Sora Gemma

Sora Gemma

La maison de plaisirs de Sora Gemma, était équipée pour accueillir les jeunes poulets de printemps, l’eau et la serviette de toilette étaient fournis.

La maison de Sora Gemma a réellement existé, à Venise, de 1860 à 1949, un immeuble qui était sa propriété, et où elle pratiquait le plus vieux métier du monde.

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Célèbre pour son grand professionnalisme et ses coups publicitaires glorieux, les clients habituels de "SORA GEMMA" étaient tous des personnalités importantes de l’époque. Quand aux "jeunes poulets de printemps", la première fois était gratuite pour eux.

Dans ces maisons, venaient parfois des clients désargentés, qui étaient là uniquement pour regarder, sans "consommer". Ces flanellisti qui venaient "respirer l’atmosphère pécheresse" n’étaient pas désapprouvés par les maitresses de maisons, il leur était seulement demandé, comme on peut le voir encore de nos jours sur des Avviso, petits cartons qu’il est toujours possible de chiner chez les antiquaires : "Giovanotti! Le signorine lavorano! Si raccomanda di non intrattenerle con le bagattelle inutili". Jeunes gens, les demoiselles travaillent, nous vous recommandons de ne pas les perturber avec des bagatelles inutiles…

Avviso

Il y a seulement cinquante ans la prostitution était pratiquée en Italie presque exclusivement dans des bordels, ou maisons closes, ou maisons de plaisirs, gérées par l’État.  Pour être précis jusqu’au 20 Février 1958 à laquelle le Parlement italien les a abolis en approuvant la loi 75/58 proposée par la sénatrice socialiste Angelina Merlin. Cette dernière n’a pas voulu abolir "le plus vieux métier du monde, qui mourra avec le monde", mais seulement supprimer l’ exploitation de la prostitution par l’État Italien, ou "Stato pappone".

Prezzario

Bartolomeo Bon il Giovane

Il convient de ne pas confondre Bartolomeo Bon le jeune (mastro Buono de Bergame) avec la dynastie de sculpteurs homonymes du début du siècle.

En réalité, on ne sait pas s’ils appartenaient à la même famille.

Bartolomeo Bon il Giovane est né à Bergame en 1450, et est mort à Venise en 1510.

On doit à cet architecte du XVIème siècle, le sommet en pointe du Campanile de San Marco reconstruit en 1513 après sa destruction, le 11 août 1489, par un incendie provoqué par la foudre. C’est lui qui ajouta la pyramide surmontée de l’Ange en bois recouvert de feuilles en cuivre doré de 5,15 m de hauteur, qui servait à indiquer la direction des vents et qui y resta jusqu’à écroulement de la tour le 14 Juillet 1902 à 10 heures du matin. La hauteur du clocher y compris le nouveau pignon était alors de 98.60 mètres.

Il est aussi l’architecte qui a imaginé le troisième étage des Procuratie Vecchie (1496-1517).

Il a travaillé sur des aménagements de la Torre dell’Orologio.

Il est aussi l’architecte sur les plans duquel fut commencée en 1517 de la Scuola di San Rocco.

Scuola Grande di San Rocco

Il est l’architecte choisi pour la construction de la Scuola Grande di San Marco, avant qu’on ne lui impose une collaboration avec Pietro Lombardo et Mauro Codussi.

Visite de la Scuola Grande di San Marco

Sources bibliographiques :

  • Carlo Someda de Marco, Architetti e lapicidi lombardi in Friuli nei secoli XV e XVI, in Edoardo Arslan (a cura di), Arte e artisti dei laghi lombardi, I, Noseda, Como 1959, 311, 312, 317, 336. Tav. LXIII: 170, 171, 172.
  • Laura Damiani Cabrini, Caratteri di un’affermazione. Scultori e architetti dei "Laghi Lombardi" a Venezia nel Quattrocento, in Svizzeri a Venezia…, Arte&Storia, a. 8. n. 40, Lugano settembre-ottobre 2008, 64-71.

Dans les sables sous Torcello

Décembre 1972.

Dans un bateau qui remonte un canal au nord de Torcello, des hommes ont pris place, ayant emporté avec eux tout un imposant matériel de plongée, avec des bouteilles à oxygène, plus légères que l’air comprimé.

