Venise d’Orient

Suzhou, entre Nankin et Shanghai, est surnommée la Venise de l’Orient. Elle est aussi appelée la ville de l’eau et des jardins en raison de l’ambiance que créent les canaux dans la ville. Riche d’un passé historique et culturel, Suzhou est une ville classée au patrimoine mondial de l’Unesco Chine.

Suzhou

« Au ciel il y a le paradis, sur terre il y a Suzhou et Hangzhou. » C’est ainsi que le poète Chaoying décrivait la ville de Suzhou au cours de la dynastie Yuan.

Située a une centaine de kilomètres à l’ouest de Shanghai , 40 minutes par le train express (kuai ch), dans la province du Jiangsu, Suzhou est l’une des plus anciennes villes du bassin du Chang Jiang et le berceau de la culture wu. On y parle d’ailleurs le dialecte de Suzhou du groupe des dialectes de Taihu du wu. Elle est également connue pour être la capitale de la soie. En raison de ses nombreux canaux, Suzhou est appelée la « Venise de l’Est » les deux villes sont d’ailleurs jumelées.

Lors d’un de ses séjours en Chine, en 1276, le fameux explorateur Marco Polo la compara à La Sérénissime, et en parla dans ses récits comme de la « Venise de l’Orient. » Il aurait dit que Suzhou possédait 6 000 ponts sur ses nombreux canaux. C’était exagéré, un plan datant de la dynastie Song en montre 314. De nos jours, il y a environ 160 ponts dans la ville et autant en périphérie. Suzhou est encore surnommée la « Venise jaune » .

C’est une ville qui a une histoire de près de 2500 ans. Le fondateur de cette ville, le roi He Lu, fit construire en -514 avant Jésus-Christ, une des plus belles citées de la Chine de l’époque. Elle fut modernisée par le roi de Yue en 922, puis atteignit sa perfection sous l’empire des Song et connut son apogée sous la dynastie des Ming (XVème siècle).

Dès le XIIIème siècle, Suzhou fut célèbre pour sa production de tissus de soie, c’était le centre industriel pour le delta du Yangtze, nous étions alors à l’apogée de La route de la Soie qui reliait l’Orient a l’Occident. La broderie fut pratiquée à Suzhou depuis la Dynastie Song, c’était une des quatre écoles principales en Chine. Suzhou abrite d’autre part un musée de la soie.

La construction du Grand Canal, aux alentours de 610, reliant Beijing à Hangzhou via Suzhou favorisa le développement économique de la ville. Sous les Song du Nord (907-1276), l’empereur Zhao ji fait transporter, des arbres, des fleurs et des rocailles du lac Taihu pour aménager son jardin impérial.  Sous le règne de Qiao Liao, l’espace urbain  fut organisé autour d’un réseaux de canaux et d’un plan de rue en damier. Un système de régulation artificiel maitrise les crues du fleuve Yangste.
Par ailleurs, de nombreux jardins traditionnels sont disséminés sur son territoire, dont 8 sont classés au Patrimoine mondial de l’humanité (Unesco) ainsi que pour ses nombreux temples bouddhistes. Les pagodes jumelles et la pagode du temple du Nord sont renommées, cette dernière fut construite à l’époque de la Dynastie Ming.

La Ville de Suzhou est depuis longtemps un lieu de détente pour les habitants de Shanghai. Ses canaux et ses jardins centenaires en font un lieu de promenade pour de nombreux couples.

Suzhou

Suzhou

Suzhou

Suzhou

Suzhou

Suzhou

Vintage Venise

World Film Heritage, c’est un machin anglophone qui récupère des films anciens, les restaure, puis demande des droits dessus… du genre, exception culturelle anglo-saxonne.

Bien que en partie masquée par une publicité déplacée, ces deux films ont pour avantage d’être une mémoire de grande qualité pour la Venise oubliée et que nous aimons avec nostalgie.

Voici donc des images de 1927 :

Et d’autre, plus récentes, puisqu’elles datent de 1938 :

Le candidat parfait pour Venise ?

Le candidat parfait pour Venise

Alors que Venise se prépare à choisir un nouveau maire (mais on ne sait pas quand, puisque la date prévue initialement en mars 2015 à été repoussée sine-die, peut-être en mai, mais…) Rete Venezia a fait un sondage pour découvrir qui pourrait être le candidat idéal pour la mairie de Venise.

