Sous la piazza

Des fouilles sous la piazza Sans Marco, réalisées vers 1930, mirent en lumière des structures anciennes désormais enfouies sous les pavements modernes.

San Marco '30

Les deux premières photos montrent les anciens pavement en chevrons de briques (comme on peut en voir dans certaines cortes vénitiennes encore de nos jours) et les fondations de la façade de l’Hospice San Marco qui avait été démoli pour élargir la place.

San Marco '30

San Marco '30

Cet hospice, est plus généralement connu sous le nom d’ospizio Orseolo, car c’est le doge Pietro I Orseolo qui avait ordonné sa construction à la base du campanile de la piazza entre 976 et 978. Cet hospice accueillait les pèlerins malades. Il fut agrandi une première fois en 1253 sur ordre de la dogaresse Loicia da Prata. Il fut détruit en 1581 pour la construction des Procuratie Nuove. On peut le voir sur la peinture de Gentille Bellini.

Gentile Bellini - Processions sur la piazza San Marco

Sur les photos suivantes, on voit le soubassement de l’un des deux grands puits qui fournissaient de l’eau sur la piazza. De nos jours, on peut retrouver la position de ce puits grâce à une inscription et deux cercles sur la pavement actuel.

San Marco '30

San Marco '30

Carte Zen et Atlas Maritime

Carta de Navegar - 1558

Nous vous avons conté, récemment l’épopée, jugée peu crédible par les historiens contemporains, des frères Zen qui, selon les vénitiens, auraient découvert l’Amérique avant Christophe Colomb.

Il est intéressant de constater qu’Estotiland et Drogeo, présentés comme des îles par Zeno, sont très tôt retranscrits comme des territoires américains, au Nord-Est du continent. Cette localisation a été durablement défendue par les Vénitiens. Au XVIIIème siècle,  l’abbé Formaleoni parle d’une gloire volée par Colomb aux frères Zeno : « gloria per altro nom sua ; poiche rapita anch’essa ai nostri Zeni« . En effet, si Antonio Zeno avait réellement abordé le continent américain vers 1400, Venise aurait alors damé le pion à sa grande rivale maritime, Gênes, patrie de Christophe Colomb ! Ce sont sans doute ces considérations politiques qui ont poussé Nicolo Zeno à élaborer sa mystification littéraire et géographique.

Nicolo Zeno

Antonio Zeno, informé de l’existence de terres sauvages au sud-ouest du Groenland, l’Estotiland et le Drogeo, part les explorer, découvrant en route l’Icarie.  Au fil du temps, on a essayé de découvrir quels territoires pouvaient se trouver ainsi décrits. Une hypothèse encore défendue par certains aujourd’hui est que le Frisland ferait référence aux iles Féroé, l’Estotiland au Labrador et le Drogeo à Terre-Neuve : selon cette interprétation, les frères Zeno auraient ainsi navigué jusqu’à l’Amérique avant Christophe Colomb…

Cette thèse des Vénitiens en Amérique a été entretenue jusqu’au XIXème siècle, surtout chez les auteurs italiens, comme Placido Zurla.

Mais le scepticisme a commencé à se développer à partir des années 1830, et a été renforcé par la redécouverte de la Carta marina d’Olaus Magnus en 1886.

La carte de Zeno présente en effet des similarités avec la Carta marina réalisée par Olaus Magnus, et publiée pour la première fois à Venise en 1539 ; ou avec la Caerte van Oostlant de Cornelius Anthoniszoon, datant de 1543. Mais l’inspiration cartographique la plus frappante semble se trouver chez un voyageur et cartographe danois, Claudius Clavus (Claussön Swart). Au cours des premières décennies du XVème siècle, un voyage l’a mené au Nord de l’Europe, jusqu’en Islande et le long des côtes du Groenland, où il aurait atteint à l’ouest le 70e parallèle nord. Clavus a retranscrit les connaissances acquises alors sous forme de deux cartes manuscrites du Nord-Ouest de l’Europe, faisant de lui notamment le premier cartographe du Groenland. La position géographique, la forme et l’orientation de ce dernier, ainsi que de l’Islande, se retrouvent quasiment à l’identique chez Zeno.