Nous sommes à la marge de la lagune, là où l’eau salé et l’eau douce se mélangent et où poussent les roseaux, dans un espace essentiellement aquatique. Le temps est clair, l’eau est à une température de 6°C, mais la curiosité et le sentiment d’être proches d’une grande découverte pousse ces hommes à se surpasser.

Leur objectif est une zone endiguée utilisée pour l"élevage des poissons.

Valée d'élevage de poissons au nord de Torcello

Lors du curage des grands réservoir au milieu des marais, les travaux ont remonté de grands blocs en bois clair, certains de section circulaire, d’autre carrés, similaires à des colonnes de taille considérables, associés à des fragments de briques et de pierres.

Ils sont accompagnés par l’ispettore della Soprintendenza, le signore Canal, à qui l’on a révélé la découverte.

Ces hommes qui sont des scientifiques et des archéologues se préparent à plonger dans les eaux froides espérant trouver encore plus de surprises. La visibilité est bonne, chacun a son propre champ d’investigation bien délimité et sait ce qu’il a à faire une fois au fond.

Des pieux restent toujours solidement plantés dans la vase, entourés de fragments de briques, tuiles, tessons. Tout du matériel datant du 1er siècle après J-C. Ils retrouvent également un fragment de mosaïque.

Cela correspond bien au sondages réalisés précédemment, depuis la surface.

Klod sur les traces de la villa romaine...

Les alignements de pali à près de 2,5 mètres de profondeur se perdent dans le sol marécageux. Mais, à mesure de l’avancée des recherches, d’autres pieux sont localisés à intervalles réguliers. Les relevés fait sur cette zone montrent une construction qui ressemble à un rectangle dont un côté est bordé de colonnes à section rectangulaire. Cela semble appartenir au plan complexe d’une vaste villa romaine.

Les universitaires se souviennent alors des vers du poète Marco Valerio Marziale : "…o lidi di Altino, emuli delle ville di Baia o selva memore del rogo di Fetonte. . ."

Ce jour-là, les archéologues de la lagune ont peut être retrouvé une des villas décrites par le poète romain…

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Jole Veneziani (1901-1989)

Omaggio a Jole Veneziani

Jole Veneziani (1901-1989) est une célèbre styliste italienne. Nombreuses fois récompensée par les professionnels de la Haute Couture, elle a surtout connu un grand succès de 1969 à 1975.

Jole Veneziani, abito femminile, Venezia 1964-1965 Robe de velours noir, photo prise à l'extérieur du Palazzo Grassi, Venise 1964-1965 (Fondation Bano di Padova, Archives Jole Veneziani)

Jole Veneziani, abito femminile, Venezia 1964-1965
Robe de velours noir, photo prise à l’extérieur du Palazzo Grassi, Venise 1964-1965 (Fondation Bano di Padova, Archives Jole Veneziani)

Jole Veneziani est parmi les fondateurs de Haute Couture italienne, ayant participé, parmi les rares choisis par Giovanni Battista Giorgini, au premier défilé de mode à la Villa Torrigiani à Florence, en 1951.

Elle est l’une des créatrices les plus représentatives de la mode italienne des années cinquante et soixante.

Jolanda Veneziani est né en 1901 à Leporano, près de Tarente. Elle aurait aimé suivre les traces de sa mère, une passionnée d’opéra , mais la mort prématurée de son père avocat, l’oblige à abandonner ses rêves artistiques et se fait engager dans une entreprise française de cuirs et fourrures.

Avant la guerre elle est à Milan. En 1938, elle ouvre, via Nirone son atelier où elle attire l’attention des maisons de haute couture pour la légèreté, la qualité de ses productions, et la compétence de ses employées.

En 1943, en plus de la production de peaux, elle crée ses propres modèles. Josephine Baker, Marlene Dietrich, Maria Callas deviendront rapidement des clientes attitrées.

Omaggio a Jole Veneziani

C’est aussi elle qui a introduit après un voyage aux États Unis la couleur sur les automobiles en Italie.

Omaggio a Jole Veneziani

Elle réussit tout d’abord à convaincre les dirigeants d’Alfa Romeo avec 7 coloris. Fiat suivra ..

Omaggio a Jole Veneziani

Omaggio a Jole Veneziani

Omaggio a Jole Veneziani

Omaggio a Jole Veneziani

Au cours de sa carrière, Jole Veneziani a reçu de nombreux prix et reconnaissances.

Omaggio a Jole Veneziani

Omaggio a Jole Veneziani

Omaggio a Jole Veneziani

Omaggio a Jole Veneziani

Elle est morte à Milan en 1989.