Les 662 réponses valides provenaient pour 63 % d’hommes et pour 37 % de femmes, et, si 81 % des réponses sont le fait de personnes entre 26 et 65 ans, la plus grosse représentation est comprise entre 46 et 55 ans.

Sur l’âge du candidat.

Une large majorité préfère un candidat de moins de 50 ans (61 %).

Marco Stradiotto, père de la carte Imob, enfant chéri du PD,

Sur le sexe du candidat.

Le sexe du candidat n’a aucune importance dans 71 % des réponses (18 % préfèrent un homme, 11 % préfèrent une femme). Le vote des femmes est assez équilibré : 47 d’entre elles préfèrent une femme, 42 un homme.

Renato Brunetta né le 26 mai 1950 à Venise

Sur la résidence du candidat.

Il faut savoir, pour bien comprendre la question, que le maire de Venise est aussi le magistrat de Mestre. Si la majorité souhaitent un maire qui habite Venise ou Mestre, qu’il soit insulaire ou de terre ferme n’est pas un argument de poids.

Gianluca Trabucco

Sur l’expérience politique du candidat.

Une écrasante majorité (67 %) souhaite voir un visage nouveau en politique, soit que le candidat soit un parfait inconnu en politique (35 %), soit que, membre d’un parti, il n’ai jamais été conseiller municipal (32 %). C’est bien le syndrome du Mose, les vénitiens ne veulent plus d’un de ces politiques corrompus qui phagocytent la vie politique depuis plus de 30 ans.

Monsignor Dino Pistolato

Comment les candidats doivent-ils être choisis.

Les vénitiens souhaitent, dans une large majorité, présider au choix des candidats qui représenteront les partis traditionnels. Pour cela, ils ne veulent pas de candidats désignés par les parti, ou pire, parachutés depuis Rome, mais que des primaires ouvertes soient proposées à chaque vénitien.

A propos du patrimoine du candidat.

Il doit être connu dès l’annonce de la candidature pour 65 % des vénitiens, et en cas d’élection seulement pour 14 %.

68° Mostra del cinema di Venezia

Frais de campagne.

En cette période d’austérité, 76 % des vénitiens souhaitent que les candidats ne puissent pas dépenser plus de 50.000 €uros lors de cette campagne électorale pour conquérir la ville de Venise.

Venezia, 01/09/2012 - Inaugurazione d ella mostra la voce delle immagini Palazzo Grassi -

Transparence des dépenses de campagne.

Les vénitiens exigent une transparence totale, y compris au cours de la campagne, sur les dépenses engagées par chaque candidat. Marqués par l’expérience de la campagne du parti démocrate et le scandale du Mose qui a corrompu des politiques avec l’argent public, ils sont devenus extrêmement prudents désormais.

Franca Coin

Le Candidat et son Conseil Municipal.

Une partie des vénitiens veulent savoir, deux semaines avant le vote, avec quelle équipe le candidat pense gouverner la ville. En effet, on vote pour un candidat et non une liste, et c’est ensuite le jeu des alliances qui donne lieu à des tractations qui sont souvent source de monnaie d’échanges entre factions et cliques. Cela au lieu de savoir qui seront les hommes et les femmes qui accompagneront le maire pour mettre en œuvre son programme.

Venezia, 09/02/2011. Cesare De Michelis, Marsilio Editori.

Quelles priorités pour Venise ?

  • Sécurité 67 %
  • Relance de la production (industrie, artisanat et commerce) 64 %
  • Réorganisation de la machine administrative 59 %
  • Gestion du tourisme 59 %
  • Encourager les résidents à s’installer dans Venise 53 %
  • Santé et bien-être 44 %
  • Remise à plat de la participation de la ville dans le Casino municipal 33 %
  • Aménagement du territoire 30 %
  • Requalification de la zone pétrochimique de Marghera 24 %
  • Sport 15 %
  • Accessibilité 14 %
  • Développement du Quadrante di Tessera 8 %

 melochiede

 

D’autres tableaux de Maurice Brazil Prendergast

Vous avez été nombreuses et nombreux à aimer notre récent article sur Maurice Brazil Prendergast et nous poser des question, nous demander notamment, si nous connaissions l’existence d’autre œuvres de l’artiste relatives à son voyage et son séjour de presque une année à Venise en 1898-99.

Et comme il suffit de nous demander…

En fait, une récente exposition : Prendergast in Italy, en 2009-2010 conjointement entre la Peggy Guggenheim Collection de Venise et le Museum of Fine Arts de Houston nous a donné beaucoup de matière.

