi, chez la baronne von Canitz, femme de l’ambassadeur allemand.
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Cette discrète participation des ambassades étrangères a également permis de confirmer la complicité de Sophie Troubetzkoï avec la marquise de Bouillé, la baronne von Canitz ou Lady Layard. Cette même Lady Layard, bien sûr, qui avait créé à Venise un hospice pour les marins et employés anglais de passage à Venise. Hospice qui se situait à la Guidecca, et ou séjourna régulièrement Frederic Rolfe.

Durant cette partie de sa vie elle joua un rôle politique, social et culturel important.
Pendant que son mari s’engageait dans la lutte politique pour la restauration des Bourbons, la duchesse d’Albuquerque à occupé son temps en organisant de nombreuses activités destinées à convaincre de nouveaux partisans. Elle a donc mis en place des rencontres culturelles et des soirées où elle a montré sa puissance sociale. Ces célébrations visaient également à réunir des fonds pour soutenir la cause. Sophie a également été la secrétaire d’un autre important personnage à ce moment, Don Antonio Canovas del Castillo, président du Conseil des Ministres, haut dirigeant et fondateur du Parti Conservateur.
Plus tard, après la mort prématuré du jeune roi Alfonso, il furent bien mal récompensés de leur loyauté par la régente, Crista, qui, par pure jalousie les disgracia et fit détruire leur somptueux palais.

La progression de la maladie fatale à la princesse a été très rapide
Sophie a commencé à se sentir mal en 1896 au début, et en cet hiver très rigoureux, elle a refusé de cesser d’aller au théâtre ou à l’opéra. Elle quittait son palais de Madrid tous les soirs pour être de retour tard dans la nuit. Il n’y avait rien de particulier à sacrifier à "un rhume" Il semble pourtant, qu’à cette époque, en principe, la cure typiques consistait à de rester au lit ou dans une chaise longue stratégiquement situé à côté d’une cheminée, en prenant des grogs et d’attendre que cela fasse effet. Mais dans la nuit du 17 avril, Sophie a commencé à ressentir un terrible sentiment de suffocation, respirant péniblement, l’air ne se déplaçait pas dans les bronches enflammées de ses poumons. Pepe a été choquée par la scène. Le médecin de la famille ducale, John Summers, a été appelée immédiatement. Il a essayé de donner un diagnostic positif, mais le duc a souhaité un avis plus compétent et fait venir spécialement de Barcelone à Madrid, un célèbre spécialiste de l’époque: le Dr Robert y Yarzábal. Quand il a regardé à Sophie, n’ai aucun doute sur la gravité de la duchesse.
Il a brièvement informé Pepe que sa femme en avait "pour deux mois" au plus.
Le 29 Juin, malgré tout, Pepe et Sophie se rendent en France. Sophie n’avait pas coscience de la gravité de son état, et du diagnostic dévastateur énoncé par le docteur Robert y Yarzábal, elle disait constamment que la brise de Biarritz allait lui rendre la santé A Biarritz, cependant, non seulement son état ne s’est pas amélioré, mais il s’est aggravé, si bien que Pepe a décidé d’installer Sophie à Paris. Elle était tenue au secret de l’avis médical que seul Pepe connaissait, cependant, il en avait parlé ouvertement avec leurs enfants, parents et amis.
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Sofia Troubeskoy, est morte dans son sommeil pendant la nuit du 8 au 9 août 1896.
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C’est sa femme de chambre, Marie, qui l’a trouvé morte, le matin du 9, alors qu’elle apportait le petit déjeuner à sa patronne dans son lit à baldaquin.
Il est probable que Sophie, grande fumeuse, soit morte d’un cancer du poumon. Sagrera n’a pas mentionné cette maladie, mais les références fréquentes à la cysnose et la dyspnée qui affligeaient Sophie nous permettent de penser à la phase finale de cette maladie.
Les funérailles eurent lieu à Saint-Pierre de Chaillot.
La Princesse Sofia Troubeskoy, duchesse de Morny, a été inhumée au cimetière du Père-Lachaise (54ème division), le plus grand à Paris, à quelques mètres de la tombe de son premier mari, le duc de Morny.

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Alors, rendez-vous bienôt pour la suite…
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juin 30, 2012 @ 22:01:55
Muito boa esta matéria sobre o IX Marquês de Alcañices e sua esposa. Parabéns! Voltarei para ler mais.
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