Jole Veneziani entre Vera Lodomez Rossi et Beppe Modenese photographiée par Ugo Mulas, dans les années 50-60 (Fondazione Bano di Padova, Archives Jole Veneziani)

Jole Veneziani entre Vera Lodomez Rossi et Beppe Modenese photographiée par Ugo Mulas, dans les années 50-60 (Fondazione Bano di Padova, Archives Jole Veneziani)

Bibliographie:

  • M. Boneschi, Le sarte milanesi del “miracolo” tra moda, industria e cultura, in «Annali di storia dell’impresa», 2007, vol. 18, pp. 75-103
  • E. Ferri, Le persone che hanno fatto grande Milano: Jole Veneziani, s.n., 1980
  • E. Golzio Aimone, Jole Veneziani, in AA.VV., La moda italiana, vol. I, Milano, Electa, 1987
  • M. T. Olivari Binaghi, La moda: le tendenze, in Storia di Milano, vol. XVIII, Il Novecento, Roma, Istituto della Enciclopedia Italiana, 1996

Venise dans le Grand Tour de JFK

John Fitzgerald Kennedy, dit Jack Kennedy, souvent désigné par ses initiales JFK a tout juste 20 ans quand il se rends pour la première fois à Venise, à l’occasion d’une sorte de Grand Tour qu’il effectue en Europe, sur le conseil de son père qui est alors installé à Londres.

John Fitzgerald Kennedy et les pigeons de San Marco

John Fitzgerald fait ce voyage en Europe avec son ami Kirk LeMoyne Billings, dit "Lem". Ils vont traverser le vieux continent a une grande vitesse, comme on peut en juger si l’on relie, bout à bout, les étapes de ce périple.

Nous avons retrouvé les carnets de voyage du jeune homme

Carnets de voyage de John Filgerald Kenedy

Carnets de voyage de John Filgerald Kenedy

Carnets de voyage de John Filgerald Kenedy

Carnets de voyage de John Filgerald Kenedy

Le 1er juillet 1937, les deux amis embarquent à bord du SS Washington. John Fitzgerald Kennedy emportera avec lui trois pyjamas, sept mouchoirs, seize paires de chaussettes, sept paires de caleçons, quatorze chemises, quatre paires de pantalons, un blouson et … une Ford décapotable.

Ils passeront (ou visiteront) le Mont-Saint-Michel, Rouen, Beauvais, Soissons, Reims, Paris (13 juillet 1937), le Musée du Louvre (14 juillet 1937), Versailles, Chartres, Orléans, Bois, Angoulême, Tours, Poitiers, Saint-Jean-de-Luz, Biarritz et enfin Irun, ville frontière basque dans le nord de l’Espagne. Ils souhaitaient visiter l’Espagne, mais cela leur a été refusé, sur les passeports, l’ambassade américaine a clairement notifié : "voyage en Espagne exclu".

Le 27 juillet 1937, ils quittent Saint-Jean-de-Luz pour leur nouvelle destination, l’Italie via Marseille.

Le 1er août 1937, ils foulent le sol de l’Italie fasciste et rouleront vers le sud en faisant un détour par Gênes et Milan où ils arriveront le 3 août 1937. Lors de son séjour à Milan, il note que le fascisme est une bonne chose pour l’Italie où Mussolini exerce son pouvoir autoritaire depuis 1922. La première impression est plutôt bonne. Il y a des portraits du Duce partout, mais les gens semblent heureux de vivre. Pour Jack, le fascisme est peut-être le régime qui convient le mieux à l’Italie et à l’Allemagne, tout comme le communisme à la Russie et la démocratie à l’Amérique. Il précise même : "Que sont les maux du fascisme comparés à ceux du communisme ?"
Ils vont ensuite à Piacenza, Pise, et ils arrivent à Rome, le 5 août 1937.
Vient ensuite Florence qu’ils quittent au matin du vendredi 13 août 1937, pour se rendre à Venise.

John Fitzgerald Kennedy sur la plage du Lido

Repos à Venise, après cinq semaines de route.

John Fitzgerald Kennedy s’est dit impressionné par Venise où il sont resté tout le week-end, écumant les bars (un passage mémorable au Harry’s Bar où ils rencontrent des compatriotes), et, après quelques difficultés, la plage du Lido avec leurs amis auto-stoppeurs allemands et leurs conquêtes, dont une demoiselle prénommée Johan qui les suivra jusqu’en Autriche puis en Allemagne jusqu’à Cologne.