A la fin du XIXème siècle,  l’ouvrage de Fred W. Lucas consacré à la démonstration de la supercherie de Nicolo Zeno a annoncé la reconnaissance généralisée de la nature fictionnelle du récit.

Carta marina - Olaus Magnus

Pietro Malombra

Le Christ et les docteurs

Le Christ et les docteurs

Fils de Bartolomeo Malombra, employé à la Cancelleria Ducale, et de Catarina Vasti, né à Venise en 1556, il aurait, selon Carlo Ridolfi, travaillé avec son père dans sa jeunesse, et n’aurait embrassé la carrière de peintre que beaucoup plus tard.

On le retrouve dans l’atelier de Giuseppe Porta, dit « Salviati » et sa première œuvre connue est La naissance de Marie (1592-93) visible dans l’église paroissiale de Santa Maria di Sala.

En 1596 il fut jugé et condamné pour avoir exercé la profession de peintre sans être inscrit sur la guilde.

La conclusion de la Vraie Croix

La conclusion de la Vraie Croix

Le 11 janvier de l’année suivante, on lui passe commande d’un retable avec le Christ ressuscité avec les saints Nicolas de Bari, Pierre, Jean-Baptiste et François encore conservé dans le duomo de Motta di Livenza. Le 8 décembre, il livre à la Scuola Grande di Santa Maria delle Misericordia, un « quadro in prospettiva » aujourd’hui perdu.

Selon Giustiniano Martinioni, sa dernière œuvre, une Cena ebraica, ne fut jamais terminée en raison de la mort de l’artiste, en 1618. Le tableau fut achevé par Antonio Vassilacchi dit  » L’Aliense ».

La majorité des œuvres de Malombra sont aujourd’hui perdues.

Il a été enterré dans la tombe de sa famille dans l’église des Saints Giovanni e Paolo.

Audience de l'ambassadeur d'Espagne à Venise - 1604 (Museo del Prado, Madrid)

Audience de l’ambassadeur d’Espagne à Venise – 1604 (Museo del Prado, Madrid)

Paul von Ravenstein

Né le 21 octobre 1854, Paul von Ravenstein était le fils d’un médecin de Breslau et a reçu une éducation soignée en accord avec son goût pour la peinture qu’il a déclaré très tôt.

Il aimait par dessus tout la lumière et la vie de l’Italie où il a fait de nombreux voyages à partir de 1870, en compagnie de son maître Gustav Schönleber, séjournant plusieurs fois à Venise où il retrouva de nombreux artistes germaniques.

De ses voyages il a rapporté de nombreux croquis et esquisses de paysages et des scènes de genres sur la vie des gens du peuple.

En 1886, il épousa, à Stamberg, Helene von Schwind, la plus jeune fille du peintre Moritz von Schwind et ils s’installèrent à Karlsruhe.

C’est dans cette ville qu’il est mort, le 8 mars 1938 à l’âge de 84 ans.

Kreuzgang der Abbazia San Gregorio - 1892

 Sérénade sur le Grand Canal

Segelschiff in Venedig

Les pêcheurs de Chioggia

Destination l’Adriatique, au fil de l’eau, en naviguant vers le sud, on jette les amarres sur le charmant petit port de pêche de Chioggia. Avec ses petits canaux, son linge suspendu et son marché au poisson, découvrez avec nous cette petite Venise plus populaire, mais très typique de la lagune. Mais, aujourd’hui, découvrez-là telle qu’elle n’est plus tout à fait…… nous vous entrainons en effet à Chioggia, mais à la lisière des XIX et XXème siècles.


A cette époque, on est encore proche du Baroufe à Chioggia écrit par Goldoni en 1762.

Quand les marins pêcheurs de Chioggia partent six mois en mer, les femmes de Chioggia trouvent leur vie vide de «…»

Alors, quand, sur la place de Chioggia, passe le batelier Toffolo, un des seuls hommes restés à terre, les « sens » des femmes de Chioggia s’allument…

Mais quand, ensuite, les marins pêcheurs de Chioggia rentrent, les langues des femmes de Chioggia font des ravages et la jalousie se réveille…

Les hommes de Chioggia sortent alors les couteaux et les bâtons. Les femmes de Chioggia, elles, n’en ont pas besoin, elles se battent à main nue, à coups de poing, à coups de pied…

Mais quand le baroufe devient trop fort à Chioggia, Vicenzo, l’âme damnée du sombre illustrissime Isidoro, intervient et abuse de son pouvoir, torture et perversion à Chioggia…

À Chioggia, tout finit pourtant toujours bien, car c’est ce que les femmes de Chioggia veulent…

Et quand la femme de Chioggia le veut…

L’Inconnu du grand canal

Qui est ce cadavre défiguré qui flottait dans le canal ?