« Prendergast in Italy traces the footsteps of Maurice Prendergast as he painted his way through Italy in 1898-1899 and through Venice again in 1911. Approximately seventy watercolors, oils, and monotypes by Maurice Prendergast will be on view, along with related letters, prints, photographs, films, guidebooks, and sketchbooks to situate the work within the new visual culture that Americans had embraced by 1900.« 

L’exposition permettait donc de suivre, au travers de ses œuvres, la trace de Prendergast en Italie (Venise, mais aussi Rome, Sienne et Capri) lors de son voyage en 1898-99, mais aussi lors d’un autre voyage à Venise qu’il fit en 1911.

Maurice Prendergast - Campo Santa Maria Formosa

Maurice Prendergast - Scène de Venise

Maurice Prendergast - Venice

Maurice Prendergast - Pont du Rialto

Maurice Prendergast - Jour de fête

Maurice Prendergast - Fête vénitienne à St Pietro in Volta

Maurice Prendergast - Fête du redentore

Maurice Prendergast - Femmmes vénitiennes

Maurice Prendergast - Canal de la Giudecca

Restauration des appartements de l’Empereur

Le Comité Français pour la sauvegarde de Venise continue l’effort de restauration du Palais Royal. De nouvelles salles, faisant partie des appartements de l’Empereur, ont été restaurées et seront prochainement ouvertes au public.

Lorsque Napoléon, proclamé roi d’Italie en 1805, vint en visite officielle à Venise en novembre-décembre 1807, il prit en moins de 10 jours un ensemble de décisions parmi lesquelles la création d’un plan d’urbanisme, d’un port franc, de vastes jardins, d’une commission des sites, d’institutions administratives et culturelles, consacrant Venise comme seconde ville du royaume d’Italie. Au cœur de la Cité, place Saint-Marc, entre les Procuraties Vecchie et les Procuraties Nuove, face à la basilique de Saint-Marc, le Palais Royal de Venise, « l’Aile Napoléonienne », fut édifié en six ans, sous la responsabilité du vice-roi Eugène de Beauharnais.

Après le départ des Français en 1814, le décorateur du palais, Giuseppe Borsato, peintre ornemaniste qui participa aussi à la décoration de la Fenice, poursuit son oeuvre au service des Habsbourgs qui occupent le « palais impérial » pendant un demi-siècle. Dans les années 1920, les Savoie qui ont succédé aux Autrichiens en 1866, cèdent le Palais à l’Etat. Une partie est alors confiée à la ville de Venise qui y installe les collections consacrées à l’histoire de la Cité des Doges réunies à la fin de la République par le patricien et abbé Teodoro Correr, d’où le nom de Musée Correr pris depuis 1922 par un ensemble de salles de l’Aile Napoléonienne et des Procuraties Nouvelles.

Une vingtaine d’autres pièces, elles aussi richement décorées en style néo-classique, sont attribuées à différentes administrations qui y installent des bureaux. Ces pièces, qui ont beaucoup souffert d’une utilisation inadéquate, sont aujourd’hui progressivement libérées sous l’impulsion des restaurations entreprises par le Comité Français pour la Sauvegarde de Venise ; un accord signé en 2006 entre le Domaine et la Ville prévoit leur rattachement au Musée Correr et leur ouverture permanente au public : ainsi renaîtra le Palais Royal de Venise, accessible pour la première fois à tous.

Déjà il est possible de comparer avant et après restauration, et, ainsi d’apprécier le travail qui à été accomplis, dans le bureau de l’Empereur avant sa restauration :

Bureau de l'Empereur avant restauration

Plafond du cabinet de travail de l'Empereur avant restauration

Et ces derniers jours, une fois les travaux de restauration terminés et la plus grande partie de ses meubles mis en place :

Le bureau de l'Empereur après restauration

Le bureau de l'Empereur après restauration

Le bureau de l'Empereur après restauration

La même comparaison est désormais possible avec le salon des audiences :

salon-des-audiences-de-lempereur-2

salon-des-audiences-empereur

… nous vous en reparlerons très bientôt !