Enfin, promenade romantique en gondole pour Jack dans les bras d’une jolie fille (Johan ?), passablement gâchée par la présence malencontreuse de Lem (qui était gay  et jaloux).

Ils quittent ensuite Venise sous la pluie et l’Italie par la traversée des Dolomites en direction d’Innsbruk et de l’Allemagne le 16 août 1937.

Le convento delle Penitenti

Le couvent des Pénitents a été fondé en 1703 à l’initiative du Patriarche Giovannni Badoer, afin d’accueillir les jeunes filles et femmes qui avaient décidé de quitter la prostitution et d’essayer de se racheter.

Pio Loco delle Penitenti

Déjà, en 1357, Bortolomio Verde avait obtenu du Mazor Consejo l’autorisation de mettre en place un refuge pour accueillir les peccatrici penitenti de l’isola Santi Christoforo e Onorio. Cependant, malgré toutes les bonnes intentions, l’hospice ferma quelques années après sa création. L’initiative a donc été tentée de nouveau 250 ans plus tard avec l’aide d’Elisabetta Rossi et Rinaldo Bellini qui obtinrent l’accord du Consejo Diese pour le Patriarche Giovanni Badoer.

Installé à l’origine dans une autre partie de la ville (corte Borella dans la contrada Santa Maria Formosa, Sestier de Castelo), c’est une donation substantielle de la noble dame Marina Priuli de Lezza, en 1825, qui a permis la construction du couvent conçu par l’architecte Giorgio Massari avec trois bâtiments autour d’un cloître et d’un jardin. La construction a pris fin en 1749, en même temps que la chiesa di Santa Maria delle Penitenti, dans le nord de Venise, à Cannaregio, entre le rio de Cannaregio et la lagune, dans la zone appelée Baia del Re, en face de la chiesa di Sant’Agiopo (Contrada San Geremia).

Les dons affluèrent ensuite, de la part de marchands et de notables vénitiens. Les contributions ultérieures du Patriarche Piero Barbarigo, de Marina Nani Donà contribuèrent à rendre l’établissement florissant.

Les règles pour entrer dans ce couvent étaient très strictes. Les filles devaient être âgées de 12 à 30 ans, résider à Venise depuis, au moins un an, être saines d’esprit de de corps, ne pas être enceinte et avoir quitté la prostitution depuis au moins trois mois.

En 1765, on a confié à Jacopo Zanchi, la réalisation d’un nouveau bâtiment au nord-est.

Tant pendant les suppressions napoléoniennes que les diverses occupations du XIXème siècle, le Pio Loco delle Penitenti a continué à servir de refuge pour les ancienne prostituées, sous le non d’Ospissio del Socorso et cela jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale.

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Puis il a été converti en refuge pour les femmes exilées d’Istrie ou en provenance des anciennes colonies d’Afrique avec deux institutions successives : les Ospizi Riuniti di San Giobbe et le Pensionato San Giobbe.

En 1956, les Ospissio de San Boldo, (Contrada San Boldo, Sestier de San Polo), Ospissio Aletti (Contrada San Moisé, Sestier de San Marco) et Ospissio Bandi (Contrada San Canzian) ont été fermés et réunis en ce vaste lieu.

En 1995, le lieu à été définitivement fermé et les bâtiments laissés à l’abandon.

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Du point de vue architectural, le complexe date principalement du XVIIIème siècle, avec deux ajouts du XIXème siècle et l’église de Santa Maria delle Penitenti.

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Insula Spa a restauré l’ensemble pour y réaliser 90 logements pour personnes âgées en perte d’autonomie dans les étages, le rez-de-chaussée étant occupé par un espace de rééducation, un service de médecine externe, et un lieu pour 18 malades de la maladie d’Alzheimer autour de la cour interne et du jardin.

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Lors des travaux de restauration de l’intérieur du complexe du Pio Loco delle Penitenti ont été mis en lumière des éléments archéologiques de grand intérêt. Les fouilles ont mis à jour un four à creuset qui est probablement du XVIème siècle et qui indique la présence à cet endroit d’un forgeron, un “macellagione” avec des parties de bovins, et des cuves de teinture du XVème siècle.

Une analyse approfondie a été menée sous la supervision de la Surintendance, et les éléments trouvés ont été sécurisés.