Aucun élément d’identification possible, si ce n’est une chaussure, pas de signalement de disparition dans la région de Venise.

Le mystère semble bien épais pour le commissaire Brunetti. Mais, il en est sûr, ce visage ne lui est pas inconnu. C’est l’irremplaçable Mlle Elettra qui l’aide à retrouver la mémoire : l’homme avait été filmé lors des manifestations des agriculteurs, à l’automne. La piste est fragile, mais elle permet au commissaire Brunetti et à l’inspecteur Vianello de remonter jusqu’à un abattoir situé sur le continent, à Mestre, où règnent le chantage et la corruption.

Après s’être révolté contre les pratiques frauduleuses du milieu bancaire et indigné contre des actions irresponsables pour l’environnement, Brunetti se retrouve plongé dans les scandales de l’industrie de la viande et confronté à des questions éthiques, notamment sur le droit des animaux, qui l’ébranlent profondément. La ville que Brunetti aime tant ne sera désormais pour lui plus tout à fait la même…

L’Inconnu du grand canal (Beastly Things) de Donna Leon, publié en 2012 dans sa version originale en anglais, est le vingt-et-unième roman de la série mettant en scène le personnage du commissaire Guido Brunetti. Il n’a pas encore été adapté à l’écran dans le cadre de la série télévisée allemande.

  • Broché: 312 pages
  • Editeur : Calmann-Lévy (1 octobre 2014)
  • Collection : Suspense Crime
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2702155960
  • ISBN-13: 978-2702155967

L'inconnu du Grand Canal

 

Naturaliste vénitien

Nos pas peuvent nous mener parfois vers des découvertes que nous n’aurions même pas imaginées.

Une promenade printanière dans la campagne aux environs de Venise nous a amené à entrer dans la boutique d’un antiquaire, ou brocanteur, à l’orée d’un village de la terraferma.

Entre autres vieilleries, nous y avons vu ces deux natures mortes d’un artiste vénitien non identifiable.

Notre marchand, nous a assuré qu’il rencontrait souvent ce genre de peintures, et qu’il s’agissait d’un peintre, selon lui actif entre Trévise et Padoue à la fin du XVIIIème siècle et au début du XIXème siècle.

Il nous a montré ces deux dessins qu’il estimait des premières années du XIXème siècle, rehaussés de crayon de couleur et d’aquarelle sur papier monté sur un support cartonné,  de 435 x 545 mm environ, dans son cadre et verre d’époque.

Naturaliste vénitien

Il s’est montré bien moins intéressant lorsqu’il nous a annoncé un prix… (encore un qui nous a pris pour des gogos).

Natura morta con fiori, frutta, uccelli, e farfalla

Natura morta con fiori, frutta, uccelli, e farfalla

Natura morta con vaso di fiori, frutta, uccelli, farfalla, pesci e cacciagione

Natura morta con vaso di fiori, frutta, uccelli, farfalla, pesci e cacciagione

Un monde de perles

Mondo di perle e colori, le "impiraresse"

Louisa Conventi dans son entreprise maintient en vie une tradition vénitienne ancienne et enseigne un métier qui défie la crise.

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Au XIXème siècle, il y avait, partout dans Venise, les impiraresse du verbe impirare, qui signifie enfiler, un travail qui était fait exclusivement par les femmes à la maison : voir notre article Le impiraresse.

Surtout, il y avait à Murano, les Conterie ces fabriques de perles en verre. Aujourd’hui, les usines sont en République Tchèque où l’on a transféré au nom du capitalisme et de la rentabilité à outrance, brevets et secrets de fabrication, méthodes de travail, usines et tout le savoir faire ancestral vénitien.

“Impiraresse”, mondo di perle a colori

Autrefois, deux hommes prenaient une boule de verre en fusion et partaient en courant à l’opposé l’un de l’autre sur 100 mètres, reposant sur le sol un long spaghetti de verre.