Candidats de Venise

Avec déjà près de 150 candidat-e-s déjà déclarés pour se disputer la place à la mairie de Venise, on ne peut pas dire que le poste n’est pas convoité, mais par contre, les motivations semblent pour le moins obscures pour certain-e-s. La politique à Venise a toujours été, et reste un jeu diplomatique subtil et très particulier. Les prochaines élections, après le scandale du Mose, semblent encore plus complexes dans un environnement tendu et délétère, les prochains mois s’annoncent plutôt tempétueux dans la lagune, donc…

Venise

Nous n’avons aucune intention de chercher à comprendre, encore moins de vous expliquer ce qui, pour le moment, nous semble un imbroglio que Carlo Goldoni aurait particulièrement apprécié.

La campagne n’a, officiellement pas encore commencé, même si l’effervescence règne à Venise depuis la démission de Giorgio Orsoni après son arrestation pour corruption et détournement de fonds.

Le super préfet qui détiens actuellement tous les pouvoirs de maire, adjoints, conseil municipal, ne semble pas pressé de laisser sa place à un élu du peuple souverain, et aucune date n’a encore été avancée par le gouvernement pour des possibles élections.

Patty Bravo-02

Nicoletta Strambelli, connue sous le nom de scène Patty Pravo est née le 9 avril 1948 à Venise. Elle a étudié au Conservatoire de musique Benedetto Marcello. Elle a bénéficié d’une formation de pianiste, et se destinait à devenir chef d’orchestre. À l’âge de quinze ans elle part vivre à Londres puis à Rome où elle commence sa carrière comme chanteuse dans le Piper Club dont, chanteuse à scandale, elle est devenue l’égérie sous le nom de La ragazza del Piper. A plus de soixante ans, elle se produit toujours sur scène et sa carrière s’étend sur plus de quatre décennies.

Elle semble, désormais avoir d’autres ambitions, liées à sa ville natale, et a été la cent-quarante-deuxième à se déclarer candidate pour le prochaine campagne électorale, pour devenir maire de Venise.

« Sono felice di tentare la corsa a sindaca di Roma, cioè Milan.. Venezia, la mia città natale che mi fa girar come se fosse una pensiero stupenzzzzzzzzzzzz » a-t’elle déclaré à la presse. Son programme sera établi par Mogol et Gianni Bella « Je ferai changer la cité pour que vous ne soyez pas obligés de changer pour elle. Laissez-vous aller, faites-moi rêver et dites moi que vous voulez voter…« 

Patty Bravo-01

Peut être que, pour véritablement sauver Venise, il faudrait un magicien. C’est en tout cas ce que doit penser Aldo Savoldello, plus connu comme le Mago Silvan, serait né à Venise le 18 mai 1937.

Aldo Savoldello

Silvan, qui sort à peine d’un problème, une mauvaise histoire au Casino de Malte dans le numéro de la femme coupée en deux, a une grande envie de revanche. Il s’est mis a espérer qu’un coup de baguette magique le mènerait tout droit à la Ca’ Farseti, le palais sur le Grand Canal siège de la Mairie de Venise. Pour désorienter les électeurs de centre gauche et centre droit, il a initié la formation de trois listes civiques, Sim Sala et Bim.

Pour le moment, son programme ainsi que son âge véritable ont été tenus secrets, seuls ses fans sont invités à voter pour Silvan Simsalasindaco.

Vittoria Risi - Maraine de VeniceLand

Photo : Alloggi Barbaria a Castello

Tiziana Zennaro est née à Pelestrina le 3 novembre 1978. Elle est plus connue sous son pseudonyme d’artiste, Vittoria Risi, car c’est une actrice de films érotiques que vous avez déjà croisée dans notre blog, soit à l’occasion de sa participations aux actions de l’association Venessia contre la transformation de Venise en Veniceland, soit pour la promotion des ouvrages de notre ami Claudio dell’Orso.

Dell'Orso con la pornostar Vittoria Risi alla presentazione del libro a Ca' Vendramin-Calergi nel novembre scorso.

La Risi a répondu avec enthousiasme et chaleur à la proposition du vice commissario Pomponio et de Federico dalla Poppa, et son slogan de campagne sera « Caresser entre les générations« . Elle veut conquérir sa ville natale pour y apporter le bonheur, et construire, avec ses amis, un programme qui combinera la rigidité nécessaire avec de grandes ouvertures. Quand on lui demande quelle est sa place dans l’échiquier politique, elle réponds ‘’Non sto né a destra né a sinistra, al limite in mezzo’’… dans ses projets, la valorisation du pont des soupirs et de celui des Calatrans, du campo Santa Maria Formosa et de l’ospedale SS. Giovani e Paolo, ainsi que de l’infirmerie polyvalente.