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La fabrique Fortuny, à La Giudecca

Factory

Mickey et Maury Riad, en plus de s’investir avec passion et dévouement dans la tradition de Fortuny, ont commencé une innovation progressive, à la fois dans les produits et la distribution. Dans ce cadre, ils ont ajouté la réalisation de produits et accessoires tels que des vases, des lampes, en collaboration avec certaines parmi les plus importantes entreprises italiennes.

Les tissus sont toujours produits à La Giudecca, selon des procédés de fabrication secrets inventés par Mariano Fortuny au XIXème siècle. Les artisans qui se sont succédé dans l’usine ont mis au point des procédés, des couleurs, qui ont permis de maintenir la qualité tout en innovant, dans les formes et les coloris. Les processus de fabrication sont encore jalousement gardés secret et l’accès à l’usine est interdit à tout étranger.

La société maintient la même production, mi industrielle, mi artisanale, avec le même coton d’Égypte, et les mêmes types de colorations issues de substances organiques, avec l’ajout de métaux pour les colorants or et argenté.

Comme le processus est unique pour chaque lot, le résultat de chaque teinture est variable dans les coloris à chaque fois, en raison des conditions climatiques ou de la dose de pigments.

Dans la nouvelle collection on a ajouté deux dessins inédits de Mariano Fortuny, retrouvés dans les archives de la maison : Girandole et Nuvole. Et depuis ce printemps, une nouvelle collection de velours et de laines.

Fortuny Velours et laines

Bien que, désormais, le siège de la marque soit à Manhattan, les bâtiments historiques de La Giudecca sont toujours mis en avant, et le nouvelle notoriété de la marque à l’étranger a donné une nouvelle gloire à l’ancienne usine de Venise.

Le showroom, confortable et accueillant reste, au cœur de ce quartier unique dans Venise, un espace chargé d’histoire, de culture et d’art.

L’accès est libre, il vous suffit de sonner à la porte, pour visiter le jardin, vous devez prendre rendez-vous.

Klod chez Fortuny

VENISE SHOWROOM

Fortuny SpA
Giudecca 805
Venice, Italy 30133
39.041.528.7697

http://fortuny.com/

Showroom de la fabrique Fortuny à La Giudecca

Showroom de la fabrique Fortuny à La Giudecca

Showroom de la fabrique Fortuny à La Giudecca

Showroom de la fabrique Fortuny à La Giudecca

OLYMPUS DIGITAL CAMERAShowroom de la fabrique Fortuny à La Giudecca

Showroom de la fabrique Fortuny à La Giudecca

Showroom de la fabrique Fortuny à La Giudecca

Showroom de la fabrique Fortuny à La Giudecca

Comment naît un sujet, avec Zavattini

Cesare Zavattini plaisante avec un gondolier

Cesare Zavattini plaisante avec un gondolier

En 1959, la comédie de Cesar Zavattini Come nascce un soggetto cinematografico est mise en scène au théâtre La Fenice de Venise, dans les années suivantes, la pièce sera reproduite dans de nombreux théâtres européens.

Zavattini travaille pendant cette période avec d’autres réalisateurs, tels qu’Alberto Lattuada, Pietro Germi, Giuseppe De Santis, Luchino Visconti, ou encore René Clément.

En 1954 il entre dans une période de confusion. Vittorio De Sica et lui-même sont peu à peu dépassés par les nouvelles formes de représentation du réel que développent des réalisateurs comme Federico Fellini, Visconti, Michelangelo Antonioni, Marco Bellochio ou Francesco Rosi. Les deux hommes poursuivent leur collaboration jusqu’au décès de De Sica, et Una breve vacanza (1973) est leur œuvre ultime.

En 1982 Zavattini a présenté à la Mostra de Venise La verità (La vérité) et a remporté le Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière.

1961 - Cesare Zavattini et Vittorio De Sica à Venise

1961 – Cesare Zavattini et Vittorio De Sica à Venise

Le paradis de Diana

Diana Vreeland, née Diana Dalziel le 29 juillet 1903 à Paris et morte le 22 août 1989 à New York, est une journaliste et éditrice de mode américaine. Elle fera avec Carmel Snow le succès du magazine Harper’s Bazaar au milieu du XXème siècle, et sera la rédactrice en chef du Vogue américain par la suite. C’est une personnalité influente de la mode durant ses années d’activité, reconnue pour son élégance.