Aujourd’hui, ces hommes ne sont plus à Murano, et les insolentes impiraresse ont disparues des calli de Castello… leur travail n’est plus coordonné par une mistra, et les ouvrières ne se rebellent plus contre cette femme qui s’enrichissait sur le fruit de leur travail si mal payé.

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Disparu ?

Avec la crise, de nombreux métiers reviennent. Au numéro civique 100 de Cannaregio, calle Priuli dei Cavaletti, Luisa Conventi a créé son entreprise.

Tutto nasce nel dopoguerra veneziano. L’azienda creata dal figlio del mio bisnonno si occupava delle conterie e nel tempo abbiamo proseguito, tra alti e bassi…

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Après-guerre, l’entreprise créé par son arrière grand-père a continué, avec des hauts et des bas, mais, aujourd’hui, l’entreprise dispose d’un vaste assortiment de plus de 200 nuances de couleurs pour des perles de tailles et caractéristiques diverses. Il y a les perle tonde avec des trous ronds ou carrés, les mezze linee et les quarti di linea, les tre cut, les charlotte et puis encore les burattini, les tosca, les papagà, les rigadin, les corniola, les incamiciati et les macà.

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Anna vient de temps en temps pour faire des démonstrations, et montre son art avec un éventail de 60 aiguilles tenu dans une main pour insérer rapidement les petites perles. Elle rêve, tout en agitant ses mains « Andiamo a fare delle rappresentazioni un poco ovunque, per esempio un nostro amico ci ospita in un locale a Rialto e con la scusa del “garangheo” si fa vedere cos’era questo mestiere che alla fine non morirà mai. Ancora oggi si fa così e le frange vengono fatte con i vecchi telai in legno. Certo non ci sono più le signore sotto la porta di casa con la sessola. Ci si evolve. Come ho fatto io, ma sempre con lo stesso spirito e metodo di lavoro. La mia è un’azienda alla luce del sole, ma ci si deve ricordare che questo mestiere era fatto per arrotondare senza il bisogno di allontanarsi dalla famiglia. Di questi tempi potrebbe tornare come mestiere, visto che il prodotto delle perle è molto richiesto« .

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Peut-être reverrons nous un jour des jeunes femmes tricoter les perles sur le devant de leur porte dans les calli de Venise, tout en commentant d’un on cru et acide celles et ceux qui passeront devant eux… espérons seulement que ces commentaires seront bien en vénitien et non pas en chinois…

“Impiraresse”, mondo di perle a colori

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Ces vénitiens qui ont trouvé les Amériques

En 1558, le Vénitien Nicolo Zeno (1515-1565) fait publier le récit des voyages que deux de ses ancêtres, les amiraux Nicolò et Antonio Zeno, auraient entrepris dans l’Atlantique nord à la fin du XIVe siècle , ainsi qu’une « Carta da navegar » décrivant les terres explorées à cette occasion.

Carta de Navegar - 1558

Nicolò et Antonio Zeno, les deux frères vénitiens, auraient donc, au cours d’un voyage sur l’Atlantique Nord, fait escale sur plusieurs îles et auraient même atteint la Nouvelle-Écosse. Nicolò, était né vers 1326, il est mort vers 1402 ; Antonio est mort peu après 1403.

Il auraient fait ce voyage pour le compte d’un potentat nommé Zichmni. Pendant qu’ils se trouvaient à son service, et parfois accompagnés par lui, ils visitèrent plusieurs îles de l’Atlantique Nord et atteignirent même la Nouvelle-Écosse, selon diverses interprétations du Dello scoprimento dellisole Frislanda, Eslanda, Engrouelanda, Estotilanda e Icaria fatto sotto il Polo artico, dadue fratelli Zeni, MNicolo il Ke MAntonio. Ce récit, basé sur des lettres et une carte écrites vers la fin du XIVème siècle par les ancêtres de l’auteur, à leur frère Carlo Zeno. Ce courrier relate les explorations vers le Groenland et les côtes nord-américaines, entreprises par les frères Zeno sous le commandement du comte écossais Zichmni, alias Henry Sinclair.

Selon ces lettres, donc, ils partirent de Orkney, principal port des Orcades en Ecosse, en 1398.