Carlo Zeno

Carlo Zen (Zeno) est né à Venise en 1333, fils de Piero Zeno, avec dix frères et sœurs, dont les navigateurs Antonio et Nicolò. Il est mort dans la même ville le 8 mai 1418. 

Orphelin dans son jeune âge, il était promis à une carrière ecclésiastique et fut envoyé au séminaire à Padoue.

Plus enclin à la bonne vie et aux femmes qu’aux études, il s’engagea dans une bande de mercenaires et voyagea sept ans en Orient.

Il s’installa a Constantinople où il se maria avant de vivre comme un commerçant.

On le retrouve à Ténédos en 1376, où  il se retrouva commandant de 18 galères avant de conduire la négociation avec les génois qui valut la ville aux Vénitiens.

En 1379, il défendit Trévise contre les Hongrois et sauva cette frontière.

Il battit ensuite les Génois dans les lagunes de Venise en 1380 et par cette victoire arracha la République à une ruine imminente.

Il fut nommé grand amiral, ambassadeur en France et en Angleterre, procurateur de Saint-Marc. On murmurait alors à Venise qu’il pourrait devenir le prochain doge, mais c’est Michele Steno qui fut élu en 1400.

Il défiât le général Boucicaut sur mer près de Modon en 1403, et fit avec le même succès la guerre à François de Carrare, mais, ayant été soupçonné de s’être laissé corrompre par ce prince, il fut condamné, quoique sans preuve, et jeté deux ans en prison.

Après sa délivrance, il fit un pèlerinage à Jérusalem.

À son retour, il défendit le roi de Chypre Lusignan contre les attaques des Génois.

Rentré dans Venise, il se consacra aux lettres jusqu’à sa mort.

Amiral Carlo Zeno (1334-1418) 1878 (huile sur toile) par Maignan, Albert Pierre Rene (1845-1908) Musee des Beaux-Arts, Lille, France

Amiral Carlo Zeno (1334-1418) 1878 (huile sur toile) par Albert Pierre René Maignan  (1845-1908)
Musée des Beaux-Arts, Lille, France

Le Journal de Lady Layard

Lady Mary Enid Layard (1844-1912) par John 'Warrington' Wood (1839-1886)

Baptisée Mary Enid Evelyn Guest, c’est la huitième enfant (sur dix) et troisième fille de l’industriel Sir Josiah John Gest, propriétaire de l’usine sidérurgique de Dowlais, et de Lady Charlotte Elizabeth Bertie fille unique d’Albermarle, 9ème comte de Lindsey. Elle est née le 1er juillet 1843 à Dowlais House, Merthyr Tydfil, South Wales.

Son mariage avec Austen Henry Layard, un de ses cousins alors âgé de cinquante-et-un ans, soit 26 de plus qu’elle, le 9 mars 1852 en fit une personnalité bien connue et populaire.

Lady Layard a tenu, chaque jour, son journal où elle notait la chronique des évènements de sa vie et des personnes qu’elle rencontrait.

Le journal de Lady Layard couvre cinquante et une années sur plus de 8000 pages, et se prolonge jusqu’à quelques jours avant sa mort, le 1er novembre 1912 dans son palais vénitien, la Ca’ Capello. Les cendres de Lady Layard ont été enterrées près de son mari dans l’église paroissiale Canford, à côté de Canford Manor, le 13 Décembre. Dans son testament, en date du 19 Juillet 1912, Lady Layard laissait la Ca ‘Capello et 7000 £ à sa nièce Olivia Du Cane.

Ainsi, dans ce journal quotidien, peut-on suivre les visites au Cosmopolitan Hospital, les réunions dans le jardin de Frederic Eden et retrouver évoqués tous les notables qui visitaient ou vivaient à Venise à la fin du XIXème siècle.

Franz von Lenbach

Franz Seraph Lenbach, depuis 1882, von Lenbach, né le 13 décembre 1836 à Schrobenhausen, fils d’un maçon, il se destine à une carrière dans l’industrie du bâtiment, quand son intérêt se déplace vers la peinture.

En dépit d’une interdiction de son père, il parvient à obtenir de lui de travailler dans l’atelier du peintre Albert Gräfle. Il possède ainsi une solide formation pratique quand il devient l’élève de Karl von Piloty, avec qui il séjourne en Italie en 1858.