Diana Vreeland sur la piazza San Marco

“Nothing is more marvelous than sitting at a little table in the gathering of dusk in the Piazza san Marco, the guest of six golden-bronze horses prancing away to paradise” – Diana Vreeland

Diana Vreeland sur la piazza San Marco

Les deux photos ci-dessus font partie d’une série, prise pendant l’été 1973, et qui ont été utilisées, plus tard, pour illustrer un livre écrit par Eleanor Dwight sur Diana Vreeland, New York, Harper Collins, 2002. La photo la plus connue, de cette journée, car reprise sur de nombreux blogs et sites sur la princesse de la mode, est en noir et blanc, où l’on peut voir Diana Vreeland, Andy Warhol et Fred Hughes sur la Piazza San Marco.

Diana Vreeland, Andy Warhol et Fred Hughes, Piazza San Marco

Diana Vreeland séjournait régulièrement à Venise, où elle fréquentait toute l’intelligentsia de son époque. Elle a laissé de nombreux témoignages dans beaucoup de maisons, où son souvenir perdure encore lorsque nous avons l’occasion de l’évoquer.

Diana Vreeland et la Princess Irene Galitzine. Image courtesy of Galitzine.

Le musée de la mode du Palazzo Fortuny lui avait consacré une belle exposition, en 2002, Diana Vreeland after Diana Vreeland. Le choix du Palazzo Fortuny ne cachait pas la filiation avec son historique propriétaire Mariano Fortuny y Madrazo, artiste touche à tout qui fut célèbre dans la première moitié du XXème siècle pour ses créations textiles.

“Diana Vreeland after  Diana Vreeland” (Palazzo Fortuny, Venezia 10 Mars — 26 Juin 2012)

Au-delà du bien et du mal (1977)

Au-delà du bien et du mal (Al di là del bene e del male) est un film italien réalisé par Liliana Cavani, sorti en France le 5 octobre 1977. Le titre est adapté de la vie et l’œuvre du philosophe allemand Friedrich Nietzsche, un des protagonistes du film.

Au-delà du bien et du mal (1977)

Librement inspiré de faits réels de la vie de Nietzsche, Paul Rèe fait connaissance avec la décomplexée Lou von Salomé ; après leur rencontre le garçon décide de l’épouser lui faire oublier Friedrich, mais Lou se sentirait en captivité dans une relation.

Ainsi commence un triangle amoureux entre les trois ; situation est aggravée par la sœur de Friedrich, Elizabeth, qui est amoureuse de son frère, fait tout son possible pour vous l’éloigner de Paul et de Lou, car ils sont juifs et donc "corrompus".

Distribution
Dominique Sanda : Lou Andreas-Salomé
Erland Josephson : Friedrich Nietzsche
Robert Powell : Paul Rée
Virna Lisi : Elisabeth Nietzsche
Michael Degen : Karl Andreas
Elisa Cegani : Franziska Nietzsche
Umberto Orsini : Bernard Foester
Philippe Leroy : Peter Gast
Carmen Scarpitta : Malvida
Nicoletta Machiavelli : Amanda
Renato Scarpa : Psychiatre
Elisabeth Wiener : Gerta
Clara Colosimo : Trude

Au-delà du bien et du mal (1977)

C’est le film le plus influent de Liliana Cavani.

Personne ; parmi celles et ceux qui s’intéressent à Nietzsche ou Salomé ne peut rester indifférent devant ce film !

L’interprétation de certaines des principales idées de Nietzsche sont bien articulé et les rendent visuellement compréhensibles de telle sorte qu’elles gagnent en profondeur et deviennent encore plus attrayantes.

Liliana Cavani utilise la musique de Mozart d’une manière qui vous prends par toutes les terminaisons nerveuses de votre corps. Le spiritisme, Mozart et une vie juste trop courte forment ensemble une scène qui est écrasante de significations.

Dans ce film, Cavani a également développé un langage cinématographique qu’elle s’applique nulle part ailleurs. Elle utilise les souvenirs picturaux connus de la plupart d’entre nous et joue un jeu sémiotique qui transforme des scènes assez communes en un jeu ambigu, voire à couper le souffle. Le film n’est pas vraiment à recommander à tout le monde, car sans connaissances de base à propos de Nietzsche et de la Belle Époque on ne peut pas profiter de l’histoire. Mais pour vous, ce film sera une révélation.