Henry Sinclair était le fils de William Sinclair Lord de Rosslyn (+ 1358) et de son épouse Isabelle fille de Malise V de Strathearn. En tant que comte des Orcades, Henry Sinclair comme tous ses prédécesseurs était sujet des rois de Norvège pour ces îles nordiques. Il est investi du titre de comte des Orcades comme héritier de son grand-père maternel par le roi Haakon VI de Norvège en 1379.

Le naturaliste germano-écossais Johann Reinhold Forster, spécialiste et passionné de la faune et de l’histoire nord-américaine, identifia le mystérieux prince Zichmni comme pouvant être le comte Henry Sinclair.

Nicolò raconte comment il échoue sur une île située entre la Grande-Bretagne et Islande, appelée Frisland, décrite comme de taille plus grande que celle de l’Irlande.

Lors de ce naufrage, Nicolò est recueilli par Zichmni, un prince possédant au large de la côte sud de Frisland des îles appelées Porlanda, et qui règne sur le duché de Sorant, ou Sorand, au sud-est de Frisland. Nicolò invite alors Antonio à Frisland, qui accepte et qui y séjourne 14 ans.

Sous la direction de Zichmni, Antonio attaque Estlanda, manifestement les Shetland comme l’atteste la similarité des noms des lieux mentionnés. Puis Zichmni projette d’attaquer l’Islande, mais la trouvant bien défendue, il se rabat sur 7 îles de la côte est : Bres, Talas, Broas, Iscant, Trans, Mimant et Damberc.

Zichmni fait construire un fort sur Bres qu’il confie à Nicolò. De là, celui-ci explore le Groenland, où il décrit dans une lettre un monastère équipé d’un système de chauffage central. Il retourne alors à Frisland.

Zichmni apprend qu’un groupe de pêcheurs frislandais disparu était de retour après une absence de plus de 25 ans. Les pêcheurs racontèrent avoir accosté des pays inconnus dans l’ouest lointain du nom d’Estotiland et Drogeo, peuplés pour la première d’une population accueillante.

Zichmni entreprend alors un voyage à l’ouest avec Antonio, qu’il nomme chef de sa flotte. Ils atteignent une grande île appelée Icaria (cf. Carte Zeno).

Selon les lettres, les habitants d’Icaria vinrent au-devant d’eux avant qu’ils puissent débarquer. Un seul des Icariens fut capable de converser dans une langue comprise de Zichmni. Ils désignèrent leur visiteurs comme non grata et manifestèrent leur volonté de défendre au besoin l’île jusqu’au dernier. Zichmni navigua alors le long des côtes pour trouver un point où débarquer, mais comme les icariens le suivirent, il abandonna.

Naviguant encore plus à l’ouest, ils débarquèrent sur un promontoire appelé Trin, à la pointe méridionale d’Engrouelanda. Zichmni y aima le climat et la terre, mais son équipage le trouva inhospitalier. Les marins rentrèrent à Frisland avec Antonio, Zichmni resta pour explorer le territoire et y bâtir une ville, son expédition pourrait être à l’origine de la construction de la tour de Newport.

Les Sinclair sont étroitement liés à l’Ordre des Templiers. Leur nom revient régulièrement dans l’histoire des Templiers. Les Sinclair auraient participé aux côtés de Robert le Bruce (excommunié par le pape deux ans avant la décision royale de Philippe le Bel d’exterminer tous les Templiers), à la victoire écossaise lors de la Bataille de Bannockburn contre les Anglais.

La chapelle de Rosslyn serait un des lieux où serait enfoui le trésor des templiers.

Certaines théories avancent l’hypothèse que le voyage d’Henri Sinclair en Amérique aurait permis, selon une légende des amérindiens Micmac, d’y déposer le fameux trésor.

Toutefois, cette narration ne serait, selon les historiens qu’une invention grossière : il n’existe aucune preuve de la présence de ces deux frères à aucune époque dans l’Atlantique Nord. Au contraire, les historiens ont bien établi que Nicolò Zeno a passé la plus grande partie de sa vie au service de l’État de Venise, notamment les années où il aurait été auprès de Zichmni. Il n’est pas non plus mort au service de ce dernier, ainsi que le raconte la narration, car il fit un testament à Venise en 1400 et mourut vers 1402.