Franz von Lenbach

A Venise, il fait la connaissance d’un groupe de peintres munichois, parmi lesquels se trouve aussi le berlinois Max Liebermann en compagnie duquel il reste dans la cité lagunaire pendant trois mois.

Hélas, nous n’avons pas encore réussi à retrouver des œuvres vénitiennes de cet artiste dont la peinture a toutefois été inspirée par les maîtres de la Sérénissime.

Franz von Lenbach

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

Nous vous emmenons aujourd’hui dans une zone de la lagune nord de Venise qui est accessible à pieds ou, mieux, en bicyclette. Pour vous y rendre, vous devrez, en voiture, faire le tour de la lagune jusqu’à Jesolo, puis prendre en direction de la grande station de vaporetto de Treporti.

De suite après le pont, juste avant le cimetière de Treporti, vous prendrez alors à droite, la via Saccagnana qui longe le canal du même nom. Puis, vous prendrez à gauche après le gardien de caravanes, la via del Prà en direction de Lio Piccolo.

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

On peut y aller également en vaporetto et en bicyclette depuis Venise. Prendre le vaporetto jusqu’à Treporti, puis suivre la même route…

Per i nostro amigui venexiani, è possibile arrivare in barca, per il canale San felice e poi, il canale Riga e accostare vicino di una casa al norte de Lio Piccolo.

Si vous regardez une carte, avant de partir, vous aurez l’impression que vous allez découvrir une vaste étendue d’eau.

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

Mais la réalité, vue d’avion est toute autre…

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

Suivez-nous à la découverte de la vallée d’Olivari.

En réalité, comme nous allons nous promener, soit à pieds, soit en bicyclette, nous allons restreindre notre parcours à une zone assez restreinte de cette partie de la lagune qui couvre tout de même 64 hectares.

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

Les périodes les plus propices pour une visite sont le printemps, l’automne et le tout début de l’hiver, on accède à la vallée juste après le hameau de Lio Piccolo (si vous y accédez en voiture, vous pouvez la laisser juste en face l’embranchement vers le hameau ou sur la place devant l’église). Le nom de Lio Piccolo provient du latin Litus Minor, qui se rapproche de Litus Maior, qui désigne Lio (ou Lido) Maggiore di Jesolo. Lio est donc une forme désuète de Lido.

Hameau de Lio Piccolo - habitations "rustiques"

Le tout petit village de Lio Piccolo n’est pas plus grand qu’un hameau. On peut y visiter son église du XVIIème siècle dédiée à Santa Maria della Neve et la petite place en face du palazzo Boldù Arena (fin du XVIIème siècle).

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

Bien que Lio Piccolo soit à notre époque un village purement agricole et dépeuplé, les preuves archéologiques décrivent l’endroit comme un prospère port de commerce dans la période impériale romaine dans la contiguïté de Lio Maggiore et d’Altino. On avait retrouvé, à demi immergés, les vestiges de deux grands greniers avec de riches sols en mosaïque .

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

Les sources historiques indiquent, aux XI et XIIIème siècles,  un monastère, une église paroissiale dédiée à San Salvatore et une autre église dédiée à Santa Maria. Parallèlement à Torcello et d’autres villes de la lagune Nord, Lio Piccolo a également commencé à décliner vers le XIVème siècle, principalement en raison de l’aggravation des conditions climatiques et environnementales. La paroisse a été soumis d’abord à celle de Lio Maggiore, puis à celle de Torcello.

Boldù

Lio Piccolo et Le Mesole sont des lieux avec beaucoup charme, désuets, coins cachés à découvrir, offrant des points de vue pour observer discrètement la flore et la faune de la lagune.

Dirigez vous vers la sortie du village à travers les jardins de courgettes et d’artichauts qui font que ce coin de la lagune soit particulièrement pittoresque. La faible végétation caractéristique des marais salants cache une faune riche et intéressante. C’est un lieu privilégié de repos pour les oiseaux migrateurs, surtout les canards, en cas de temps défavorable.

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

La flore est typique des barenes et des sols salins : obione faux-pourpier ou arroche faux-pourpier (Halimione portulacoides), aster maritime (Aster tripolium), statice commun (Limonium serotinum), spergulaire maritime Spergularia media), des salicornes : (Salicornia sp .), soude maritime (Suaeda maritima), soude commune (Salsola soda), inule fausse criste ou inule perce-pierre (Inula crithmoides), des graminées maritimes : (Puccinellia palustris), troscart maritime (Triglochin maritimum). La flore présente également des zostères submergées (Zostera sp.).