Al di là del bene e del male (1977)

L’affaire Antonio di Nicolo Foscarini

Le 20 avril 1622, à l’aube sur la Piazzetta San Marco à Venise, le corps d’un homme est pendu par un pied à la potence entre les colonnes de San Teodoro et de San Marco. Il n’y avait pas de témoins de cette exécution, car il a été étranglé dans le secret des prisons pendant la nuit. C’était la tradition pour les nobles. Les citoyens de la Sérénissime étaient naturellement inquiet. Cet homme n’était pas criminel commun mais un homme d’une noble famille distinguée.

le 16 janvier 1623, moins de dix mois plus tard, le Conseil l’exonéra entièrement et agit d’une manière sans précédent en proclamant son erreur dans les cours européennes. Cette action fut caractérisée par des historiens et d’autres comme courageuse, noble et juste. L’affaire Foscarini devint une légende vénitienne, renforçant le mythe positif de Venise qui fut utilisé comme modèle par les républicains.

Quels événements ont conduit à un homme de cette stature pour qu’il devienne victime d’un tel sort?

L'arrestation d'Antonio Foscarini

Antonio Foscarini, né à Venise le 27 août 1570, était le troisième fils de Nicolò di Alvise du ramo de S. Polo, et de Maria Barbarigo di Antonio, qu’il avait épousé en 1556.

Pendant les premières décennies du XVIIème siècle, Antonio Foscarini servit Venise dans des fonctions distinguées, en tant que sénateur et qu’ambassadeur aux cours des rois Henri IV et James I.

Antonio a commencé sa carrière diplomatique comme l’un des représentants de la République de Venise à la cour du roi Henri IV de France (1601) et là, à Paris, il a assisté au mariage du Roi Henri avec Marie de Médicis.

Puis i la été nommé Ambassadeur en Angleterre "Ambasciatore ordinario dans Inghilterra" en Juillet 1610.

Mais en 1615, il fut rappelé à Venise, accusé de trahison au profit de l’Espagne, sur une dénonciation de son secrétaire. Il resta alors trois ans en prison avant que les faits soient examinés. Entièrement réhabilité, il retrouva tous ses privilèges, quand au secrétaire, il ne fut condamné qu’à deux ans de prison pour calomnie.

Le 8 avril 1622, il est, une nouvelle fois dénoncé par un agent de l’Inquisition, Girolamo Vano da Salo. Ausitôt, il a été arrêté sur ordre du Consiglio dei Dieci et accusé de:

Avoir secrètement … et fréquemment été en compagnie de ministres des puissances étrangères, de jour comme de nuit, dans leurs maisons et ailleurs, dans cette ville et à l’extérieur, sous un déguisement et en habit normal, et leur avoir divulgué, à la fois oralement et par écrit, les secrets les plus intimes de la République, et d’avoir reçu de l’argent en retour …

La palazzo dans lequel on l’avait vu entrer, était le Palais Mocegnigo sur le Grand Canal, domicile de la belle Alatheia Talbot, comtesse d’Arundel, alors âgée de trente cinq ans, épouse de Thomas Howard, personnage important à cour anglaise.

 Alatheia Talbot Comtesse of Arundel vers 1618, par Daniël Mijtens

Alatheia et Thomas étaient les amateurs d’art passionnés, et ils ont utilisé leur richesse infinie pour amasser la première grande collection d’art privée en Angleterre. Et ce fut le motif du voyage d’Alatheia à Venise. Après ses premières aventures, Foscarini était revenu en grâce auprès du gouvernement. Il avait été élu Sage de Terre Ferme et s’était vu confié des charges très convoitées. Il avait été nommé sénateur et traitait avec les ambassadeurs de France et d’Hollande. Avec une légèreté de caractère qui ne lui faisait pas défaut, il fréquentait de jour comme de nuit l’habitation de la comtesse anglaise d’Arundel, femme d’esprit, domiciliée alors à Venise, qui recevaient chez elle entre autres Sachetti, résident à Florence et Rossi de la cour d’Espagne.

Interrogée, la comtesse Alatheia a nié toute relation avec Antonio Foscarini. Douze jours plus tard, le patricien était exécuté et le conseil des X ordonnait le bannissement de la comtesse d’Arundel.