Mais alors, comment ces hommes si savants expliquent ils la découverte d’un canon vénitien au large de Terre-neuve ?

Carta de Navegar - 1588

Le projet Venis Cruise 2.0

Paquebot Venise

Si vous êtes venus à Venise pendant la saison des croisières, vous avez probablement vu, vous aussi, ce spectacle terrifiant.

Le MSC Musica dans le canal de la Giudecca à Venise

Si vous êtes lectrice ou lecteur assidu-e de notre blog, vous connaissez déjà notre opposition à la présence de ces monstres dans la lagune de Venise où ils n’ont pas leur place et où ils font des dégâts, écologiquement très importants, et en partie irréversibles. Si vous avez découvert notre blog récemment, depuis de nombreuses années, nous manifestons contre ces monstres des mers aux côtés de nos ami-e-s vénitiens, car ces navires n’ont rien à faire là et sont un danger pour la ville.

Le décret Clini-Passera du 2 mars 2012 interdit l’accès à la lagune des navires de plus de 40.000 tonnes, mais Paolo Costa, président de l’autorité portuaire, ancien magistrat de Venise, et attentif aux intérêts de l’industrie du tourisme de masse a obtenu, dans un premier temps que cette loi ne s’applique pas à la lagune vénitienne.

Puis, sept projets ont été présentés au gouvernement italien qui a choisi le pire d’entre eux, proposé, toujours par le même Paolo Costa : le creusement d’un nouveau canal afin de créer une route alternative pour les grands navires qui rejoindraient le port actuel. Cependant, ce qui paraît simple sur le papier est autrement plus complexe dans les faits. Cinq kilomètres de canal d’une largeur de 100 à 250 mètres, une profondeur de 10 mètres, des parois à couler sur une partie du canal pour bloquer les sédiments, la disparition d’une île qui fait partie de l’histoire de Venise, la création de barenne artificielles… On parle d’un coût initial de 150 millions d’euros, mais la facture pourrait être bien plus salée.

Canale Contorta

Surtout que, même si miraculeusement, Paolo Costa est passé entre les mailles du filet à propos des dernières affaires de corruption qui agitent les eaux les plus troubles de la lagune, sa collusion avec des personnages sans scrupules est un fait avéré. Ceux qui pensent que l’opération pourrait être l’occasion d’une petite combinazione des entrepreneurs locaux sont des malveillants ; comme si c’était possible…

Croisières de France écologique

Surtout que les associations environnementales, qui s’opposent au transit actuel, ne voient pas pour autant d’un bon œil ce projet alternatif de creusement d’un nouveau canal. Le déplacement de millions de mètres cubes de sédiments même non pollués (on avance le chiffre de 6,4M) détruirait selon eux la lagune et son écosystème. D’autre part, comme le soulignent Silvio Testa et Lia Vianello, représentants du Comitato NO Grandi Navi – Laguna Bene Comune, ce parcours est plus long de 7,5 kilomètres (parcour actuel 9 km, par le canale Contorta 16,5 km). Alors, comme Paolo Costa peut affirmer que le projet n’aura aucun impact sur l’environnement, quand on sait que plus de 550 navires emprunteront ce canal chaque année, soit, avec l’aller et le retour, plus de 8.500 kilomètres de plus par des navires qui polluent chacun comme 40.000 voitures. Les affirmations de Paolo Costa semblent un peu fumeuses !

Phoque

Même les phoques de l’Adriatique rigolent des affirmations écologiques de Paolo Costa, dont la démission à été demandée par sept associations vénitiennes.

Dans ce contexte effroyablement compliqué, la seule alternative acceptable pour les vénitiens est le projet Venis cruise 2.0, il est porté par une figure politique locale, Cesare De Piccoli (ex-adjoint au maire et député, ancien secrétaire d’État à l’Industrie et ex-secrétaire d’État au Transports), qui s’est adjoint les compétences de l’homme d’affaires Antonio Gozzi, patron du groupe sidérurgique Duferco.