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

Des tamaris ont été plantés pour tenir les berges.

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

Du côté des animaux, vous pourrez voir quelques amphibiens, si vous êtes suffisamment discrets, dont le crapaud vert (Bufo viridis) et des reptiles,  la couleuvre à collier (Natrix natrix) et  la couleuvre en damier (Natrix tessellata)…

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

Si vous savez rester discrets, vous pourrez observer quantité d’oiseaux, surtout en période de nidification. Veillez cependant à ne pas les déranger pour ne pas perturber le délicat moment de la nidification.

On notera la présence de :

Blongios nain (Ixobrychus minutus) une espèce de héron nicheur et migrateur qui appartient à la famille des Ardéidés. C’est le plus petit des hérons européens et on l’appele ici Tarabusino.

Bihoreau gris (Nycticorax nycticorax), ou Héron bihoreau, est une espèce d’échassiers de la famille des Ardeidés. Son nom vulgaire dans la lagune est Nitticora.

Canard colvert (Anas platyrhynchos), Germano reale en italien.

Busard des roseaux ici nommé Falco di palude (Circus aeruginosus) qui gite dans les roselières.

Gallinule poule d’eau (Gallinula chloropus) ou plus simplement poule d’eau, une espèce d’oiseau appartenant à l’ordre des Gruiformes et à la famille des rallidés. On la reconnaît à son bec rouge à la pointe jaune. Elle est très farouche, ici on la nomme Gallinella d’acqua c’est presque pareil !

Chevalier gambette (Tringa totanus) : c’est un oiseau limicole, de la famille des scolopacidés, d’environ 25 à 30 cm, aux pattes rouge vif et au plumage à dominante brun gris. Vous l’entendrez nommer Pettegola par les vénitiens.

Bouscarle de Cetti (Cettia cetti), une espèce de passereaux au plumage brun roux foncé uniforme sur le dessus et blanc terne sur le dessous teinté de brun grisâtre sur les côtés de la gorge et de la poitrine. Remuante, elle agite la queue et les ailes et circule souvent la queue levée. Les habitants de la lagune la nommeront Usignolo di fiume.

Foulque macroule (Fulica atra) autrefois aussi nommée Morelle par Buffon, en raison de sa couleur noire. Vous la reconnaîtrez aisément grâce à son bec blanc surmonté d’une plaque frontale également blanche. Dans la lagune, c’est la Folaga.

Goéland argenté (Larus argentatus) et sterne commune (Sterna hirundo) restent omniprésents et peu farouches.

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

A lire avant de partir :

  • Caniato G., Turri G., Zanetti M., 1995, La Laguna di Venezia, Cierre Edizioni, Verona
  • Bon M., Cherubini G., Semenzato M., Stival E., 2000, Atlante degli uccelli nidificanti della Provincia di Venezia, Provincia di Venezia Ass. alla Caccia, Pesca, Polizia Provinciale, Prot. Civ, Pari Opp., Padova
  • Bon M., Cherubini G., 1999, I censimenti degli uccelli acquatici in Provincia di Venezia, Provincia di Venezia – Associazione Faunisti Veneti
  • Rallo G., Pandolfi M., 1988, Le zone umide del Veneto, Muzzio, Padova

Valle Olivari, près de Lio Piccolo

George Sand à San Lazzaro des Mekhitaristes à Venise

George Sand a séjourné à Venise avec Alfred de Musset, nous avons déjà longuement évoqué cette histoire célèbre dans ce blog.

C’est d’un épisode moins connu, une journée de ce voyage, relaté dans les lettres de Georges Sand que nous allons, aujourd’hui, évoquer le souvenir.

« Nous arrivâmes à l’ile de Saint Lazare, où nous avions une visite à faire aux moines arméniens. Le frère Hiéronyme, avec sa longue barbe blanche surmontée d’une moustache noire et sa figure si belle et si douce au premier coup d’œil, vient nous recevoir. Avec une infatigable complaisance de vanité monacale, il nous promena de l’imprimerie à la bibliothèque et du cabinet de physique au jardin. Il nous montra ses momies, ses manuscrits arabes, le livre imprimé en vingt-quatre langues langues sous sa direction, ses papyrus égyptiens et ses peintures chinoises. Il parla espagnol avec Beppa, italien avec le docteur, français avec moi ; et chaque fois que nous faisons compliment sur son immense savoir, son regard, plein de ce mélange d’hypocrisie et d’ingénuité qui est particulier aux physionomies orientales semblait dire : « S’il ne m’était pas commandé d’être humble, je vous ferai voir que j’en sais bien d’avantage. »