Plutôt que de se plier à cette décision, la jeune femme, qui avait un tempérament combatif, s’estima souillée par ces allégations et demanda une audience personnelle au Doge Antonio Priuli. Elle obtint d’être rencontrée et écoutée. Visiblement elle su convaincre, car il l’a assuré que son nom ne serait pas lié a cette affaire. Elle a généreusement accepté ses assurances, mais a demandé une exonération publique et par écrit à Venise et  à Londres, ce qui fût fait. Elle a reçu des cadeaux somptueux du doge et, six mois plus tard, quittait Venise avec des malles lourdement chargées.

Tout au long de l’été, la preuve de l’innocence de Foscarini est devenue du plus en plus évidente, au point que personne ne pouvait plus l’ignorer. Ceux qui avaient accusé Foscarini de de trahison, Girolamo Vano da Salo et Domenico de Zuale, gondolier de l’ambassadeur d’Espagne furent finalement arrêtés et amenés devant les inquisiteurs de l’État et du Conseil des Dix pour répondre à certaines questions. Il a été établi, au cours de cette enquête, que les deux accusés s’étaient parjurés en faisant de fausses accusations contre Foscarini, ils furent condamnés à mort le 20 septembre 1622. Ils furent rapidement exécutés avant de pouvoir donner les noms d’éventuels complices, et surtout, des réels commanditaires de ce complot.

Le Conseil des Dix avoué publiquement son erreur. Des exemplaires ont été remis à la famille Foscarini et ont également été distribués dans toute l’Europe. Le corps d’Antonio Foscarini a été exhumé du cimetière de SS Gioavnni e Paolo et déposée avec pompe dans l’église des Frari où il a reçu des funérailles nationales. Une statue d’Antonio Foscarini est dans l’église Sant’Eustachio (San Stae), dans la chapelle du Crucifix, où on apposa également une plaque en souvenir de cette déplorable erreur judiciaire :

"Par décret du 16 janvier 1623, la Signoria de Venise reconnaît devant toute les nations l’erreur commise et réhabilite la mémoire de Foscarini"

Antonio Foscarini

Carnaval de Venise

Reportage sur les six jours du carnaval de Venise…

… celui de la renaissance, en 1980 !

Groupe de mimes faisant le spectacle dans les rues puis sur la place San Marco, défilé des fanfares du carnaval en costumes d’époque, danses folkloriques sur podium dressé au milieu de la place, toro de fuego, gens déguisés dansant dans les rues, gondoles sur le grand canal, coucher ou lever de soleil sur la lagune.

Telle est la présentation du reportage de Claude Brovelli qui était passé sur TF1, le mardi 19 février 1980, pendant le journal de 13 Heures, présenté par Yves Mourousi.

Le carnaval de Venise a complètement disparu pendant le XXème siècle, de la période fasciste jusqu’en 1980.

Complètement disparu?

Non. Pas tout à fait. Il a subsisté dans la mémoire collective, et plus particulièrement dans la mémoire des Vénitiens. Il a repris vie à l’occasion de la mise en place d’une biennale de théâtre, au début des années 1980. Cette biennale se déroulait à l’intérieur, et voulait se calquer sur la biennale du festival d’art moderne, internationalement connu. À ce moment-là, des petits groupes d’amateurs, et de commedia dell’arte ont profité de l’occasion pour sortir et faire du théâtre de rue. Ce fut l’étincelle et en quelques années, il y a eu une flambée d’enthousiasme chez les Vénitiens. La résurrection du carnaval de Venise a été spontanée, ce n’est pas du tout une fabrication de l’office du tourisme.

Mais, en dépit des apparences communes, que de différences entre le carnaval du XVIème dispositif-clé dans une vie institutionnelle vénitienne alors à l’équilibre, le carnaval démesuré de six mois de la fin du XVIIIème qui tente de conjurer l’angoisse du déclin et le projet d’abord touristique et culturel d’aujourd’hui !

Mais ne boudons pas notre plaisir. C’est un prodige de plus de la Miraculissime que d’avoir pu réveiller son carnaval en 1980.

Et faisons amende honorable. Si le carnaval est maintenant dissocié des libertés politiques de Venise, c’est que Bonaparte, en 1797, a aboli la Sérénissime. Il a brûlé les ornements du Bucentaure, la magnifique galère-emblème du doge, récupéré l’or et transformé la coque en canonnière. A ce propos, un convoi exceptionnel porteur de bois de grume est parti ce printemps de Dordogne pour rejoindre l’Arsenal de Venise où va commencer la reconstruction de ce bateau légendaire. Juste retour des choses comme des femmes et des hommes à Venise en cette période.

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