Ensemble, ils proposent aujourd’hui la création d’un nouveau terminal croisière, composé de quais flottants et d’une île artificielle. Cette île serait installée à quelques encablures du grand projet Moïse (permettant d’éviter l’inondation de Venise lors du phénomène de l’Acqua Alta) et à quelques dizaines de mètres de Cavallino-Treporti, à l’entrée de la lagune. Un quai de 940 mètres de long et de 34 mètres de large accueillerait jusqu’à cinq grands paquebots ainsi qu’une flottille de catamarans de 800 places. Selon le principe des parkings relais qui équipent désormais les grandes métropoles, les passagers débarqueraient sur ce quai extérieur à la vieille ville et embarqueraient sur les catamarans qui, grâce à leur faible tirant d’eau, seraient autorisés à rejoindre le terminal croisière actuel par le Canal de la Giudecca. La durée du transfert serait d’une petite heure. Ainsi, les croisiéristes conserveraient la magie de l’arrivée, offrant la plus belle vue sur Venise, tout en respectant la législation. Embarquements et débarquements des paquebots en tête de lignes se feraient de la même manière. Point positif, selon Antonio Gozzi, le projet aurait déjà reçu l’aval de la fondation nationale environnementale italienne FAI et d’associations écologistes. Ce projet avait déjà été proposé il y a quelques années par le président du Port, Paolo Costa, qui envisageait d’y installer un terminal conteneurs. De nombreuses questions se posent déjà et le projet va être étudié par le gouvernement. La société Duferco espère une réponse avant Noël.

Cette idée de génie ne demanderait que deux petites années pour être réalisée, et, cerise sur le gâteau , ça apporterait aux affairistes du coin une belle occasion de faire du fric. Encore plus fortiche ! Plus de 120 millions d’euros sont en jeu…

rendering terminal crociere de piccoli 2

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Palazzo Malombra

Ce palais est intimement lié à la vie vénitienne de la Reine de Chypre, après son abdication en faveur de la Sérénissime en 1489.

Après son retour de Chypre, Caterina Cornaro partagea sa vie entre son palais sur le grand canal, et sa résidence d’Asolo.

Le palais de San Maurizio avait été acheté par son frère, Giorgio Cornaro (Zorzi), à Bartolomeo Malombra,  Guardian Grande della Scuola di S. Giovanni Evangelista, en 1480, pour la somme de 20 ooo ducats. Dans les années qui suivirent, Zorzi a dépensé près de 10 000 ducats pour le restaurer et l’embellir. Il a aussi agrandi la propriété, par l’achat de parcelles voisines, en 1483, 1483 et 1521.

Marino Sanudo, dans ses Diarii (vol. 56, p. 751) écrivait à propos du palazzo Malombra qu’il était “casa bellissima e la più bella di Veniesia e potria dì de Italia, signoril, magnifica et comoda”.

A la mort de Zorzi en 1527, la belle maison et ses autres biens firent partie de l’héritage de ses quatre fils, Francesco, Giovanni (Zuanne), Geronimo (Hieronimo) et Giacomo (Iacomo). Seuls Zuane et Iacomo vécurent dans le palais avec leurs familles. Ils achetèrent encore une propriété adjacente en 1534.

Dans la nuit du 15 août 1532, la Ca’ Malombra-Cornaro, fut en grande partie détruite par un incendie.

Lors du règlement définitif de la succession en 1545, la propriété à été divisée en deux. Giorgio Cornaro (Zorzetto), le fils du Proc. Giacomo Cornaro, mort en 1542, reçu en héritage la partie contenant les ruines de l’incendie. Il demanda alors à Jacopo Sansovino d’entreprendre la construction d’un nouveau palais, tel qu’il avait été imaginé par son père avant sa mort (le palais que nous pouvons voir de nos jours).

Ca' Corner della Ca' Granda - architettura e committenza nella Venezia del Cinquecento

Une église de Venise menacée par un incendie

Piero Pazzi est un vénitien attentif à sa ville, à son riche patrimoine et qui se souvient des catastrophes du passé.

Chiesa di San Lio di Venezia. - 001

En passant sur le Campo San Lio, Pierro Pazzi a remarqué la présence d’une baraque de chantier adossée au mur de l’église par l’entreprise Orseolo Restauri srl. Cette baraque est utilisée pour entreposer la matériel nécessaire à la réfection du toit de l’hôtel Canada et d’autre copropriétés voisines. Parmi les matériaux stockés, il y a de nombreuses planches de volige.