… Apostrophant ce moine polyglotte, George Sand exprime sa sympathie pour le peuple arménien tout entier, dont elle évoque les misères, avec une intense émotion :
Vous avez bien assez travaillé, vous avez bien assez souffert en ce monde, vieux débris du plus ancien peuple de la terre ! vos barbes blanches sont encore tachées du sang de vos frères, et la neige du mont Ararat en a été rougie jusqu’à la cime où s’arrêta l’arche sainte. Le cimeterre turc a rasé vos têtes jusqu’aux os, et l’infidèle s’est baigné la cheville dans les pleurs des derniers enfants de Japhet. La méfiance, qui plisse parfois vos fronts sereins, est le cachet qu’y a laissé la persécution.

Lettres d’un voyageur de George Sand – E.d Garnier, Paris 1837, pp 102-103

Venise, sandolo à la porte d'un palais (1926)

William Dean Howells, la vie vénitienne

William Dean Howells (1837-1920), auteur, éditeur et critique, est né le 1er Mars 1837 à Martinsville, maintenant Martins Ferry, Ohio. Il était le deuxième fils de huit enfants nés de Mary Dean Howells et William Cooper Howells.

Il a écrit une longue biographie d’Abraham Lincoln.

En récompense, il fut nommé, par le Président américain, Consul des USA à Venise en 1861, il n’avait alors que 24 ans. Il touche alors, en qualité de Consul, un salaire de quinze cents dollars, ce qui lui semblait tout à fait au-delà de ses rêves et lui permet de vivre, alors, très confortablement.

William Dean Howells, Consul des USA à Venise à l'âge de 25 ans

Howells a vécu en Italie pendant près de quatre ans. Pendant son séjour dans la lagune, il s’est marié avec Elinor Mead Howells en 1862, le couple a eu trois enfants : Winifred (né en 1863), John Mead (né en 1868), et Mildred (né en 1872).

Après avoir quitté Venise, Howells est devenu le premier rédacteur en chef adjoint ( 1866-1871 ) puis l’éditeur ( 1871-1881 ) de l’Atlantic Monthly.

De son séjour à Venise, il a laissé un témoignage qui n’a pas pris une ride, 150 ans plus tard, dans Venetian Life, achevé à Cambridge, en janvier 1867.

Elinor Mead Howells à Venise à l'âge de 28 ans

C’est donc le témoignage d’un jeune homme de 24 à 28 ans, jeune père de famille et pourvu de responsabilités politiques que nous retrouvons dans son livre.

« Je ne pouvais pas … habiter trois ans dans le lieu sans apprendre à connaître différemment de ces écrivains qui ont décrit dans les romans, poèmes et livres de voyage, ni m’empêcher de voir de mon point de vue le faux et le bon marché avec lequel Venise est mis en évidence, si je puis dire, dans la littérature ». 

Le regard que jette le jeune américain sur la ville lagunaire est froid et critique. Loin de tout romantisme (déplacé?), il montre, dès son arrivée la ville misérable, avec les gransieri qui font mine d’aider les voyageurs étrangers pour mieux les escroquer, et qui ont fait main basse sur le transport des bagages et le transfert de clients vers les gondoliers à la sorti de la gare Santa Lucia…

Sa première tâche a été d’apprendre l’italien, et l’un de ses premiers professeurs était un prêtre vénitien, qui lui a fait lire Dante. Ce prêtre de certaines façons suggéré Don Ippolito dans A Foregone Conclusion, ce qui qui était le plus intéressant chez lui était son scepticisme religieux. Il avait l’habitude de dire: « Les saints sont les dieux baptisés ». 

Brunetta a été la première amie qu’il a eu à Venise. Elle était nettement latine, au caractère sobre, honnête et sage, et la probité même. Il a eu d’autres amis à Venise, mais cette Brunetta est restée la plus proche pendant tout son séjour.

Dans les calli et sur les campi de Venise il retrouvait Goldoni partout. Les scènes de ses pièces étaient jouées avant ses yeux, avec tout le charme et la  vivacité du sud dans la parole et dans geste, et il lui semblait à chaque fois d’être entré à l’improviste dans une de ses comédies.

William Dean Howells à 28 ans, après son retour de Venise

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