Or, selon Pierro Pazzi, cette situation contraste avec les règles les plus élémentaires de la prévention des incendies, surtout dans une ville aussi fragile que Venise. Or, il faut se souvenir que ce sont des circonstances similaires qui ont permis l’incendie qui, à l’abe du 4 mai 2010 a éclaté dans une baraque de chantier adossée à l’église de Santa Maria dei derelitti (Ospedaletto) détruisant la peinture L’annonciation et la visitation de la Vierge d’Antonio Molinari, endommageant d’autres chefs d’œuvres d’une inestimable valeur.

Chiesa dell'Ospedaletto après l'incendie du 4 mai 2010 © photo Fausto Maroder

Chiesa dell’Ospedaletto après l’incendie du 4 mai 2010 © photo Fausto Maroder

Dans l’église San Lio, à proximité de la cabane de chantier qui constitue une menace pour ce monument, se trouve un autel avec un retable figurant Saint Jacques, qui est une œuvre du Titien. Remarquable également, l’orgue de chœur du XVIIème siècle, recouverte de peintures et de parements de bois précieux.

Chiesa di San Lio : l'autel du Titien à droite, et l'orgue sur la gauche de la fenêtre

Chiesa di San Lio : l’autel du Titien à droite, et l’orgue sur la gauche de la fenêtre

Chiesa di San Lio di Venezia. - 011

Nous reproduisons ci-dessous la lettre que Pierro Pazzi a envoyée aux autorités responsables de Venise. Lettre que nous ne traduisons pas, puisque le texte ci-dessus et une résumé de son contenu.

All’ Attenzione
Della Soprintendenza dei Monumenti di Venezia
Del Comando Polizia Municipale
Del Comando Vigili del Fuoco e Ufficio Prevenzione Incendi
Del Nucleo dei Carabinieri per la Tutela Patrimonio Artistico
Dell’ Ufficio Promozione e Conservazione dei Beni Culturali Ecclesiastici
Del Titolare Hotel Canada
Della Ditta Orseolo Restauri
Della Ditta Boscolo Bielo Ivano
Del quotidiano Il Gazzettino
Del quotidiano La Nuova Venezia

ESPOSTO
PERICOLO DI INCENDIO PER LA CHIESA DI SAN LIO

Questa mattina passando in Campo San Lio mi sono accorto che addossato alla facciata della chiesa, a sinistra dell’ingresso principale e’ stato costruita una una baracca di cantiere contenente materiale per il rifacimento del tetto dell’Hotel Canada e altri condomini.
Tra i materiali ivi deposti si intravvedono anche molte assi di legno.
Questa situazione che contrasta con le più elementari regole di prevenzione degli incendi, in una città così fragile particolare come la nostra ricorda molto le circostanze che hanno dato luogo all’incendio scoppiato all’alba del 4 Maggio 2010 quando da un analoga baracca di cantiere si sono sviluppate le fiamme, poi divampate all’interno della Chiesa di Santa Maria dei derelitti (Ospedaletto) distruggendo il dipinto “Annunciazione e Visitazione della Vergine” di Antonio Molinari danneggiando altre opere contenute all’interno di quel tempio.
E’ impensabile quindi, che nonostante vi siano dei precedenti, si agisca con leggerezza e superficialità, o forse più appropriatamente con incompentenza e irresponsabilità negli odierni lavori di rifacimento del tetto in oggetto.
Considerando oltretutto che all’interno della Chiesa di San Lio, in prossimità della finestra sottostante al cantiere, vi è un altare con una pala raffigurante San Giacomo opera del Tiziano, oltre alla pregevole cantoria settecentesca dell’organo ricoperta di dipinti e ai numerosi dossali lignei sottostanti, si ritiene che sia demenziale l’allestimento di simile baracca del cantiere addossata al muro della chiesa suddetta.
Il presente esposto indirizzato, corredato dalle allegate immagini, si invia a tutte le realtà coinvolte nell’autorizzazione, nella vigilanza, nella committenza e nell’esecuzione dei lavori in oggetto affinchè nel più breve tempo possibile rimuovano detta baracca di cantiere al fine di scongiurare immeritate sciagure per il patrimonio storico ed artistico della nostra città.
Con osservanza e confidando in una pronta e ragionevole soluzione

Piero Pazzi

Chiesa di San Lio di Venezia. - 002

Chiesa di San Lio di Venezia. - 003

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